Guilvinec

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Guilvinec
Port du Guilvinec.
Port du Guilvinec.
Blason de Guilvinec
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Finistère
Arrondissement Quimper
Canton Pont-l'Abbé
Intercommunalité C.C. du Pays Bigouden Sud
Maire
Mandat
Jean-Luc Tanneau
2014-2020
Code postal 29730
Code commune 29072
Démographie
Gentilé Guilvinistes
Population
municipale
2 860 hab. (2013)
Densité 1 163 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 47′ 46″ N 4° 16′ 57″ O / 47.796111, -4.282547° 47′ 46″ Nord 4° 16′ 57″ Ouest / 47.796111, -4.2825
Altitude Min. 0 m – Max. 17 m
Superficie 2,46 km2
Localisation

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Liens
Site web leguilvinec.com/

Guilvinec [gilvinɛk] (nom officiel), très souvent appelée Le Guilvinec, est une commune du département du Finistère, en région Bretagne, en France.

Chef-lieu du quartier maritime qui porte son nom, Guilvinec est en 2012 le premier port de pêche de France en valeur débarquée de bateaux français.

Sommaire

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation et site[modifier | modifier le code]

Guilvinec est située à la pointe de la Bretagne dans le Finistère-sud, en pays Bigouden. La commune est implantée au sud-ouest du Finistère dans le canton de Pont-l'Abbé, en bordure de l'Océan atlantique. Elle est située à 12 km au sud-ouest de Pont-l'Abbé et à 31 km au sud-ouest de Quimper, son chef-lieu d'arrondissement.

La superficie de la commune est de seulement 246 hectares ; son altitude varie entre 0 et 17 mètres[1]. L'exiguïté de son territoire, dû à la création tardive de la commune, explique qu'un certain nombre de ses équipements sont situés sur les communes voisines ; par exemple le lycée maritime professionnel du Guilvinec[2] est en fait situé sur le territoire de la commune de Treffiagat, à proximité de l'arrière-port de Léchiagat.

La commune ne possédait que quelques hameaux (Kerléguer, Kerfriant, Kervennec, ..) qui tendent désormais à être englobés dans l'agglomération qui occupe désormais la presque totalité du finage communal et en déborde même, déployant une longue tentacule sur le territoire de la commune de Plomeur (quartiers de Robiner et Pendreff) le long de la RD 57 en direction de son bourg.

La commune du Guilvinec est limitée à l'est par l'estuaire du Steir[3], une ria, est à l'origine de l'essor de l'agglomération née sur ses deux rives, Le Guilvinec sur sa rive droite, Léchiagat sur sa rive gauche, ainsi que du port. À l'ouest, un minuscule fleuve côtier, le "Dour Red" sépare Le Guilvinec de la commune de Penmarc'h.

La façade littorale, outre les installations portuaires de la ria du Steir, comprend la pointe de Men Meur (formée de falaises basses et d'un platier rocheux) et, à l'ouest, la "Grève Blanche", une zone de dunes basses et une plage, qui forme en fait le début de la longue plage du Stêr, située sur le territoire de la commune de Penmarc'h.

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Linguistiquement, Guilvinec se situe dans la zone du breton cornouaillais.

Le port et le quartier maritime[modifier | modifier le code]

Le quartier maritime du Guilvinec[modifier | modifier le code]

Le quartier maritime du Guilvinec (qui avait remplacé le l'ancien quartier maritime de Quimper), désormais depuis 2010 quartier d'immatriculation GV, rassemble les ports de pêche du Pays Bigouden : Saint-Guénolé, Guilvinec-Léchiagat, Lesconil, Loctudy. C'est le premier quartier maritime de France pour la pêche tant en nombre de marins (environ 1 000 marins) qu'en valeur de la production de poissons débarquée, qui représente 17,5 % de la pêche française.

La côte rocheuse de la presqu'île de Penmarc'h, prolongée par un plateau continental pente très douce sous l'Océan, en fait un lieu de pêche remarquable, qui explique à l'origine le dynamisme de la pêche bigoudène.

En 2011, le quartier maritime comptait 253 bateaux de pêche professionnelle (125 de petite pêche, 40 de pêche côtière, 73 de pêche au large) ; la filière pêche représente en tout environ 3 000 emplois dans le quartier maritime du Guilvinec, en comptant les emplois des trois criées de Saint-Guénolé, Guilvinec et Loctudy, la cinquantaine d'entreprises de mareyage, la dizaine de chantiers navals, etc[4].

Le port du Guilvinec-Léchiagat[modifier | modifier le code]

Originellement simple port d'échouage situé dans le fond de l'estuaire du Ster, le port étend désormais ses quais et ses infrastructures sur les deux rives d ela partie aval du dit estuaire, principalement sur la rive droite, côté Guilvinec, mais également sur la rive gauche, côté Léchiagat.

Le Guilvinec-Léchiagat est le 3e port de pêche français, derrière Boulogne-sur-Mer et Lorient, tant en tonnage qu'en valeur du poisson débarqué (principalement baudroie, raie, merlan, cabillaud, langoustine), mais le premier port français de pêche artisanale. Ses 125 bateaux (70 hauturiers, 40 côtiers et 15 fileyeurs) font travailler 570 marins (chiffres de 2003)[4].

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Voies de communication et transports[modifier | modifier le code]

Les ports du pays Bigouden et la ligne du train birinik (1907-1963), qui faisait office de train de marée.

Guilvinec a dû en grande partie son essor au train : la mise en service en 1863 de la voie ferrée Paris-Quimper par la Compagnie du chemin de fer d'Orléans facilite l'acheminement des produits de la pêche, puis celle du train birinik, qui faisait office de train de marée, qui fonctionna de 1907 à 1963. Désormais, Le Guilvinec, relié par la RD 57 à Plomeur, puis par la RD 785 à Pont-l'Abbé, bénéficie quand même d'un certain désenclavement routier, grâce à la rocade de Pont-l'Abbé et à la voie express transbigoudène qui va jusqu'à Quimper, où elle se raccorde à la RN 165, voie express en direction de Nantes vers l'est et Brest vers le nord.

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Morphologie urbaine[modifier | modifier le code]

Logement[modifier | modifier le code]

En 2009, le nombre total de logements dans la commune était de 2 605, alors qu'il était de 2 197 en 1999 en 1999[Insee 1].

Parmi ces logements, 60,1 % étaient des résidences principales, 28,4 % des résidences secondaires et 11,5 % des logements vacants. Ces logements étaient pour 81,5 % d'entre eux des maisons individuelles et pour 18,0 % des appartements[Insee 2].

La proportion des résidences principales, propriétés de leurs occupants était de 72,8 %, légèrement en baisse par rapport à 1999 (76,2 %)[Insee 3].

Projets d'aménagements[modifier | modifier le code]

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom officiel français de la commune est bien « Guilvinec »[5] même si l'usage de l'appellation « Le Guilvinec » est très largement répandu car en breton la commune se nomme Ar Gelveneg. Les panneaux d'entrée de ville eux-mêmes indiquent « Le Guilvinec », ce qui ajoute à la confusion[6]. L'adresse web de la mairie est également : http://www.leguilvinec.com. L'ancienne gare, toujours debout, présente pourtant bien sur son fronton : «Guilvinec»[7], et la poste indique comme boîte postale «Guilvinec»[8].

L'étymologie du nom est incertaine : peut-être provient-il du mot breton golbinoc ("pourvu d'un bec") ou des mots bretons ker ("village") et maenek ("pierreux"). Le nom s'est écrit Kerluineuc (en 1381), Guelvynec (en 1540), Le Guilfinec, Quilvinnec (au XVIIIe siècle)[9] .

Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire et Antiquité[modifier | modifier le code]

Le menhir de Lanvar

L'estuaire du Steir a constitué de tout temps un abri naturel, donc un site attractif, déjà pour les hommes préhistoriques. De petits outils en silex ont été découverts lors du dragage du chenal et des traces d'un tumulus, ainsi qu'une allée couverte enfouie dans le sable de la dune, ont été identifiées à Men-Meur. Un menhir a été redressé à Lanvar[10].

Des pierres sacrées datant au moins de l'époque gauloise existent à Saint-Trémeur et des traces d'exploitation de fours à sel ont été trouvées dans l'anse de Kervarc'h au fond de la ria du Steir[10].

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Révolution française[modifier | modifier le code]

En 1792, Lesconil et Guilvinec (simple port sur le territoire de la commune de Plomeur) n'avaient qu'une chaloupe, Sainte-Marine 3, Treffiagat et Kérity 4 chacun, L'Île-Tudy 8, Concarneau 250 et Douarnenez 275 environ[11].

Le , le lougre L'Écureuil, parti de Bénodet, attaqué par la frégate anglaise Niger, alla s'échouer volontairement au fond de l'anse de Quilvinet (Guilvinec) où le bateau anglais continua de la canonner, contraignant l'équipage à l'abandonner ; les Anglais, ne pouvant déséchouer le bateau, l'incendièrent[12].

XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Le Guilvinec et Treffiagat sur la feuille 172 de la carte de Cassini (levés faits en 1783, publiée en 1789).

La batterie de Guilvinec[modifier | modifier le code]

Le , une frégate et des péniches anglaises tentèrent de s'emparer du lougre l' Oreste. Les deux seuls canonniers de la batterie du Guilvinec qui étaient à leur poste tirèrent sur l'ennemi sans prendre le temps d'écouvillonner les deux canons, si bien qu'ils eurent les mains déchiquetées par leur explosion. La canonnade fit toutefois fuir les Anglais et l' Oreste fut sauvé[13].

Guilvinec en 1840[modifier | modifier le code]

En 1840, le bourg d'Ar Gelveneg, sur la commune de Plomeur, ne compte que 72 habitants, répartis dans une douzaine de chaumières, au nord de Tal ar Groas, face à l'anse de Men Krenn, aujourd'hui comblée. À bord d'une dizaine de chaloupes, les hommes pêchent le merlu, le maquereau, la sardine[a 1] ainsi que les crevettes et les coquillages[14].

