Louis Ier d'Orléans

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Louis d'Orléans
Louis d'Orléans reçoit un livre en hommage de Christine de Pisan, enluminure, XVe siècle.
Louis d'Orléans reçoit un livre en hommage de Christine de Pisan, enluminure, XVe siècle.
Titre
Duc d'Orléans
13921407
Prédécesseur Philippe Ier
Successeur Charles Ier
Duc de Valois
13921407
Prédécesseur Philippe III
Successeur Charles Ier
Comte de Blois
13971407
Prédécesseur Guy II
Successeur Charles Ier
Biographie
Dynastie Maison capétienne de Valois
Date de naissance
Lieu de naissance Paris
Date de décès (à 35 ans)
Lieu de décès Paris
Sépulture Couvent des Jacobins
Père Charles V
Mère Jeanne de Bourbon
Conjoint Valentine Visconti
Enfant(s) Charles
Philippe
Jean
Marguerite

Louis Ier d'Orléans

Louis Ier d'Orléans ( - assassiné à Paris, ) est un prince de la maison capétienne de Valois qui fut duc d'Orléans . Frère cadet du roi Charles VI, il participe au conseil de régence du royaume de France pour suppléer son frère atteint de démence. Il est assassiné en 1407 par son cousin Jean sans Peur, duc de Bourgogne.

Le frère du roi[modifier | modifier le code]

Second fils survivant du roi de France Charles V et de Jeanne de Bourbon, il est le frère unique de Charles VI. Comte de Beaumont et duc de Valois, puis duc de Touraine (1386), comte de Château-Thierry, de Vertus, de Luxembourg, de Porcien, de Courtenay, d'Angoulême, du Périgord, de Blois, de Dunois, de Chartres, de Soissons, et de Dreux, baron de Coucy et de Châtillon-sur-Marne, seigneur de Luzarches, de Sablé de Grandelin, de Châlons-en-Champagne, de Châteaudun, de Sedenne, de Crécy, d'Epernay, de Montargis, de Fère-en-Tardenois et d'Oisy. Il reçoit en apanage le duché d'Orléans (1392).

Il épouse en 1389 Valentine Visconti (1368 † 1408), fille de Jean-Galéas Visconti, seigneur de Milan, et d'Isabelle de France. La procuration de Charles VI pour la négociation de ce mariage date du 20 septembre 1386[1]. Ce mariage sera à l'origine des prétentions des rois de France Louis XII et François Ier sur le duché de Milan.

Il montre son goût pour la fête et les plaisirs en faisant édifier à Paris de coûteux hôtels. C'est un séducteur dont les ennemis diront qu'il « hennissait comme un étalon après presque toutes les belles femmes ».

Il est intime du roi son frère. Sous le bref gouvernement personnel de Charles VI et de la politique des Marmousets (1388-1392), il devient le rival des ducs de Bourgogne successifs, Philippe le Hardi puis son fils Jean sans Peur. Il est soutenu par la reine Isabeau de Bavière tandis que la folie du roi se confirme.

Le parti d'Orléans[modifier | modifier le code]

Assassinat du duc Louis d'Orléans.
Enluminure du Maître de la Chronique d'Angleterre, vers 1470 ?-1480 ? (BnF)

En 1392, le roi sombre dans une folie intermittente. Pendant ses crises, la reine Isabeau devient régente, conseillée par les grands du royaume. De fait, Phillippe le Hardi, puissant duc de Bourgogne et oncle et tuteur du roi — il fut régent pendant sa minorité entre 1380 et 1388 — acquiert une influence majeure sur le pouvoir. De plus, la reine qui est piètre politique s'appuie sur Philippe à qui elle doit son mariage royal. Louis d’Orléans s'applique donc à reprendre de l'influence au sein du conseil, s'imposant comme le seul véritable rival du duc de Bourgogne. Il s'attèle à contrer l'influence grandissante du duc de Bourgogne. En 1402, il acquiert le duché de Luxembourg en gagère pour empêcher les États de Bourgogne (qui incluent le comté de Flandre) de réaliser une continuité territoriale. La même année, il est l'exécuteur testamentaire du connétable Louis de Sancerre.

À la mort de Philippe le Hardi, en 1404, le duché de Bourgogne est à l'apogée de son pouvoir politique au sein du conseil. Son fils Jean sans Peur en prend le contrôle mais est politiquement moins puissant que son père. Louis d'Orléans sait qu'il doit profiter de la disparition de Philippe le Hardi pour reprendre les rênes du pouvoir. Il serait alors devenu l'amant de la reine, Isabeau de Bavière[2].

