26e régiment d'infanterie territoriale

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26e régiment d'infanterie territorial
Création 3 août 1914
Dissolution 10 août 1918
Pays Drapeau de la France France
Branche Armée de terre
Type Régiment d'infanterie
Rôle Infanterie
Inscriptions
sur l’emblème
REIMS 1918
Anniversaire Saint-Maurice
Guerres Première Guerre mondiale
Batailles Bataille d'Haspres (1914)

Le 26e régiment d'infanterie territorial est un régiment d'infanterie de l'armée de terre française qui a participé à la Première Guerre mondiale du 1914 au .

Création et différentes dénominations[modifier | modifier le code]

Chefs de corps[modifier | modifier le code]

Drapeau[modifier | modifier le code]

Il porte l'inscription[1] REIMS 1918.

Historique des garnisons, combats et batailles du 26e RIT[modifier | modifier le code]

Composition[modifier | modifier le code]

Au début du conflit, le 26e RIT était composé de Parisiens et de Mayennais.

Affectations[modifier | modifier le code]

Mobilisation à Mayenne ( et ).[modifier | modifier le code]

À l'origine, le recrutement du 26e comprend, par moitié, des Parisiens et des Mayennais ; aussi voit-on le des trains complets, arrivant de Paris, déverser dans la gare de Mayenne nombre de gaillards solides et délurés.

La caserne Mayran étant remplie de son régiment actif, le 130e, et de son régiment de réserve, le 330e, le carnet de mobilisation avait prévu le cantonnement du régiment territorial dans un quartier de la ville.

En quelques jours, les hommes sont habillés, équipés, armés ; les chevaux et voitures rassemblés et prêts au départ.

Le lieutenant-colonel le Saux, secondé de son adjoint, le capitaine Provot, veille aux moindres détails. Pendant quelques jours, les chefs des trois bataillons, le commandant de Neuville du 1er bataillon, le commandant O'Reilly du 2e bataillon, le commandant Chrales du 3e bataillon, mettent leur troupe en main par quelques exercices et marches.

Les bonnes nouvelles du front ajoutent à l'enthousiasme de la mobilisation.

Les et , les trois bataillons formant un effectif de 38 officiers, 3 médecins auxiliaires et 3 185 hommes de troupe sont transportés par chemin de fer dans le camp retranché de Paris et cantonnent à Massy-Palaiseau, Orly et Villeneuve-le-Roi.

Le 16, les ordres arrivent : la 84e division d'infanterie territoriale (général de Féron) est constituée ; 25e et 26e régiments d'infanterie territorial : 167e brigade (général Roederer) ; 27e et 28e régiments d'infanterie territorial : 168e brigade (colonel d'Harcourt).

Le régiment s'embarque à Ivry-le-Chevaleret; il débarque, le 18, dans la région de Douai. Cantonnements : Férin, Courchelettes et Gœulzin.

Chaque journée est remplie jusqu'au par une dure étape sur les longues routes pavées du Nord. Les étapes successives sont : Bouchain, Solesmes, Le Quesnoy, Bavay, Wargnies-le-Grand, Valenciennes, Condé-sur-l'Escaut.

Batailles de l'Escaut ().[modifier | modifier le code]

Combat de Vieux-condé et Condé-sur-escaut[modifier | modifier le code]

Le 23, les deux premiers bataillons sont mis à la disposition de la 168e brigade, tandis que du 22 au 25, le 3e bataillon reste au cantonnement de Saint-Aubert, aux ordres de la 167e brigade. Nous verrons un peu plus tard quel rôle sera le sien.

Le colonel le Saux établit son poste de commandement dans la mairie de Condé-sur-Escaut, fait installer un poste d'observation et relier ce poste par téléphone, à son bureau.

Le 1er bataillon occupe le village de Vieux-Condé et pousse dans le bois de l'Ermitage, une ligne d'avant-postes. Des patrouilles, de jour et de nuit, circulent en avant de la ligne jusqu'à la frontière et tiennent en respect les Hussards de la Mort. La 4e compagnie fait un prisonnier. Pendant la nuit, une patrouille se rend compte que le château de l'Ermitage, qui semblait inhabité, est effectivement occupé par l'ennemi.