L'essor du port pendant la seconde moitié du XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Vers 1860, le port du Guilvinec était encore de faible importance, possédant seulement une douzaine de barques de pêche ; en 1860, l'industriel nantais Louis Pichot y crée une unité de production avec presse à sardines et salaisons, magasin de marée, dépôt de vente de rogue de Norvège, magasin d'avitaillement, service d'expédition du poisson, armement de chaloupes[a 2]. C'est le début de l'essor du Guilvinec. En 1866 « ce point jadis désert, tend à s'accroître de jour en jour. Il renferme déjà tout un village qui a été construit en 3 ans et, au moment de la pêche au maquereau, les barques de Douarnenez, d'Audierne, de Concarneau s'y réunissent et forment une agglomération de plus de 2 000 habitants » est-il écrit dans un rapport de 1866. Un autre rapport de 1869 fait état de 900 bateaux, surtout douarnenistes, présents dans les parages pendant la saison de pêche[15].

« Les vieux décrivent à qui veut les entendre ces départs de Douarnenez vers le mois de mai, sur des camions à chevaux où étaient juchés les canots de pêche, avec les meubles et toute la marmaille. La famille s'installait jusqu'à la mi-novembre et repartait semblablement. Certains ont transformé leur migration temporaire en migration définitive. (...) En 50 ans, à la place d'une lande déserte, s'est élevée une agglomération de 4 500 habitants[16]. »

En 1863, l'arrivée du chemin de fer à Quimper provoque l'essor de Guilvinec. Son havre, à proximité des lieux de pêche du maquereau, attire jusqu'à 300 chaloupes de toute la Cornouaille. Les mareyeurs organisent un service d'expédition rapide vers la gare de Quimper. Guilvinec devient le premier port de France dans l'expédition du maquereau frais. En 1867, le port compte 77 navires de pêche immatriculés :

  • 52 chaloupes non pontées (4,86 à 8,12 m, deux mâts, taille-vent au grand mât) ;
  • 25 canots à voile non pontés (3,88 à 4,20 m, un mât)[b 1].

En 1869, on construit la première cale, longue de 40 mètres, et en 1886 une seconde, longue de 80 mètres. Entre 1896 et 1901, un môle-abri de 180 mètres de long est construit à la place de la cale de 1869.

En 1870, deux usines de conserverie à l'huile ouvrent. La flottille locale se développe. Après la saison du maquereau, elle se livre à la pêche à la sardine. En 1879 et 1880, six nouvelles usines voient le jour. Les conserveries sont cinq en 1902 ; en 1910 ces cinq usines (Salles-Aubun, Chacun, Chancerelle, Delory, Société brestoise) emploient en tout plus de 350 ouvriers, principalement des ouvrières, et 60 soudeurs ( qui assurent la fermeture des boîtes de conserve). Trois d'entre elles sont mixtes, c'est-à-dire qu'elles fabriquent aussi des conserves de légumes[15].

Mais l'équilibre économique de la commune de Plomeur se trouve bouleversé par cette montée en puissance. Les pêcheurs, de plus en plus nombreux (Guilvinec compte maintenant 2 000 habitants), sont las de voir les décisions municipales prises par des paysans aux intérêts différents des leurs. En 1880, ils obtiennent d'être séparés de Plomeur. Le 6 avril, Guilvinec devient une commune[17],[18].

En 1893, Guilvinec possède plus de 100 bateaux et reçoit, d'avril à juin, plus de 300 bateaux venus d'autres ports[19] ; on compte 360 femmes employées dans les usines du Guilvinec[a 3]. De 1897 à 1900, le port est doté d'une digue de 175 mètres, d'un terre-plein pavé, d'un quai, d'une nouvelle cale[18].

L'indépendance communale en 1880[modifier | modifier le code]

Le port de Guilvinec obtint son indépendance communale par rapport à Plomeur le  ; les antagonismes entre les pêcheurs et ouvriers du Guilvinec, républicains, et la majorité paysanne, conservatrice, de Plomeur, rendait cette séparation inéluctable[20].

L'épidémie de choléra de 1885[modifier | modifier le code]

Dans le courant de la seconde moitié du XIXe siècle, en raison de conditions hygiéniques déplorables, le choléra a sévi à plusieurs reprises au Guilvinec, de même que la fièvre typhoïde, qui paraît avoir été alors endémique au Guilvinec, alors que ces épidémies épargnaient Léchiagat[21].

Des cas de choléra (126 cas provoquant 72 décès[22]) sont signalés à Guilvinec au début du mois de novembre 1885. « L'intensité du fléau (...) atteint son maximum aux environs du centre de l'ellipse (...) occupé par le lavoir qui constituait une sorte de bourbier » écrit Henri Monod. Il poursuit : « Le défaut absolu de fosses d'aisance, l'absence de pente, de tout égout, transforme les rues en une série de cloaques (...). Le lavoir public (...) mérite une mention spéciale : c'est une mare d'eau fétide, croupissante et noire, accessible à tous les animaux. Au moment de ma visite, j'ai vu plusieurs femmes trempant leur linge dans ce liquide absolument infect »[23]. Le journal Le Figaro écrit : « Une misère épouvantable règne à Le Guilvinec. Presque tous les habitants ont pris la fuite »[24].

Un rapport publié alors évoque les difficultés de la lutte contre l'épidémie :

« La misère, dont la première conséquence est une alimentation insuffisante pour des gens qui se livrent au dur métier de la pêche, y est très commune. J'ai pu constater dans bien des cas que les malades avaient à peine de quoi se nourrir, qu'ils manquaient de vêtements et d'objets matériels de première nécessité. L'humidité, l'encombrement des logements, leur malpropreté, celle des habitants, sont encore des conditions fort communes. Enfin les excès alcooliques, véritable plaie du pays, auxquels se livrent les hommes et les femmes. Pendant les premiers temps du choléra, la population a été continuellement ivre et il a fallu l'arrivée de la gendarmerie pour réprimer ces excès, en dressant des procès-verbaux contre les personnes en état d'ivresse, et contre les débitants qui restaient ouverts toute la nuit. Il n'existe pas moins d'une trentaine de débits dans le village (...). Enfin il existe dans cette population un fond de superstition qui leur fait accepter tous les événements malheureux sans qu'ils essaient de réagir. "Dieu le veut" disent-ils, "rien n'empêchera la mort d'arriver'". Aussi ils assistaient, impassibles, à l'agonie d'un des leurs, répondaient oui à toutes les recommandations, mais n'exécutaient aucun prescription[25]. »

En 1894, une nouvelle épidémie de choléra fit 32 morts au Guilvinec. En août 1895, un réseau de distribution d'eau potable ouvre à Guilvinec[26].

L'interdiction en 1886 d'héberger chez l'habitant, afin d'éviter la propagation de l'épidémie de choléra, les marins venus d'ailleurs pour la saison de la pêche au maquereau, provoqua de sérieux troubles, les guilvinistes se plaignant du manque à gagner. Il fallut faire venir une cinquantaine de soldats pour maintenir l'ordre et sécuriser les tentes qui avaient été installées pour abriter temporairement ces pêcheurs.

La construction de l'église paroissiale[modifier | modifier le code]

En 1883, la paroisse des Glénan, qui n'a plus de prêtre titulaire, est transférée au Guilvinec, mais la paroisse du Guilvinec n'est officiellement créée qu'en juin 1892. Faute d'église dans un premier temps, et la chapelle Saint-Trémeur étant trop excentrée, les messes sont célébrées dans l'usine Chancerelle[9].

L'église paroissiale Sainte-Anne est construite en 1887 avec du granite à gros grain, extrait du grand rocher du Guilvinec dénommé "Chapeau de Cardinal", qui était situé en plein cœur du bourg et servait d'amer ; son clocher resta inachevé par manque d'argent[27].

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Un cantique des marins du Guilvinec, écrit en 1886, en breton, dit en traduction française :

(...) Tout comme vous grands apôtres
Nous allons tous les jours sur la mer bleue.
Notre pauvre petit bateau est souvent bien balloté
Et c'est miracle qu'il ne sombre pas (...)
Sainte Anne, pendant toute notre vie
Soyez notre mère, soyez notre patronne ;
Du péché, des écueils
Préservez les habitants du Guilvinec[28]

Descriptions du Guilvinec vers la fin du XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Benjamin Girard écrit en 1889 : « Par suite de l'extension qu'a prise l'industrie de la pêche sur cette partie de la côte du Finistère, depuis que les chemins de fer y ont pénétré, le nombre des bateaux (...) appartenant à cette localité et pratiquant la pêche s'élève à plus de cent. (...) Des fabriques de sardines à l'huile et des établissements pour la salaison du poisson y ont été créés ces dernières années. Le port, de même que le bourg, est d'origine récente. Comme, il y a quelques années, il ne possédait aucun ouvrage [équipement], il devint urgent d'en créer. Le premier besoin auquel on songea à donner satisfaction fut l'éclairage de l'entrée où, en 1868, on plaça deux feux (...). En même temps se fit l'étude d'une cale de 40 mètres de longueur, dont la construction s'est terminée en 1870, et qui sert aux marins de lieu de débarquement (...). On a construit en aval un terre-plein à deux étages pour le lavage et l'emballage du poisson. Une autre cale a été récemment construite dans l'intérieur du port. Le port du Guilvinec n'est qu'un port de pêche qui, pendant l'été présente une très grande animation. Du mois de mars au mois de juin de chaque année, il est fréquenté, indépendamment des bateaux de la localité, par environ 300 bateaux étrangers, qui viennent faire la pêche au maquereau dans ces parages »[29].

Anatole Le Braz fait en 1896 cette description du Guilvinec : « Nous entrions au Guilvinec. Partout, au seuil des logis, des filets couleur de tan étendus à sécher sur des poteaux ; dans l'air, une odeur forte, ce relent particulier aux cités de la sardine. (...) Il y a trente ans, le Guilvinec n'était qu'un misérable havre où dormaient les trois-quarts du temps, renversés sur le sable, une demi-douzaine d'esquifs trop sommairement gréées pour affronter les risques du large. C'est aujourd'hui une ville de la mer, avec ses phares, ses quais, ses môles, son peuple d'usiniers, de mareyeurs et sa flottille (...) de quelque quarante gabares solidement équipées »[30].

