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Jean Painlevé

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Jean Painlevé
Jean Painlevé à la Sorbonne en 1926
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
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Formation
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Père
Conjoint
Geneviève Hamon
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signature de Jean Painlevé
Signature.
Vue de la sépulture.

Jean Painlevé est un réalisateur et biologiste français, né le dans le 7e arrondissement de Paris et mort le à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine)[1]. Son père, Paul Painlevé, mathématicien, fut à trois reprises président du Conseil.

Jean Painlevé, cinéaste et biologiste spécialisé dans la faune sous-marine, s'est notamment distingué par plus de 200 documentaires scientifiques. Il est à juste titre considéré comme l'un des pères fondateurs du cinéma scientifique.

Orphelin de sa mère Marguerite, née Petit de Villeneuve, morte de fièvre puerpérale un mois après sa naissance[2], il est élevé par Marie Lamy, la sœur de son père, Paul président du Conseil. Son enfance se partage entre Paris et la Bretagne : mauvais élève à Paris alors que son père est ministre de l’Instruction publique, il passe ses vacances au Pouldu chez sa grand-mère, il y découvre et se passionne pour le monde marin[3]. Plus grand, à 9 ans, son père ayant loué la maison de Mary Stuart à Roscoff[4], il visite assidument l'aquarium de la station biologique pour y observer les pieuvres[5].

« Le métier comporte ses joies pour ceux qui aiment la mer, pour ceux qui l’aiment jusqu’à l’exclusion de toute autre possibilité de joie naturelle. Patauger jour et nuit par n’importe quel temps même où l’on sait ne rien trouver, de l’eau au nombril ou aux chevilles, fouiller partout, algue ou pieuvre, s’hypnotiser sur une mare sinistre où tout vous guette alors que rien n’y vit — extase de n’importe quel intoxiqué y compris le chien de chasse kilométrant en tous sens avec un plaisir infini le champ dont chaque repli cache, au plus, une vieille patate[6]. »

Sa compagne pour la vie, Geneviève Hamon

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Au cours de ses études, en 1922, il rencontre Geneviève Hamon (1905-1987), elle devient et restera sa compagne jusqu'à son décès deux ans avant lui[7]. Au Port-Blanc, en Bretagne, pendant ses études de biologie, en 1928, il loge, rencontre les invités du couple Hamon[8] (Pierre Prévert, Alexander Calder, Jacques-André Boiffard, Éli Lotar,...)[9] et installe pour quelques années son matériel de tournage de film chez les parents de Geneviève. « Le couple, très libertaire, éduque ses filles d'une façon moderne pour l'époque. »[10] Augustin, le père, est sociologue et Henriette, la mère, est traductrice de George Bernard Shaw, lui aussi anarchiste[11].

Geneviève Hamon est la « femme de l’ombre de ses films », elle l'assiste ou coréalise ses films marins dès l'année 1947[12]. « Y aurait-il eu des films sans le dévouement de Ginette ? Elle encaissait tout et fumait cigarette sur cigarette[13] » , généreuse et profondément altruiste, elle fut indispensable à Painlevé. Elle a aussi conçu de nombreux bijoux, étoffes, foulards et papiers peints inspirés de leurs films, tels que des broches et des colliers à motifs d'animaux marins. Ces créations commercialisées sous la marque jHp (jean Hippocampe painlevé)[14], dans les nombreuses boutiques A l'hippocampe permettent de financer les films[3],[15]. Elle et Jean Painlevé inventent ainsi, dès 1935, les produits dérivés[15].

Étudiant sporadique

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Pilote de course automobile en 1926

Après le lycée Louis Legrand, il réussit le Certificat d’Études Supérieures à la faculté des Sciences de Paris en 1922. Il commence des études de médecine et de biologie mais s'intéresse surtout au théâtre d'avant garde, pratique la course automobile[16],[17], et il est aussi pianiste aux débuts du Jockey[18].

Tournage du film L'inconnue des six jours, Jean Painlevé au centre de la photo de presse de l'agence Rol.

En 1925, le Laboratoire d'analyse et d'histologie comparée à la Sorbonne où il étudie, est en difficulté, et la réalisation d'un film est engagée pour le sauver[Note 1] : L'inconnue des six jours raconte une intrigue se passant durant la compétition cycliste Course de six jours. Jean Painlevé s'y implique en tant qu'assistant à la réalisation et acteur. Mais le film reste inachevé et ne sortira jamais en salle[19].

Ce tournage est une riche expérience pour Jean Painlevé car au delà des prises de vues réelles, il comporte également des séquences d'animation[Note 2]. C'est grâce à André Raymond, Directeur de la photographie de ce film, que Jean Painlevé se perfectionne dans le maniement du cinéma. Ce spécialiste l'accompagne dans son apprentissage et sera directeur de la photo ou assistant à la réalisation de plusieurs de ses films[20].

Cinéaste surréaliste et scientifique

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Mais si, en 1925, Jean Painlevé a d'abord réalisé un documentaire scientifique (Œufs d'épinoche), son premier film après la rencontre d'André Raymond est une fiction : Mathusalem, un Hamlet dans lequel joue Antonin Artaud[21]. Film (5 séquences rassemblées plus tard en un court métrage de 8.5 minutes) qu'il réalise pour le présenter en fond de scène dans la pièce Mathusalem ou l'Éternel Bourgeois, satire ou "surdrame" signé de Ivan Goll, costumes et masques[Note 3] de Georges Grosz et mis en scène par André Sti au Théâtre Michel à Paris[2].

Yvan Goll, Surréalisme, Manifeste du surréalisme, Volume 1, Numéro 1, , Jean Painlevé cité sur la couverture.

Quand il abandonne ses études, c'est pour se consacrer à des prises de vues sur la vie animale avec une prédilection pour la zoologie et la biologie marine. Au début, il réalise des montages d'images fixes puis, plus tard, des enregistrements de mouvements. Utilisant le matériel élaboré par les pionniers, dont Jean Comandon, il est l'un des premiers cinéastes scientifiques[Note 4]. Il fait toujours au moins deux versions de ses films : le film de recherche pour les universitaires et scientifiques, version muette ou avec des commentaires rigoureux, neutres ; et l'autre, le documentaire destiné au grand public (vulgarisation) qui cherche à convaincre[22], et dans lesquels il satisfait ses plaisirs esthétiques et adopte une relative liberté de ton, de l'humour, adopte l'anthropomorphisme et "un côté fantaisiste"[23],[Note 5]. Mais quand il fait jouer au foot des bernard-l'ermite ou qu'un crustacé devient chef d'orchestre ce n'est jamais en confondant son regard avec l'objet filmé : un « anthropomorphisme sans anthropocentrisme »[24].

En deux ans, de 1928 à 1930, il « emporte l'estime de l'élite intellectuelle parisienne. »[25] Germaine Dulac réalisatrice et théoricienne du cinéma d'avant-garde encense son travail, elle y voit l’atteinte d'un idéal : le "cinéma pur"[26]. Avec, dans ses films, des références artistiques[27], Painlevé conjugue l'art et la science aussi pour satisfaire les surréalistes « le seul public sur lequel je puisse compter »[28]. Il est, en effet, plutôt remarqué par les surréalistes de par son amitié avec Ivan Goll mais aussi par André Breton avec qui il entretient des relations houleuses[29] mais qui admire la vision plastique et évocatrice de ses films. Painlevé n'adhère pas à la définition de Breton : « l'imaginaire c'est ce qui tend à devenir réel » et se sent plus proche de la définition du surréalisme de Appollinaire et Goll, où « le réel est bien ce qui tend, au contraire, à devenir imaginaire. » Le documentaire pouvant se révéler plus fantastique que toute fiction issue de rêve ou d'imagination.[25]

De sa rencontre avec Jean Vigo naît une réelle amitié et une collaboration artistique en tant que scénariste[Note 6]. Jean Painlevé a également été l'ami de Georges Bataille[30], Luis Bunuel, Sergueï M. Eisenstein[Note 7],[31], Man Ray, Fernand Léger ainsi que d'Alexander Calder, dont il filme les mobiles[32].