Dès l'après-midi du 23, des habitants en fuite évacuent vers Condé tout ce que leurs voitures peuvent leur permettre d'emporter. Les routes sont encombrées de gens affolés, de troupeaux et de chariots. Des jeunes gens à bicyclette viennent de la frontière offrir aux hommes du tabac belge et se chargent de leur acheter des provisions. Ils font constamment la navette entre nos lignes et le territoire belge, répandant les nouvelles les plus contradictoires.

Dès les premières heures du jour, le 24, l'action commence : rencontres de patrouilles, groupes cyclistes, autos-mitrailleuses, artillerie qui fait voler en poussière les pauvres maisons forestières. Toute la matinée, nous résistons énergiquement, malgré des pertes sévères, mais vers 13 h, l'ordre vient de se replier sur Condé, pour les 2e, 3e et 4e compagnies. Cet ordre ne touche pas la 1re compagnie qui reste en flèche au nord de Vieux-Condé. À 13 h 30, se sentant tourné sur sa droite, le capitaine de Longchamps, privé de toute liaison, décide de battre en retraite. Il rentre dans Vieux-Condé avec une section et donne l'ordre au lieutenant Bœuf de diriger la retraite, en contournant ce village par l'Ouest. Le capitaine de Longchamps trouve Vieux-Condé occupé par l'ennemi, il lutte pour se dégager, entre dans une cour de ferme, afin d'y gagner une issue vers le gros de sa compagnie. Cette cour est fermée, il est cerné. Il rassemble ses hommes : « Baïonnette au canon ! » ; sabre au clair, il s'élance ; une balle traverse son képi, quatre braves font un feu de salve à genou, qui dégage la route un instant, la section est sauvée par un chemin défilé. Sur les bords du canal, le capitaine reforme sa compagnie ; puis il retraite sur Lourches, d'où il est embarqué pour Amiens.

La lutte, pendant ce temps, est chaude à Condé, toutes les issues et les glacis des vieux forts sont âprement défendus par la 6e compagnie (capitaine Debeauve) et les éléments retraités du 1er bataillon. Le colonel parti dans la matinée visiter ses postes n'est pas rentré. À 13 heures, la situation est critique. Que faire ? Le lieutenant Isnel, officier téléphoniste, et le lieutenant Rouard, officier chargé des détails, téléphonent à la place de Valenciennes pour rendre compte de la situation, provoquer des ordres et demander du renfort…

« Nous ne disposons de personne ; faites sauter les ponts ! » Le lieutenant Isnel se charge de rassembler les survivants et le lieutenant Rouard d'évacuer les caisses du régiment ; celui-ci retrouve dans la nuit la liaison avec le général de division à Cambrai et reste à sa disposition. Le docteur Poirier, médecin-chef du régiment, prodigue toute la journée ses soins aux nombreux blessés à l'hôpital de la Croix-Rouge de Condé ; il y est fait prisonnier dans l'après-midi.

Combat de Crespin[modifier | modifier le code]

Le 23 au soir, le 2e bataillon cantonnait à Valenciennes ; il est dirigé le 24 à la pointe du jour sur Fresnes ; nous avons vu qu'il avait détaché la 6e compagnie à Condé.

À Fresnes, le commandant O’Reilly est informé que l'ennemi est signalé dans la direction Crespin - Blanc-Misseron. Il donne à la 8e compagnie (capitaine Boucher et lieutenant Bert) l'ordre de reconnaître Crespin et de s'établir à Blanc-Misseron. Le lieutenant Bert se rend compte que Crespin a déjà été ravagé par un parti de cavalerie ennemi ; il croise des populations en fuite, mais il le trouve inoccupé, le traverse et s'aperçoit, de la sortie Est, que des formations denses d'infanterie débordent le village par le Nord-Ouest. Les renseignements transmis, la 8e compagnie va s'établir à l'ouest de Blanc-Misseron et la 7e compagnie (capitaine Baron et lieutenant Deloye) s'avance pour occuper Crespin, la 5e en réserve à Vicq. Ces deux compagnies (7e et 8e) se trouvent engagées à la fois et supportent un feu violent de mitrailleuses pendant plusieurs heures. Le commandant O’Reilly, voyant son effectif fondre de plus de moitié, donne l'ordre de battre en retraite par échelons ; il est secondé par le lieutenant Deloye dans cette manœuvre difficile, sous un feu aussi violent. Pendant l'action, i1 tombe frappé d'une balle au front, à la sortie ouest de Crespin.