XXe siècle[modifier | modifier le code]

Les tensions politico-religieuses de la Belle Époque[modifier | modifier le code]

Les Sœurs de la congrégation des Filles du Saint-Esprit, arrivées au Guilvinec en 1894 pour soigner les malades du choléra, créèrent une école et enseignaient en 1902 à environ 150 élèves répartis en trois classes. Cette école fut fermée sur décision du gouvernement Combes par un décret en août 1902.

« À Le Guilvinec, le commissaire de police est arrivé à cinq heures du matin avec une brigade de gendarmerie. La population était surexcitée. Deux mille personnes protestaient contre l'expulsion des sœurs en criant : « Vive la liberté ! À bas Le Bail ! À bas Combes ! ». Le propriétaire de l'école a protesté contre l'apposition des scellés[31]. »

Après l'inventaire des meubles, les scellés furent apposés sur la porte d'entrée mais arrachés par des inconnus. L'école rouvrit en octobre 1902, mais avec des enseignantes en habit laïc.

Le , le fonctionnaire chargé de l'inventaire fut accueilli au Guilvinec au son du tocsin qui rameuta trois mille fidèles déjà sur le pied de guerre. Il ne put remplir sa mission. La confiscation des biens de l'église du Guilvinec apparut aux fidèles comme une injustice flagrante compte tenu de la construction récente de l'édifice en partie réalisée grâce aux dons de ces derniers. L'inventaire eut lieu lors d'une seconde tentative en novembre 1906[14].

La Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Le monument aux morts du Guilvinec porte les noms de 159 soldats et marins morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale ; parmi eux 21 au moins sont des marins disparus en mer, dont Eugène Pichavant[32], Yves Le Rest[33], Louis Kerviel[34], Jean Kernéis[35], René Daoulas[36], Henri Courtes[37], etc.. ; 8 soldats au moins sont morts sur le front belge lors de la Course à la mer ; 3 sont décédés dans les Balkans lors de l'expédition de Salonique (Pierre Guirriec à Vlaklar (Macédoine), Félix Join à Salonique (Grèce), Pierre le Drenn en Serbie) et 3 en Turquie lors de l'expédition des Dardanelles (François Vigouroux, Jean Biger et Germain Moullec, ces deux derniers lors de la bataille de Sedd-Ul-Bahr) ; il faut y ajouter Pierre Coupa, décédé le à l'hôpital de Nice, mais mort des suites de ses blessures reçues lors de l'expédition des Dardanelles[38] ; Pierre Le Pape est mort à l'hôpital de Brindisi (Italie) et Jean Stéphan dans un hôpital de Lisbonne (Portugal); la plupart des autres sont décédés sur le sol français[39].

Par ailleurs, Joseph Cabon[40], a été tué le lors de la Bataille d'Elhri au Maroc et Corentin Peton est mort le à Landau (Allemagne, alors qu'il faisait partie des troupes françaises d'occupation en Allemagne après le traité de Versailles.

Naufrages et sauvetages[modifier | modifier le code]

La liste ci-après est loin d'être exhaustive car les naufrages ont été très nombreux et est fournie seulement à titre d'exemples.

Le , la chaloupe de pêche Marie-Louise qui revenait de Bénodet, chargée de bois à brûler, coule, malmenée par la tempête, entre Loctudy et Lesconil ; ce naufrage fit un rescapé (parvenu à nager jusqu'à la côte) et trois noyés (trois frères)[41].

Le Journal officiel de la République française du évoque une tempête qui vient de survenir : « Trois chaloupes seraient perdues, deux autres auraient disparu sans qu'on sache ce qu'elles sont devenues. Le Pierre, de Kérity, était monté de huit hommes qui ont tous péri. Sept de ces malheureux étaient pères de famille et laissent entre eux jusqu'à trente enfants qui vont se trouver sans ressources. Une seconde chaloupe, commandée par Bérou, du Guilvinec, compte sept morts. La troisième, nommée Daniel, jetée sur les sables de La Torche par la tempête, a été sauvée sans que les hommes aient péri »[42].

Le , la barque de pêche Le Bon Dieu est coupée en deux à la suite d'une collision avec le vapeur Le Fauconnier, de Dunkerque : six des neuf marins à bord périssent[43].

En 1890, le vapeur Louise Jenny s'échoue près du Guilvinec. Plusieurs pêcheurs du Guilvinec furent surpris par les gardes maritimes en train de piller la cargaison du navire et poursuivis en justice[44].

Le , le Saint-Louis, du Guilvinec, se perd corps et biens près des Étocs (8 disparus)[45]. Le , le vapeur Louvre, de Nantes, fait naufrage entre Lesconil et Le Guilvinec (12 noyés, 3 rescapés)[46]. Le , le Saint-Trémeur se perd corps et biens, faisant 3 victimes marins-pêcheurs[47]. Fin mai 1897, le Sainte-Anne, du Guilvinec, qui était parti pêcher le homard dans l'archipel des Glénan, disparut avec ses 4 hommes d'équipage ; le même jour disparut le bateau de pêche Saint-Jean, de Léchiagat, parti relever ses casiers, disparut avec son équipage de 8 marins-pêcheurs[48].

La tempête du provoqua la disparition de six chaloupes, faisant en tout 44 disparus laissant 32 veuves et 85 orphelins, basées dans les ports de la région dont trois étaient de Léchiagat et trois du Guilvinec : le Saint-Joseph (6 noyés), le Pont-L'Abbiste (8 noyés), le Saint-Fiacre (6 noyés). Dans le Journal des débats du , Anatole Le Braz écrit à propos des naufrages survenus lors de cette tempête : « Sur aucun point du littoral, les « victimes de la mer » n'ont été plus nombreuses qu'au Guilvinec. Le même jour, dans le même coup de tempête (...) six barques[49] disparaissaient, entraînant dans l'abîme une cinquantaine d'hommes dont on recueille présentement les débris épars, le long de tout le rivage atlantique jusqu'au fond du Golfe de Gascogne »[30]. Peu avant, le , la chaloupe de pêche Double-alliance, du Guilvinec, avait chaviré à la suite d'une bourrasque à deux milles au large de la Pointe de Penmarc'h ; ses neuf hommes d'équipage avaient pu être sauvés[50]. Le , les huit hommes d'équipage de la chaloupe de pêche La-Mère-de-Dieu, en perdition près de l'Île aux Moutons furent sauvés par le gardien du phare de cette île et un autre marin[51].

Le canot de sauvetage Vice-Amiral Charles Duperré le jour de son inauguration le
Guilvinec : le canot de sauvetage Alice vers 1915

La station de sauvetage du Guilvinec est créée en avril 1902, le premier canot de sauvetage, à rames, est le Alexandre Van Maseyk[52] ; le , il fut béni par l'évêque de Quimper en présence d'une foule considérable[14]. Le , ce canot de sauvetage secourut un vapeur en détresse[53]. Ce canot fut transféré au Conquet en avril 1912 et prit le nom de Lieutenant Pierre Géruzez[54]. L'Alice lui succéda en 1913, puis le Vice-Amiral Charles Duperré[55] (le premier canot à moteur) inauguré le , le Jean Louis Courtès en 1960 et le Patron Léon Avron[56] en 1993 et enfin le Men Meur en 2003[57].

Le , le dundee Marie, de Tréguier, venant de Boulogne et se dirigeant vers Quimper, chargé de ciment, coule sur la roche du Guilvinec. Les quatre hommes d'équipage sont rescapés[58]. Le , le Saint-Gilles coule (7 victimes) et trois jours plus tard un autre naufrage fait 8 disparus à l'entrée du port du Guilvinec[59]. Le , le sloop Marie-Yvonne heurte la roche Rouzès à 1 000 mètres environ de l'entrée du port du Guilvinec et sombre ; les deux hommes de l'équipage sont sauvés par le canot de sauvetage[60]. En 1905, le Marengo disparaît corps et biens au large des Étocs avec 11 hommes à bord et l'Amiral Gervais disparut la même année avec 8 hommes à bord, on ne retrouva que ses filets à la dérive.

Le , le canot Gagne tu l'auras, du Guilvinec, chavire alors qu'il revenait de Concarneau en face du rocher Goudoul en Lesconil ; les naufragés furent recueillis par le canot Deux-Frères, de Lesconil, à l'exception du mousse qui se noya[61].

Le , le vapeur Saint-Nicolas, de Marseille risque de s'échouer sur les roches « Les putains » alors que, pris dans la tempête et non maître de sa manœuvre, il était pris en remorque par le remorqueur Mastodonte. Il refuse toutefois le secours du canot de sauvetage Alice, du Guilvinec, mais finit par être jeté à la côte entre la pointe de Bénodet et la pointe de Mousterlin[62].

Le , le vapeur anglais Brumhall, perdu dans la brume avec son compas déréglé en raison du minerai de fer qu'il transportait depuis Bilbao en direction de Middlesbrough, s'échoue sur le plateau rocheux des Fourches à 2 mille environ du Guilvinec. L'équipage se réfugia dans une baleinière qui fut prise en remorque par des bateaux sauveteurs. Le navire fut perdu[63].

En juillet 1936, la barque Croas-Malo, du Guilvinec, heurte un rocher et coule près de Belle-Île-en-Mer ; les trois membres de l'équipage furent sains et saufs[64].

La forte tempête du , les pinasses armées à la drague pour la pêche à la langoustine du port du Guilvinec (des bateaux de 16 à 18 mètres de long, de 25 à 30 tonnes de jauge brute, qui se tenaient à l'entrée du port, prête à prendre la mer le lendemain, chassèrent sur leurs encres et furent drossés à la côte, côté Léchiagat : deux bateaux furent perdus, six subirent des avaries graves et une quinzaine des avaries plus légères ; les langoustiers, qui occupaient l'arrière-port du côté de Léchiagat, ne subirent que de légères avaries[65].

