Institut Laue-Langevin

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Institut Laue-Langevin
Image illustrative de l'article Institut Laue-Langevin

Création 1967
Siège Grenoble
Pays France
Coordonnées 45° 12′ 21″ N 5° 41′ 32″ E / 45.20583, 5.6921845° 12′ 21″ Nord 5° 41′ 32″ Est / 45.20583, 5.69218
Rattachement CEA, CNRS
Président Bill Stirling
Disciplines Sciences et techniques neutroniques
Site web http://www.ill.eu/fr

Géolocalisation sur la carte : Grenoble

(Voir situation sur carte : Grenoble)
Institut Laue-Langevin

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Institut Laue-Langevin

L'Institut Laue-Langevin (ILL), nommé ainsi en l'honneur des physiciens Max von Laue (physicien allemand) et Paul Langevin (physicien français) est un organisme de recherche international situé sur le Polygone scientifique de Grenoble.

Cet institut spécialisé en sciences et technologies neutroniques, offre les faisceaux de neutrons les plus intenses au monde et ne sera égalé que par la future source European Spallation Source en 2025[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

C'est une société civile[pas clair] régie par une convention intergouvernementale signée le 19 janvier 1967 par la France et l'Allemagne, ces deux pays ayant été rejoints le 19 juillet 1974 par le Royaume-Uni. Des partenariats scientifiques se sont ensuite mis en place avec d'autres états : Espagne en 1987, Suisse en 1988, Autriche en 1990, Italie en 1997, République tchèque en 1999, Hongrie et Suède en 2005, Belgique et Pologne en 2006, Danemark et Slovaquie en 2009. Enfin l'Inde a adhéré en janvier 2011.

Le français Louis Néel et l'allemand Heinz Maier-Leibnitz qui dirige le centre jusqu'en 1972, ont une influence déterminante dans la conception et la réalisation de cet outil dédié à la recherche neutronique.

Lieu d'implantation[modifier | modifier le code]

L'Institut Laue-Langevin

Le site est implanté sur le Polygone scientifique de Grenoble, dans la même enceinte que l'Installation européenne de rayonnement synchrotron (ESRF) et le laboratoire européen de biologie moléculaire (EMBL), d'où l'idée au milieu des années 2000 de créer le campus d'innovation GIANT (Grenoble Innovation for Advanced New Technologies). L'ILL est membre fondateur du partenariat grenoblois GIANT visant à faire de ce quartier le second campus grenoblois après celui de Saint-Martin-d'Hères. L'ILL est membre de l'institut de recherche technologique Nanoelec ainsi que d'EIROforum, une collaboration entre huit des plus grandes infrastructures de recherche européennes. En décembre 2013, l'ILL inaugure une extension appelée ILL Science Building sur une superficie de 5 210 m2, abritant plusieurs ensembles de laboratoires de recherche, de bureaux, de salles de conférences, ainsi qu'une bibliothèque d'études au dernier niveau[2],[3].

Campus européen[modifier | modifier le code]

La présence d'autres organismes internationaux de recherche sur le site de la presqu'île a permis à l'institut Laue-Langevin de rejoindre l'EPN science campus (European photon and neutron science campus), composé de l'European synchrotron radiation facility, de l'Institut de biologie structurale et du Laboratoire européen de biologie moléculaire. Jouant sur la proximité unique au monde d’une source de neutrons et d’une source de rayons X extrêmement intenses, la vingtaine de pays financeurs de ces équipements qui attirent chaque année plus de 10 000 chercheurs a décidé en juin 2010 de leur accorder de nouveaux moyens pour moderniser les instruments et mettre en place de nouveaux partenariats[4],[5],[6]. À cet effet, deux nouveaux édifices communs à ces organismes ont été construits en 2013, dont le bâtiment des sciences d'une superficie de 5 000 mètres carrés et l'institut de biologie structurale d'une superficie de 5 600 mètres carrés [7],[8],[9].

Formation[modifier | modifier le code]

En lien avec le synchrotron voisin, une formation annuelle est dispensée par l'université Grenoble Alpes et l'institut polytechnique de Grenoble aux étudiants, post-doctorants et scientifiques internationaux dans le domaine des neutrons, du rayonnement synchrotron ainsi qu'en physique de la matière condensée. Portant le nom d'Hercules, acronyme anglais de Higher European Research Course for Users of Large Expérimental Systems, cette formation théorique et pratique d'une durée d'un mois existe depuis 1991 et reçoit 80 étudiants formés par 150 enseignants pour comprendre et utiliser ces instruments très sophistiqués[10].

Réacteur à Haut Flux (RHF)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Réacteur à Haut Flux.

Il comprend un réacteur de recherche, le Réacteur à Haut Flux[11] (RHF, INB n°67) d'une puissance de 58 MW, modéré à l'eau lourde, utilisé pour produire des faisceaux de neutrons. Ceux-ci permettent de sonder la matière. C'est la source de neutrons la plus intense du monde et c'est donc un instrument scientifique de tout premier ordre pour la communauté internationale.

Une quarantaine d'instruments scientifiques sont placés tout autour du cœur du réacteur, permettant des applications allant de la physique fondamentale à la biologie en passant par la cristallographie la chimie ou la science des matériaux.

Hall du réacteur

L'Institut Laue-Langevin est un institut de service : son rôle premier est de fournir du temps de faisceau de neutrons aux scientifiques utilisateurs, de passage pour leurs expériences. Ceux-ci obtiennent ce temps de faisceau, la mise à disposition du matériel adéquat, et l'expertise des scientifiques et techniciens sur place, après acceptation de leur proposition d'expérience par un comité d'experts scientifiques (une expérience retenue sur deux, environ).

