Henri Wallon (1879-1962)

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Henri Wallon
Portrait de Henri Wallon

Henri Wallon

Biographie
Naissance
à ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Décès (à 83 ans)
à ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité(s) Drapeau de la France Française
Parenté Henri Wallon (grand-père (d))Voir et modifier les données sur Wikidata
Thématique
Formation École normale supérieureVoir et modifier les données sur Wikidata
Profession(s) Psychologue, philosophe, écrivain, personnalité politique et professeurVoir et modifier les données sur Wikidata
Employeur(s) Collège de France (-)Voir et modifier les données sur Wikidata
Auteurs associés
Partisans
(A influencé)
René Zazzo, Philippe Meirieu
Henri Wallon, pour son quatre-vingtième anniversaire, entouré d'Hélène Gratiot-Alphandéry, Irène Lézine, Germaine Bernyer et Lucette Merlette.

Henri Wallon, né le à Paris, où il meurt le , est un psychologue, médecin, et homme politique français. Il est directeur d'études à l'École pratique des hautes études, professeur au Collège de France. Son nom est associé au plan Langevin-Wallon, projet de réforme du système éducatif français (1947).

Biographie[modifier | modifier le code]

Né à Paris le 15 juin 1879[1], sa famille – « républicaine et catholique » – est originaire du Nord. Il est le petit-fils de l'homme politique et historien Henri Wallon, dont la contribution à la création de la Troisième République fut décisive : il fit notamment adopter l'amendement Wallon, qui consacrait l’existence de la République[2]. Henri s'engage politiquement au moment de l'Affaire Dreyfus, aux côtés de son ami d'enfance Henri Piéron, avec qui il a passé l'agrégation de philosophie[3]

Formation et parcours de recherche[modifier | modifier le code]

Élève au Lycée Louis-le-Grand, puis à l'École normale supérieure (1899), agrégé de philosophie (1902), discipline qu'il enseigne au lycée de Bar-le-Duc durant une année, il s'oriente ensuite vers la psychologie et les études de médecine, grâce à une bourse de la Fondation Thiers. Il soutient en 1908 sa thèse de médecine intitulée Délire de persécution : le délire chronique à base d'interprétation[4] à l'hôpital de la Salpêtrière. Il est mobilisé comme médecin durant la Première Guerre mondiale et s'intéresse à la neurologie.

Il débute en psychologie par des consultations dans un centre médico-psychologique (1908-1931). En 1920, il est chargé de cours à la Sorbonne. Il soutient en 1925 sa thèse de doctorat ès lettres intitulée L'enfant turbulent puis est nommé directeur d'études à l'École pratique des hautes études (1927), où il a fondé le laboratoire de psychobiologie de l'enfant en 1922. Il est nommé professeur au Collège de France (1937)[5] et devient professeur honoraire en janvier 1950.

En 1936 H. Wallon préside une commission interministérielle visant à évaluer le nombre d'enfants dits «déficients» ou «retardés» en France et devant mettre au point des méthodes (tests) utilisables pour une telle enquête. L'étude fut annulée faute de crédits, mais elle fut relancée durant la Seconde Guerre mondiale, en 1943 sous la direction du Dr Mande[6], à l'initiative de deux anciens membres de la commission Henri Decugis et le Dr Georges Heuyer.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, H. Wallon est interdit d'enseignement par le Gouvernement de Vichy et rejoint la Résistance, sous le pseudonyme « Hubert »[7]. Ses deux carrières politiques et de chercheur scientifique se rejoignent en 1944, lorsqu'il est nommé membre de la commission de réforme de l'enseignement qui élabore le plan Langevin-Wallon, d'abord comme vice-président, puis comme président à la mort de Paul Langevin.

Article détaillé : plan Langevin-Wallon.

Il crée en 1948 la revue Enfance. Il est président du Groupe français d'éducation nouvelle de 1946 à son décès en 1962.

Engagement politique[modifier | modifier le code]

Positions théoriques[modifier | modifier le code]

Le développement de l’enfant selon Wallon est une succession alternative de stades centripètes et centrifuges. Lors des stades centripètes, l’enfant se centre sur lui-même, sur la construction de sa personnalité, de son identité. Lors des stades centrifuges, l’enfant se centre sur la connaissance du monde extérieur. [réf. souhaitée] Ces deux points de vue (centripètes et centrifuges) s’intègrent dans la personnalité. Alternativement, l’enfant se centre soit sur lui-même soit sur l’extérieur, c’est-à-dire que ce qui prévalait à un stade passe au second plan au stade suivant. Toutefois ces alternances sont ambivalentes, dans la mesure où, lors de chaque stade, l’enfant oscille également entre des comportements centrifuges et des comportements centripètes. Par exemple, au stade catégoriel, l’enfant peut se poser la question de savoir quel sera son avenir, mais ses préoccupations principales seront d’accroître ses connaissances et de découvrir le monde. C’est la centration dominante qui donne le stade général (centripète ou centrifuge).

