117e régiment d'infanterie

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

117e Régiment d'Infanterie
Image illustrative de l’article 117e régiment d'infanterie
Insigne régimentaire du 117e Régiment d'Infanterie

Création 2 avril 1794
Dissolution
Pays Drapeau de la France France
Branche Armée de terre
Type Régiment d'infanterie
Rôle Infanterie
Garnison Le Mans
Ancienne dénomination 117e demi-brigade d'infanterie de ligne
Devise En avant, toujours en avant
Inscriptions
sur l’emblème
Tudela 1808
Saragosse 1809
Lérida 1810
Tarragone 1811
Verdun 1916
Les Monts 1917
La Marne 1918
Mézières 1918
AFN 1952-1962
Anniversaire Saint-Maurice
Guerres guerres napoléoniennes
guerre de 1870
Première Guerre mondiale
Bataille de France
Guerre d'Algérie
Fourragères Aux couleurs du ruban de la Croix de guerre 1914-1918
Décorations Croix de guerre 1914-1918
deux palmes
une étoile de vermeil
1939-1940
une citation à l'ordre de l'armée.
Commandant historique colonel Yan de Lanlay

Le 117e régiment d'infanterie (117e RI) est un régiment d'infanterie de l'Armée de terre française créé sous la Révolution à partir de la 117e demi-brigade de première formation.

Historique des dénominations[modifier | modifier le code]

Colonels/chefs-de-corps[modifier | modifier le code]

Il y eut 53 chefs de corps dans l'histoire du régiment[2]:

  • -  : Chef de brigade Daurier
  •  : Major Taille
  •  : colonel Louis Benoît Robert
  • -2e semestre 1814 : Colonel Mathis
  •  : Lieutenant-colonel Montaru
  • -  : Lieutenant-colonel Galland
  • - colonel de Waldner de Freundstein
  • 1877 - colonel Frandin de Liniéres
  • 1880 - colonel Arnoux
  • 1880 - colonel Hugot
  • 1884 - colonel Voutey
  • 1887 - colonel Jollivet
  • 1889 - colonel Varloud
  • 1890 - colonel Chaumont
  • 1895 - colonel Terrillon
  • 1895 - colonel boutan
  • 1903 - colonel Barbes
  • 1909 - colonel Chenot
  • 1913 - colonel Jullien
  • - Lieutenant-colonel du Paty de Clam
  • }
  • - Lieutenant-colonel Bizard
  • - colonel Pageot
  • - Lieutenant-colonel Verignon
  • }
  • - Lieutenant-colonel Guitton
  • - Lieutenant-colonel Bernard
  • - colonel Passerieux
  • - colonel Lagarde
  • - colonel Beringer
  • - colonel Reboulleau
  • - colonel Dutreux
  • - colonel Boutignon
  • - colonel Haga
  • 1938 - colonel Boyer
  • - colonel Chalon
  • - commandant Cordonnier
  • - Lieutenant-colonel Geromini
  • - Lieutenant-colonel Lemaigre
  • - Lieutenant-colonel Saut
  • - colonel Pechaudra
  • - colonel Pin
  • - colonel de Froment
  • - colonel Faig
  • - Lieutenant-colonel Desbiens
  • - Chef de bataillon Berthaud (117e B.I)
  • - Lieutenant-colonel Coudurier
  • - - colonel de Badts de Cugnac
  • - colonel Bahezre de Lanlay *Yan de Lanlay
  • 1970 - Lieutenant-colonel Petit
  • 1975 - colonel de Quatrebarbes
  • 1979 - - Lieutenant-colonel Daunay
  • - - colonel Degan
  • - - colonel de Montesson
  • - - Lieutenant-colonel Loridan

Historique des garnisons, combats et batailles[modifier | modifier le code]

Garnisons[modifier | modifier le code]

Le régiment fut implanté dans différentes villes au fil de son existence :

Uniforme de l'armée du roi en vertu du décret de 1734.

Guerres de la Révolution et de l'Empire[modifier | modifier le code]

Conformément aux lois du , du et au décret de la Convention du 17 nivôse an II (), on s'occupait de l'embrigadement des troupes de ligne avec les bataillons de volontaires.

La 117e demi-brigade, celle qui venait de faire les campagnes de 1794 à 1796, fut, lors du second amalgame, incorporée dans la 75e demi-brigade de deuxième formation.
Ainsi le no 117 est dissous et reste vacant.