Après plusieurs financement par le producteur Henri Diamant-Berger pour ses films publics[33], avec l'arrivée du parlant, il opte pour l'autoproduction en créant, dès 1930, sa propre société de production La Cinégraphie documentaire, devenue Les Documents cinématographiques qui gère et valorise aujourd'hui un fonds d’archives cinématographiques élargi à de nombreux autres cinéastes[34],[35]. Il accepte néanmoins, en juin 1933, de signer un contrat pour la réalisation de dix films avec la société Pathé-Natan, mais seulement un seul sera tourné (la firme ayant fait faillite en 1936)[36]. Ce film est distribué avec succès : L'hippocampe, ou 'Cheval marin', version sonorisée de son film de 1931, avec des scènes tournées pour la première fois sous l'eau grâce au scaphandre autonome du commandant Yves Prieur, aux palmes du commandant Louis de Corlieu et mise dans un caisson étanche grâce à la caméra Sept qui ne reçoit que 7 mètres de pellicule ne permettant de tourner que des séquences de 20 secondes[37].

En 1934, il fonde le Club des sous l'eau avec l'inventeur du scaphandre autonome, le commandant Yves le Prieur. Le club change de nom un an après pour devenir Club des Scaphandres et de la Vie Sous l’Eau[38].

Intéressé par les techniques du cinéma d'animation il produit Barbe Bleue, ce film réalisé par le sculpteur René Bertrand et sa famille, sorti en 1936 après trois ans de tournage et montage. Il est inspiré d'un conte de Charles Perrault[Note 8], c'est le premier film d'animation de pâte à modeler (plastiline) et en couleur (procédé gasparcolor (en), mis au point par le chimiste hongrois Béla Gáspár). Jean Painlevé "s'amuse" avec sa bande de copains, musiciens et sculpteur[39]. Il fait encore preuve, ici, de son inébranlable qualité de chercheur en techniques cinématographiques mais investie dans un nouveau domaine pour lui : les techniques d'animation. Il produira aussi des films d'un autre spécialiste de l'animation mais dessinée : Achille-Pierre Dufour[Note 9] qui est aussi truqueur[Note 10]. Painlevé, avant la rencontre de Dufour a lui-même utilisé les schémas animés notamment pour Les oursins (1929).

Il s'oppose à la création du Festival de Cannes et à son cortège de récompenses, pour lui lieu symbolique des petits arrangements et luttes de chapelles.[réf. nécessaire]

Militant, engagé et résistant

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« Tant qu’il n’y aura pas l’entraide à la place de la sanction, et tant que « apprendre » sera plus important que « comprendre », je considère que ce serait une compromission que d’aider au maintien de cet enseignement. Quant à moi, mon travail consiste à œuvrer en marge, à maintenir une liaison avec ceux qui pensent pareillement et à m’entraîner méthodiquement à ce que sera l’enseignement futur. Mon action sera parallèle à la lutte révolutionnaire des ouvriers. »

 Jean Painlevé en 1935[40].

Painlevé fut dès l’enfance indigné et provocateur. Il raconte son souvenir de sa première séance de cinéma, forain en l’occurrence : « J’avais huit ans, c’était l’époque de la Bande à Bonnot. Pour cinq sous, je crois, on avait la vision d’un animal inconnu (un tatou) et en prime, la projection du film d’actualité sur « les bandits tragiques ». […] Siège de la maison de Bonnot, un régiment, la dynamite, les belles dames en toilette venant assister à l’hallali avec le Préfet Lépine leur faisant des ronds de jambe … C’en était trop, je criai « Vive Bonnot ! ». Une vraie émeute s’en suivit. […] Depuis, plus de foire pour moi. […] Un peu d’imprévu, de gaieté n’a jamais gêné que les pisse-froids. Évidemment un climat d’austérité, de sérieux, convient mieux au pillage de l’épargne[41]. » Painlevé commente cet épisode en 1983 : « c’est ce qui a déterminé tout un état d’esprit que je n’ai pas changé depuis[42]. »

Même s'il n'affiche pas ses opinions et ne souhaite pas faire de politique, il s'est rapproché d'organisations anarchistes ou communistes[43],[Note 11]. Il est de conviction anarchiste[44],[45],[46], libertaire, individualiste[47] et pacifiste, il milite avec les ligues antifascistes dès les années 1930[3]. En 1935 il écrit un article contre l'eugéniste Alexis Carrel[48]. Il participe au voyage en Autriche organisé par le Comité Mondial contre la Guerre et le Fascisme pour enquêter sur les prisonniers politiques et les bombardements des quartiers ouvriers, en 1934[2]. Il adhère à ACI Alliance du Cinéma Indépendant organisation fondée par Germaine Dulac et Aragon héritière de l'organisation marxiste AEAR Association des Écrivains et Artistes Révolutionnaires[49]. Puis, en 1936, il va en Pologne dans le cadre d'une enquête sur le pogromes et l'internement de prisonniers politiques au camp de Beresa-Kartuska[2]. En 1936, il présente le film Nous arrivons d'Alexander Ford au Studio de l'étoile à Paris, film sur l'antisémitisme polonais censuré dans ce pays[2]. Même dans son activité professionnelle il tient à son indépendance, sans engagement avec l'Etat[Note 12]. Sans s'y impliquer, il soutient la coopérative Ciné-Liberté de Jean Renoir et Jean-Paul Dreyfus et la réalisation de La Marseillaise[50]. En 1939 il devient secrétaire général de l'Association des amis de la République française qui lutte contre la xénophobie[47].

En 1939, il fonde avec Jean Korngoll, Henri Leiser et Mme Berr de Turique l'ARTEM (Association de diffusion Radio et Télévision Mondiale)[2]. La même année, à la demande du gouvernement, il produit et coréalise Solutions françaises, un documentaire patriotique vantant les qualités industrielles et scientifiques de la France pour contrer les allégations nazies sur la ruralité et le retard de ce pays[51]. Le film n'est ni monté ni sonorisé quand la guerre éclate et Painlevé refuse de laisser le régime de Vichy terminer le travail, il est condamné pour "rétention de deniers publics"[52], le film ne sera achevé qu'après guerre[16]. De même, il commence à réaliser Le Vampire qui sera comme une parabole de l'histoire européenne de son temps, stigmatisant ainsi l'esprit de prédation du mouvement nazi mais la guerre l'empêche de le finir avant 1945.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, il est un résistant de la première heure[53],[54] (nommé Boulanger dans la clandestinité). Pour la Résistance, il utilise ses capacités de plongeur sous-marin et sa tête est mise à prix par la Gestapo qui sans connaître son identité le surnomme "l'homme en marron"[55]. En 1942, il est arrêté et interrogé pendant plusieurs jours pour donner des renseignements sur cet "Homme à l'habit marron" soupçonné d'avoir empêché le plan de minage prévu par l'armée italienne à Cavalaire-sur-Mer. Sans être démasqué, il est tout de même condamné à être fusillé mais ses compagnons d'armes le libèrent[56].

