Alfred Chanzy

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Alfred Chanzy
Image illustrative de l'article Alfred Chanzy

Nom de naissance Antoine Alfred Eugène Chanzy
Naissance
Nouart, France
Décès (à 59 ans)
Châlons-en-Champagne, France
Origine Drapeau de la France France
Arme Légion étrangère
Grade Général
Années de service 18431883
Conflits Guerre franco-prussienne de 1870
Commandement 48e régiment d'Infanterie: 1864 - 1868
16e corps d'armée: 1870
7e corps d'armée: 1872
19e corps d'armée: 1874 - 1878
Faits d'armes - 1859 : Bataille de Magenta
- 1859 : Bataille de Solférino
- 1871 : Bataille du Mans
Distinctions Grand-croix de la Légion d'honneur
Médaille militaire
Autres fonctions - Député puis sénateur inamovible
- Président du conseil général des Ardennes
- Ambassadeur en Russie

Alfred Chanzy, né le à Nouart dans les Ardennes et mort dans la nuit du 4 au à Châlons-en-Champagne (à l'époque « Châlons-sur-Marne »), est un général français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Années de formation[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

D'une famille d'agriculteurs, son père et son oncle se sont engagés dans les troupes napoléoniennes. L'oncle reste dans l'armée et devient capitaine de cuirassiers ; son père en revanche quitte le service après avoir été sous-officier et chevalier de la Légion d'honneur. Il obtient, à son retour en 1821, un poste de receveur des contributions directes, fonction administrative qui fait de lui un modeste fonctionnaire mais lui garantit une vie correcte pour lui et sa famille.

Formation militaire[modifier | modifier le code]

Après avoir suivi quelque temps les classes du collège de Sainte-Menehould, Chanzy s'engage à seize ans en 1839 comme timonier sur Le Neptune, mais le manque de bataille navale le déçoit. La frustration, et surtout les vexations des marins et un mal de mer chronique, ont raison de sa courte vocation et il quitte la Marine à son retour en France, le .

Il s'engage en 1841 au 5e régiment d'artillerie de Metz, puis suit les cours au Collège royal.

Entré en 1841 à Saint-Cyr (133e sur 138 au concours d'entrée), élève studieux, il sort dans les vingt-cinq premiers de sa promotion, est nommé sous-lieutenant en 1843 et rejoint les zouaves commandés par Cavaignac à Blida. Il reste seize ans en Algérie.

Carrière en Algérie[modifier | modifier le code]

Présent à la reddition d'Abd el-Kader, lieutenant en 1848 au 43e régiment d’infanterie de ligne, capitaine en 1851 au 1er régiment de la Légion étrangère, il rejoint le service des bureaux arabes à Tlemcen puis à Oran.

Chef de bataillon en 1856 au 23e de ligne, il participe à la guerre en Italie (batailles de Magenta et Solférino en ).

Lieutenant-colonel au 71e régiment d’infanterie de ligne en , il part en avec le corps expéditionnaire en Syrie, où il est commandant du QG chargé des affaires politiques, grâce à sa connaissance de l'arabe.

Il effectue un séjour au corps d'occupation de Rome, au 72e de ligne, de 1861 à 1864.

Colonel en 1864 du 48e régiment d'infanterie de ligne, il est de retour en Algérie avec son régiment, où il combat sur la frontière marocaine.

Général de brigade en 1868, il exerce le commandement de subdivision à Sidi-Bel-Abbès, où il « nettoie » le Sud-Ouest des razzias de tribus marocaines. Il s'adjoint à cette époque comme plus proche collaborateur le futur général de Boisdeffre, qui le suit ensuite dans tous ses postes. Il est promu commandeur de la Légion d'honneur en .

Guerre de 1870[modifier | modifier le code]

Statue-hommage à Chanzy au Mans.

Pendant la guerre franco-allemande de 1870, il se voit refuser un poste à l'armée du Rhin au début du conflit. Général de division, le , sur intervention de Mac Mahon auprès de Gambetta, il est nommé chef du 16e corps de la première armée de la Loire. Il participe aux combats de Coulmiers et Loigny.

