Georges Cogniot

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Georges Cogniot
Fonctions
Député de la Seine
Gouvernement IIIe République
Gouvernement IVe République
Groupe politique communiste
Sénateur de la Seine, puis de Paris
Gouvernement Ve République
Groupe politique communiste
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Montigny-lès-Cherlieu
Date de décès (à 76 ans)
Lieu de décès Gagny
Parti politique Parti communiste français
Profession Professeur agrégé de lettres

Georges Cogniot, né à Montigny-lès-Cherlieu (Haute-Saône) le et mort à Gagny (Seine-Saint-Denis) le , est un écrivain, philosophe et homme politique communiste français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Georges Auguste Alexandre Cogniot, fils de Charles Amédée Cogniot et Marthe Poissenot, est né à Montigny-lès-Cherlieu et inhumé à Gagny. Il devient l'époux de Germaine Blum en 1923, puis d'Erna Bielfeld en 1934 ; il s'est remarié en 1975 avec une institutrice, Germaine Weingartner-Cogniot, qui eut aussi des activités politiques communistes.

Élève au Lycée Gérôme à Vesoul, il passe ses vacances à Navenne à travailler la vigne ; il suit ensuite des cours de rhétorique supérieure à Lyon.

Normalien (promotion 1921), il adhère la même année au Parti communiste français et lutte au sein de l'Internationale des travailleurs de l'enseignement (permanent en 1928). Agrégé de lettres en 1924, il participe ensuite à des meetings en soutien à l'Espagne républicaine et à la lutte contre les accords de Munich. Au début de l'année 1936, il accède au Comité central du Parti communiste, dont il demeure membre jusqu'en 1964, puis les électeurs du XIe arrondissement de Paris l'envoient siéger à la Chambre des députés française lors des élections du Front populaire (1936). Sa connaissance des organismes internationaux - il milite au Comité mondial contre la guerre et le fascisme - le font désigner représentant du PCF au Comité exécutif de l'Internationale communiste (Komintern) de septembre 1936 à octobre 1937. Il quitte brusquement cet organisme pour succéder à Paul Vaillant-Couturier au poste de rédacteur en chef de L'Humanité. (1937-1939, 1944-1947). Cette responsabilité l'amène à assister aux réunions du Bureau politique, instance dirigeante du Parti.

En contact avec les milieux intellectuels, il est parmi les fondateurs d'une revue, La Pensée, qui se fixe l'objectif de diffuser et défendre le marxisme parmi les Intellectuels. Le premier numéro paraît en juin 1939. Le sommaire comprend notamment des articles de Paul Langevin, Georges Politzer, Marcel Prenant, Max Barel. Cette revue paraît encore aujourd'hui.

Mobilisé en 1939, fait prisonnier lors de la débâcle en juin 1940, il est rapatrié en France pour maladie[1]. Il est hospitalisé plusieurs mois[2], puis incarcéré par la police allemande[3] à partir de juin 1941, à Vesoul, d'où il est transféré comme détenu politique au camp de Compiègne Royallieu. Il s'en évade avec dix-sept autres détenus, le 22 juin 1942[4]. Il prend part à la Résistance en tant que responsable de la presse clandestine communiste.

Il reprend en 1944 la fonction de rédacteur en chef de L'Humanité et est réélu député de la IVe République. Il intervient en faveur de l'éducation nationale et de la laïcité. En 1948, il est un des représentants du PCF au Comité d'information des partis communistes, le Kominform.

Proche collaborateur de Maurice Thorez, il dirige son secrétariat particulier après 1949[5]. Après la mort du secrétaire général du PCF, il fonde en 1966 l'Institut Maurice-Thorez.

Battu aux élections législatives de novembre 1958, il entre au Sénat en 1959 lors des premières élections sénatoriales de la Ve République et est réélu en 1968. Il fait partie de la commission des affaires culturelles. En 1966, il est nommé membre de la commission de contrôle chargée d'examiner les problèmes d'orientation et de sélection dans le service public de l'enseignement.

Mandats[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • L'évasion. Récits, Éditions Raisons d'être, 1947
  • Proudhon, Éditions de l'Union Française Universitaire
  • Rationalisme et Laïcité, Les Cahiers Rationalistes
  • Le Peuple est souverain, Librairie de la Renaissance Française
  • De l'enthousiasme à la conscience enchaînée. La question scolaire en 1848 et la loi Falloux, Éditions Hier et Aujourd'hui, 1948
  • Hommage à Paul Langevin, texte inclus dans La Pensée et l'Action, les Éditeurs Français Réunis, 1950
  • Réalité de la nation, l'attrape-nigaud du cosmopolitisme, Éditions Sociales, 1950
  • Petit guide sincère de l'Union Soviétique, Éditions Sociales, 1954
  • Laïcité et réforme démocratique de l'enseignement, Éditions Sociales, 1963
  • Le matérialisme gréco-romain, Éditions Sociales, 1964
  • Qu'est-ce que le communisme ?, Éditions Sociales, 1964
  • La lyre d'airain : poésie populaire et démocratique, 1815-1918, Éditions Sociales, 1964
  • Prométhée s'empare du savoir, la Révolution d'Octobre, la culture et l'école, Éditions Sociales, 1967
  • Karl Marx notre contemporain, Éditions Sociales, 1968
  • L'Internationale communiste. Aperçu historique, Éditions Sociales, 1969
  • Présence de Lénine, Éditions Sociales, 1970
  • Maurice Thorez: l'homme, le militant, avec Victor Joannès, Éditions Sociales, 1970
  • Parti pris (2 volumes), Éditions Sociales, 1976
  • Matérialisme et humanisme : Démocrite, Epicure, Lucrèce, Goethe, Marx, Temps des Cerises, 1998

Il a également publié des ouvrages présentant les œuvres de Lucrèce, Heinrich Heine et Antonio Gramsci.

Sources[modifier | modifier le code]

  • « Georges Cogniot », dans le Dictionnaire des parlementaires français (1889-1940), sous la direction de Jean Jolly, PUF, 1960 [détail de l’édition]
  • Georges Cogniot, Parti pris (voir Œuvres), autobiographie en 2 volumes parus aux éditions sociales :
    • volume 1, d'une guerre mondiale à l'autre, 1976
    • volume 2, de la Libération au programme commun, 1978
  • Georges Cogniot, Savoir et connaître, textes et interventions parlementaires (1936-1976), éditions sociales, 1981
  • Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, tome 23, reprise en cédérom du Dictionnaire biographique, mouvement ouvrier, mouvement social, 1940-1968, éditions de l'Atelier.
  • Philippe Robrieux : Histoire intérieure du Parti communiste, Fayard, tome 4.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir son livre autobiographique Parti pris, volume 1, pages 469-471
  2. Georges Cogniot écrit lui-même qu'il se sentait "inutile, incapable d'action"
  3. http://www.senat.fr/senateur/cogniot_georges000058.html
  4. Le doyen Georges Cogniot, l'Humanité du 23 avril 2008 (PDF).
  5. Philippe Robrieux, Histoire intérieure du Parti communiste, volume 4, notice Georges Cogniot, p. 145-149.

Liens externes[modifier | modifier le code]