En mai 1943, il est élu "administrateur directeur adjoint" de la Cinémathèque française en zone non occupée, la lettre de mission que lui signe Henri Langlois précise : « Votre tâche est facile : surveiller le personnel et le blockhaus de la Cinémathèque en cette zone. ». Il dispose d'un certificat signé de Langlois et du commissaire de police lui permettant de circuler librement en zone libre[56].

Directeur du Cinéma

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A la Libération, alors que Painlevé est son représentant, le Comité de libération du cinéma français (CLCF)[Note 13],[57] se saisit des locaux du COIC (Comité d’organisation de l’industrie cinématographique) créé par le régime de Vichy. Et le lendemain, , un arrêté du Gouvernement provisoire nomme Jean Painlevé, directeur du Cinéma[58],[59],[60].

Il aura pour rôle de relancer très concrètement le cinéma (notamment en brisant des grèves, ce qui le désole) et de canaliser l'épuration de la profession[58]. Pour valoriser les métiers du cinéma il fait reparaître la revue La technique cinématographique[61]. Il fait promulguer de nombreux décrets notamment ceux instituant la Commission supérieure technique ou obligeant les exploitants de salles à afficher le court métrage projeté avant le grand film[62],[Note 14]. Il met une priorité absolue à la réalisation du Film La Libération de Paris, pour contrer la propagande du film des alliés Le Monde libre qu'il considéré minorer le rôle de la Résistance[63].

Mais son action reste très encadrée : par le ministre de la communication P-H Teitgen anti communiste nommé par de Gaulle ; entouré de son adjoint Pierre Riedinger considéré collaborateur par le CLCF ; tout comme par Philippe Acoulon ancien du COIC (qui a notamment signé l’arrêtè d'octobre 1940 interdisant aux juifs de travailler dans le cinéma) et qui lui est imposé comme collaborateur[64]. Le Gouvernement provisoire fait tout pour gêner l'action de Painlevé et le 16 mai 1945, seulement 8 mois après sa nomination, il est relevé de cette fonction par décret spécial signé par de Gaulle et Teitgen[62],[2], et une grève générale du cinéma du théâtre et de la radio s'en suit car Painlevé était particulièrement apprécié comme Directeur du cinéma et homme de terrain[62],[65].

Chercheur en technique cinématographique et télévisuelle

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Réglage d'un microscope et de la caméra en 1926

Il tourne dès ses premiers essais en 35mm, utilise toutes les techniques nouvelles : ralenti, accéléré[Note 15], microphotographie, couleur, animation, trucage, infra rouge, ultra violet, amplificateur de brillance, contraste électronique...

Et quand la télévision arrive, il est le premier à l'utiliser en 1945 pour une émission de microscopie directe, il en fera plusieurs en France et Angleterre. Et en 1957 il innovera encore avec le premier téléradio de diagnostic à distance : l’image radioscopique et aussi endoscopique étant instantanément projetée sur grand écran dans l’amphithéâtre de la faculté de médecine, les médecins pouvaient dialoguer avec le patient qui, lui aussi pouvait voir les images de son propre corps[66]. La télévision devient aussi un débouché pour la diffusion de ses films. Dès 1964 avec celle du gouvernement de Cuba qui est la première à lui acheter des films, suivie par de nombreux autres pays[67].

Il s'intéresse au cinéma en relief et invente une technique le combinant avec le contraste de phase[68]. En 1973, pour son film Diatomées, il utilise un objectif électro-optique inventé pour lui par le japonais Hitachi, ainsi que le microscope à balayage de Catherine Thiriot du Centre océanologie de Bretagne[69].

Intéressé par l'utilisation du cinéma comme outil d'enseignement, dès 1937 il succède à Marc Cantagrel à la direction du Centre de production de films scientifiques au Conservatoire national des arts et métiers[2]. Engagé dans l’Éducation populaire, il participe à l'essor des universités populaires et des ciné-clubs[70]. À son initiative est fondée la Fédération française des ciné-clubs (FFCC) dont il devient président. Le succès est grand, peut-être trop car Henri Langlois refuse de fournir les copies venant de la Cinémathèque française sauf si l'accord des ayants droit des films sont obtenus. Devant cette catastrophe Painlevé demande une modification de loi pour obtenir l'exonération car les projections sont à but non lucratif, il ne l'obtiendra qu'en 1949 après un procès qu'il gagnera. Cette exonération s'ouvre aussi aux autres séances gratuites, ce qui facilite notamment l'action des comités d'entreprise et du ministère de l'agriculture pour les films d'enseignement[71].

Il rencontre le succès dans les ciné-clubs, au cours de conférences et aussi dans les écoles, les qualités pédagogiques et scientifiques de ses films sont enfin reconnues. Plus tard, à partir de 1972, il enseigne les techniques du cinéma à l'Université Paris 8 (Vincennes)[72].

Il préconise d'autres méthodes pédagogiques. « J'ai toujours rêvé que l'enseignement soit fait par ceux qui ont compris. Je veux dire par ceux qui ont compris pourquoi ils ne comprenaient pas. Et si l'on prend des élèves et qu'on demande à celui qui a saisi d'expliquer aux autres, la classe devient alors une commission d'enquête dans laquelle les élèves sont des détectives. Il faut que l'enseignement se fasse à base d'énigmes. [...] celui qui a compris doit exposer aux autres pourquoi et comment il a compris. C'est cela qui compte, c'est l'école du témoignage, et le fait d'expliquer pourquoi et comment on a compris. Cette école doit pour moi commencer à la maternelle, il faut déjà apprendre à voir et témoigner, c'est à dire [sic] rendre sensible aux autres ce que l'on croit avoir vu, et qui n'est pas forcément ni la vérité, ni ce qu'ont vu les autres. Si l'on commence à la maternelle, on fera des adultes qui ne s'en laisseront plus conter. » Une école plus émancipatrice utilisant l'enseignement mutuel et qui développe l’intérêt de l'élève en partant du compliqué vers le simple[62].

Après son dernier film réalisé pour la première fois avec une équipe, qu'il dirige depuis son lit d'hôpital, Painlevé continue de créer. Dans son texte autobiographique La traversée du mouroir, il confie sa tristesse de ne plus pouvoir marcher et surtout nager[73]. Un projet de film sur les coiffures africaines et les pratiques d'excision ne verra pas le jour, la maladie et la vieillesse le conduira à la mort deux ans après celle de Geneviève Hamon.

Il décède le , inhumé à Paris au Cimetière du Montparnasse, son éloge funéraire a été fait par Jean Rouch[7].

Dans son laboratoire en 1937

Photographe

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Image externe
Source : Les documents cinématographiques

Avant d'être cinéaste il photographiait beaucoup : « J'ai photographié depuis 1910, avec le Brownie numéro zéro. Mais j'ai eu avant un petit truc de 4 cm sue 4 cm, un cul de bouteille avec lequel je prenais le soleil de face ; j'ai toujours fait de la photo. Je prenais n'importe quoi, tout ce qui me semblait curieux[74]. » « Puis j’utilisais des formats 9x12, 13x18, 18x24 … jusqu’à d’énormes chambres photographiques qui pouvaient aussi servir d’agrandisseurs. Je développais aussi des papiers de plusieurs mètres carré collés au mur, rinçais, hyposulfatais …[75] » Plus tard, les expositions photographiques auxquelles il participe sont centrées sur la faune sous-marine, ce sont notamment des microphotographies.

En dehors de ses trois films de fiction Mathusalem, Barbe Bleue et Jeux d'enfants, de quelques documentaires culturels ou d'actualité (le grand cirque Calder 1927, Quelques danses pour Calendal de Mistral, Le monde étrange d'Axel Henricksen, Solutions françaises,...), et de ses productions et réalisations en relation avec ses centres d'intérêt (les techniques d'animation, la musique, la danse, le mouvement, la gymnastique,...), et même s'il a un goût pour le Cinéma amateur, « libre des compromis commerciaux »[76], il a surtout réalisé des films scientifiques pour le grand public ou destinés aux scientifiques.