La pêche et les usines de poisson avant la Seconde guerre mondiale[modifier | modifier le code]

La crise sardinière au Guivinec (dessin publié dans la revue L'Illustration du )

L'Abri du marin, construit en 1900 par Jacques de Thézac, fut le premier des 15 abris construits sur le littoral breton[27].

Le port de Lestriagat (Léchiagat) et du Guilvinec au début du XXe siècle

En 1901, Le Guilvinec compte 3 884 habitants[a 4]. Cette année-là, débute la crise sardinière : la sardine quitte les parages de Bretagne pour une dizaine d'années[a 5]. Les usines ferment, la misère s'installe[18]. Le directeur de l'école des garçons et la directrice de l'école des filles écrivent conjointement, dans une lettre publiée par le journal La Lanterne du  :

« Vous n'ignorez pas l'extrême misère où sont plongés nos marins bretons. Ici, à Guilvinec, port de pêche, la détresse est navrante (...). Dans nos écoles communales, qui comptent pour le moins un millier d'enfants, c'est une pitié de les voir venir en classe mal vêtus, grelottant de froid.La plupart même d'entre eux manquent totalement d'effets et sont forcés de garder le lit, ne pouvant se présenter à l'école de manière décente et n'ayant pas le moyen de payer les fournitures de classe. Des secours sont distribués journellement ici (...) consistant en bons de pain (...). Ne serait-il pas possible d'assurer la fréquentation scolaire en donnant des fournitures, gratuitement, à tous les enfants dont les parents sont tous dans le plus complet dénuement ?[66] »

Une religieuse du Saint-Esprit, sœur Pauline[67], introduit alors le point d'Irlande au Guilvinec, en activité de complément[68]. Toutes les familles, enfants compris, se mettent à produire du picot bigouden (de la dentelle). En 1906, le port du Guilvinec compte 288 bateaux de pêche et 1 422 pêcheurs qui pêchent cette année-là 971 tonnes de maquereaux, 556 tonnes de sardines, 115 tonnes de poissons divers, 10 tonnes de homards et de langoustes. En 1914, la pêche procure 2 380 emplois au Guilvinec : 1 480 emplois à bord des bateaux, 900 emplois à terre (6 mareyeurs procurent 72 emplois dont 36 féminins, 7 emplois dans la fabrication des cordes et voiles, 7 emplois dans celle des filets, 15 emplois dans 3 chantiers navals, 4 emplois dans l'usine de glace, 10 emplois au dépôt de sel, les emplois dans les conserveries, etc..) ; la commune vit alors quasi-exclusivement de la pêche[15]. Dans les années 1912-1914, des canots dragueurs du Guilvinec commencent à pêcher la langoustine. Mais cela reste une pêche d'appoint, car il faut un bon vent pour traîner la drague[18].

Le caractère saisonnier de la pêche sardinière impose une émigration temporaire des pêcheurs vers Quiberon, Le Croisic et même plus loin : « Les Bretons débarquent leurs cargaisons à Noirmoutier, à Port-Joinville, aux Sables, à Croix-de-Vie, à La Rochelle, à Ars-en-Ré, à Royan »[69] laissant alors un bourg temporairement presque vide de ses habitants.

En 1919, l'inscription maritime est transférée de Quimper au Guilvinec, qui devient chef-lieu du quartier maritime[a 6]. En 1924, Louis Le Cleac'h, patron pêcheur qui avait déjà innové en embarquant une glacière, installe un moteur sur son annexe, puis sur sa chaloupe. Les autres patrons l'imitent[18].

En 1926, les ouvrières de Lesconil venues manifester au Guilvinec sont rejointes par 370 ouvrières des usines locales[a 7]. À partir de cette année, les pêcheurs bigoudens remplacent la chaloupe par la pinasse arcachonnaise[b 2]. Vers 1930, des pêcheurs guilvinistes migrent vers les ports sardiniers de Quiberon, de Belle-Île et du Croisic[b 3]. De 1930 à 1932, on construit un môle de 320 mètres[a 8]. En 1934, les frères Félix et Marcel Quiniou gréent le premier malamok guilviniste, l’Ernest Zégut, avec fermes, treuil, panneaux et chalut.

Bateaux de pêche dans le port du Guilvinec (vers 1925)

Dans un article paru le et intitulé La grande misère des pêcheurs des côtes bretonnes, le journal Ouest-Éclair décrit la grande misère des pêcheurs du Guilvinec et de Penmarch contraints d'émigrer ou de s'engager dans la Marine nationale et ajoute : « Il faut ajouter aux deux ports précédemment cités ceux de Lesconil, l'Île-Tudy et Sainte-Marine, qui ne sont pas mieux partagés tant s'en faut ».

« Comment avec des gains aussi insuffisants un pêcheur peut-il réussir à nourrir sa nichée, à la vêtir ? On nous a cité des cas navrants parmi beaucoup d'autres. Voici un père de famille de quatre enfants qui a gagné en tout et pour tout dans son année 1 500 francs, 300 francs à la pêche au maquereau (1 200 francs à celle à la sardine). Depuis longtemps, il n'y a plus un sou à la maison. Que fait-il ? Car on ne peut tout de même pas se laisser mourir de faim. Il va chez le commerçant et prend à crédit ce dont il a besoin, c'est-à-dire le strict minimum, on peut le croire. L'un de ces commerçants nous a confié qu'à lui seul, il comptait quarante familles auxquelles il devait, dans ces conditions, fournir denrées alimentaires et vêtements. (...) Et quand le commerçant sera-t-il payé ? À la prochaine campagne de pêche, si celle-ci est un tant soi peu fructueuse. Mais que l'année qui vient présente une situation semblable à celle de 1932, ce sera la famine chez les marins car les commerçants ne pourront tenir le coup. (...) Nous pourrions multiplier les exemples de détresse, des gains infimes en cette pointe tragique de Penmarch. Nous avons vu les hommes du Labrador gagner de 30 à 40 francs par semaine, d'autres encore moins, tel ce Jacques B., père de quatre enfants, qui a tiré de son année de pêche 1 000 francs. (...) Aucune économie bien entendu. Deux usines seulement travaillent le sprat. Peu de femmes y sont employées. Il fut un temps où, grâce au "picot", cette dentelle élémentaire implantée dans le pays par des âmes charitables lors de la crise de 1903, les familles parvenaient à trouver quelque subsistance, de quoi mettre un peu de beurre sur le pain de temps à autre. Non seulement les femmes, mais les enfants, les hommes s'y mettaient. Dorénavant, on ne fait plus guère de "picot" parce qu'il n'y a plus d'acheteur. (...) Il en est beaucoup, parmi ceux qui sont chargés de famille, qui, découragés par leur triste sort, essaient de se faire réadmettre dans les cadres de la Marine nationale. (...) C'est qu'au Guilvinec comme à Penmarch la misère est profonde : 90 bateaux sardiniers, 45 langoustiers, cela représente un nombre considérable de familles. On dira que les pêcheurs du Guilvinec qui émigrent, soit à Quiberon, soit au Croisic, ont gagné un peu plus que leurs camarades de Penmarch. (...) Le plus grand nombre s'est contenté de 1 500 francs à 2 000 francs[70]. »

En 1935, les communistes remportent pour la première fois les élections municipales emportant au second tour 19 des 23 sièges (Le Guilvinec fait partie des cinq communes du département du Finistère à avoir cette année-là une municipalité à majorité communiste, les autres étant Concarneau, Douarnenez, Beuzec-Conq et Treffiagat)[71]. Marc Scouarnec, patron du canot Karl Marx, est élu maire. En 1939, la ville accueille des réfugiés espagnols jusqu'à la fin de l'année[18].

En 1934, Guilvinec compte 381 bateaux de pêche (c'est le record jamais dépassé) dont 144 voiliers et 237 bateaux à moteur (les premiers bateaux à moteur sont apparus en 1924). C'est aussi à partir de 1934 qu'apparaissent les premiers malamoks[72] : Guilvinec en abrite 13 en 1936, 70 en 1939, 82 en 1945. Le port compte en 1934 6 conserveries (Chacun, Delory, Lecointre, Chemin, Furic, Coopérative de France ; les trois premières citées produisant également des conserves de légumes) et 4 chantiers navals qui construisent cette année-là 45 bateaux de pêche[15]. Selon le journal Ouest-Éclair du , le port du Guilvinec compte alors environ 200 gros bateaux dragueurs, qui l'été se transforment en sardiniers ou arment pour d'autres types de pêche, montés par 1 400 marins : leur gain moyen annuel est alors en moyenne de 2 500 francs, « gain manifestement insuffisant, surtout quand la famille compte un grand nombre d'enfants. (...). On compte aussi environ 25 canots de petits pêcheurs, montés généralement par deux hommes et un mousse (...). C'est la misère noire, d'autant que, de^puis le début de l'hiver, les sorties [des bateaux] ont été extrêmement rares. (...) La misère est d'ailleurs générale et l'on prend le pain à crédit »[73].

Paul Nédellec a écrit en 1934 une assez longue description du Guilvinec[74].

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Article détaillé : Pêche bigoudène.

Ce n'est que le qu'est créée la brigade de gendarmerie à pied du Guilvinec (comprenant les communes du Guilvinec, de Treffiagat, Penmarc'h, Plomeur et Saint-Jean-Trolimon, forte de cinq hommes[75].

La Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Le , les Allemands arrivent à Guilvinec. Deux « malamoks », le Korrigan et le Mouscoul, ainsi que le canot de sept mètres Petit Manuel quittent le port pour rejoindre la Grande-Bretagne et les Forces françaises libres[b 4]. Entre juillet et octobre 1940, des pêcheurs guilvinistes opèrent 8 missions entre la Bretagne et l'Angleterre à bord du Rouanez-ar-Peoc'h[76] et ramenant notamment l'agent secret Hubert Moreau[77], qui participa par la suite au réseau Johnny.

Le torpillage du cargo Guilvinec en février 1941 fit 17 disparus, dont 13 marins bretons, mais aucun n'était originaire du Guilvinec[78].