 : Création du 117e régiment d'infanterie de ligne à Haro en Espagne avec les 9e et 10e régiments provisoires de l'armée d'Espagne.

Le , le 117e régiment d'infanterie de ligne est licencié, et conformément à l'article 5 de l'ordonnance du 12 mai 1814 :

Le régiment est licencié à la Seconde Restauration.

Son numéro reste vacant jusqu'en 1872

De 1872 à 1914[modifier | modifier le code]

Le le 117e régiment d'infanterie de ligne est créé à partir du 17e régiment provisoire d'infanterie qui avait été constitué en 1871.

En1881 : Campagne de Tunisie

Le le 2e bataillon sera présent en Algérie, il s'installera au camp de l'Isly qu'il quittera en 1884.

Le les autres bataillons et le P.C. du régiment seront présents au Mans où le régiment s'établira, de façon stable, en 1900.

A la fin 1899, le 117e qui permutait régulièrement avec le 104e en sa garnison du Mans est définitivement attaché à la Sarthe avec un bataillon détaché à la Flèche.

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

insigne de béret d'infanterie
Liste des affectations au régiment[2] 
Colonel Henri P. Julien commandant le 117e R.I
1er bataillon (I/117) 
capitaine Treillard
1re compagnie 
capitaine Collin
  • 1re section : s-lt Lemarchand
  • 2e section : adj Laffargue
  • 3e section : adj Tusseau
  • 4e section : serg Terouanne
2e compagnie 
capitaine Mourgeon
  • 1re section : lt Marchesseau
  • 2e section : s-lt de Genser
  • 3e section : adj-chef Gaudineau
  • 4e section : adj Croyaux
3e compagnie 
capitaine de La Gasnerie
  • 1re section : lt Civrays
  • 2e section : lt Dumée
  • 3e section : adj-chef Guerin
  • 4e section : adj Laforest
4e compagnie 
capitaine Guillo-Lohan
  • 1re section : s-lt Eisenman
  • 2e section : s-lt Laube
  • 3e section : adj-chef Graby
  • 4e section : adj Albaret
1re section de mitrailleuse 
lt d'Aboville
2e bataillon (II/117) 
commandant Mercadier
5e compagnie 
capitaine Hebert
  • 1re section : lt Durand
  • 2e section : lt Briére
  • 3e section : ?
  • 4e section : ?
6e compagnie 
capitaine Diringer
  • 1re section : lt du Genouillac
  • 2e section : s-lt Cauviére
  • 3e section : ?
  • 4e section : ?
7e compagnie 
capitaine G.H. Avice*

(*tué à Andechy le comme chef de bataillon)

  • 1re section : lt Le Saos
  • 2e section : lt Robillard
  • 3e section : ?
  • 4e section : ?
8e compagnie 
capitaine Morel
  • 1re section : s-lt Pelissier
  • 2e section : s-lt Conscience
  • 3e section : s-lt Larmignat
  • 4e section : ?
2e section de mitrailleuses 
lt de Marcieu
3e bataillon (III/117) 
commandant Blanc
9e compagnie 
capitaine Riondel
  • 1re section : s-lt Lebreton
  • 2e section : s-lt Paquet
  • 3e section : ?
  • 4e section : ?
10e compagnie 
capitaine Hugot
  • 1re section : lt Ruellan
  • 2e section : s-lt Fournier
  • 3e section : ?
  • 4e section : ?
11e compagnie 
capitaine Roy
  • 1re section : s-lt Moquais
  • 2e section : s-lt Chalaux
  • 3e section : ?
  • 4e section : ?
12e compagnie 
capitaine Nivlet
  • 1re section : lt Leblanc
  • 2e section : ?
  • 3e section : ?
  • 4e section : ?
3e section de mitrailleuses 
lt Monnier

1914[modifier | modifier le code]

Virton, Harnoncourt, Lamorteau (Belgique), Dun, Montigny-devant-Sassey, la Première bataille de la Marne, de la Marne à la Somme Carlepont, Le Quesnoy en Santerre (La Marne), Carnoy et Montauban de Picardie (La Somme).