Son œuvre de cinéma de recherche scientifique se caractérise par le souci de l'exactitude descriptive de ses sujets et par le désir profond de partager l'émotion et l'émerveillement face au « mystère » de la nature que ses films contribuent à dévoiler, il cherche à rendre visible l'invisible. Il présente son "cinéma de recherche scientifique" comme fonctionnant avec trois moteurs : « l'Étrangeté d'une part ; la Rareté, le cas échéant ; et le Point d’interrogation toujours », ce dernier lui permet de s'intégrer au plus profond du phénomène[77]. Pour son film Diatomées sorti en 1974 il se confronte à l'inexpliqué et encore inexplicable par la science (on ne sait pas si ces créatures sont animales ou végétales). Il développe tout ce que la technique audiovisuelle de pointe permet pour décrire rigoureusement ces êtres vivants mais il utilise un artifice de mise en scène en transformant les commentaires en dialogue entre un maître (dit par lui-même) et son élève (dit par la jeune étudiante zoologue Carola Meierrose) : quant les questions naïves et candides déstabilisent le sachant qui petit à petit s'exprime en poète pour faire ressentir ce qu'il ne peut savoir[78]. De nouveau confronté à l'inexplicable, pour Transition de phase dans les cristaux liquides, dans ce film abstrait et surréaliste, sans aucun commentaire, la science devient mystère, c'est la musique de François de Roubaix qui seule porte la sensation[79].

Si Jean Painlevé n'a pas inventé le cinéma scientifique, il lui a donné un essor considérable en le faisant sortir du laboratoire et l'offrir à un large public. Pour ses documentaires scientifiques à destination du grand public, sa biographe Roxane Hamery identifie ses préoccupations de didactisme pour lequel il utilise : l'humour ; des schémas animés ; et l'ouverture à l'imagination et à la poésie. Elle apprécie son style et les « trois aspects essentiels de [son] œuvre : la provocation ; la volonté très forte d'informer ; et cette poésie qui sera sa marque de fabrique. »[80] « C'est un auteur qui a une ambition artistique, Painlevé fait œuvre de poète véritable. »[81] L'analyse sémiologique confirme cette lecture : « ses œuvres ne portent pas tant sur la biologie animale que sur la marque de son histoire personnelle et celle de l'Histoire [elles révèlent] la beauté indéterminée de la nature et celle de la construction artistique [s'inscrivant dans l'histoire des formes filmique et le surréalisme, elles montrent la] confusion entre subjectivité et objectivité et les visions provocantes. »[82] Mais cet élan vers la beauté et la poésie est aussi pour lui un tiraillement. Le scientifique se rebiffe lorsque l'esthète s'autorise d'embellir la réalité : dans son film Acéra ou le bal des sorcières, il sort de la vase le petit animal dégoutant pour le transformer en danseuse merveilleuse et pour parfaire le tableau, il n'hésite pas à sectionner un petit cordon disgracieux qui pend à son postérieur, mais le scientifique se réveille dans le générique de fin où il montre, toute honte bue, le mollusque muni de son cordon tirer les lettres du mot FIN[83].

Son autre domaine de prédilection qu'il développe scientifiquement est le cinématographe (étymologiquement l'écriture du mouvement). Il explore les différentes techniques audiovisuelles, et avec les images animées s'intéresse à la retranscription des mouvements humains comme il l'a fait de ceux des animaux marins. Son amitié avec le chorégraphe Pierre Conté lui permet de réaliser plusieurs films sur la danse, et sur l'écriture, sur partition, des mouvements. Conté, théoricien du mouvement, s'inspire des travaux de chronophotographie de Étienne-Jules Marey, pionnier du cinéma et autre passion de Painlevé. Tous les deux travaillent à l'écriture du mouvement Conté sur le papier et Painlevé avec l'enregistrement mécanique[84].

Jean Painlevé est également un écrivain considérable[85]. Il a beaucoup écrit pour la promotion de ses films car projetés en première partie des séances de cinéma, les journaux publiaient souvent, jusque dans les années 50, des articles les décrivant[86]. Il écrit des articles théoriques sur les films scientifiques et aussi pour ses nombreuses conférences[87]. Dès 1924 il publie dans Surréalisme, l'éphémère revue de Ivan Goll, le texte Drame néo-zoologique[2], avec en préambule : « M. Jean Painlevé qui hier eut les honneurs de l'Académie des sciences pour un travail fort réaliste, se révèle également surréaliste »[88]. Il rédige des scénarios dont Le café du bon accueil, pour son ami Jean Vigo qui malheureusement décède avant le tournage[2]. En 1938, sous le pseudonyme P.J. Alpin, il écrit avec Philippe Halsman la pièce de théâtre Tétard devient Monsieur Teste ou Les rayons de la mort et Le jeu du surhomme[2],. Puis Le théâtre de la dérision, 60 saynètes, écrites en 1987, sous le pseudonyme Yann O'Bara[2],[Note 16]. Et aussi un texte de souvenirs, Bijou, du nom du cheval de sa maraine. En 1988, il rédige un texte désespéré, la Traversée du mouroir[46].

Réception de ses films

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« Le plus beau ballet qu’il ait vu » selon Fernand Léger ;

Son œuvre « représente une véritable source d’images pour artistes » selon Marc Chagall [89]. »

Sans l'héritage de son père il n'aurait jamais pu financer ses films. Seul son plus grand succès L'hippocampe, ou 'Cheval marin' lui a permis, selon son expression, de « rapporter sa mise »[3]. La séquence de ce film où l'on voit le mâle hippocampe accoucher des petits que la femelle lui a confié a eu un fort retentissement pour assurer la notoriété et le succès du film, elle a aussi provoqué son interdiction aux États-Unis de 1936 jusqu’après la seconde guerre mondiale[14].

Apprécié par les surréalistes, et avec succès lors de projections aux Studios Diamant, Ursulines et au cinéma les Miracles, puis dans les écoles et les ciné-clubs[33], il est d'abord méprisé par le monde scientifique. Celui-ci juge indigne et peu sérieux le cinéma en tant qu'outil d'observation scientifique. Par exemple, lorsqu'il présente, en 1925, à l'Académie des sciences son premier film Phénomènes intraprotoplasmatiques chez l'œuf d'épinoche de la fécondation à l'éclosion, il est accueilli fraichement, et un des membres, Louis Blaringhem (1878-1958)[90], dira même : « Un scandale ! Le cinéma c'est de la prostitution ! »[91]. Il revit avec amertume cet épisode : lors de « ma première communication en 1925 à l'Académie des sciences je fus le premier à utiliser le film, mais, avec mon ami Parat[92],[Note 17], nous avons bien vite compris que c'était là des vanités inutiles, à moins de guigner soi même l'Académie, et nous avons cessé d'en présenter. C'est à cette occasion que j'ai appris des choses extrêmement utiles sur la compétition des intellectuels français[62]. »

Painlevé acquière une notoriété internationale. Georges Franju dit de lui : « Jean Painlevé avait une cote considérable. C'était le plus grand type du cinéma documentaire de France. Il n'avait d'équivalent qu'Ivens et Flaherty à l'étranger. »[93]