Par sa prodigalité, il s'attire une croissante impopularité, soigneusement exploitée par Jean sans Peur. Il est accusé d'avoir voulu séduire ou, pis, violer la duchesse de Bourgogne. Il semble vouloir faire rompre la trêve franco-anglaise, allant jusqu'à provoquer Henri IV de Lancastre en duel, ce que Jean Sans Peur ne peut admettre, car les industriels flamands dépendaient totalement des importations de laine d'outre-Manche et auraient été ruinés par un embargo. Louis d'Orléans parvient à conforter sa position et celle de ses partisans au sein du Conseil du roi (1406-1407), en faisant évincer ceux du duc de Bourgogne grâce au soutien de la reine.

Les funérailles de Louis d'Orléans (miniature extraite des Vigiles du roi Charles VII de Martial d'Auvergne, fin du XVe siècle, Paris, BnF, département des Manuscrits).

Voyant le pouvoir lui échapper, le duc de Bourgogne franchit le pas ; sous la conduite de Raoul d'Ocquetonville embusqué dans une hôtellerie à l'image de Notre-Dame, il fait assassiner son cousin rue Vieille-du-Temple à Paris près de la porte Barbette (au no 50 de la rue), alors que celui-ci venait de rendre visite à la reine à l'hôtel Barbette. Ce meurtre provoque la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons.

Article détaillé : Assassinat de Louis d'Orléans.

Jean sans Peur est discrédité par cet acte et le parti d'Orléans est soutenu par les ducs de Berry, de Bretagne et de Bourbon pour former le parti des Armagnacs, à la ligue de Gien (du nom de Bernard VII d'Armagnac, comte d'Armagnac et beau-père de Charles d'Orléans).

Du fait de sa présumée liaison avec la reine, de nombreuses rumeurs lancées par le parti anglo-bourguignon affirmèrent que Louis d'Orléans était le père génétique de Charles VII. Le duc d'Orléans est, par Charles d'Orléans, l'ancêtre de la branche royale des Valois-Orléans, il est grand-père de Louis XII et, par Jean d'Orléans, arrière-grand-père de François Ier.

Les possessions de Louis d'Orléans[modifier | modifier le code]

Il a reçu en apanage à sa naissance le duché de Touraine ainsi que le comté de Valois, mais il n'a pu en avoir la jouissance qu'après la mort de la duchesse douairière. Avec son mariage avec Valentine Visconti, fille du duc de Milan, il recevait le comté d'Asti.

À vingt ans, en 1392, il est devenu duc d'Orléans et de Valois, comte de Beaumont. En 1394, il devient comte d'Angoulême, en 1395, il acquiert le vidamé de Châlons en Champagne pour 1900 livres, en 1400, il est en possession de la baronnie de Coucy, du comté de Portien, du comté du Périgord, en 1401, du comté de Dreux, en 1402, du comté de Chiny et du duché de Luxembourg, du comté de Vertus. Son domaine s'était agrandi dans la même période d'un grand nombre de châtellenies, comme Brie-Comte-Robert, Château-Thierry, Luzarches, Fère-en-Tardenois, Pinon, Provins ...

Louis d'Orléans est à l'origine de la construction de deux châteaux prestigieux, celui de Pierrefonds et celui de la Ferté-Milon dont seule la façade de l'entrée a été terminée[3].

Descendance[modifier | modifier le code]

Louis de France, duc d'Orléans, d'après son gisant des Célestins de Paris, dessin de Louis Boudan, XVIIe siècle, Paris, BnF, département Estampes et photographie, fonds François Roger de Gaignières, folio 11.

Louis et Valentine Visconti eurent pour enfants :

Louis eut également avec Mariette d'Enghien :

Conçue au XIXe siècle, une thèse sans fondement historique prétend que le 12e enfant d'Isabeau de Bavière serait illégitime et qu'il s'agirait en fait de Jeanne d'Arc, fille d'Isabeau de Bavière et de Louis Ier, duc d'Orléans[5]. Cette thèse a été régulièrement démentie par tous les historiens spécialistes de Jeanne d'Arc depuis deux siècles[6].