  • Le 117e RI et le 115e, formaient la 16e brigade. La 16e brigade et la 15e brigade (124e R.I, 130eR.I) formaient la 8e division d'infanterie (8e DI). La 8e DI et la 7e formaient le 4e corps d'armée (4e CA) de la IIIe armée.
  • Le 117e RI a connu le baptême du feu le à Houdrigny (Belgique) près de Virton. Le petit cimetière militaire d'Houdrigny mérite une visite.
  • la veille du combat d'Houdrigny, le , le 117e RI devait cantonner à proximité de Vittarville (où se trouvait le 124e R.I) et de Delut le (115e R.I). La 8e DI se mit en marche, et en fin d'après-midi le 117e RI atteignit Virton et Saint-Mard.

Du au de violents combats opposent le 4e Corps d’Armée Française aux troupes allemandes. Parmi les régiments français, les 115e, 117e, 317e et 315e régiments d’infanterie, composés de Sarthois, venus soit de Mamers (115e et 315e - réserve -) et du Mans (117e et 317e). Du Mans, ils vont à Virton en Belgique où le , ils reçoivent le baptême du feu. Puis c'est la retraite vers Dun-sur-Meuse (combats de la ferme Jupille et de Doulcon). Pour le 117e RI, ce sont les combats de Montigny Sainte-Félicité le , de Carlepont les 16, 17 et , de Caisne, Gutz, Hesdin, Roye, Liancourt, Etlon Fonchette, Goyencourt et La Cambuse. Après une attaque infructueuse sur Andechy, la zone de combat atteint Quesnoy-en-Santerre. Le 29, l’ordre est donné par le colonel Jullien d’enlever d’assaut Quesnoy-en-Santerre. Les 117e et 317e d’infanterie, ainsi que des éléments du 315e, s'attellent à la tâche, mais devant l'étendue des pertes, ne peuvent que s'arrêter à la route d'Amiens. Ce n'est que le surlendemain qu'ils prendront le village, à la baïonnette, après des corps à corps effroyables, obtenant, par son héroïsme, un ordre du colonel Jullien : "Merci à tous, du plus profond du cœur. Une fois de plus le 117e a justifié sa devise : En avant, toujours en avant !"

  • Témoignages[3].

Le sergent Georges Lebourdais de la 12e compagnie du 117e RI

« Le 21 au soir, nous sommes arrivés à Virton et nous avons été accueillis avec enthousiasme par la population. Nous avons cantonné “au séminaire” dans des lits. C'était bon après des cantonnements dans la paille ! Les habitants nous ont signalé que les Allemands étaient sur les crêtes, qu'ils avaient repéré le terrain les jours avant, qu'ils venaient au ravitaillement dans la ville. Le 22 au matin, rassemblement sur la place les habitants nous apportent des vivres, pain, beurre, café. »

Le soldat Auguste Hervé de la 10e cie du 117e RI

« J'ai été blessé vers 2h de l'après-midi. Nous avions mis baïonnette au canon. Je suis tombé nez à nez avec un Allemand aussi surpris que moi. Il se sauve et se plaque au sol. Des mitrailleuses tirent. Je reçois une balle dans la cuisse. Un soldat m'a apporté à boire durant la nuit. Le dimanche matin, j'ai vu 3 ou 4 uhlans venant d'Houdrigny et se dirigeant vers Virton. J'avais toujours mon Lebel à côté de moi et l'idée m'est venue de tirer… Plus tard, j'ai vu des charrettes et des hommes qui chargeaient les blessés et les morts. J'ai fait signe. Deux civils m'ont renversé sur un brancard et ils m'ont porté jusqu'à Houdrigny… »

1915[modifier | modifier le code]

Champagne Perthes les Hurlus, Souain, La Main de Massiges.

1916[modifier | modifier le code]

Verdun ( au ). En Champagne ( au ), la butte du Mesnil.

1917[modifier | modifier le code]

En Champagne le - les Monts, Casque, Mont Cornillet, Saillant Vidalet… Le régiment quitte ces positions le .

1918[modifier | modifier le code]

le la Seconde bataille de la Marne, entre Épernay et Château Thierry le village de Tincourt (ces combats vaudront au régiment d'être cité à l'ordre de l'armée), de la Champagne à la frontière, Mézières, Charleville ainsi que les faubourgs nord sur la rive de la Meuse.

Le à Charleville, le général Guillaumat, commandant la Ve armée, remet la croix de guerre 1914-1918 au drapeau du 117e. Par la décision en date du du Maréchal Pétain, commandant en chef des armées de l'est cite le régiment à l'ordre de l'armée, le droit au port de la fourragère aux couleurs du ruban de la Croix de guerre 1914-1918 lui est en outre accordé par ordre no 139 F.

Entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

Le , le régiment commandé par le Colonel Lagarde quitte Le Mans dans la soirée pour rejoindre sa zone d'occupation dans la Ruhr. il débarque le 19 à Recklinghausen à 20 km au nord-ouest de Dortmund où il est chargé de la garde de divers postes dans le cadre des missions de la 47eDivision. De 1925 à 1928 le régiment comprend au Mans, caserne Chanzy, l'état-major, la C.H.R., les 1er et 2e Bataillons. À Mamers, le 3e Bataillon (caserne Gaulois).

Le , le régiment compte : 58 officiers, 210 sous-officiers, 1 395 caporaux et soldats, 1 603 hommes au total.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Bataille de France.

La mobilisation générale intervient le . Le dans les Ardennes, le au dans l'Aisne, le au sud-ouest de Mézières en position de défensive. La 13e compagnie de pionniers est à Villiers-le-Tourneur avec le 1er bataillon. Les 1er et 3e bataillons seront détachés ultérieurement. Le en Lorraine et dans la Sarre, en Haute-Alsace le , dans la Somme le .

Théophile Marie Brébant, commandant le deuxième bataillon en 1939.

À la veille de la ruée massive des divisions de Panzer, le 117e RI occupait les positions suivantes au sud-sud-ouest de Péronne.

Dans la nuit du 4 et , l'artillerie allemande pilonne les positions françaises. L'attaque des blindés allemands débute à l'aube du  ; le 117e qui ne bénéficie de la protection d'aucun obstacle antichar naturel supporte presque tout le poids de l'attaque blindée axée sur Belloy, Estrées-Deniécourt, Berny-en-Santerre, Pressoir et Chaulnes.

Dès h 30, après un redoublement des tirs de l'artillerie, le 117e voit arriver sur lui les vagues d'assaut de trois divisions blindées dont une de réserve. Les chars bombardent, mitraillent puis dépassent nos fantassins qui voient apparaître les motocyclistes, puis les éléments portés débarquant au plus près. Entre deux vagues de chars, les Stukas lancent leurs bombes en piqué. Les points d'appui et les centres de résistance sont neutralisés un à un après la destruction des lisières des villages par obus incendiaires. Obligées d'abandonner leurs emplacements en flammes, épuisées, encerclées, mitraillées, manquant de vivres depuis plusieurs jours, les unités du 117e se rendront, à court de munitions: certaines ne pourront résister qu'une demi-heure, la majorité tiendra jusqu'à la fin de la journée, le reste capitulera le à l'aube. L'âpreté de la résistance opposée par le 117e vaut aux survivants emmenés en captivité l'hommage des Allemands : « Vos hommes ont combattu magnifiquement. »

Le 117e RI la 13e compagnie de pionniers et le 21e Bataillon d'instruction sont dissous à Saint-Yriex (Creuse) le .