Jean Painlevé et Suzanne Duval au Congrès de l'AICS/IFSA en 1967

Institutionnaliser le cinéma scientifique pour sa reconnaissance

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Le cinéma scientifique, « de recherche pour et par la science »[94], ne trouve pas de financement[95], il a besoin d'être défendu. Et Painlevé fonde le 1930 l’Institut de Cinématographie Scientifique (ICS) avec l'appui de scientifiques de renom comme Jean Perrin, Frédéric Joliot-Curie et Georges Urbain[96]. L'Institut devient « la principale vitrine du cinéma scientifique en France »[97] en communicant, en devenant cinémathèque, lieu d'invention de techniques de prises de vue nouvelles et producteur de documentaires. En 1933, avec le docteur Charles Claoué et Michel Servanne, directeur de la revue Le cinéma privé, ils fondent l'Association pour la documentation photographique et cinématographique dans les sciences (ADPCS)[98],[34],[99]. En 1936, avec Langlois, Claoué et Franju il dépose les statuts de la Cinémathèque scientifique française qui deviendra Archives de la photographie et du cinéma scientifique filiale de l'ADPCS en 1945[100]. Puis avec le docteur Charles Claoué, il a l'idée d'organiser un congrès annuel, le premier a lieu à Paris du 5 au au siège du musée Pédagogique, rue d’Ulm[101], les congrès se dérouleront avec succès jusqu'à la guerre et ensuite. En 1947 Painlevé donne une dimension internationale à l'ICS en fondant l'AICS[Note 18] sous l'égide de l'UNESCO, ce qui permet de supprimer les droits de douane pour la circulation des films et facilite l'organisation des congrès annuels[102]. Parallèlement, il participe en juin de 1947, avec Joris Ivens, Henri Langlois, Iris Barry et Henri Storck, à la création de l'Union Mondiale des Documentaristes[2].

Reconnaissance par les scientifiques

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Même s'il passe sa vie à essayer de convaincre de la valeur scientifique de ses réalisations (en utilisant toute la richesse des techniques cinématographiques : accéléré, ralenti, arrêt sur image, grossissements, possibilité de voir plusieurs fois un même phénomène,...), ce n'est que progressivement que son travail sera reconnu par les scientifiques.

Painlevé lors de ses observations a pu découvrir et faire découvrir des faits scientifiques, par exemple en préparant Assassins d'eau douce, « il s'aperçoit que les descriptions par les spécialistes ne correspondent pas à ce qu'il voit : un carnassier est herbivore ou le contraire, et les dytiques par exemple, gros coléoptères qui volent, passent pour végétariens alors que leurs larves sont carnassières. »[82]

Le professeur Sigurd von Boletsky, spécialiste de la pieuvre constate en 2013 : « Ce que j'ai appris en regardant ce que Jean Painlevé montrait [dans son film de 1928], qu'il expliquait ce qu'il avait vu, et posait des questions sur ce qui aurait pu être amélioré, j'ai appris un chapitre tout nouveau auquel je ne m'attendais pas »[103]. C'est une démarche de recherche scientifique, Jean Painlevé est « la personne capable d'améliorer la visibilité du processus »[104], il rend visible l'invisible, surtout si cet invisible est aussi inexpliqué[Note 19].

Le professeur Sigurd von Boletsky témoigne aussi de la démarche de Jean Painlevé. Celui-ci a réalisé, en 1958, un film de recherche sur la pieuvre mais il ne considérait pas ce film comme achevé, alors, pendant sept ans, il travailla à une seconde version : paru en 1965, L’embryogenèse d'octopus vulgaris est coréalisé avec sa compagne Geneviève Hamon. « Ce document est bien plus intéressant que ce que j'avais vu avant »[105] dit le professeur qui poursuit en racontant que ce film a justifié le lancement d'une nouvelle recherche sur l'embryogenèse par une équipe composée de lui et Portmann dirigée par le professeur Marcus Von Orelli. Mais la recherche n’avançait pas et Portmann a déclaré : « Maintenant on a sans doute besoin de Jean Painlevé », ce qui a naturellement fait que le cinéaste a rejoint l'équipe scientifique pour la réussite de la recherche[106]. Et Painlevé a pu réaliser le second film de vulgarisation sur la pieuvre (Les amours...), sorti 10 ans après le premier.

Un bon documentariste ?

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Jean Painlevé a édicté son décalogue pour la télévision suisse[107] :

Documentaire ne feras si le sujet ne ressent point.
Réalisation refuseras si tes convictions n’exprime pas.
Par aucun moyens déloyaux les spectateurs n’influenceras.
Réalité tu chercheras sans esthétisme ni apparat.
Tout effet abandonneras s’il ne se justifie pas.
Des trucages ne te serviras qu’ayant public pour confident.
Montage habile n’utiliseras que s’il illustre ta bonne foi.
Sans parfaite justification des longueurs n’exhiberas.
A l’image aucunement les paroles ne substitueras.
D’à peu près ne te contenteras sous peine de déchoir grandement.

En pédagogue pour la revue Education, jean Painlevé précise sa doctrine : « Dans le film de vulgarisation, mon but n'était pas directement didactique, j'essayais d'honorer la définition que je défends depuis mes débuts, c'est-à-dire un tiers de réalité et si possible de connaissance nouvelle ; un tiers pour faire passer, pour faire assimiler, au besoin par l'alliance des contraires, quelque chose de sérieux par quelque chose de comique, ou par autre chose de purement formel, magnifique ou poétique, mais qui n'a rien à voir avec le côté scientifique du sujet. Et puis un tiers de justification du thème du film : pour quelles raisons force-t-on l'auditoire à regarder ; le propre du film de vulgarisation étant en effet de toucher des gens qui ne sont pas spécialement motivés par la connaissance scientifique[108]. »

Un film emblématique, Le Vampire

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Le film Le Vampire, tourné clandestinement pendant l'occupation allemande, court métrage en noir et blanc de moins de neuf minutes, en 35 millimètres, sort en public en 1945. Film engagé car antifasciste ; mais aussi artistique de par ses prises de vue ; expérimental car d'un genre nouveau ; et scientifique à la fois.

Au début du film Jean Painlevé fait mention de tout l'imaginaire que les monstres animaliers et le vampire ont pu générer, images du Nosferatu de Murnau à l'appui. Puis, à partir d'une carte de l'Europe où il montre qu'à la fois cet imaginaire et le péril nazi ont pu prospérer, le film arrive à la réalité scientifique. Le film devient un documentaire scientifique montrant notamment la technique utilisée par le vampire (la chauve-souris), pour se nourrir. On le voit d'abord marcher à quatre pattes pour s'approcher de sa proie, un cobaye de laboratoire, puis lui lécher le nez lui transmettant ainsi un anesthésiant, puis le mordre à la joue pour en boire le sang en le lapant.

Mais le film quitte de nouveau le registre scientifique car avant de quitter l'image le petit vampire réel, et bien à son insu, est cadré en tendant son aile et l'on voit ou l'on croit voire qu'il fait le Salut fasciste, ce que Painlevé nomme, en voix-off, "le salut du vampire".

André Bazin en dit : « Jean Painlevé occupe dans le cinéma français une place singulière et privilégiée. Son vampyr [sic], par exemple, est tout à la fois un documentaire zoologique et l'accomplissement de la grande mythologie sanguinaire illustrée par Murnau dans son Nosferatu[109]. »

Filmographie

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Réalisateur

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A part le premier film et quelques autres non identifiés, ne figurent pas dans cette liste les réalisations de films strictement de recherche ou d'enseignement (non tout public) faites à son initiative ou à la demande de scientifiques. A titre d'exemple, pour la seule période 1927-1930, Roxane Hamery en liste 10 qui ne figurent pas dans ce recensement[110]. Quand, en 1983, un collectif recense Les 200 films de Jean Painlevé[111], dans son inventaire de 2009, Roxane Hamery compte au total 142 films dont 104 films de recherche[112].

