Fernand Holweck

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Fernand Holweck
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Fernand Holweck et sa pompe moléculaire
Naissance
Paris (France)
Décès (à 51 ans)
Paris (France)
Nationalité Drapeau : France française
Domaines Électricité
Institutions ESPCI ParisTech, Faculté des sciences de Paris
Diplôme ESPCI ParisTech
Renommé pour Travaux sur la pompe à vide moléculaire et le pendule gravimétrique
Distinctions Prix Albert 1er de Monaco (1936)

Fernand Holweck, né le à Paris 14e[1] et mort dans la même ville le , est un physicien et résistant français. Il est le fils du sculpteur Louis Holweck, ainsi que le père de l'écrivaine Agnès Rouzier.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né dans une famille alsacienne, Fernand fait ses études à Paris, et entre en 1910 à l'École supérieure de physique et de chimie industrielles de la ville de Paris (26e promotion)[2].

Lors de son service militaire, commencé en 1911, il travaille en partie du poste de TSF de la tour Eiffel où il débute des recherches en électricité et électronique[3]. Il entre en 1913 dans le laboratoire de Marie Curie à l'Institut du radium. Il est affecté à la Direction des inventions pendant la Première Guerre mondiale, et perfectionne le sondage par ultrasons dans l'eau permettant la détection des sous-marins en compagnie de Maurice de Broglie sous la direction de Paul Langevin. Il étudie également les actions biologiques des ultrasons. Il est nommé maître de conférences à la faculté des sciences de Paris.

En 1941, Holweck s'engage dans des actions de résistance en mettant sur pied une équipe qui fabrique de faux papiers d'identité destinés à permettre le franchissement de la ligne de démarcation[4]. À cette époque, il fait partie de la liste des 32 scientifiques français de renom, que Louis Rapkine et Henri Laugier se proposent de sauver en les faisant inviter aux États-Unis. Cette opération reçoit le concours de la Fondation Rockefeller et le gouvernement de Vichy accorde les laissez-passer[5], mais Holweck ne donne pas suite à cette invitation. Suite à la dénonciation d'un voisin, il est arrêté le par la police française qui le confie à la Gestapo. Il est incarcéré à la Santé où il décède sous la torture le .

Il laisse derrière lui un fils, Jacques (marié en 1944 à Jacqueline Yoyotte, sœur de Marie-Josèphe Yoyotte et Jean Yoyotte) ainsi que deux filles, Fernande et Mireille, tous trois issus de son mariage en 1919 avec sa femme Jacqueline et une autre fille, Agnès Rouzier, issue de sa relation avec Marie-Agnès Kirmann.

Travaux[modifier | modifier le code]

Les travaux de Fernand Holweck portent essentiellement sur des problèmes électroniques et de vide.

En 1920, il établit la continuité entre les rayons ultraviolets et les rayons X. Afin de faciliter ses travaux expérimentaux, il construit une pompe à vide moléculaire pour étudier les radiations électromagnétiques et améliorer la puissance des émetteurs TSF.

En 1923, il expérimente un puissant émetteur TSF de ce type au sommet de la Tour Eiffel. Avec Pierre Lejay, il met au point un pendule à lames oscillantes inversées permettant de mesurer la gravité avec une très bonne précision. Les battements d'un pendule inversé qui sont proportionnels à l'intensité du champ gravitationnel sont chronométrés. Le pendule oscille dans une ampoule de verre où l'on a fait le vide afin d'annuler les frottements.

Dès 1926, il met au point un prototype de télévision conjointement avec Édouard Belin. Au moment où la Seconde Guerre mondiale éclate, il s'intéressait au microscope électronique, aux amplificateurs de lumière et aux compteurs de photons[6]. Il s'intéresse également à la radiobiologie quantique et étudie l'action des rayons X et du radium sur les cellules vivantes.

Prix, distinctions et hommages[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Archives de l’état civil de Paris en ligne, acte de naissance no 14/3983/1890. Consulté le
  2. Ingénieurs de la 26e promotion de l'ESPCI
  3. Virginie Moisy-Maurice,Fernand Holweck (1890-1941) «Des mains en or...», mémoire de Master 2 d'épistémologie, histoire des sciences et techniques, Université de Nantes, 2013
  4. A La Mémoire de Quinze Savants Français Lauréats de L'Institut assassinés par les Allemands, CNRS Éd., 1959.
  5. Nicolas Chevassus-au-Louis, Savants sous l'Occupation : enquête sur la vie scientifique française entre 1940 et 1944, Paris, Éd. du Seuil, coll. « Science ouverte », , 251 p. (ISBN 978-2-02-061333-0, notice BnF no FRBNF39140456), p. 85-99
  6. biographie de Fernand Holweck sur le site de "Raconte-moi la radio"

Liens externes[modifier | modifier le code]