Plus de 90 % des expériences sont réalisées par des chercheurs venant d'un institut, centre de recherche, ou université d'un des pays finançant l'institut.La sélection des expériences est effectuées sur la base de la qualité des propositions par un comité international. La part de la France est d'environ un tiers.

Les scientifiques de l'ILL ont un triple rôle. Service aux utilisateurs, de la préparation de l'expérience au traitement de ses données, développement permanent des instruments et équipements scientifiques, recherche pour leur propre compte. Ils ont également une double compétence dans leur domaine d'expertise (magnétisme, physique des particules, biologie etc ...) et en neutronique.

Après l'accident nucléaire de Fukushima, l'ILL a décidé d'améliorer la sécurité de son site et notamment le renforcement de la protection de secours de l'alimentation électrique. Ainsi l'entreprise AEG a été choisie en 2015 comme fournisseur des systèmes d'alimentation électrique conformes aux normes nucléaires[12]. Après l'annonce en 2015 de la baisse de puissance du réacteur français Orphée à Saclay et de sa fermeture en 2019, l'ILL deviendra à cette date la seule source française de neutrons[13].

Applications des recherches[modifier | modifier le code]

En 2013, des chercheurs britanniques et français ont utilisé les faisceaux de neutrons de l'institut afin de mettre au point une nouvelle méthode à fiabilité élevée pour visualiser les empreintes digitales laissées sur des surfaces métalliques[14],[15].

Les radioisotopes produits dans le réacteur de l'institut sont utilisés en médecine pour le traitement du cancer[16]. C'est le cas du terbium, une terre rare qui produit des rayonnements alpha, bêta ou gamma, et même des électrons Auger.

En décembre 2014, des chercheurs de l'institut Laue-Langevin associés à ceux de l’université de Göttingen publient leurs résultats dans la revue Nature concernant la découverte de la 17e forme de glace, la glace XVI[17],[18],[19].

Une publication dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences du 27 avril 2015 informe qu'une collaboration internationale à laquelle ont participé des chercheurs de l'ILL a mis en évidence que le mouvement des molécules d'eau pourrait constituer un marqueur indirect de la présence de fibres amyloïdes tau. Ces fibres étant directement impliquées dans le développement de la maladie d'Alzheimer, leur détection pourrait ainsi permettre un diagnostic précoce de la maladie[20],[21].

Effectifs[modifier | modifier le code]

En 2010, l'institut employait 489 personnes[22] dont 70 chercheurs, une vingtaine de doctorants, plus de 200 techniciens, 50 administratifs et 60 spécialistes de l'exploitation et de la sûreté. Son personnel compte environ 65 % de Français, 12 % d'Allemands et 12 % de Britanniques. Chaque année, quelque 1 800 chercheurs venus de 45 pays utilisent la source de neutrons de l'ILL, pour un total d'environ 800 expériences par an.

États membres[modifier | modifier le code]

En 2015, les pays membres associés de l'ILL sont au nombre de trois, auxquels s'ajoutent douze membres aux contributions plus modestes[23]. La Russie a été membre associée à partir de 1996, avant de se retirer[24]. Le dernier pays a y être entré a été l'Inde en 2011.

Les États membres associés sont :

Ils sont rejoints par des associés scientifiques:

Accès[modifier | modifier le code]

Depuis 2014, l'accès en voiture se fait par une nouvelle entrée donnant sur la rue des Martyrs, à proximité de l'institut de biologie structurale. En transports en commun, l'institut est desservi par le terminus de la ligne B du tramway, ainsi que par les lignes de bus C6, 22 et 54.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. europeanspallationsource.se du 10 février 2015 (en)
  2. pss-archi.eu
  3. Architectes nickl-partner.com
  4. Site de EPN science campus
  5. Site de Minatec.
  6. Dauphiné libéré du 11 juin 2010, Coup de jeune pour les grands instruments de la Presqu'île scientifique ILL, EMBL et ESRF : EPN Science Campus est née.
  7. Site de Grenoble presqu'île.
  8. lessor.fr du 2 mars 2014, Grenoble - Recherche - 41,1M€ pour le campus scientifique « EPN ».
  9. Site de l'Institut de biologie structurale.
  10. France 3 Alpes du 11 mars 2015.
  11. [PDF] LACOSTE A.-C.; COMETS M.-P.; GOUZE J.-R.; BOURGIGNON M.; SANSON M., « Décision n° 2009-DC-0127 de l’Autorité de sûreté nucléaire du 6 janvier 2009 établissant la liste des installations nucléaires de base au 31 décembre 2008 », sur asn.fr,‎ (consulté le 8 janvier 2009)
  12. Article de Businesswire du 5 février 2015.
  13. lemonde.fr du 7 décembre 2015, La France à court de neutrons.
  14. futura-sciences.com du 23 juillet 2013, Une nouvelle arme pour la justice : mieux lire les empreintes digitales.
  15. maxisciences.com du 6 juillet 2013, Empreinte digitale : de nouvelles techniques pour révéler les traces cachées.
  16. Le Temps du 22 février 2014.
  17. Institut Laue-Langevin.
  18. Futura Science du 13 décembre 2014.
  19. Revue Nature du 11 décembre 2014. (en)
  20. Tecno-science.net du 29 avril 2015.
  21. Medicalxpress.com du 28 avril 2015. (en)
  22. Site de Giant.
  23. Site de l'ILL.
  24. Bulletins électroniques du 4 juillet 2014.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bernard Jacrot, Des neutrons pour la science: histoire de l'institut Laue-Langevin, une coopération internationale particulièrement réussie, EDP science, Les Ulis, 2006, ISBN 2-86883-878-2

Liens externes[modifier | modifier le code]