  • 1925 : Phénomènes intraprotoplasmatiques chez l'œuf d'épinoche de la fécondation à l'éclosion, 35mm, sonore, réalisé pour l'intervention devant l'Académie des sciences avec Wintrebert et You Ko Chin, 750 m
  • 1927 : Mathusalem, 5 courtes séquences de fiction rassemblées plus tard en un court métrage de 7 ou 8.5 minutes après restauration, musique de Maxime Jacob
  • 1927 : L'œuf d'épinoche
  • 1928 : La Daphnie, 13 min, caméra André Raymond
  • 1928 : La Pieuvre, 10 min, caméra André Raymond
  • 1929 : Les Oursins, 10 min, caméra André Raymond
  • 1929 : Le Bernard-l'ermite crustacé marin, 13 min, caméra André Raymond, musique Bellini, au début du film il fustige les documentaires animaliers trompeurs, "non, l'anémone ne peut pas manger le bernard l'ermite", et en fin de film, il fait de l'humour avec les commentaires sur les bagarres et organise un match de foot entre ces petites bêtes
  • 1929 : Hyas et sténorinques, 13 min, caméra André Raymond, musique de Maurice Jaubert d'après Chopin
  • 1930 : La faune sous marine Crabes, 8 min, caméra Éli Lotar, musique Maurice Delannoy. Humour à la fin avec un match de boxe.
  • 1930 : La faune sous marine Crevettes, 10 min, caméra Éli Lotar, musique de Maurice Delannoy
  • 1930 : Caprelles et Pantopodes, 9 min, caméra Éli Lotar, musique de Maurice Jaubert et Roland Manuel d'après Scarlatti
  • 1930 : Traitement d'une hémorragie expérimentale chez le chien par injection de sérum citraté du docteur Normet, 3.30 min
  • 1931 : Ruptures de fibres
  • 1932 : Électrophorèse de nitrate d'argent
  • 1932 - 1934  : L'hippocampe, ou "Cheval marin", 17 min, caméra André Raymond, muet. Puis seconde version, 13 min, sortie en 1934, commentaire lu par Ben Danou, musique de Darius Milhaud, sonorisée avec le financement de Bernard Natan de Pathé-Natan qui assure la distribution. Humour à la fin, en surimpression des images de l'aquarium : une course de vrais chevaux.
  • 1935 : Corèthre
  • 1936 : Microscopie à bord d'un bateau de pêche
  • 1939 : Solutions françaises, 29 min, coréalisé avec Pierre Merle, musique Maurice Jaubert. Film de commande du gouvernement français confisqué par le régime de Vichy, terminé et sorti seulement en 1945 après la fin de la guerre. Nombreuses interventions de sommités : Paul Valéry, Émile Picard, Jean Perrin, Arsène d'Arsonval, Eugène Bataillon, Gabriel Bertrand, Louis Lumière, Paul Langevin, Frédéric Joliot-Curie ; et nombreuses références de la richesse et la hardiesse de la création scientifique et technique française. Hélène Hazera cite ce film comme étant « le seul film [de Painlevé] à se rapprocher de ce "docucu" [qu'il] haïssait ».
  • 1945 : Le Vampire, 9 min, tourné de 1939 à 1945, musique de Duke Ellington
  • 1946 : Jeux d'enfants, chorégraphie et musique de Pierre Conté, interprétée par les deux danseuses Jacqueline Clédon et Michelle Nadal.
  • 1947 : L'Œuvre scientifique de Pasteur, 33 min, coréalisé avec Georges Rouquier, commandité par la société Ciné-France à l'occasion du cinquantenaire de la mort du savant, Painlevé ne fait que la partie en microcinématographie, Rouquier découpe et réalise le film en s'inspirant fidèlement de l'hagiographie rédigée par René Vallery-Radot gendre de Pasteur, musique Guy Bertrand.
  • 1947 : Assassins d'eau douce, 25min, Assistante biologique Geneviève Hamon, Directeurs de la photo : Jean Painlevé, André Raymond, musiques Louis Armstrong, Duke Ellington, etc. Prix du film pour la jeunesse.
  • 1948 : Écriture de la danse, film disparu, peut-être réemployé pour réaliser une partie d'Écriture du mouvement
  • 1948 : La Chirurgie correctrice
  • 1954 : Oursins, 11 min, Geneviève Hamon créditée "assistante", opérateur Claude Beausoleil, musique de Jean Painlevé en hommage à Edgar Varèse, facétieux, il rajoute Le Vrai Mambo de Henri Betti, "car c'est vraiment beau". Après 23 ans, Painlevé recommence à tourner un film sous-marin. Il utilise une Caméflex 16/35 permettant de changer rapidement de format selon la prise de vue. Son premier film en couleur et son original.
  • 1955 : Le Grand Cirque Calder 1927, 46 min, opérateur Claude Beausoleil. Par suite d'un différend avec Henri Langlois, un des financeurs du film par l'intermédiaire de la Cinémathèque française, et même si Calder rachète les droits à la Cinémathèque, Painlevé ne termine pas son film, il laisse Carlos Vilardebó réaliser le sien, Le Cirque de Calder, en 1961, plus court et moins complet mais qui devint le plus célèbre
  • 1955 : Le monde étrange d'Axel Henricksen, 16 min, musique de Pierre Maillard-Verger, reportage sur le sculpteur d'art brut danois. Ne sort pas en salle.
  • 1955 : Fêtes à Roscoff, 5 min, tourné en 16 mm, jamais exploité
  • 1958 : L'Astérie
  • 1958 : Les Alpes
  • 1960 :Méthode et table "massopratic" Penchenat, avec Michelle Nadal
  • 1960 : Les Danseuses de la mer (ophiures et comatules), 18 min, co-réalisé avec Geneviève Hamon, musique Pierre Conté. Humour avec un galathée qui, en chef d'orchestre, dirige la danse de la comatule.
  • 1960 : Comment naissent les méduses, 14 min, co-réalisé avec Geneviève Hamon, musique Pierre Conté
  • 1960 : Quelques danses pour Calendal de Mistral, 16 min, musique de Pierre Maillard-Verger, reportage sur le Festival de lyrique provençale organisé par le collecteur de folklore Jean Deschamps et des chorégraphies de Pierre Conté, tourné en 16 mm, en un jour, une seule prise, pas d'opérateur, montage par Michelle Nadal, pas sorti en salle
  • 1961 : La crevette et son bopyre, Leander serratus(pennant) et bopyrus fougerouxi (Giard et bonnier), 13 min, couleur, commentaire dit par Painlevé, co-réalisé avec Geneviève Hamon, observations de Catherine Tchernigovtzeff attachée de recherche au CNRS. Sur le parasite suceur de sang de la crevette, avec des explications par schémas animés.
  • 1964 : Histoires de crevettes, 10 min, noir et blanc co-réalisé avec Geneviève Hamon et avec le concours de Catherine Tchernigovtzeff. Prologue humoristique avec une nourrice grimée en Groucho Marx, musique de Pierre Conté. Le commentaire et la musique sont ironiques, ils adoptent un style "lyrique ampoulé" selon l'expression de Painlevé, il imite tendrement le beau documentaire de Resnais et Queneau, Le Chant du styrène.
  • 1967 : Les amours de la pieuvre, 13 min, co-réalisé avec Geneviève Hamon, musique de Pierre Henry. Le tournage fut problématique, commencé en 1955, il se termine en 1967. La reproduction de l'animal n'est visible qu'un mois par an et si la prise de vue (en 1 image toutes les 4 minutes, durant ainsi 25 jours) est ratée, il faut attendre l'année suivante, les conditions météo, une panne de caméra, etc., tout ceci explique les 12 ans de tournage.
  • 1972 : Limailles, co-réalisé avec Geneviève Hamon, dans le cadre de ses enseignements à l'université Paris 8-Vincennes, pour expérimenter le synchronisme, musique de Super Bastringuo's.
  • 1974 : Diatomées, 17 min, co-réalisé avec Geneviève Hamon, musique de Pierre Anglès et Roger Lersy, musique que Painlevé juge trop solenne, il y glisse subrepticement quelques notes de Trabadja la moukère. Commentaires sous forme de dialogue entre Painlevé et une étudiante : Carola Meierrose qui chante aussi un peu de Brecht.
  • 1972 : Acera ou Le bal des sorcières, 13 min, co-réalisé avec Geneviève Hamon, musique de Pierre Jansen. Un extrait du film Le pain noir de Serge Moati montre une courte apparition de la danseuse Michelle Nadal interprétant la danse serpentine de Loïe Fuller (à la minute 6.55)
  • 1975 : Exuviation, copulation, hybridation chez les homards, 18 min, co-réalisé avec Geneviève Hamon, d'après les travaux de Michel Léglise
  • 1978 : Transition de phase dans les cristaux liquides, 7 min, musique de François de Roubaix, un des films les plus abstraits de Painlevé. Dans les années 1960, il filme avec Yves Bouligand des petits crabes dont la carapace composite est constituée d'une couche de calcaire enchâssée entre des fibres souples. Cette composition est similaire à celle de certains cristaux liquides, ce qui incite Bouligand et Painlevé à tourner pendant sept ans plus d'un kilomètre de pellicule, 2 heures de rushes. Le décès de François de Roubaix, musicien et aussi grand plongeur sous-marin, va décider Painlevé à sortir le film. La bande son sans commentaire utilise un extrait de son titre posthume L'Antarctique, l'image se marie à la musique par un hasard cosmique, surréaliste.
  • 1982 : Les pigeons du square, 28 min, avec l'assistance de Vincent Bérczi qui le convainc d'apparaître à l'écran, une équipe de 8 jeunes débutants et amateurs que Painlevé dirige depuis son lit d’hôpital, musique de Ramon de Herrera en hommage à Maurice Jaubert, référence du pédagogue à ce qu'il appelle l'école sans murs à la minute 08.06, humour avec une partie de foot de pigeons. Hommage à Ylla photographe animalière à qui il dédie ce film et quasi commémoration de l’œuvre fondatrice de Étienne-Jules Marey à la minute 21.48. Nostalgie et comique alternent dans cet ultime réalisation de Painlevé.
  • 1936 : Barbe Bleue, 13 min, réalisé par le sculpteur René Bertrand avec sa famille, inspiré de Charles Perrault, musique de Maurice Jaubert, premier film d'animation en pâte à modeler et en couleur.
  • 1937 : Voyage dans le ciel, 11 min, réalisé par Achille-Pierre Dufour, musique de Jean Yatove et Van Hoorebeeke, film agréé par le ministère de l'éducation nationale.
  • 1937 : Similitudes des longueurs et des vitesses, 12 min, sous l'égide de la Section des Mathématiques du Palais de la Découverte,réalisé par Achille-Pierre Dufour.
  • 1937 : La quatrième dimension, 10 min, film de M. A. Sainte-Laguë, sous l'égide de la Section des Mathématiques du Palais de la Découverte, réalisé par Achille-Pierre Dufour.
  • 1937 : Images mathématiques de la lutte pour la vie, 14 min, film de M.V.A. Kostitzin, sous l'égide de la Section des Mathématiques du Palais de la Découverte, réalisé par Achille-Pierre Dufour.
  • 1946 : Notre planète la Terre, 20 min, réalisé par Achille-Pierre Dufour, musique Guy Bernard. Tourné pendant la guerre Dufour ayant une carte de travail délivrée par l'autorité allemande, histoire géologique de la terre depuis 2 milliards d'années, prises de vues en décors réels, personnages en plastiline, séquences en Simplifilm, maquettes et microcinématographie[113].
  • 1949 : Écriture du mouvement, 10 min, schémas animés Achille-Pierre Dufour, sur la méthode de notation des mouvements et danses de Pierre Conté.

