Henri VI (roi d'Angleterre)

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Henri VI
Henri VI,peinture anonyme, National Portrait Gallery, fin du XVIe ou début du XVIIe siècle.
Henri VI,
peinture anonyme, National Portrait Gallery, fin du XVIe ou début du XVIIe siècle.
Titre
Roi d'Angleterre et seigneur d'Irlande

(38 ans 6 mois et 3 jours)
Couronnement en l'Abbaye de Westminster
Régent Jean de Lancastre
(1422-1429)
Humphrey de Lancastre
(1422-1429)
Richard d'York
(1454-1455, 1455-1456)
Prédécesseur Henri V
Successeur Édouard IV

(5 mois et 12 jours)
Prédécesseur Édouard IV
Successeur Édouard IV
Roi de France
(contesté)

(30 ans 11 mois et 28 jours)
Couronnement à Notre-Dame de Paris
Régent Jean de Lancastre
(1422-1429)
Humphrey de Lancastre
(1422-1429)
Richard d'York
(1454-1455, 1455-1456)
Prédécesseur Charles VI
Successeur Charles VII
Duc d'Aquitaine

(30 ans 11 mois et 28 jours)
Prédécesseur Henri V
Successeur Couronne de France
Prétendant au trône de France

(48 ans 8 mois et 20 jours)
Prédécesseur Henri V
Successeur Aucun
Biographie
Dynastie Maison de Lancastre
Date de naissance
Lieu de naissance Château de Windsor, Berkshire (Angleterre)
Date de décès (à 49 ans)
Lieu de décès Tour de Londres (Angleterre)
Sépulture Chapelle Saint-Georges
Père Henri V d'Angleterre
Mère Catherine de Valois
Conjoint Marguerite d'Anjou
Enfants Édouard de Westminster,
prince de Galles
Héritier Jean de Lancastre
(1422-1435)
Humphrey de Lancastre
(1435-1447)
Édouard de Westminster
(1453-1460, 1470-1471)
Richard d'York
(1460)
Édouard d'York
(1460-1461)

Henri VI (roi d'Angleterre)
Monarques d'Angleterre

Henri VI d'Angleterre ([1][1]), duc de Cornouailles, est roi d'Angleterre de 1422 à 1461, puis de 1470 à 1471. Il est également l'héritier contesté du trône de France de 1422 à 1453, en vertu du traité de Troyes conclu en 1420 par son père, Henri V avec Charles VI de France en pleine guerre de Cent Ans. Jusqu'à sa majorité en 1437, son royaume est gouverné par Humphrey de Lancastre et Jean de Lancastre. Il est décrit par des récits contemporains comme un homme pacifique et pieux, auquel les guerres de dynastie telles que la guerre des Deux-Roses qui débute au cours de son règne ne convenaient guère. Ses périodes de folie, et son extrême bienveillance contraignent son épouse, Marguerite d'Anjou à prendre les rênes du royaume, ce qui contribue à sa chute, et à la disparition de la maison de Lancastre au profit de la Maison d'York[2].

Son règne est marqué par la reconquête progressive par Charles VII de France des territoires acquis par les Anglais depuis le début de la guerre de Cent Ans en 1337. Les affrontements armés prennent fin au lendemain de la bataille de Castillon en 1453 même si la guerre ne prend véritablement fin qu'avec le traité de Picquigny signé en 1475 quatre ans après sa mort.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Né au château de Windsor dans le Berkshire, il est le seul enfant du roi Henri V d'Angleterre[3]. Sa mère est Catherine de Valois, fille du roi de France Charles VI.

À la suite de la mort de son père la veille, il devient roi le 1er septembre 1422, à l'âge de neuf mois. Sa mère, parce que française, est immédiatement séparée de son enfant par les régents. Elle doit vivre recluse, mais elle épouse, en secret, Owen Tudor et ils ont plusieurs fils. L'aîné, Edmond, sera le père du roi Henri VII. Henri VI le fait comte de Richmond.

Il a reçu son éducation du régent, son oncle Jean de Lancastre, duc de Bedford.

Roi de France et d'Angleterre[modifier | modifier le code]

Sacre de Henri VI en la cathédrale Notre-Dame de Paris, miniature anonyme, XVe siècle,
Jean de Wavrin, Anciennes chroniques d'Angleterre, Paris, BnF, ms. Français 83 fo 205 (détail).

Le dauphin Charles, fils et héritier du roi de France Charles VI, est accusé de complicité dans le meurtre du duc de Bourgogne Jean sans Peur. Il est déshérité et, le , Charles VI signe le traité de Troyes qui stipule que la couronne de France sera cédée à l'héritier d'Henri V d'Angleterre sous réserve que ce dernier épouse une des filles du roi de France. Henri V épouse Catherine de Valois mais meurt peu après, suivi de peu dans la tombe par Charles VI.

