Cratères lunaires

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Cratère Webb (en), vu depuis Lunar Orbiter 1. De nombreux autres petits cratères peuvent être vus dans et autour du cratère Webb.
Vue de côté du cratère Moltke prise depuis Apollo 11.

Les cratères lunaires désignent les cratères présents sur la Lune. La surface de la Lune présente de nombreux cratères, presque tous formés par impacts[1],[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

En novembre 1609, Galilée construit une lunette astronomique plus puissante et a l'idée de la diriger vers le ciel. C'est probablement le 30 novembre 1609, peu après le coucher du soleil, qu'il la pointe vers l'astre depuis le campanile de la basilique Saint-Marc de Venise. Il écrit à son protecteur, le Grand Duc de Toscane, pour lui faire part de la découverte de cratères, de montagnes et de plaines lunaires : « L'on voit que la lune n'est pas d'une surface égale, lisse et polie comme beaucoup de gens le croient d'elle comme des autres corps célestes[3] ».

Formation[modifier | modifier le code]

Cratères à la surface de la Lune. Le plus brillant a été formé le 17 mars 2013.
Article détaillé : Lune#Formation et évolution.

Différents mécanismes de formation des cratères ont été envisagés[4], bien que la plupart des cratères soient des cratères d'impact[5].

La formation de nouveaux cratères est étudiée par un programme de surveillance de la NASA[6]. Ainsi, le 17 mars 2013, un impact causé par un corps d'environ 40 kilogrammes est repéré dans Mare Imbrium[7].

Selon le Modèle de Nice, élaboré précisément à la suite de l'analyse d'échantillons lunaires, la plupart des cratères actuels de la Lune seraient consécutifs au Grand bombardement tardif survenu plusieurs centaines de millions d'années après la formation du Système Solaire.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Les plus petits sont formés par des micrométéorites et ont des tailles microscopiques[8]. Les plus grands sont souvent accompagnés d'éjectas visibles, fragments de roche solide projetés lors de l'onde explosive de l'impact météoritique.

Les cratères inférieurs à 10 km de diamètre ont typiquement un profil caractéristique en forme de bol. Les plus grands ont un fond généralement plat et développent des structures plus complexes avec un ou plusieurs pitons centraux ou des remparts périphériques découpés en terrasses multiples, engendrées par le phénomène de rebond isostatique et les glissements de terrain[9]. La présence de rides concentriques traduit l'existence de failles au niveau du substratum sous la mer, « failles qui correspondraient à un réajustement isostatique de ce dernier, suite à l'impact et à la compression exercée par le poids des laves[10] ».

Les édifices volcaniques tels qu'on les conçoit sur Terre (cratères volcaniques) sont rares sur la Lune. De faible relief (100 à 200 m, ce qui ne les rend observables qu'en éclairage rasant maximum), ils sont représentés par des cratères sans bords (en) (caldeira telle que le cratère Hyginus (en)) ou plus généralement par des dômes lunaires de 5 à 15 km de diamètre (par exemple les cratères Lansberg D (en) ou Hortensius (en) qui sont des volcan bouclier construits par accumulation de lave visqueuse à partir de l'évent intitial), parfois surmontés de craterlets (petits cratères) de 1 à 2 km de diamètre[11].

La diversité apparente actuelle des cratères lunaires résulte de modifications ultérieures dues à deux processus : l'érosion météoritique (à cause du manque d'eau, d'atmosphère et de tectonique des plaques, cette dégradation est lente et des cratères de plus de trois milliards d'années sont identifiables[12]) et le dépôt (couverture par les éjectas de cratères voisins ou invasion du plancher par des laves basaltiques)[9].

Les cratères peuvent former une chaîne appelée catena.

Localisations des principaux cratères[modifier | modifier le code]

Le marqueur rouge sur ces illustrations localise les principaux cratères sur la face visible de la Lune.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pike, RJ, Size-dependence in the shape of fresh impact craters on the moon, vol. 1, , 489–509 p.
  2. (en) Quaide, W.L. et Oberbeck, V.R., « Thickness determinations of the lunar surface layer from lunar impact craters », Journal of Geophysical Research, American Geophysical Union, vol. 73, no 16,‎ , p. 5247–5270 (DOI 10.1029/JB073i016p05247, Bibcode 1968JGR....73.5247Q).
  3. (en) Catherine Dauvergne, Un moteur de la révolution scientifique, Presses universitaires du Septentrion, , p. 43
  4. « Les cratères de la Lune sont-ils d'origine météoritique? », sur Astrophysics Data System, .
  5. « La surface de la Lune », sur Astronomes.com.
  6. (en) « Lunar Impacts », Marshall Space Flight Center (consulté le 18 mai 2013).
  7. (en) Dr. Tony Phillips, « Bright Explosion on the Moon », sur http://science.nasa.gov/, Nasa Science News, .
  8. (en) Kenneth R. Lang et Charles A. Whitney, Wanderers in Space : Exploration and Discovery in the Solar System, CUP Archive, , 316 p. (ISBN 0521422523, lire en ligne), p. 34.
  9. a et b Patrick Martinez, Astronomie. Le guide de l'observateur, Edition Société d'astronomie populaire, , p. 151
  10. Patrick Martinez, Astronomie. Le guide de l'observateur, Edition Société d'astronomie populaire, , p. 154
  11. Patrick Martinez, Astronomie. Le guide de l'observateur, Edition Société d'astronomie populaire, , p. 155
  12. (en) « Processes of lunar crater degradation: Changes in style with geologic time », sur Springer Link.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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