Assistant réalisateur

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  • 1926 : L'Inconnue des six jours[114] de René Sti, produit par la Société des Cinéromans, Jean Painlevé s'y investit particulièrement en multipliant les prises de vues des mouvements des cyclistes et des patineurs donnant au film une portée scientifique, il introduit des trucages et des animations faites par Georges Grosz[115].

Scénariste

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Expositions

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Hommages et réutilisations

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  • Louis Aragon pastiche son texte Drame néo-zoologique[122], il reprend le style de Painlevé fait de non-sens, jeux de mots et révolte, et écrit : Les buvards du Conseil des ministres, une farce aux dépens des politiciens à partir de deux pages qu'il imagine subtilisées par le fils du président du Conseil[123].
  • Le documentariste Charles Dekeukeleire utilise des images de spirographe, de vampire et de cristaux pour accentuer les effets dramatiques de son docufiction Le mauvais œil sorti en 1937.
  • Henri Michaux introduit des photogrammes de films de Painlevé dans son documentaire médical sur les effets des psychotropes Images du monde visionnaire, coréalisé avec Éric Duvivier en 1963[124].
  • En 1987, Le Nouvel Observateur demande à Jean-Luc Godard de composer son abécédaire. A la lettre N, Jean-Luc Godard note : Nouvelle Vague. La Nouvelle Vague est née de Painlevé, de Rouch, et de Rossellini. A bout de souffle est né de L’Hippocampe de Painlevé, tout autant que de Rome, ville ouverte[125].
  • Le groupe de musique américain Yo La Tengo (en) enregistre, en 2012, une nouvelle bande son pour 8 documentaires de Jean Painlevé, dans le film The Sounds of the Sounds of Science (en).
  • Un roman dont la narratrice, biographe de Jean Painlevé est une pieuvre, Le grand amour de la pieuvre, Marie Berne, Edition l'arbre vengeur, , 154 p.[126],[127].
  • Le Festival du film scientifique de Roscoff, organisé dans cette ville en son honneur, huitième édition en 2025[128].

Editions en DVD

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  • Jean Painlevé compilation no 1, 2003, production Les documents cinématographiques, 9 de ses films et plusieurs suppléments.
  • Jean Painlevé compilation no 2, Jean Painlevé et les pionniers du cinéma scientifique, 2005, production Les documents cinématographiques, 11 de ses films et plusieurs de pionniers du cinéma scientifique, le documentaire présenté par Roxane Hamery.
  • Jean Painlevé compilation no 3, 2007, production Les documents cinématographiques, double DVD, 13 de ses films et en suppléments des captations d'une de ses pièces de théâtre et un témoignage de la danseuse Michelle Nadal[129].
  • 3 DVD de diffusion dans les bibliothèques publiques : Quatre ou sept films réalisés par Jean Painlevé, Bibliothèque publique d'information Centre Pompidou, films montés à la suite sans présentation
  • Jean Painlevé Les pieds dans l'eau, 2022, production Les documents cinématographiques. 12 des documentaires de Jean Painlevé ainsi que des suppléments.