« septembre 1939, déclaration de guerre, notre division la 19e dont mon régiment le 117e RI débarque à Rethel, cantonne à Hirson jusqu'au . Dirigé ensuite en Lorraine : Sarreguemines, Sarrebruck, un froid de moins 25 degrés nous oblige de scier la tambouille, le vin de glace, mission terminée le . Le , nous partons pour l'Alsace moins 23 degrés, 75 km à pied en 24 heures, le 117e RI s'installe à Ensisheim, Roggenhouse, Munchhouse. Un secteur important dont le terme est Mulhouse, confié à la 19e D.I. coups de main, corps franc de nuit chez l'ennemi. Ordre est donné d'abandonner la mission défensive sur le Rhin. Le au petit jour, notre division d'élite se porte sur la Somme. Renfort du 22e régiment de Marche de Volontaires Étrangers, sur notre aile droite sous le regard admiratif de son colonel qui s'exclame, « Regarder voir ces Bretons… Ces Normands quelle unité », l'Allemand recule de plusieurs kilomètres, nos ailes très accrochées n'ont pas suivi ayant atteint la route d'Amiens ordre est donné de stopper sous peine d'encerclement. Le une violente contre-attaque allemande sur le 2e bataillon tue en quelques instants près de cent cinquante de nos camarades dont notre lieutenant promu depuis peu capitaine. Gamelin généralissime est destitué en faveur du général Weygand espéré comme génial stratège. Ayant suivi le déroulement des opérations ordre est donné par lui, ne plus reculer, mourir sur place, afin qu'il lui soit possible de rattraper la situation. Depuis fin mai, les combats se font plus nombreux et violents soulevés du sol par les chutes d'obus, nous ne savons plus discerner s'ils sont français ou allemands. Le carnage trouve crescendo jour après jour ; le haut commandement allemand conscient de la valeur de ces unités françaises, met en place 190 divisions sur la Somme. Début juin, le ravitaillement en nourriture et armes se trouve anéanti, bien souvent par l'aviation ennemie, envoie au sol les rares chasseurs nous survolant. Ayant acquis la certitude que nous allons mourir, toute utilité des transmissions sont vaines. Quittant notre spécialité, chacun devient un combattant forcené, n'ayant pour objet faire mal à ceux d'en face. Les canons anti-char ne suffisent plus devant l'assaut des chars allemands (canons de l'artillerie fait avec nos 75 mm) une destruction incroyable chez les assaillants. Chaque tir détruit un matériel ennemi. Le , un camarade ayant perdu l'usage d'une jambe, va se faire broyer par une vague de chars. L'adjudant Sacleux, du 117e fonce à son secours, stupeur, les chars allemands stoppent laissant cet acte héroïque s'accomplir. Ils reviennent parmi nous, le blessé est mort pendant ce transfert. En ce jour, apocalyptique la densité des bombardements terrestres et aériens, marquent ciel et soleil, nous sommes imprégnés d'une tenace odeur de poudre. Ce soir…, une nuit claire de juin, laisse apparaître sur le sol de petites tertres, ce sont les survivants, qui iront au bout de l'impossible, ayant pour voisin un camarade abattu. Forte de l'extermination de nos unités, la plus forte armée mondiale en ce début de conquête. Nombre d'hommes soutenus par l'utopie, la propagande des chefs prestigieux, dotée d'une puissance en matériel inégalée guette le lever du jour, afin de porter l'estocade définitive. Peut-être quatre heures du matin, des rafales dissuasives, chars, mitrailleuses braquées sur nous. La poignée de survivants que nous sommes, plus les blessés, levons les bras afin de nous rendre. Pierre Daure un garçon ayant voulu résister jusqu'à la fin reçoit une balle entre les yeux. Désarmés, nous marchons parmi cette horde insensible, vers l'arrière front allemand. Rassemblés dans un champ, un colonel nous indique, les corps alignés, ceux que nous avons tués, dans un français impeccable, explique les pertes infligées, à son armée, nous dit que notre héroïsme, le fait nous considérer, division de fer, les honneurs nous sont rendus, au triste bilan du 117e 1 200 morts, un très grand nombre de blessés et prisonniers. La division a perdu en cet affrontement près de 8 000 soldats et officiers. L'âge était entre vingt deux ans et trente cinq ans, moi j'avais vingt quatre ans. Je ne sais pas en ces instants que cinq années de captivité sont à vivre (Stalag VIII C[5]), que d'autres risques restent à venir ! »

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

 : après reddition faute de munitions, le régiment est dissous à Saint-Yrieix dans la Creuse.

Après cinq années de guerre, création du 3e bataillon à Poitiers le avec des éléments du régiment F.F.I. Bir-Hakeim début à Angoulême et qui ont combattu les Allemands au nord de la poche de Rochefort en . Entretemps, ces éléments avaient provisoirement pris la dénomination de 1er bataillon du 107e R.I. le , puis celle du 3e bataillon du 80e R.I. le . Stationné à Saintes puis à la Rochelle et aux environs, le 3e bataillon du 117e RI part le pour Vincennes où il est dissous le .

Depuis 1945[modifier | modifier le code]

Reconstitué le , il part dès le en Algérie ; il y restera près de sept ans. Il appartient au 23e corps d'armée, 20e division d'infanterie.

Au cessez-le-feu du en Algérie, le 117e RI constitue, comme 91 autres régiments, les 114 unités de la Force locale. Le 117e RI forme une unité de la Force locale de l'ordre algérienne, la 462e UFL-UFO, composé de 10 % de militaires métropolitains et de 90 % de militaires musulmans, qui pendant la période transitoire devaient être au service de l'exécutif provisoire algérien, jusqu'à l'indépendance de l'Algérie (Accords d'Évi an du ).