Le , un bateau de Guilvinec ramène quatre aviateurs américains qui ont sauté en mer et que les autorités allemandes arrêtent immédiatement ; le , trois avions survolent Guilvinec à basse altitude et lâchent cinq bombes au lieu-dit Poul Guen[79].

En 1942, ouvre l'école d'apprentissage maritime (EAM). Grâce à la motorisation, la pêche est en forte croissance. En 1951, un pont relie Guilvinec à la commune voisine de Treffiagat-Léchiagat. La vente sous criée commence en 1957 pour les hauturiers, et en 1959 pour les côtiers[80].

Le monument aux morts du Guilvinec porte les noms de 32 personnes mortes pour la France pendant la Seconde Guerre mondiale : parmi elles, Yves Frelaud[81], membre du réseau Johnny[82], mort en déportation au camp de concentration de Mauthausen le et Louis Berrou[83], résistant, mort en déportation au camp de concentration de Sachsenhausen le  ; des soldats originaires du Guilvinec sont morts au combat comme Eugène Berrou (frère de Louis Berrou)[84], engagé dans les Forces françaises libres dès juin 1940, tué en Syrie ; d'autres sont morts dans des circonstances non précisées comme Henri Gloaguen à Rabat (Maroc), Simon Joncour à Alger, François Le Moigne en Tunisie; huit marins sont disparus en mer, par exemple Joachim Morvan, mort lors du naufrage du cuirassé Bretagne le à Mers el-Kébir et Eugène Le Cléach, disparu lors du naufrage du sous-marin Protée coulé par les Allemands au large de Cassis le [39]. Un autre résistant, Jean Baudry[85] , fut fusillé le par les Allemands au Mont-Valérien mais il habitait en fait à Léchiagat et son nom n'est pas sur le monument aux morts du Guilvinec, mais sur celui de Trefffiagat-Léchiagat.

Les restrictions imposées à la pêche pendant la guerre rendirent la vie quotidienne difficile : les femmes se remirent à faire de la dentelle, les hommes se livrèrent à la récolte du chiendent sur les dunes pour fabriquer des brosses[15].

L'après-guerre et la seconde moitié du XXe siècle[modifier | modifier le code]

Un soldat originaire du Guilvinec, Joseph Courtes[86], est mort pendant la Guerre d'Indochine.

En 1951 le port du Guilvinec est doté d'une salle des ventes, en 1953 d'un nouveau terre-plein et en 1957 de magasins de marée et d'une criée. Le chalutage est désormais la principale pêche pratiquée et les bateaux, désormais équipés des moyens de transmission modernes, s'aventurent plus loin, pratiquant la pêche hauturière, allant pêcher langoustines et poissons jusqu'à proximité des côtes des Îles Britanniques.

En 1962, est créé l'Armement guilviniste, présidé par Jules Furic, qui lance les deux premiers bâtiments acier de plus de 22 mètres, le Tronoën et le Treminou[a 9]. L'Armement guilviniste se scinde en 1964, donnant naissance à l'Armement bigouden[87]. Le tonnage mis en vente sous la criée augmente chaque année[80]. Alain Jadé et Soazig Le Gall (fille de Thomas Le Gall qui racheta en 1971 un armement moribond) dirigent l'"Armement bigouden" qui comprenait en 2008 dix chalutiers hauturiers dont les noms commencent tous par "Bara" ("pain" en breton) dont la plupart ont été construits au chantier Glehen de Guilvinec. En 1979, le chantier Glehen lança pour l'Armement bigouden le premier Bara d'une longue série : le Bara Pemdez (le « Pain quotidien »), chalutier acier semi-industriel, à pêche arrière, 24 mètres, 600 chevaux[a 9]. D'autres suivent, comme le Bara Douz (« Pain doux »), le Bara Man (« Pain beurre »), le Bara Segal (« Pain de seigle »), etc..

En 1982, Guilvinec devient le quatrième port français, et le premier en pêche fraîche[a 9]. En cette même année, le canton de Pont-l'Abbé, qui couvre jusqu'ici la moitié sud du Pays Bigouden, est dédoublé. La ville devient chef-lieu du canton du Guilvinec[80]. En 1990, Furic Marée devient le premier mareyeur de France[a 9].

En 1993, survient la crise de la pêche. En raison des importations extra-communautaires, le prix du poisson s'effondre à Guilvinec de 12 % par rapport à l'année précédente. Les revenus des pêcheurs baissent, les familles sont surendettées[80]. La pêche bigoudène, qui a tiré jusqu'ici sa force du grand nombre et de la grande diversité de ses armements, vit désormais à l'heure de la restructuration. Toute la filière en est réduite à s'adapter. En 1995, le mareyeur Furic crée son propre armement[a 10]. En 1996, l'usine Paul Chacun ferme[80].

Le XXIe siècle[modifier | modifier le code]

Le naufrage du Bugaled Breizh[modifier | modifier le code]

Le Bugaled Breizh (« Enfants de Bretagne ») est un chalutier de Loctudy, immatriculé dans le quartier maritime du Guilvinec. Il a coulé subitement le au large du Cap Lizard, provoquant la mort de ses cinq marins.

Article détaillé : Bugaled Breizh.

Les difficultés du port de pêche[modifier | modifier le code]

Le progrès technique et le déclin de la pêche entraînent une diminution des emplois maritimes : Guilvinec comptait 4 025 emplois liés à la mer en 1950, 3 095 en 1965, 2 648 en 1969. Les tonnages pêchés sont toutefois en augmentation (6 439 tonnes en 1950, 12 457 en 1967, 13 817 tonnes en 2014). En 2009-2010, 17 chalutiers du Guilvinec ont été arrêtés en raison des plans de sortie de flotte décidés par l'Union européenne[88]. Le port abrite encore en 2014 60 bateaux pratiquant la pêche hauturière et 40 bateaux pratiquant la pêche côtière, mais les quotas imposés par la Commission européenne et le non-renouvellement de la flotte inquiètent ; trois bateaux (dont le Locléade et le Phénix 1[89] ) ont été en 2015 vendus à un armement espagnol intéressé principalement par le quota de 1 000 tonnes de droits de pêche que possédaient ces bateaux[90].

Par contre le mareyage reste dynamique : Guilvinec a su capter le poisson pêché par les bateaux des ports voisins qui ont cessé la commercialisation et aussi, par la vente à distance, de bateaux qui débarquent leur poisson ailleurs. Guilvinec est le port français de référence pour la commercialisation du poisson frais ; pour de nombreuses espèces comme l'églefin, la lotte, la raie, etc.., les acheteurs se connectent en premier au Guilvinec. « Le prix moyen est plus fort au Guilvinec parce qu'il y a du volume. (...) Sur les criées hauturières, c'est celle où il existe le plus de vente à distance. (...) Quand les ventes démarrent toutes à 6 heures du matin, c'est ici que le prix est fait » déclare Christophe Hamel, directeur de la criée du Guilvinec. Le port possède en 2015 11 magasins de marée sous criée, 128 acheteurs agréés et 98 acheteurs à distance[91].

La polémique concernant le projet de transformation de l'arrière-port en port de plaisance[modifier | modifier le code]

Face au déclin du port de pêche du Guilvinec-Léchiagat et à l'envasement accru de l'arrière-port du Steir (qui n'est plus depuis des décennies qu'un cimetière de bateaux) accéléré depuis la construction du pont-digue reliant Léchiagat au Guilvinec, un projet de dévasement, de construction d'un port de plaisance dans cet arrière-port et de démolition du pont-digue fait polémique depuis 2010, la controverse opposant principalement les écologistes et les professionnels de la mer[92]. Les partisans du projet arguent que la pêche professionnelle restera prioritaire et que le projet d'un port de plaisance est seulement complémentaire, permettant d'étoffer une offre en matière d'accueil de bateaux de plaisance quasiment inexistante pour l'instant et permettrait l'arrivée de nouvelles entreprises industrielles liées à la mer et à la navigation de plaisance dans la zone intercommunale de Toul-ar-Braz[93]. « Cette mixité entre pêche et plaisance sera un atout pour le port » assure Jean-Luc Tanneau, maire du Guilvinec. Deux projets existent en fait : l'un de 240 places, juste en amont du port de pêche, l'autre de 800 places en aménageant l'arrière-port. Les écologistes s'opposent à ce dernier projet : l'arrière-port est « d'une remarquable biodiversité et une nourricerie indispensable pour le repeuplement de la mer » s'indigne par exemple un membre de l'association "Bretagne vivante"[94].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

La commune est l'ancien chef-lieu du canton et adhère à la communauté de communes du Pays Bigouden Sud[95].

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Administration municipale[modifier | modifier le code]

Le nombre d'habitants au dernier recensement étant compris entre 2 500 et 3 499, le nombre de membres du conseil municipal est de 23[96].

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1880 1881 Jacques Le Cleac'h[18] Républicain Propriétaire foncier et armateur
1881 1890 François Le Berre[97] Radical Pêcheur, puis receveur buraliste
1890 1896 Jean Le Cleac'h
1896 1903 François Le Berre Déjà maire de 1881 à 1890
1903 1904 Yves Le Gall
1904 1908 Pierre-Jean Bigais
1908 1912 François Le Berre Déjà maire de 1881 à 1890 et de 1896 à 1903
1912 1915 Corentin Lucas
Les données manquantes sont à compléter.
1919 1925 Jean Le Cleac'h
1925 1935 Eugène Kernaflenn[98]
1935 1940 Marc Scouarnec
1940 1945 [99] ?  
1945 1963 Marc Scouarnec  
Les données manquantes sont à compléter.
1965 1983 Jean Le Brun[98] communiste
1983 1995 Xavier Charlot socialiste
1995 2012 Hélène Tanguy  
2012 en cours Jean-Luc Tanneau[100]

Instances judiciaires et administratives[modifier | modifier le code]

Guilvinec relève du tribunal d'instance de Quimper, du tribunal de grande instance de Quimper, de la cour d'appel de Rennes, du tribunal pour enfants de Quimper, du conseil de prud'hommes de Quimper, du tribunal de commerce de Quimper, du tribunal administratif de Rennes et de la cour administrative d'appel de Nantes[101].