Publications

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Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Bibliographie

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  • Jean Painlevé, Cinéma et recherche : Conférence faite au Palais de la Découverte le 22 octobre 1955., Paris, Université de Paris, coll. « Conférence au Palais de la Découverte » (no Série A no 219), , 32 p. Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Anarchisme, Jean Painlevé, 1976, Paris (Archives Jean Painlevé), Les Documents Cinématographiques.
  • Jean-Luc Michel, « La caméra d'un chercheur : entretien avec Jean Painlevé », Éducation, (lire en ligne). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Collectif, Les 200 films de Jean Painlevé, Cinédoc avec le concours du ministère de la Culture, Paris, 1983
  • Jean Painlevé, textes de Jean Painlevé édités par Brigitte Berg, préface de Jean Rouch, Les Documents cinématographiques, Paris, 1991 (BNF 37749777)
  • Brigitte Berg, Andy Bellows, Marina Mc Dougall, Science Is Fiction: the Films of Jean Painlevé, the MIT Press, 2000 (ISBN 0262523183 et 9780262523189)
  • Isabelle Marinone, Anarchisme et Cinéma : Panoramique sur une histoire du 7e art français virée au noir, extrait : Jean Painlevé : la science au service d’une nouvelle vision du monde, Paris, Université Paris I – Panthéon la Sorbonne, (lire en ligne). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Roxane Hamery, « Jean Painlevé et la promotion du cinéma scientifique en France dans les années trente », 1895. Mille huit cent quatre-vingt-quinze, no 47, , p. 78-95 (lire en ligne). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Roxane Hamery, Jean Painlevé : le cinéma au cœur de la vie, Rennes, Presses universitaires de Rennes, coll. « Le Spectaculaire », , 312 p. (ISBN 978-2-7535-0761-6 et 978-2-7535-2707-2). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article

Documentaires

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  • Jean Painlevé, poète et pionnier du cinéma scientifique, archives RTS (Radio Télévision Suisse), 1959, 28.28 minutes, Painlevé invité d'Alexandre Burger dans l'émission Aux frontières de l'image. voir en ligne.
  • Jean Painlevé ou voir l'invisible, 1984, 21 minutes, Marie-Luce Staïb et Claude Degivray, production Saga-TF1
  • Jean Painlevé au fil de ses films, 1988, 104 minutes (8 fois 26 minutes) conception Hélène Hazera, réalisation Denis Derrien, production : GMT productions, La Sept, Institut du cinéma scientifique[131],[132].
  • De l'inconnue des six jours au Vampire, 2005, 20 minutes, présenté par Roxane Hamery, production : Les Documents Cinématographiques.
  • Jean Painlevé, fantaisie pour biologie marine, 2005, 52 minutes, auteur réalisateur François Lévy-Kuentz, production : Les documents cinématographiques[133].

Notes et références

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  1. Painlevé fait beaucoup pour sauver le laboratoire du professeur Wintrebert, il obtient de nombreux articles de journaux pour rechercher des fonds (selon l'article de Roxane Hamery sur la promotion du cinéma scientifique). Dont une Une, citée par Brigitte Berg : " Le fils du Président du Conseil fait du cinéma pour aider le laboratoire d'anatomie comparée de la Sorbonne ".
  2. Les dessins animés sont de Georges Gros (plus probablement de Georges Grosz selon Roxane Hamery). Le cinéma d'animation a un lien fort avec le cinéma scientifique, c'est de l'image par image.
  3. Selon Roxane Hamery, le costume de Jean Painlevé est le plus extravagant : un téléphone sur la tête dont les touches s'éclairent en rouge et vert et le masque qui recouvre ses yeux de pièces de 5 Francs, le nez d'un signe % et la bouche d'un pavillon de phonographe.
  4. Parmi les pionnier du cinéma scientifique, on peut citer Lucien Bull qui perfectionna la chronophotographie d'Étienne-Jules Marey, ainsi que la microcinématographie ; Lucienne Chevroton et son époux Charles-Émile François-Franck ; le docteur Eugène Doyen ; et le docteur Jean Comandon qui réalise des films scientifiques et de vulgarisation, dès 1909, notamment Croissance des végétaux en utilisant l'accéléré de façon pédagogique.
  5. Il fera aussi souvent une troisième version, film d'enseignement, sur le même thème, ce qui rend complexe l'inventaire et le datation de ses productions.
  6. En 1932 pour le film Le café du bon accueil de Jean Vigo qui malheureusement décède avant le tournage.
  7. Il le soutient lorsque son film L'ancien et le nouveau risque d'être interdit par le préfet de police, une longue correspondance s'en suivra (d'après Roxane Hamery dans son livre Jean Painlevé le cinéma au cœur de la vie page 69).
  8. Il est intéressant de souligner que ce conte où l'intrigue montre que l'héroïne va voir malgré les interdits, a séduit Painlevé qui a toujours cherché à voir et montrer l'invisible.
  9. Notamment les trois films commandés par la section des mathématiques du Palais de la découverte. et aussi pour L'écriture du mouvement (1947).
  10. Il a notamment inventé le Simplifilm qui permet d'enregistrer simultanément une scène avec des personnages réels et une photographie animée, selon Roxane Hamerie dans son livre Jean Painlevé le cinéma au cœur de la vie, page 90.
  11. Adolescent, en 1918, il fonde avec d’autres élèves, dont Georges Altman et Lazarick, son groupe des « Etudiants Socialistes Révolutionnaires », du nom du groupe existant depuis la fin du XIXe siècle et décrit par Augustin Hamon comme attaché aux idées anarchistes, dans son livre : Patrie et Internationalisme, Paris, Les Temps nouveaux, 1896, p. 15. Cité par Isabelle Marinone dans sa thèse.
  12. Il refusera longtemps les subvention pour l'ICS et si Jean Perrin, sous-secrétaire d’État à la recherche scientifique, est venu prononcer un discours d’ouverture de son congrès de 1933, Painlevé déclare que « ni le siège de cette manifestation, ni le fait qu’un ministre l’ait inauguré ne doivent induire à croire que nous sommes liés à quoi que ce soit d’officiel » (selon Roxane Hamery, Jean Painlevé et la promotion du cinéma scientifique en France dans les années trente, paragraphe 11)
  13. Le Comité de libération est une structure satellite du parti communiste sans qu'il y soit directement impliqué. Constitué dans la clandestinité en 1941, il est présidé par Pierre Blanchar, et on y trouve Jean Painlevé, Louis Daquin, Jean Grémillon, André Zwobada et Jacques Becker. Le Comité est notamment à l'initiative de la création de la Commission supérieure technique de l'image et du son.
  14. Roxane Hamery mentionne que la loi du 26 octobre 1940 imposait déjà cette projection de court métrage avant le long, ceci car il manquait de films longs. P.186 de Jean Painlevé le cinéma au cœur.
  15. Par exemple, pour Les amours de la pieuvre, il prend une image toutes les 4 minutes pour un seul plan étalé sur 25 jours, ou, à l'inverse, dans ce même film, pour enregistrer l'éclosion des œufs, la brièveté de l'explosion le conduit à choisir 40 images par seconde. Selon Roxane Hamery p. 229-231.
  16. Dix d'entre elles sont portées à l'écran par Roberto Luciargue et Arnaud Pallier. Et trois de ces saynètes sont mises en scène et filmées en 2000 par Birgitte Berg, archiviste de Jean Painlevé. Suppléments du DVD compilation 3.
  17. Maurice Parat, histologiste mort avec Charcot sur le Pourquoi Pas ?. Il dirigeait le laboratoire dans lequel travaillait Painlevé en 1925.
  18. Association Internationale du Cinéma Scientifique
  19. Ses films Transition de phase dans les cristaux liquides (de 1978) et celui sur les irisations sur les goutes d'huile montrent des phénomènes inexpliqués que la sciences pourra peut-être, un jour, révéler.

Références

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Liens externes

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