 : 6e dissolution du 117e dont les 1er et 2e bataillon sont intégrés au 41e R.I. au camp de la Lande d'Ouée et le 3e constituent une partie du 126e R.I. de Brive-la-Gaillarde.

Créé le par simple changement de dénomination du 2e bataillon du 41e R.I émanant lui-même du II/117e le .

Le 117e B.I devient le 117e régiment d'infanterie le et stationné au quartier Mac-Mahon de Rennes (P.C et C.C.S), et au camp de la Lande d'Ouée (1er et 2e compagnies. Groupement d'instruction).
 : dissolution la majeure partie de ses cadres et de ses unités serviront à la constitution du 41e RI d'un type nouveau.

Recréé en 1970 au Mans il devient régiment de réserve des forces du territoire il fait partie depuis cette date des unités mobilisables.

  • Mis sur pied jusqu'en 1978 par le C.M 117 (caserne chanzy) le Mans.
  • Le le régiment entre dans la composition de la 109e division d'infanterie : division dérivée par la 9e division d'infanterie de marine.
  • Le 117e est composé à 85 % de réservistes, est, depuis 1979, basé au sein du 2e R.I.Ma corps dérivant. À la caserne Chanzy depuis 1980, il sera implanté au camp d'Auvours au courant de l'année 1990.
  • En 1986, la 109e DI est restructurée en 109e brigade de zone.
  • En 1992 dans le cadre du plan « Armée 2000 » en 109e brigade régionale de défense.
  •  : au quartier Foch de Rennes, le chef de corps du 117e le lieutenant-colonel Loridan remet le drapeau au général commandant la 109e brigade régionale de défense.
  •  : 8e dissolution officielle du 117e Régiment d'Infanterie.

Les anciens du 1er bataillon en Algérie.

Le samedi rassemblement au Mans des appelés et rappelés du 1/117e R.I qui sont partis de la caserne Chanzy le .
Cérémonie religieuse en l'église Saint-Pavin puis un dépôt de gerbes parc Théodore Monod (ancienne caserne Chanzy). Voir photos ci-dessous.

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Inscriptions portées sur le drapeau du régiment[modifier | modifier le code]

Les noms de huit batailles s'inscrivent en lettres d'or sur le drapeau, ainsi que l'inscription A.F.N[6],[7]

Fourragère aux couleurs de la Croix de guerre 1914-1918


117e régiment d'infanterie de ligne - drapeau.svg

Décorations[modifier | modifier le code]

Le il reçoit la fourragère aux couleurs du ruban de la Croix de guerre 1914-1918. (par ordre no 139 F Maréchal Pétain)

Sa cravate est décorée de la Croix de guerre 1914-1918.

  • Une citation à l'ordre du corps d'armée () (étoile de vermeil)
  • Une citation à l'ordre de l'armée () (palme)
  • Une citation à l'ordre de l'armée () (palme)

Citations obtenues par les unités du régiments :

  • Citation à l'ordre de l'armée pour la 2e compagnie ()
  • Citation à l'ordre de l'armée pour la 3e section de la 1re compagnie ()
  • Citation à l'ordre de l'armée pour la 6e compagnie (ordre général de la 4e armée)
  • 1939-1940 une citation à l'ordre de l'armée.

Devise[modifier | modifier le code]

La devise du régiment est « En avant, toujours en avant ! ».


Insigne[modifier | modifier le code]

L'insigne du régiment est un écu ovale d'azur rayonnant à un aigle au vol abaissé de sable, posé sur une terrasse du même et chargé d'un écusson de pourpre au lion d'or. En bordure de cet écu se trouvent les inscriptions « 117e R.I. » et « en avant toujours en avant ».


Personnalités[modifier | modifier le code]

Poème du régiment[modifier | modifier le code]

Poème du régiment[4]

Ayant servi l'Empire

Sous l'aigle de l'empereur

Illustrant ses drapeaux

La gloire de ses victoires

Austerlitz et Iéna

Puis bien d'autres encore

Lauriers dont la devise

Inscrite en lettres d'or

En avant toujours en avant

Aiglons sans le savoir

En brumaire trente sept

Plus grognons que grognards

Notre tissu civil

Cuirassait nos défenses

Au rougeoiement du feu

Le fer devient docile

Toucher le bon endroit

Cette tendre recrue

En inculquer l'honneur

Servant mère patrie

Que tous réapprenons

En devenant soldat.