La commune accueille la brigade de proximité de la circonscription de gendarmerie et un bureau de poste.

Politique environnementale[modifier | modifier le code]

Jumelages[modifier | modifier le code]

Au 19 avril 2013, Guilvinec est jumelée avec Sévrier en Haute-Savoie[102]. Le jumelage avec Schull dans le comté de Cork en Irlande aura lieu le 23 mai 2014. La charte de jumelage sera signée par le Président du comité de jumelage de Schull et le maire du Guilvinec, Jean-Luc Tanneau. La pêche et la plaisance réunissent ces deux communes en plus des échanges entre enfants des écoles et attrait touristique des deux villes[103].

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Guilvinec a été créée en 1880 à partir d'une scission de la commune de Plomeur.

En 2013, la commune comptait 2 860 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1881. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1881 1886 1891 1896 1901 1906 1911 1921 1926
1 968 2 603 2 939 3 620 3 884 4 092 4 429 4 584 4 715
1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975 1982 1990
4 518 4 522 4 741 4 804 5 037 5 012 4 604 4 091 3 365
1999 2005 2008 2010 2013 - - - -
3 042 3 012 2 998 2 892 2 860 - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[104] puis Insee à partir de 2004[105].)
Histogramme de l'évolution démographique

Commentaire : La population du Guilvinec a augmenté très rapidement depuis la création de la commune jusqu'en 1926, présentant un aspect de ville champignon : la commune gagne 2747 habitants entre 1881 et 1926, sa population étant multipliée par 2,4 en 45 ans, en raison de l'essor de la pêche et des activités liées à la pêche pendant cette période. La période 1926-1946 connaît une stabilité démographique; la commune atteint son maximum démographique en 1962 avec 5 037 habitants ; depuis, la crise de la pêche a entraîné un spectaculaire déclin démographique, Guilvinec perdant 2 145 habitants entre 1962 et 2010, doit - 42,8 % en 48 ans.

Guilvinec connaît un solde naturel négatif : pour la période 1999-2007, 439 décès et seulement 217 naissances ont été enregistrées ; pour la période 2007-2012, le déficit naturel moyen annuel est de - 1,1 % l'an ; en 2014 , 16 naissances et 54 décès ont été enregistrés ; le taux d'accroissement naturel est largement négatif (pour la période 2007-2012, il est de - 11,3 pour mille, le taux de natalité étant de 7, 1 pour mille et le taux de mortalité de 18,4 pour mille). Par contre le solde migratoire, lui aussi négatif entre 1968 et 1999, est devenu depuis légèrement positif : + 0,4 % l'an entre 2007 et 2014[106]. Le vieillissement de la opulation est important : en 2012, 40,0 % de la population avait 60 ans et plus, alors que 16,2 % seulement étaient âgés de 0 à 19 ans. La crise de la pêche explique qu'en 2012 56,7 % des actifs de la commune travaillaient ailleurs qu'au Guilvinec. Les logements vacants sont nombreux (12,1 % des logements en 2012)et l'augmentation du nombre des résidences secondaires est sensible ( 25,3 % du total des logements en 2007 ; 30,1 % en 2012), celui des résidences principales stagnat en valeur absolue (1583 en 2007 ; 1582 en 2012), mais diminuant en pourcentage (64,4 % du total des logements en 2007 ; 57,8 % en 2012)[107].

Enseignement[modifier | modifier le code]

La commune est rattachée à l'académie de Rennes. Cette académie fait partie de la zone A pour son calendrier de vacances scolaires.

Elle administre une école élémentaire communale de 100 élèves (année scolaire 2012-2013)[108] et dispose d'une école élémentaire privée de 98 élèves (année scolaire 2012-2013)[109].

Le département gère deux collèges : Paul-Langevin (public) et Saint-Joseph (privé)[110].

Le lycée professionnel maritime du Guilvinec forme aux métiers de la mer (pêche, marine marchande, voire Marine nationale) et à certains métiers à terre (transformation du poisson). Il assure également la formation continue des marins en activité. Il est situé à Treffiagat[111].

Manifestations culturelles et festivités[modifier | modifier le code]

Santé[modifier | modifier le code]

Sports[modifier | modifier le code]

Médias[modifier | modifier le code]

Cultes[modifier | modifier le code]

Culte catholique

La paroisse catholique du Guilvinec fait partie de l'ensemble paroissial de Stereden-Vor dans le doyenné de Pont-l'Abbé (Diocèse de Quimper et Léon).

Économie[modifier | modifier le code]

Revenus de la population et fiscalité[modifier | modifier le code]

En 2010, le revenu fiscal médian par ménage était de 22 064 €, ce qui plaçait Guilvinec au 27 882e rang parmi les 31 525 communes de plus de 39 ménages en métropole[112].

Emploi[modifier | modifier le code]

En 2009, la population âgée de 15 à 64 ans s'élevait à 1 720 personnes, parmi lesquelles on comptait 66,8 % d'actifs dont 57,1 % ayant un emploi et 9,7 % de chômeurs[Insee 4].

On comptait 1 642 emplois dans la zone d'emploi, contre 1 876 en 1999. Le nombre d'actifs ayant un emploi résidant dans la zone d'emploi étant de 951, l'indicateur de concentration d'emploi[Note 3] est de 172,7 %, ce qui signifie que la zone d'emploi offre près de deux emplois pour chaque habitant actif[Insee 5].

Entreprises et commerces[modifier | modifier le code]

Au 31 décembre 2010, Guilvinec comptait 324 établissements : 35 dans l’agriculture-sylviculture-pêche, 24 dans l'industrie, 16 dans la construction, 193 dans le commerce-transports-services divers et 56 étaient relatifs au secteur administratif[Insee 6].

En 2011, 21 entreprises ont été créées à Guilvinec[Insee 7], dont 11 par des autoentrepreneurs[Insee 8].

Pêche[modifier | modifier le code]

Activité portuaire[modifier | modifier le code]
Retour de pêche des côtiers, en 2008.

La commune du Guilvinec partage avec la commune voisine de Treffiagat-Léchiagat le plus important port de pêche artisanale de France[113]. La flottille du port se compose au de 101 navires (du canot au chalutier hauturier) pour 415 marins :

  • 31 navires, embarquant 64 marins, pratiquent la petite pêche (marées de moins de 24 heures) ;
  • 23 navires, embarquant 78 marins, pratiquent la pêche côtière (marées de 24 à 96 heures) ;
  • 47 navires, embarquant 273 marins, pratiquent la pêche au large (marées de plus de 96 heures)[b 5].

Le Guilvinec ne compte pas de navire pratiquant la grande pêche[b 6].

Dans le classement en valeur débarquée des bateaux français, il est en 2012 le premier port de pêche français (62,8 millions €), devant Lorient et Boulogne. Il est le troisième en tonnage (17 923 t), après Boulogne et Lorient[114]. Il est équipé :

  • de 1 000 m de quai ;
  • d'un élévateur à bateaux de 350 t ;
  • d'une halle à marée ;
  • d'un système de vente informatisée ;
  • d'une chambre froide (stockage) de 700 m2 ;
  • d'une chambre froide (déchets) de 80 m2 ;
  • d'une gare de marée réfrigérée de 1 300 m2 ;
  • d'un contrôle informatisé de la livraison[113].

En 2011, on compte 98 acheteurs agréés. Près de 30 % des achats s'effectue sur Internet[115].

En 2011, l'activité est très bonne : le tonnage progresse de 15 %, la valeur de 17 %[116]. Les trois espèces les plus pêchées sont :

  • la lotte, 3 966 t, pour une valeur de 21,3 millions € ;
  • la raie, 2 119 t, pour une valeur de 4,3 millions € ;
  • l'églefin, 1 989 t, pour une valeur de 2,7 millions €.

La langoustine se situe à la huitième place en tonnage (704 t) et à la deuxième place en valeur (7,3 millions €)[117].

Le Guilvinec est le site historique du chantier Glehen, créé en 1911 au fond du port. La taille des navires augmentant, le passage sous le pont de Léchiagat va se révéler de plus en plus épineux. Aussi, en 2001, le site de Douarnenez devient-il le principal centre de production[b 7]. Le siège social reste au Guilvinec, qui garde un site de réparation[118].

Découverte de la pêche en mer[modifier | modifier le code]

Le centre « Haliotika, la cité de la pêche » permet de découvrir les produits de la mer, le quotidien des marins-pêcheurs, l'évolution de leur métier et celle du port du Guilvinec[80].

Quartier maritime du Guilvinec[modifier | modifier le code]

De 1919 à 2009, Le Guilvinec est chef-lieu d'un quartier maritime portant son nom. Les quartiers maritimes disparaissent le , jour où les services chargés de la mer et du littoral sont réorganisés[119].

Article détaillé : Pêche bigoudène.

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Monuments historiques[modifier | modifier le code]

La commune dispose d'un monument classé et de deux monuments inscrits à l'inventaire des monuments historiques.