Henri, le jeune fils d'Henri V et de Catherine, incarne la « double monarchie » (ou « l'union des deux couronnes ») en étant reconnu roi de France et d'Angleterre par les Anglais et les Bourguignons, maîtres de Paris et de la partie nord du royaume de France.

Henri VI est sacré roi d'Angleterre le en l'abbaye de Westminster[4], puis roi de France dans Notre-Dame de Paris le , à l'âge de dix ans[5],[6],[7]. L'office est accompagné d'un motet de John Dunstable.

De son côté, Charles VII a déjà été sacré roi de France à Reims, le 17 juillet 1429[8]. Après sa victoire finale sur les Anglais, marquant la fin de la guerre de Cent-Ans, les droits sur le trône d'Henri VI sont définitivement révoqués en 1453, en application de la loi salique, et selon le principe « Nemo plus juris ad alium transfere potest quam ipse habet » (« On ne peut transmettre plus de droits que l'on en possède soi-même. ») qui implique que sa mère, Catherine de Valois, fille de Charles VI de France, ne pouvait lui transmettre des droits à la succession de la couronne, puisqu'elle-même n'en possédait pas.

Charles VII reste donc seul roi de France, mais le titre restera revendiqué, de façon formelle et jusqu'à la paix d'Amiens (1802), par les souverains anglais.

Mariage avec Marguerite d'Anjou[modifier | modifier le code]

Le cardinal de Beaufort et le comte de Suffolk convainquirent Henri que le meilleur moyen de conclure la paix avec la France était d'épouser Marguerite d'Anjou, nièce du roi Charles VII. Henri donne son accord et charge Suffolk d'aller négocier avec le roi de France. Ce dernier accepte à condition qu'il n'ait pas à payer de dot et qu'il reçoive en échange le Maine et l'Anjou alors sous domination anglaise. Ces conditions ont été officialisées dans le traité de Tours, la cession des terres est cependant cachée au Parlement anglais. Le mariage a lieu à Titchfield dans le Hampshire, en Angleterre, le 23 avril 1445, un mois après le quinzième anniversaire de Marguerite. Leur union est célébrée en la collégiale Saint-Georges de Nancy, elle est bénie par l'évêque de Toul, Louis de Haraucourt. La cérémonie des épousailles fut renouvelée en Angleterre le 30 mai dans l'église de Westminster. Ils ont un fils, Édouard (1453-1471), prince de Galles, qui épouse en 1470 Anne Neville (1456-1485).

Roi d'Angleterre (1422 - 1461)[modifier | modifier le code]

Henri VI et John Talbot,
détail du Talbot Shrewsbury Book, British Library, XVe siècle.

Pieux et paisible, Henri VI n'est pas le roi qu'il faut à une période marquée par les conflits. C'est sous son règne que prend fin la guerre de Cent Ans. En effet, de 1429 à 1453, les Anglais ont perdu toutes leurs possessions en France, à l'exception de Calais. Les échecs des campagnes de 1451 à 1453 mènent à la perte de Bordeaux. Henri VI qui semble-t-il a hérité de la schizophrénie de Charles VI tombe en catatonie à l'annonce de la perte de Bordeaux[9].

Cette situation pousse Richard d'York avec l'aide du comte de Warwick à écarter du pouvoir la reine Marguerite et à se proclamer Lord Protecteur du royaume[9]. Le retour du roi à Noël 1454 et le fait que celui-ci retrouve ses esprits a pour conséquence de chasser Richard de la cour et de déclencher, en 1455, la guerre civile des Deux-Roses, entre les deux branches, Lancastre et York, de la maison royale. Richard bat les troupes royales lors de la bataille de Saint-Albans (mai 1455). La famille royale doit quitter Londres qui est acquise au clan York pour s'installer à Coventry. À la bataille de Northampton (juillet 1460), Warwick fait le roi prisonnier. Richard obtient du Parlement le gouvernement au nom du roi et écarte le prince Édouard de la succession[9]. Le conflit se poursuit entre Marguerite et Richard qui est tué (décembre 1460) puis le roi est libéré à l'issue de la seconde bataille de Saint-Albans. Néanmoins, lors de la terrible bataille de Towton (mars 1461), les troupes royales (Lancastre) sont détruites, ainsi que la plupart de ses chefs et Henri, Marguerite et le prince Édouard doivent fuir vers l'Écosse[9].

Henri VI est déposé par Édouard d'York couronné sous le nom Édouard IV le . Il est capturé en 1465 dans le nord et est emprisonné à la Tour de Londres. Il sombre complètement dans la folie.

Retour sur le trône (1470 - 1471)[modifier | modifier le code]

Marguerite d'Anjou, alors exilée en France, souhaite remettre son mari sur le trône en majeure partie pour que son fils puisse prétendre à sa succession et permettre à la maison de Lancastre de continuer à régner à la place de la maison d'York. Elle profite qu'Édouard IV ne s'entende plus avec le comte de Warwick et avec son frère Georges Plantagenêt pour, sous la houlette de Louis XI, conclure une alliance avec eux, la fille de Warwick épouse donc Édouard de Westminster, fils d'Henri et Marguerite. Édouard IV est contraint par Warwick à s'exiler, ce dernier remet ensuite Henri VI sur le trône en 1470.

