Édouard de Westminster

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Édouard de Westminster
Gravure du XVIIIe siècle représentant Édouard.
Gravure du XVIIIe siècle représentant Édouard.
Fonctions
Prince de Galles

(17 ans, 1 mois et 19 jours)
Prédécesseur Henri de Lancastre
Successeur Édouard d'York
Biographie
Dynastie Maison de Lancastre
Nom de naissance Édouard de Lancastre
Date de naissance
Lieu de naissance Palais de Westminster, Londres (Angleterre)
Date de décès (à 17 ans)
Lieu de décès Tewkesbury (Angleterre)
Sépulture Abbaye de Tewkesbury
Père Henri VI d'Angleterre
Mère Marguerite d'Anjou
Conjoint Anne Neville

Édouard de Westminster

Édouard de Westminster (13 octobre 1453, Westminster4 mai 1471), duc de Cornouailles et prince de Galles, fut le fils unique d'Henri VI et de Marguerite d'Anjou. Il fut le seul prince de Galles à mourir sur un champ de bataille.

Biographie[modifier | modifier le code]

Certains soupçonnent le duc de Somerset Edmond Beaufort d'être le véritable père du petit prince. Le duc d'York Richard Plantagenêt, cousin du roi, se considère donc comme l'héritier légitime d'Henri VI. En effet, atteint de folie depuis août 1453, Henri VI ne reconnaît pas Édouard lors de sa naissance le 13 octobre 1453.

Édouard est investi prince de Galles au château de Windsor le 15 mars 1454. Son père Henri VI retrouve ses sens à la Noël 1454 et officialise sa reconnaissance d'Édouard. Le duc d'York continue néanmoins d'afficher ses revendications.

Ce dernier déclenche la Guerre des Deux-Roses en 1455. Il défait les troupes lancastriennes du roi à Saint-Albans le 22 mai 1455. Il est nommé Lord Protecteur du roi tandis que la reine Marguerite est écartée.

Déshérité par l'Acte d'Accord le 25 octobre 1460 qui nomme Richard d'York héritier du trône, Édouard s'enfuit avec sa mère au Pays de Galles. Le duc d'York est tué à la bataille de Wakefield le 30 décembre suivant par les partisans de Marguerite. Le fils d'York, Édouard, reprend la lutte et mène les troupes yorkistes. Il est défait à Saint-Albans le 17 février 1461. À l'issue de la bataille, Henri VI, qui était prisonnier des Yorkistes, est libéré. Marguerite d'Anjou fait prononcer à Édouard de Westminster la sentence de mort de Thomas Kyriell et William Bonville, chargés de garder le roi pendant la bataille[1]. Édouard ordonne qu'ils soient tous deux décapités.

Défait à Towton le 29 mars par Édouard d'York, qui s'est autoproclamé roi sous le nom d'Édouard IV, Henri VI s'enfuit en Écosse avec Marguerite et Édouard de Westminster auprès du jeune roi Jacques III, mis sous la régence de Marie d'Egmont.

Une anecdote célèbre raconte qu'en 1463, peu après avoir été vaincue par Édouard IV, la reine s'engage, accompagnée de son fils Édouard, dans une forêt où des brigands la dépouillent. Enivrés d'une telle capture, ils prennent querelle ensemble sur le partage du butin, et Marguerite saisit cette occasion pour s'échapper. Accablée de lassitude, elle s'enfonce dans le plus épais du bois, lorsqu'elle est à nouveau rencontrée par un voleur. Marguerite ranime son courage et présente au voleur son fils Édouard et d'un ton de dignité qui lui est naturel, lui dit : « Mon ami, sauve mon fils et ton roi. » À cette injonction, le voleur laisse tomber son épée, et offre à la reine et son fils tous les secours dont elle peut le croire capable. Ils sortent tous les trois de la forêt ; quelques seigneurs du parti des Lancastre les rencontrent heureusement sur leur chemin et tous ensemble fuient vers Carlisle, de là en Écosse, et peu de temps après en France, où ils sont accueillis sans chaleur par le roi Louis XI. Marguerite et Édouard vivent ensuite chez René d'Anjou en Provence.

Henri VI, quant à lui, est capturé en juillet 1465 dans le nord de l'Angleterre et est emprisonné à la Tour de Londres par son rival Édouard IV. Il sombre complètement dans la folie.

En 1467, l'ambassadeur milanais, qui séjourne à Paris, écrit à propos du prince Édouard :

« Ce garçon, quoique âgé de treize ans seulement, ne parle déjà de rien d'autre que de couper des têtes et de faire la guerre, comme s'il avait toute chose entre les mains ou était le dieu des batailles. »

Marguerite d'Anjou souhaite en effet remettre son mari sur le trône en majeure partie pour que son fils puisse prétendre à sa succession et permettre à la maison de Lancastre de continuer à régner.

Elle profite qu'Édouard IV ne s'entende plus avec le comte de Warwick et avec son frère Georges Plantagenêt, duc de Clarence, pour, sous la houlette de Louis XI, conclure une alliance avec eux à l'été 1470. La seconde fille de Warwick, Anne Neville, épouse Édouard de Westminster à la cathédrale Saint-Maurice d'Angers le 13 décembre 1470.

Édouard IV est contraint par Warwick à s'exiler, ce dernier remet ensuite Henri VI sur le trône le 3 octobre 1470. Étant trop diminué par la folie et les années passées en prison, c'est Warwick qui gouvernera à sa place. Henri ne reste sur le trône que six mois, sa fin est précipitée par le comte de Warwick qui déclare en janvier 1471 la guerre à la Bourgogne, celle-ci décidant en réponse d'apporter son aide à Édouard IV.

La bataille de Tewkesbury.

Ce dernier débarque le 14 mars 1471 en Angleterre pour reprendre son trône de force : il se réconcilie avec son frère Georges et tue Warwick à la bataille de Barnet le 14 avril. Le même jour, Marguerite débarque avec Édouard dans le sud. L'armée lancastrienne est vaincue à Tewkesbury le 4 mai. Marguerite est capturée tandis qu'Édouard de Westminster, blessé durant la bataille, est décapité par des hommes aux ordres du duc de Clarence[2].

Représentation de la mort du prince Édouard inspirée de la pièce Henry VI (troisième partie) de William Shakespeare. Capturé durant la bataille, Édouard est amené devant le roi Édouard IV. Refusant de le reconnaître comme roi, il est exécuté sur ordre de ce dernier.

Henri VI meurt le 21 mai suivant dans la Tour de Londres, probablement assassiné sur ordre d'Édouard IV, qui affirma qu'il était décédé de mélancolie en apprenant la mort de son fils.

Annexes[modifier | modifier le code]

Source[modifier | modifier le code]

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  1. (en) David Bret, The Yorkist Kings & The Wars of The Roses Part One: Edward IV, Lulu.com (ISBN 978-1-291-52917-3, lire en ligne), p. 85
  2. (en) Paul Murray Kendall, Richard the Third, 1956), pp. 118, 528-529 note.