En voici les principales étapes :

  1. Le stade impulsif (de 0 à trois mois). Ce qui domine dans la vie infantile, ce sont les sensations internes (introceptives) et les facteurs affectifs entretenus avec l'entourage. Sur le plan moteur, cette période est caractérisée par la faible maîtrise motrice et donc un désordre gestuel. C'est la qualité des réponses de l'entourage du nourrisson qui vont lui permettre de passer du désordre gestuel à des émotions différenciées.
  2. Le stade émotionnel (de 3 mois à 1 an). Émergence d'un commencement de reconnaissance de soi au travers du regard des autres. Apparition de quatre émotions : la joie, le chagrin, la colère et la douleur.
  3. Le stade sensori-moteur et projectif (de 1 à 3 ans). Ce qui prédomine alors pour l'enfant, c'est l'influence du monde extérieur. L'intégration de cette influence externe va favoriser l'éveil de deux types d'intelligence : l'une pratique, par la manipulation des objets et du corps propre, l'autre « discursive », par l'imitation et l'appropriation du langage.
  4. Le stade du personnalisme (3 à 6 ans) est caractérisé par une prédominance, à nouveau, des fonctions affectives sur l'intelligence. Vers 3 ans l'enfant tend à s'opposer à l'adulte dans une sorte de crise négativiste, mais cette attitude est bientôt suivie d'une période d'imitation motrice et sociale. L'enfant exprime ainsi l'ambivalence qui le lie au modèle prestigieux que représente pour lui l'adulte.
  5. Le stade catégoriel (6 à 11 ans). Ici, ce sont les facultés intellectuelles qui semblent prendre le pas sur l'affectif. Pendant sa scolarité, l'enfant acquiert des capacités de mémoire volontaire et d'attention. Son intelligence accède à la formation des catégories mentales qui conduisent aux capacités d'abstraction.
  6. Le stade de l'adolescence commence après 11 ans et se caractérise par une primauté des préoccupations affectives.

En insistant sur la discontinuité et la notion de crise qui sous-tend cette discontinuité, Henri Wallon se montrait fidèle aux thèses hégéliennes de la dialectique. Il se distingue en cela de Jean Piaget, qui valorise plutôt, dans sa propre description des stades du développement infantile, les interactions au détriment des ruptures. Émile Jalley remarque par ailleurs qu'Henri Wallon a été en interactions avec la psychanalyse : selon cet auteur, Wallon a repris certaines observations ou concepts de Sigmund Freud dans ses développements théoriques[Lesquels ?]. Une observation faite par Wallon, publiée en 1931 sous l'intitulé « Comment se développe chez l'enfant la notion de corps propre »[8], a inspiré le concept de « stade du miroir », que le psychanalyste Jacques Lacan a ensuite particulièrement développé[9].

S'intéressant à la théorie psychosociale du développement de la personnalité (constructiviste), Henri Wallon affirme que « l'objet de la psychologie est de faire connaitre l'identité de l'homme sous différents aspects », on ne peut pas étudier l'homme en dehors de son milieu, il faut donc étudier les relations avec son milieu naturel et social. Dès la naissance, on est dépendant des autres ce qui amène à la communication et l'interaction sociale : « l'émotion fait le lien entre le biologique et le social », on ne devient pas un être social mais on est un être social[réf. souhaitée].

Quatre notions pour passer du biologique au psychique :

  1. l'émotion = interprétation du bébé des gestes de l'entourage
  2. la motricité = le mouvement, c'est l'émotion extériorisée.
  3. l'imitation = intelligence des situations.
  4. le socius = conscience de l'autre. [réf. souhaitée]

Œuvres[modifier | modifier le code]

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Archives personnelles[modifier | modifier le code]

  • Les papiers personnels d'Henri Wallon sont conservés aux Archives nationales sous la cote 360AP[10]
  • (Article) Thérèse Charmasson, Stéphanie Méchine & Françoise Parot, « Les archives d’Henri Wallon », Revue d'histoire des sciences humaines, 2001/2, no 5, p. 117-142 [lire en ligne].