Fait d'armes du régiment[modifier | modifier le code]

Lors de la campagne d'Espagne déclenchée par l'empereur en 1808 que le 117e, l'un des huit régiments napoléoniens engagés sur ce front, écrira les premiers pages de sa longue histoire. Le , en rentrant les premiers dans Saragosse face à des espagnols déchaînés que le 117e « gagnera » les fameux sigles que Napoléon Ier décernait à ses régiments d'élites.

Caserne du Mans[modifier | modifier le code]

La caserne Chanzy fut bâtie entre 1875 et 1878. Comme elle était implantée à la périphérie de la ville, des travaux furent entrepris dans l’année 1890 pour la relier au centre-ville. La rue Gambetta fut prolongée entre la place Saint-Pavin et la place semi-circulaire aménagée devant l'entrée de la caserne. De chaque côté de la grille d'entrée s'élevaient deux pavillons abritant la salle de garde et divers services. Trois corps de bâtiments enserraient la cour d'honneur. Abandonnée au courant de l'année 1990, un concours d'architecte fut lancé en 1999. La maîtrise d'ouvrage fut assurée par le Mans Métropole, la caserne fut démolie, hormis l'un des grands bâtiments qui a été réhabilité il accueille désormais des logements et une crèche. Puis les deux pavillons d'entrée ont été transformés en toilettes, bureaux (gardien) et salle d'exposition. À l'extérieur sur le mur de l'un des pavillons, en entrant dans le parc à droite se trouve actuellement les plaques commémoratives du 117e RI, de la Grande Guerre 1914-1918 de la Seconde Guerre mondiale 1939-1945 puis de la Guerre d'Algérie 1952-1962. Des paysagistes ont remodelé le site en un magnifique jardin public ouvert sur 2,1 hectares puis de 4 500 m2 de pelouse, quatre bassins d'eau et jets d'eau, il fut réalisé en 2001, sous le nom du Parc Théodore Monod, Il fut ouvert en avril 2002[8].Il est envisagé de mettre une plaque explicative sur l'existence du 117e RI sur ces lieux à l’entrée du parc.

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Recherche :par le commandant Pocard Michel ancien du 117e RI, président de l'amicale du même régiment au (Mans). (Revue de l'organe de l'amicale des 115e, 315e, 117e, 317e, 271e RI fondée en 1915, dans les tranchées par le sergent R.Clain, du 115e, au secteur des marquis).
  • (La vie Militaire dans la sarthe 1900-1920 (André Ligné, éditions Alan Sutton 8, rue du Docteur Ramon 37540 Saint-Cyr-Sur-Loire).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. vexil.prov.free.fr
  2. a b c et d (Revue de l'organe de l'amicale des 115e, 315e, 117e, 317e, 271e RI fondée en 1915, dans les tranchées par le sergent R.Clain, du 115e, au secteur des marquis). Amicale du 117e RI (monsieur Pocard Michel) 31 rue Edgar Degas 72100 Le Mans .
  3. ce sont des extraits de l'ouvrage de Jean Dauphin « 22 août 1914 - Bataille des Frontières » (2004)
  4. a et b ( Monsieur Robert Levêque dans la revue du 117 RI typographie Plon, 8 rue Garancière Paris librairie Plon. Reconnu comme "brave" par le Président de la République Monsieur Nicolas Sarkozy a reçu la Médaille militaire le 7 septembre 2008 à Fontainebleau).
  5. Stalag VIII
  6. Décision no 12350/SGA/DPMA/SHD/DAT du 14 septembre 2007 relative aux inscriptions de noms de batailles sur les drapeaux et étendards des corps de troupe de l'armée de terre, du service de santé des armées et du service des essences des armées, Bulletin officiel des armées, no 27, 9 novembre 2007
  7. Arrêté relatif à l'attribution de l'inscription AFN 1952-1962 sur les drapeaux et étendards des formations des armées et services, du 19 novembre 2004 (A) NORDEF0452926A Michèle Alliot-Marie
  8. (La vie Militaire dans la sarthe 1900-1920 (André Ligné, éditions Alan Sutton 8, rue du Docteur Ramon 37540 Saint-Cyr-Sur-Loire)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Liens externes[modifier | modifier le code]