Le , il est nommé commandant en chef de la seconde armée de la Loire composée des 17e et 18e corps d'armée (France), arrête un temps l'offensive allemande à Villorceau. Mais il ne peut progresser et se replie sur Vendôme, puis sur Le Mans où son armée est battue les et . Il se retire alors sur Laval le et sur la rive droite de la Mayenne, où le trouve l'armistice du .

La bataille du Mans est une défaite importante pour l'armée française. En 1871, une commission d'enquête est créée dont le rapport, accablant pour l’armée française, est rédigé par l’historien breton Arthur de La Borderie.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Au lycée Chanzy de Charleville.

Élu député des Ardennes en 1871, sans même avoir fait acte de candidature, tant son prestige est grand, il rejoint le gouvernement à Bordeaux, où il prône la poursuite de la résistance. Le , l'armée de la Loire est dissoute.

Chanzy se rend à Paris le , le jour-même où commence la Commune. Arrêté par les insurgés, il est menacé d'exécution, puis libéré. À Versailles, il se range avec les républicains modérés et siège au centre gauche.

Il est nommé sénateur inamovible en 1875 et est élu président du conseil général des Ardennes mais il reste en résidence à Alger. Au Sénat, il siège au centre gauche avec les républicains conservateurs.

Après la démission de Mac Mahon, bien que n'étant pas candidat, il obtient 14,8 % des voix contre Jules Grévy à l'élection présidentielle du .

Carrière administrative[modifier | modifier le code]

À la tête du 7e corps d'armée en 1872, il est nommé, sur proposition du maréchal de Mac Mahon « gouverneur général civil et commandant des forces de terre et de mer en Algérie » le [1]. Sous son administration la colonie connait des troubles et il est contraint de mettre Alger en état de siège par un arrêté du . Responsable, avec d'autres, d'une certaine modernisation de la colonie, avec la construction de lignes de chemins de fer et d’autres ouvrages civils, il inaugure une « exposition algérienne » en 1876 et demeure en poste près de six ans.

Après l'élection présidentielle, sa situation de gouverneur général devient impossible, et dès le [2], il est nommé ambassadeur à Saint-Petersbourg et le , il est relevé officiellement de ses fonctions de gouverneur général de l'Algérie. Il reste en Russie pendant trois ans avant de démissionner à la suite d'un désaccord avec Gambetta.

En 1882, il est réintégré à l'État-Major général et nommé membre du conseil supérieur de la guerre. Il prend le commandement du 6e corps d'armée à Châlons-sur-Marne où une caserne porte son nom.

Il succombe brusquement à Châlons d'une hémorragie cérébrale, dans la nuit du au . Il est inhumé à Buzancy dans les Ardennes.

Plaque sur la maison de Châlons où il mourut.

Chanzy était catholique fervent et, bien qu'accusé d'être clérical, semble s'être toujours opposé à l'ultramontanisme.

Les papiers personnels d'Alfred Chanzy sont conservés aux Archives nationales sous la cote 270AP[3].

Hommage et distinctions[modifier | modifier le code]

Décorations[modifier | modifier le code]

Hommages posthumes[modifier | modifier le code]

Inscription au Panthéon, Paris.
A Buzancy.

En outre, plusieurs rues portent son nom en France : rue Chanzy Page d'aide sur l'homonymie.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Arthur Chuquet, Le général Chanzy (1823-1883), Paris, Cerf, 1884.
  • Jules-Alphone-Ignace Rouiet, Éloge du Général Chanzy, 1886.
  • Frédéric Beauchef, 1871, Le Mans une bataille oubliée, éditions Libra Diffusio, Le Mans, 2010.
  • Commandant Léonce Grandin, Chanzy, Dans le passé, Éditions SPES, Paris, 1929, 364 p.
  • Allocution prononcée par Son Exc. Mgr l'archevêque de Reims aux funérailles du général Chanzy, le [5].
  • « Alfred Chanzy », dans Robert et Cougny, Dictionnaire des parlementaires français, [détail de l’édition]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Bulletin des lois de la République française, vol. 6, Paris, Imprimerie nationale, (présentation en ligne).
  2. Lettre au commandant de Boisdeffre ; archives Boisdeffre.
  3. Archives nationales.
  4. « Notice no LH/482/32 », base Léonore, ministère français de la Culture.
  5. disponible sur Gallica.