Ouvrages et articles[modifier | modifier le code]

  • Délire de persécution. Le délire chronique à base d'interprétation, thèse doctorale de médecine, Baillière, Paris, 1909
  • « La Conscience et la vie subconsciente » in G. Dumas, Nouveau traité de psychologie, PUF, Paris (1920-1921)
  • L'Enfant turbulent, thèse de doctorat ès lettres, Alcan, Paris, 1925, rééd. PUF-Quadrige, Paris, 1984 (ISBN 2130384501)
  • Les Origines du caractère chez l'enfant. Les préludes du sentiment de personnalité, Boisvin, Paris, 1934, rééd. PUF-Quadrige, Paris, 2002 (ISBN 2130528171)
  • La Vie mentale, Éditions sociales, Paris, 1938, rééd. 1982
  • L'Évolution psychologique de l'enfant, A. Colin, Paris, 1941, rééd. 2002, Ed.: Armand Colin, 1941, rééd. 2002 (ISBN 2200263031)
  • De l'acte à la pensée, Flammarion, Paris, 1942, rééd. 1970
  • Les Origines de la pensée chez l'enfant, PUF, Paris, 1945, rééd. 1963
  • Principes de psychologie appliquée, Armand Colin, Paris, 1938
  • Niveaux de fluctuation du moi [1956], L'Évolution psychiatrique, p. 607-617 , octobre décembre 2007, (ISSN 0014-3855)
  • présentés par Emile Jallay et Liliane Maury, ''Écrits de 1926 à 1961 - Psychologie et dialectique'', Messidor, 1990

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • « Hommage à Henri WALLON », L'Évolution psychiatrique, Centre d'éditions psychiatriques, t. XXVII, no I,‎
  • « In Memoriam : Henri Wallon (1879-1962) », Revue Française de Sociologie, vol. 4, no 1,‎ , p. 11
  • Lecture d'Henri Wallon, choix de textes. intr. d'H. Gratiot Alphandéry, Éditions sociales, 1976, (ISBN 2209052068)
  • René Zazzo, Psychologie et marxisme ; la vie et l’œuvre d’Henri Wallon. Paris, Denoël Gonthier, 1975.
  • Émile Jalley, Wallon lecteur de Sigmund Freud et Jean Piaget. Trois études suivies des textes de Wallon sur la psychanalyse, Éditions La Dispute, coll. «Terrains», 1981, (ISBN 2209054060)
  • Émile Jalley, Wallon : La vie mentale, Éditions sociales, Paris, 1982
  • Émile Jalley, Freud, Wallon, Lacan. L'Enfant au miroir, Éditions EPEL, Paris, 1998
  • Émile Jalley, « Wallon Henri - (1879-1962) », Encyclopædia Universalis, [lire en ligne]
  • Emile Jalley, « Wallon : un regard épistémologique», Les cahiers psychologie politique, no 10, janvier 2007, [lire en ligne]
  • Serge Nicolas, « Henri Wallon (1879-1962) au Collège de France », Bulletin de psychologie, 2003, vol. 56, no 463, 105-119.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Archives numérisées de l'état civil de Paris, acte de naissance no 5/1879/1615, date et lieu du décès mentionnés en marge de l’acte (consulté le 5 janvier 2013)
  2. Thérèse Charmasson, Stéphanie Méchine & Françoise Parot, « Les archives d’Henri Wallon », cf. bibliographie.
  3. Thérèse Charmasson, Stéphanie Méchine & Françoise Parot, « Les archives d’Henri Wallon »
  4. Thèse en médecine (1909), notice Sudoc.
  5. Décret du 14 février 1937, archives du Collège de France.
  6. R. Mande, À propos d'une enquête pour le recensement des enfants anormaux ; Cahiers de la Fondation française pour l'étude des problèmes humains, no 4, Novembre 1945, p. 83-95. Librairie de Médicis, Paris.
  7. Notice de la BNF.
  8. Enfance, 1963, no 1-2, p. 121-150.
  9. Marie-Christine Laznik, , « Stade du miroir », p. 1627-1628, in Alain de Mijolla (dir.), Dictionnaire international de la psychanalyse 2. M/Z. Calmann-Lévy, 2002, (ISBN 2-7021-2530-1).
  10. Liste de documents conservés dans le fonds Henri Wallon (déplier pour accéder au contenu du carton).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]