  • Le menhir de Lanvar est classé depuis le 4 juin 1962[120]. D'époque néolithique, environ 3000 av. J.-C., il est situé dans l’agglomération au lieu-dit Kervennec.
  • Le manoir de Kergoz ("vieux village" en breton) est inscrit depuis le 11 mai 1932[121]. Son mur d'enceinte y compris la porte avec pigeonnier datant du (XVIe siècle) atteste de l'appartenance du maître des lieux à la noblesse. Habitat des seigneurs de Kergoz, ce manoir a appartenu à la famille de Derval dont le dernier représentant (Hyacinthe) s'est distingué à la bataille de Quiberon ; ses ossements se trouvent à la Chartreuse d'Auray. Ses épais remparts, ses tours d'angle à meurtrières et son colombier, qui de loin à l'apparence d'un donjon étaient propres à décourager des pillards venus de la mer. Il pouvait d'ailleurs offrir, en cas d'alerte, un asile temporaire aux villageois[122]. La commune est maintenant propriétaire du manoir qui a servi de centre aéré pour les enfants puis de club du troisième âge, elle loue ses salles aux particuliers.
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  • La chapelle Saint-Trémeur, dédiée à saint Trémeur, située près d'un vallon et d'un étang de barrage dunaire, est inscrite depuis le 4 mars 1935[123]. Construite durant la première moitié du XVIe siècle par le seigneur de Kergoz. Deux stèles de l'âge du fer sont situées sur le placître et témoignent de l'ancienneté de l'occupation du site. Selon la tradition, au XVIIIe siècle, les naufragés inconnus et les pauvres y étaient enterrés. En ruine après la Révolution française, elle fut restaurée en 1817 ; une fontaine (restaurée) se trouve en son contrebas de la chapelle : elle était censée guérir les migraines et les maux de tête[9]. À proximité se trouve l'ancien four banal à pain de Prat an Ilis ("pré de l'église" en breton). Depuis 2009, elle a été à nouveau restaurée grâce à une souscription et avec l'aide de la Fondation du patrimoine[124]et sert désormais de lieu d'exposition durant l'été[125].
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Par ailleurs, la commune possède six objets classés à l'inventaire des monuments historiques : un canon en bronze situé à l'hôtel de ville, depuis le 2 mai 2005[126] et cinq tableaux : trois du peintre Lucien Simon Une parade de cirque forain et Une vue du vieux port de Douarnenez depuis le 2 mars 1994 et Le bal à Sainte-Marine depuis le 14 avril 1997[127],[128],[129], Une marine du peintre Désiré Lucas depuis le 14 avril 1997[130] et Les Sardiniers du peintre Gérard Legout depuis le 2 mars 1994[131].

Autres monuments[modifier | modifier le code]

  • Four à pain du village de Prat-an-Ilis (granite, environs du XVIe siècle).
  • Canon de marine fabriqué à Rimini (cuivre, XVIe siècle).
  • Carrière de granite à gros grain sur le littoral de Men-Meur (environs du bas Moyen Âge au XVIIe siècle).
  • Carrière de granite de la lande de Saint-Trémeur (Id.).
  • Croix d'un chemin de Plomeur (environs du XVIIe siècle), déplacée face à la mer, devant l'Abri du marin, vers 1940.
  • Église Sainte-Anne (1887-1918-1993), Place Dixmude, avec une tapisserie de l'abbé Maurice Morel (1908-1991) et les vitraux non figuratifs de Jean Mingam (1927-1987).
  • Môle (1897-1900) et phare (vers 1922).
  • Abri du marin (1900, agrandit en 1923), fondé par Jacques de Thézac.
  • Monument aux marins péris en mer (depuis 1901).
  • Villa Le Corre de Men-Meur (1910).
  • Cimetière de bateaux de l'arrière-port, avec une trentaine de carcasses (entre 1920 et 1970).
  • Maison construite par l'industriel nantais M. Riom (petit-fils d'Alfred[réf. nécessaire]) en 1920-1921, acheté par la commune en 1952 pour y installer l'Hôtel de ville en 1956.

Patrimoine culturel[modifier | modifier le code]

L’adhésion à la charte Ya d’ar brezhoneg a été votée par le Conseil municipal le 4 février 2006.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Guy Autret de Missirien (1599-1660), historien et généalogiste, tient son « ménage d'été » au manoir de Kergoz jusqu'en 1653[132].
  • Eugène De Bie (1914-1983), peintre belge, séjourne au Guilvinec de 1947 à 1960, puis se partage entre la Belgique et Le Guilvinec jusqu'à sa mort. Il repose au cimetière du Guilvinec[133].
  • Louis Mélennec (né au Guilvinec en 1941), médecin, juriste, historien, musicien. Il a enregistré sur disque le cantique des marins du Guilvinec, Da vartoloded ar Guivineg.

Héraldique, logotype et devise[modifier | modifier le code]

Armes de Guilvinec

Guilvinec porte aujourd’hui : Tranché : au premier d'or au crabe de gueules senestré d'une langoustine du même, au second de gueules au bateau de pêcheur d'or ; à la bande ondée d'argent et d'azur brochant sur la partition.

La devise du Guilvinec est Dalc'h mad (« Tiens bon ! »)

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant à l'année 2006, première population légale publiée calculée conformément aux concepts définis dans le décret no 2003-485 du 5 juin 2003, et les années correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et aux années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.
  3. L'indicateur de concentration d'emploi est égal au nombre d'emplois dans la zone pour 100 actifs ayant un emploi résidant dans la zone, selon la définition de l'Insee.

Références[modifier | modifier le code]

Insee[modifier | modifier le code]

  1. LOG T1M - Évolution du nombre de logements par catégorie sur la fiche Insee de la commune, [lire en ligne].
  2. LOG T2 - Catégories et types de logements sur la fiche Insee de la commune, [lire en ligne].
  3. LOG T7 - Résidences principales selon le statut d'occupation sur la fiche Insee de la commune, [lire en ligne].
  4. EMP T1 - Population de 15 à 64 ans par type d'activité.
  5. EMP T5 - Emploi et activité.
  6. CEN T1 - Établissements actifs par secteur d'activité au 31 décembre 2010.
  7. DEN T1 - Créations d'entreprises par secteur d'activité en 2011.
  8. DEN T2 - Créations d'entreprises individuelles par secteur d'activité en 2011.

Autres sources[modifier | modifier le code]

