Viracocha Inca

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Viracocha Inca
Image dans Infobox.
Le huitième Sapa Inca: Viracocha Inca; dessin de Felipe Guaman Poma de Ayala dans Nueva crónica y buen gobierno (1615).
Fonction
Sapa Inca
-
Biographie
Naissance
Lieu inconnuVoir et modifier les données sur Wikidata
Décès
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Lieu inconnuVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Activité
Père
Enfants
Pachacutec
Inca Urco (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Viracocha est le huitième souverain inca. Il régna environ de 1400 à 1438.

Biographie[modifier | modifier le code]

Nommé dans son enfance Hatun Tupac, il est le fils de Yahuar Huacac et de Mama Chicya Qoya.

Il assoit la domination inca dans un rayon de 40 kilomètres autour de Cuzco.

Son règne voit l'affrontement final avec la puissante tribu des Chancas. Mais les chroniqueurs sont divisés sur son rôle, certains comme Inca Garcilaso de la Vega racontent que c'est son père Yahuar Huacac qui, devant l'avancée des armées adverses, trouve refuge dans la citadelle de Calca. L'un de ses fils, Viracocha Inca, nommé ainsi à cause d'une vision qu'il aurait eue du dieu inca Viracocha, mobilise les tribus alliées et met les Chancas en déroute. Il dépose son père et renforce le pouvoir des Incas sur les hauts plateaux.

D'autres, comme Pedro Cieza de León ou Juan de Betanzos (es), pensent que c'est Viracocha qui s'est enfui et que c'est son fils Cusi Yupanqui, le futur Pachacutec, qui bat les Chancas.

Il existe aujourd'hui un relatif consensus dans ce sens, indiquant que, devant la poussée irrésistible des Chancas, c'est bien lui, Viracocha qui, vieillissant, avait fui la puissante armée ennemi, jugeant toute résistance impossible en l'état[1],[2]. « Accompagné de son jeune fils Urco auquel, contrairement à la coutume, il avait décidé de léguer le pouvoir[Note 1], il se réfugia dans la forteresse sise au-dessus du village de Calca (es) »[2], proche de la capitale du Cuzco qu'il abandonna aux Chancas.

C'est alors que Cusi Yupanqui (Pachacutec), un autre de ses fils, décide d'organiser la résistance et de défendre le Cuzco, avec l'aide d'une poignée de nobles issus de sa famille maternelle, et assisté par deux généraux expérimentés : Apu Mayta et Wikakiraw (ou Vicaquirao)[1],[2]. Il rassemble sous son autorité tous les hommes valides qui avaient refusé de suivre le souverain dans sa retraite[1], et cherche l'appui de quelques communautés Kechwas de la vallée auxquelles il demande des contingents sans en obtenir beaucoup car celles-ci demeurent plutôt dans l'expectative (mais accourront peu après au secours de la victoire lorsqu'elle se dessinera)[2].

Pour autant, cette tentative désespérée sera couronnée d'un succès totalement inattendu, car les Chancas, pourtant supérieurs en nombre, seront écrasés et le Cuzco sera sauvé (lire la suite de l'histoire dans les articles consacrés à Pachacutec, et aux batailles décisives entre Incas et Chancas : la première bataille de Cusco, la bataille de Jaquixahuana, et la bataille de Yahuar Pampa).

Famille et descendance[modifier | modifier le code]

Viracocha épouse Mama Runtu Qoya qui lui donne :

  • Inqa Roqa ;
  • Tupaq Yupanqui ;
  • Kusi Yupanqui Pachacutec ;
  • Qapaq Yupanqui.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La coutume de succession du Sapa Inca, le souverain, était en effet que l'héritier et dauphin soit le fils aîné de l'épouse principale ou Coya (es) de l'Inca régnant. Mais les querelles de succession et les intrigues de cour furent nombreuses, dans un contexte où le souverain ayant plusieurs épouses et concubines, les prétendants étaient multiples, d'autant plus pour un pouvoir autocratique et théocratique aussi centralisé, quoique dans une structure étatique assez fortement redistributrice selon « l'éthique de réciprocité positive » des Andes [voir sur ce sujet : Carmen Bernand, Les Incas, peuple du soleil, Gallimard, coll. « Découvertes », (ISBN 2070359816 et 978-2070359813), pages 153 à 159]. Et les entorses à cette coutume se répétèrent donc à plusieurs reprises jusqu'à la fin de l'empire inca, engendrant de sévères conflits au sommet de l'état, qui contribuèrent d'ailleurs à sa chute (sur les exceptions à cette règle et les difficultés de succession, voir les articles consacrés à Pachacutec, Tupac Yupanqui, et la Guerre de Succession inca). Or il se trouve que le fils préféré de Viracocha, Inca Urco (Urqu en kechwa, voir : Inca Urco (es)), était le fils d'une concubine bien-aimée : Curi Chulpi, alors que Cusi Yupanqui, le futur Pachacutec était, lui, le fils de Mama Runtu Qoya, l'impératrice, et donc théoriquement plus légitime. L'historiographie semi-légendaire des chroniqueurs anciens indique que Pachacutec avait une forte personnalité, plutôt rebelle à l'autorité de son père, alors que Urco était plus docile, mais aussi couard, dépravé et détesté par le peuple selon Pedro Cieza de León (Del señorío de los Incas Yupanquis, « De la dynastie des Incas Yupanquis » chap. XLIV, p. 217), cité par (es) María Rostworowski, Pachacutec Inca Yupanqui, Lima, Instituto de Estudios Peruanos, (ISBN 978-9972-51-060-1), page 107. C'est le sort des armes qui décidera finalement de la succession, puisque Pachacutec sera vainqueur des Chancas puis de son demi-frère Urco, et que Viracocha sera finalement contraint d'abdiquer en sa faveur (María Rostworowski, ibidem, pp. 128-129).

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Henri Favre, Les Incas, Presses Universitaires de France, coll. « Que sais-je ? », 1972, 7ème édition corrigée : 1997, 128 p. (ISBN 2 13 045387 2 et 978-2-13-038590-5), page 19.
  2. a b c et d Alfred Métraux, Les Incas, Paris, Éditions du Seuil, coll. « Points Histoire n° H66 », 1961 et 1983, 190 p. (ISBN 978-2-02-006473-6 et 2-02-006473-1), page 39.