Étant trop diminué par la folie et les années passées en prison, c'est Warwick qui gouvernera à sa place. Henri ne reste sur le trône que six mois, sa fin est précipitée par le comte de Warwick qui déclare la guerre à la Bourgogne qui décide d'apporter son aide à Édouard IV. Ce dernier débarque en 1471 en Angleterre pour reprendre son trône de force, il se réconcilie avec son frère et tue Warwick à la bataille de Barnet. Henri VI est assassiné peu de temps après à la tour de Londres[9].

Ascendance[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b R. A. Griffiths, « Henry VI (1421–1471) », Oxford Dictionary of National Biography, Oxford University Press, Sept 2004; édition en ligne : janvier 2008.
  2. The standard modern biography is Bertram Wolffe, Henry VI, London, 1981; the authoritative academic text is Ralph Griffiths, The Reign of Henry VI, Berkeley 1981
  3. Les analyses ADN menées à la suite de la découverte du squelette de Richard III en 2012 ont mis en évidence une illégitimité sur la lignée agnatique, mais sans qu'on identifie ladite illégitimité sur les descendants de Jean de Gand, depuis Henri IV à Henri VI d'Angleterre, et donc des rois Tudors
  4. (en) Lingard, John, A History of England, Vol. V, 1854, pg. 90.
  5. Jean-Baptiste Lebigue, « L'ordo du sacre d'Henri VI à Notre-Dame de Paris (16 décembre 1431) », dans Notre-Dame de Paris 1163-2013, dir. Cédric Giraud, Turnhout : Brepols, 2013, p. 319-363
  6. Lingard, p. 91.
  7. (en) C T Allmand & Dorothy Styles, "The Coronations of Henry VI", History Today, vol 32, issue 5 (1982). Accessed 28 February 2013
  8. Kendall, P.M., Louis XI: The Universal Spider, USA 1971, p. 39-40
  9. a, b, c, d et e Gérard Hocmard, « L'Angleterre divisée par la guerre des Deux-Roses », Nouvelle Revue d'Histoire, no 78 de mai - juin 2015, p. 17-19

Sources imprimées[modifier | modifier le code]

  • Anne Curry (éd.), The Parliament Rolls of Medieval England, 1275-1504, tome X : King Henry VI, 1422-1431, The Boydell Press, 2012, 490 p., ISBN 978-1843837725
  • Anne Curry et Rosemary Horrox (éd.), The Parliament Rolls of Medieval England, 1275-1504, tome XII : King Henry VI, 1447-1460, The Boydell Press, 2012, 552 p., ISBN 978-1843837749

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Notices d'autorité : Fichier d'autorité international virtuel • International Standard Name Identifier • Bibliothèque nationale de France • Système universitaire de documentation • Bibliothèque du Congrès • Gemeinsame Normdatei • WorldCat
  • Mary Floran, « Document relatif à l'entrée du roi d'Angleterre Henri VI à Paris en 1431 », Revue des études historiques, Paris, Librairie Alphonse Picard & fils,‎ , p. 411-415 (lire en ligne).
  • (en) Ralph Alan Griffiths, The Reign of King Henry VI : The Exercice of Royal Authority, 1422-1461, Sutton Publishing Limited,‎ , 2e éd. (1re éd. 1981), 968 p. (ISBN 978-0750937771, présentation en ligne).
  • (en) John Watts, Henry VI and the Politics of Kingship, Cambridge University Press,‎ , 418 p. (ISBN 978-0521653930, présentation en ligne).
  • Jean-Philippe Genet, « Le roi de France anglais et la nation française au XVe siècle », dans Rainer Babel et Jean-Marie Moeglin (dir.), Identité régionale et conscience nationale en France et en Allemagne du Moyen Âge à l’époque moderne, Sigmaringen, Jan Thorbecke Verlag, (Beihefte der Francia, 39), 1997, p. 39-58, lire en ligne.
  • (en) Ralph A. Griffiths, « The minority of Henry VI, king of England and of France », dans C. Beem (ed.), The royal minorities of medieval and early modern England (Palgrave Macmillan, 2008), p. 161-93.
  • (en) Ralph A. Griffiths, « The Burials of King Henry VI at Chertsey and Windsor », dans N. Saul and T. Tatton-Brown (éd.), St George’s Chapel, Windsor : History and Heritage, The Dovecote Press, 2010, p. 100-7, 239-41.
  • (en) Anne Curry, « The coronation expedition and Henry VI's court in France 1430-32 », dans Jenny Stratford (dir.), The Lancastrian Court, Donington, 2003, p. 29-52.