  1. Institut national de l'information géographique et forestière, Répertoire géographique des communes, [lire en ligne].
  2. http://www.lycee-maritime-guilvinec.com/
  3. Le Steir est un tout petit fleuve côtier, en fait un simple ruisseau, qui prend sa source à Plomeur, à ne pas confondre avec le Steïr, affluent de l'Odet
  4. a et b http://www.leguilvinec.com/public/pages/lequartiermar_leportdepeche.php
  5. Code officiel géographique de Guilvinec sur le site de l'Insee, consulté le 26 janvier 2015.
  6. https://www.google.fr/maps/@47.8071302,-4.2799362,3a,75y,168.95h,93.19t/data=!3m6!1e1!3m4!1sbAQgLQVA77K1_U3R0iq3ew!2e0!7i13312!8i6656
  7. https://www.google.fr/maps/@47.8021276,-4.2804609,3a,75y,186.15h,89.06t/data=!3m6!1e1!3m4!1s6f_ZhW1EHG7hkyMuduc7SA!2e0!7i13312!8i6656
  8. https://www.laposte.fr/particulier/outils/trouver-un-bureau-de-poste/bureau-detail/guilvinec-bp/04981Aw
  9. a, b et c http://www.infobretagne.com/guilvinec.htm
  10. a et b http://www.leguilvinec.com/public/pages/decouvrirlavi_histoire.php
  11. Serge Duigou, Jean-Michel Le Boulanger, Histoire du Pays bigouden, Plomelin, Palantines, 2002
  12. O. Troude, "Batailles navales de la France", tome 3, 1867-1868, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6541322f/f45.image.r=B%C3%A9nodet.langFR
  13. "Actes du 76e congrès des Sociétés savantes", Rennes, 1951, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6243587c/f161.image.r=Guilvinec
  14. a, b et c http://www.leguilvinec.com/public/pages/histoire_120anneesdhis.php
  15. a, b, c, d et e Claude Vauclare, "Les pêches maritimes en Pays bigouden", IFREMER, 1985, consultable http://archimer.ifremer.fr/doc/1985/rapport-4137.pdf
  16. Ch. Robert-Muller, "Pêches et pêcheurs de la Bretagne atlantique", A. Colin, 1944
  17. Bulletin des lois de la République française - Décret no 9346 du 6 avril 1880.
  18. a, b, c, d, e, f et g Pierre-Jean Berrou, « 1840 à 1939 », sur leguilvinec.com.
  19. Louis Gallouédec, Études sur la Basse Bretagne, revue "Annales de géographie", 1893, consultable gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k104135h/f471.image.r=Guilvinec
  20. Pour les mêmes raisons, par exemple, Le Relecq-Kerhuon se sépare de Guipavas le
  21. Proust, Épidémie de choléra dans le Finistère, "Bulletin de l'Académie nationale de médecine", 1886, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k408677x/f219.image.r=L%C3%A9chiagat
  22. Henri Monod, "Le Choléra (histoire d'une épidémie, Finistère 1885-1886), 1892, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k61500477/f210.image.r=Treffiagat
  23. Henri Monod, "Le Choléra (histoire d'une épidémie, Finistère 1885-1886), 1892, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k61500477/f211.image.r=Treffiagat
  24. Journal Le Figaro no 307 du , consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k279472z/f3.image.r=Guipavas.langFR
  25. "Rapport sur l'épidémie de choléra du Guilvinec (25 octobre - 24 décembre 1885)", publié dans "Le Finistère 1800-1914 :les hommes", CDDP Quimper, 1976
  26. Henri Monod, " L'alimentation publique en eau potable de 1890 à 1897 devant le Comité consultatif d'hygiène publique de France", 1901, Imprimerie administrative, Melun, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k64841429/f40.image.r=Tudy.langFR
  27. a et b http://www.leguilvinec.com/public/pages/decouvrirlavi_patrimoine.php
  28. Cantique des marins du Guilvinec, revue "Annales de Bretagne", 1930, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k115333w/f342.image.r=Guilvinec
  29. Benjamin Girard, "La Bretagne maritime", 1889, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5744832r/f323.image.r=L%C3%A9chiagat
  30. a et b Anatole Le Braz, Au pays des naufragés, journal Journal des débats no 314 du , consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4685560/f1.image.r=Treffiagat
  31. Journal La liberté des colonies, n° du 10 août 1902, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k63378243/f2.image.r=Guilvinec
  32. Eugène Pichavant, né le au Guilvinec, matelot, disparu lors du naufrage du trois-mâts Ernest Le-Gouve torpillé par un sous-marin allemand le au large de la Pointe Sainte-Catherine
  33. Yves Le rest, né le au Guilvinec, matelot à bord du croiseur cuirassé Kléber coulé par un sous-marin allemand le à l'entrée du goulet de Brest
  34. Louis Kerviel, né le à Combrit, matelot, disparu le lors du naufrage du Ginette, un chalutier réquisitionné comme patrouilleur auxiliaire, victime d'une mine allemande au large de Corfou (Grèce)
  35. Jean Kernéis, né le à Plobannalec-Lesconil, matelot, lui aussi disparu lors du naufrage du Ginette
  36. René Daoulas, né le au Guilvinec, matelot chauffeur à bord du Providence I, un chalutier réquisitionné, disparu lors du naufrage de celui-ci le au large de la Sardaigne
  37. Henri Courtes, disparu le lors du naufrage du Jeanne-Conseil, torpillé par le sous-marin allemand UB-59 au large de la Pointe des Poulains
  38. Arnould Galopin,"Sur le front de mer. Le mémorial de la marine marchande ", 1918, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k65186341/f211.image.r=Guilvinec
  39. a et b http://www.memorialgenweb.org/memorial3/html/fr/resultcommune.php?insee=29072&dpt=29&idsource=7873&table=bp02
  40. Joseph Cabon, né le au Guilvinec, marsouin au 1er régiment d'infanterie coloniale du Maroc
  41. Journal Le Gaulois no 201 du 21 janvier 1869, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k519337b/f3.zoom.r=B%C3%A9nodet.langFR
  42. "Journal officiel de la République française, Réimpression du Journal officiel de la République française sous la Commune du 19 mars au 24 mai 1871, V. Brunel, Paris, 1871, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6286451f/f163.image.r=B%C3%A9nodet.langFR
  43. Journal Le Gaulois, n° 3 137 du 23 mai 1877, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k522356z/f2.image.r=Guilvinec
  44. Journal La Lanterne n° 5 005 du 3 janvier 1891, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k7529172s/f3.image.r=Guilvinec
  45. Journal La Lanterne n° 5 528 du 9 juin 1892, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k7506559t/f3.image.r=Guilvinec
  46. Journal La Lanterne n° 5 672 du 31 octobre 1892, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k7504151h/f3.image.r=Guilvinec
  47. Journal Le Petit Parisien n° 5 902 du 24 décembre 1892, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k516582z/f4.image.r=Treffiagat
  48. Journal Le Petit Parisien n° 7 523 du 2 juin 1897, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5182002/f3.image.r=Treffiagat
  49. Parmi les barques coulées, la Volonté-de-Dieu et le Saint-Corentin, ainsi que trois embarcations de Léchiagat
  50. "Annales du sauvetage maritime, 1896, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5830793t/f22.image.r=Guilvinec
  51. "Annales du sauvetage maritime", juillet 1899, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5831236c/f84.image.r=Guilvinec
  52. Alexandre van Maseyk, né le à Marseille, vice-consul de France à Alep ; il fut par la suite maire de Maison-Carrée en Algérie
  53. http://www.papapoydenot.fr/rapport.aspx?id=ee6222df-2707-49b2-bf40-466b66aff880
  54. http://snsm.argenton.free.fr/Ltn_Pierre_Geruzez.html
  55. "Annales du sauvage maritime", juillet 1928, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5768387s/f119.image.r=Guilvinec
  56. Ce canot construit en 1977 fut d'abord en service à la station de sauvetage de Calais
  57. http://www.leguilvinec.com/public/pages/lequartiermar_stationsnsm.php
  58. Journal La Lanterne no 9503 du 30 avril 1903, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k7511090m/f3.zoom.r=B%C3%A9nodet.langFR
  59. Journal La Lanterne n° 9 727 du 10 décembre 1903, consultable gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k7509033s/f3.image.r=Guilvinec et n° 9729 du 12 décembre 1903, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k7509035m/f3.image.r=Guilvinec
  60. "Annales du sauvetage maritime", juillet 1904, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k58026315/f16.image.r=Guilvinec
  61. "Annales du sauvetage maritime", 1923, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k57665747/f110.image.r=Guilvinec
  62. "Annales du sauvetage maritime", 1er janvier 1923, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5766622v/f64.image.r=B%C3%A9nodet.langFR
  63. Journal Ouest-Éclair no 14205 du 28 septembre 1935, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k626043v/f4.image.r=Pouldreuzic.langFR
  64. Journal Ouest-Éclair n° 14 500 du 19 juillet 1936, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k660593f/f4.image.r=Treffiagat
  65. Journal Ouest-Éclair n° 14 999 du 3 décembre 1937, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k661094j/f5.image.r=L%C3%A9chiagat
  66. Journal La Lanterne n° 9 415 du 1er février 1903, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k75110021/f2.image.r=Guilvinec
  67. Sœur Pauline de Jésus, née Anne-Marie Guiomar le à Plouëc-du-Trieux dans les Côtes-du-Nord, décédée presque centenaire le au Guilvinec, voir Jean-Louis Grognet, "Sœur Pauline sauve Le Guilvinec de la famine" et http://soeurpauline.e-monsite.com/pages/deces.html
  68. Jean-Louis Grognet, Sœur Pauline sauve Le Guilvinec de la famine, Lulu, 2012.
  69. Louis Papy, "La côte Atlantique de la Loire à la Gironde", Bordeaux, Delmas, 1941
  70. Journal Ouest-Éclair n° 13224 du 20 janvier 1933, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4994996/f4.image.r=Sainte-Marine.langFR
  71. Journal L'Humanité n° 13 518 du 21 décembre 1935, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k405592k/f4.image.r=Treffiagat
  72. Bateaux à moteur de plus de 25 tonneaux pratiquant le chalutage à panneaux et non plus "à la perche"
  73. Journal Ouest-Éclair n° 14 765 du 12 avril 1937, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6608606/f8.image.r=L%C3%A9chiagat
  74. Journal La Croix n° 15 833 du 30 septembre 1934, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4140988/f3.image.r=L%C3%A9chiagat
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  76. Christian Bougeard, "Histoire de la résistance en Bretagne", Les Universels Glisserot, 1992, consultable https://books.google.fr/books?id=it02YoNA2KQC&pg=PA27&lpg=PA27&dq=Hubert+Moreau+Tr%C3%A9boul&source=bl&ots=GavjFo0HLU&sig=s0Xb8HMolUXMFqqABe8Dl4GpIPQ&hl=fr&sa=X&ei=XN3BVLj_KcOyUZnagsgF&ved=0CDEQ6AEwAw#v=onepage&q=Hubert%20Moreau%20Tr%C3%A9boul&f=false
  77. http://www.france-libre.net/premieres-missions-moreau/
  78. Journal Ouest-Éclair no 16162 du 27 février 1941, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k635331n/f2.image.r=Sainte-Marine.langFR
  79. Éric Rondel, La Bretagne bombardée, 1940-1944, éditions Ouest et Compagnie, 2011, (ISBN 9-782364-28007-6)
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  81. Yves Frelaud, né le à Bouguenais (Loire-Inférieure)
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  83. Louis Berrou, né le au Guilvinec
  84. http://www.francaislibres.net/liste/fiche.php?index=55125
  85. Jean Baudry, né le à Treffiagat, marin à Treffiagat, membre des Francs-Tireurs et Partisans français, voir http://memoiredeguerre.pagesperso-orange.fr/fusilles/fusilles-29.htm et http://www.gastonballiot.fr/le-pays-bigouden-dans-la-guerre/
  86. Joseph Courtes, né le au Guilvinec, sapeur à la 39e compagnie d'engins fluviaux du Génie, mort accidentellement en service le à Haïphong (Tonkin)
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  98. a et b « Le Guilvinec », sur archives-finistere.fr.
  99. Les archives départementales du Finistère ne donnent pas le nom du maire de cette période. Elles proposent le communiste Marc Scouarnec comme maire de 1935 à 1963. « Le Guilvinec », sur archives-finistere.fr. Les élus communistes de France ont commencé à être arrêtés le . Ils ont été déchus de leur mandat le . Denis Peschanski, « Le Régime de Vichy a existé : gouvernants et gouvernés dans la France de Vichy, juillet 1940-avril 1942 », p. 31, in Angelo Tasca, Vichy, 1940-1944, Quaderni e documenti inediti, Feltrinelli, 1986. Marc Scouarnec a été libéré du camp de Voves en septembre 1944. Il a été réélu en avril 1945. Pierre-Jean Berrou, « 1940 à nos jours », sur leguilvinec.com.
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  128. « Tableau : Une vue du vieux port de Douarnenez », base Palissy, ministère français de la Culture
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  130. « Tableau : Une marine », base Palissy, ministère français de la Culture
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  132. « Patrimoine du Guilvinec », sur infobretagne.com.
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Ouvrages :

  1. p. 104 et 170.
  2. p. 170.
  3. p. 103.
  4. p. 104.
  5. p. 175-176.
  6. p. 176.
  7. p. 109.
  8. p. 177.
  9. a, b, c et d p. 180.
  10. p. 182.
  • Joseph Coïc, La Flottille guilviniste : cent cinquante ans d'histoire, Treffiagat, Empreintes, 2012.
  1. p. 12.
  2. p. 16-17.
  3. p. 253.
  4. p. 156-157.
  5. p. 273-274.
  6. p. 191.
  7. p. 27.

Pour approfondir[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Serge Duigou, Quand nous prenions le train birinik, Ressac,‎
  • Roland Chatain, GV, histoire d'un quartier maritime, Plomeur, Mouezh ar Vro,‎
  • Serge Duigou, Châteaux et manoirs en pays bigouden, Ressac,‎
  • Françoise Boiteux-Colin, Pierre Galas, Marins pêcheurs en colère, sur leguilvinec.blogspot.com (roman noir d'ambiance).
  • Pierre-Jean Berrou, Le Guilvinec, 1880-2000, Mairie du Guilvinec,‎
  • Jean-Louis Grognet, Sœur Pauline sauve Le Guilvinec de la famine, Lulu, 2012.
  • Joseph Coïc, La Flottille guilviniste : cent cinquante ans d'histoire, Treffiagat, Empreintes, 2012.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]