Ascendance[modifier | modifier le code]

Bibliographie (présentation par ordre chronologique)[modifier | modifier le code]

Louis d'Orléans, gravure du XIXe siècle.
  • Albert de Circourt (comte), « Le duc Louis d'Orléans, frère du roi Charles VI : ses débuts dans la politique - origines de sa rivalité avec les ducs de Bourgogne », Revue des questions historiques, Paris, Librairie de Victor Palmé, t. 41,‎ , p. 5-67 (lire en ligne).
  • Eugène Jarry, La Vie politique de Louis de France, duc d'Orléans, 1372-1407, Paris / Orléans, Alphonse Picard / Henri Herluison,‎ , XX-486 p. (présentation en ligne, lire en ligne).
    Reproduction en fac-similé : Eugène Jarry, La Vie politique de Louis de France, duc d'Orléans, 1372-1407, Genève, Slatkine : Mégariotis,‎ , XX-486 p.
  • Michael Nordberg, Les ducs et la royauté : études sur la rivalité des ducs d'Orléans et de Bourgogne, 1892-1407, Stockholm, Svenska bokförlaget, Norstedts, coll. « Studia Historica Upsaliensia » (no XII),‎ , XII-257 p. (présentation en ligne), [présentation en ligne].
  • (en) Christopher Ronald Schultz, The Artistic and Literary Patronage of Louis of Orléans and his Wife, Valentine Visconti (1398-1408), Thèse dactylographiée, Atlanta, Emory University, 1977.
  • Claude Ribéra-Pervillé, « Aspects du mécénat de Louis Ier d'Orléans († 1407) », dans Jeanne d'Arc, une époque, un rayonnement, Paris, Éditions du CNRS, 1982, p. 138-148.
  • Bernard Guenée, Un meurtre, une société : l'assassinat du duc d'Orléans, 23 novembre 1407, Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque des histoires »,‎ , 350 p. (ISBN 2-07-072577-4, présentation en ligne).
  • Thierry Crépin-Leblond, Louis d'Orléans et Valentine Visconti, mécénat et politique autour de 1400. Le petit journal de l'expo, Blois, château, 26 juin-12 septembre 2004, 8 p.
  • Élizabeth Gonzalez, Un Prince en son hôtel : les serviteurs des ducs d'Orléans au XVe siècle, Paris, Publications de la Sorbonne, coll. « Histoire ancienne et médiévale » (no 74),‎ , 393 p. (ISBN 2-85944-495-5, présentation en ligne), [présentation en ligne].
  • Pierre-Gilles Girault, « Images et portraits du prince autour de 1400 : l'exemple de Louis d'Orléans », dans La création artistique en France autour de 1400 : XIXe Rencontres de l'École du Louvre (Paris, 7-9 juillet 2004), Paris : La Documentation française, 2006, p. 141-165.
  • Corinne Leveleux-Teixeira, « Du crime atroce à la qualification impossible : les débats doctrinaux autour de l'assassinat du duc d'Orléans (1408-1418) », dans François Foronda, Christine Barralis et Bénédicte Sère (dir.), Violences souveraines au Moyen Âge : travaux d'une école historique, Paris, coll. « Le nœud gordien »,‎ , VI-284 p. (ISBN 978-2-13-057363-0), p. 261-270.
  • Murielle Gaude-Ferragu, « Le corps du prince. Le testament de Louis d'Orléans (1403), miroir de sa spiritualité », dans Il cadavere. The corpse, Actes du colloque international tenu à Lyon en novembre 1996, Micrologus, Natura, Scienze e Società Medievali, Brepols, t. VII, 1999, p. 319-344.
  • Alain Marchandisse, « Milan, les Visconti, l'union de Valentine et de Louis d’Orléans, vus par Froissart et par les auteurs contemporains », dans Paola Moreno et Giovanni Palumbo (éd.), Autour du XVe siècle. Journée d'étude en l'honneur d'Alberto Varvaro. Communications présentées au symposium de clôture de la chaire Francqui au titre étranger (Liège, 10–11 mai 2004), Liège, Publications de l'Université de Liège, coll. « Bibliothèque de la Faculté de Philosophie et Lettres de l'Université de Liège », n° 292, 2008, 272-15 p., ISBN 978-2-87019-292-4, p. 93–116.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. Conservée aux Archives nationales à Paris, référence K 532 A, no 6
  2. Seules des sources ayant un fort parti pris bourguignon rapportent cette liaison.
  3. Jean Mesqui et Claude Ribéra-Pervillé : Les châteaux de Louis d'Orléans et leurs architectes (1391-1407)
  4. a et b Généalogie de l'histoire de France (consulté le 5 décembre 2006)
  5. Pierre Marot, « La genèse d'un roman : Pierre Caze inventeur de la "bâtardise" de Jeanne d'Arc » in Jeanne d'Arc, une époque, un rayonnement, Paris, Éditions du CNRS, 1982, p. 276.
  6. Olivier Bouzy, Jeanne d'Arc, l'Histoire à l'endroit, éditions CLD 2008.

Voir aussi[modifier | modifier le code]