Le capitaine Baron a la cuisse cassée par une balle ; se jugeant perdu, il demande au lieutenant Deloye d'échanger son sabre avec le sien, afin que sa femme ait un souvenir de lui. Le capitaine Boucher a la main traversée d'une balle. Comment citer les noms de tous les braves de ces deux compagnies, qui, sans soutien de mitrailleuses, ni d'artillerie, ont lutté de tout leur courage pour retarder, au moins, le flot envahisseur qui, venant de Mons, les submergeait.

Le capitaine Baumann, commandant la 5e, compagnie, déploie cette compagnie à l'est de Vicq et couvre la retraite sur Valenciennes, secondé par le lieutenant Sand et l'adjudant de Chastenet lequel, avec sa section, tient le cimetière de Vicq et forme le dernier échelon du repli.

Le poste de secours établi dans ce village (docteur Hallé, médecin auxiliaire Buineau) n'a pu être évacué et les deux médecins sont faits prisonniers, tandis qu'ils soignent leurs blessés.

Combat de Haspres[modifier | modifier le code]

Dans la nuit, les éléments ralliés des deux premiers bataillons et le train régimentaire sont dirigés de Valenciennes sur Haspres, par Maing et Monchaux. Le colonel d’Harcourt, commandant la 168e brigade, aidé du lieutenant-colonel le Saux, organise la résistance dans le village d'Haspres. Des patrouilles rendent compte qu'il n'est pas occupé, mais que des uhlans viennent de le traverser et d'assassiner, dans leur auto, un officier, son chauffeur et une pauvre femme tenant encore sa fillette dans ses bras ; des maisons sont en flammes dans la partie Sud. Les routes Haspres - Douchy et Haspres - Monchaux sont occupées comme ligne de résistance. Les bois qui bordent le plateau au Nord laissent entrevoir à la jumelle des patrouilles de uhlans. Le 2e bataillon fait un bond de 500 mètres et ouvre un feu nourri, sa ligne de tirailleurs est ensuite poussée en avant, mais ne peut progresser au-delà de 50 mètres, prise de flanc par les mitrailleuses masquées dans le bois. Le capitaine Baumann maintient énergiquement sa troupe sur la position, malgré un copieux arrosage de 77 fusants, jusqu'au moment où il est frappé mortellement.

Sur la route de Douchy, le 1er bataillon est aussi fortement engagé, le capitaine Debeauve tombe mort. La position est débordée par le Nord-Ouest, aussi le colonel d’Harcourt donne l'ordre de se replier sur Haspres et Saulzoir. Le train régimentaire est à grand'peine dirigé sur Solesmes, le colonel d’Harcourt surpris par un groupe de uhlans est fait prisonnier.

Le lieutenant-colonel le Saux, à bout de forces, dirige son régiment vers Solesmes, réquisitionne une voiture et y prend place avec le lieutenant d'approvisionnement Lacombe. Isolés de la colonne, ces deux officiers sont surpris par une patrouille de uhlans et conduits en captivité.

Le détachement, dont le capitaine Provot prend le commandement, est réduit à 170 hommes ; il retraite sur Solesmes, où il arrive dans la nuit. Cette ville est occupée par des troupes anglaises et un parc d'artillerie. Bombardés par l'artillerie ennemie, les Anglais s'élancent pour prendre position, ils demandent au détachement du 26e de les couvrir pendant cette opération. Après quoi, notre troupe, exténuée, marche encore jusqu'au Cateau, où elle est embarquée pour Amiens et de là pour Mayenne.

Pendant cette bataille d'Haspres, une autre fraction du 26e, sous les ordres du capitaine Thepenier, reçoit l'ordre officiel de faire route de Valenciennes sur Cambrai, mais cette route est coupée et le capitaine décide de se diriger vers le Sud-Ouest. Il atteint Quiévy, où il s'embarque pour Cambrai, mais à Caudry, le train ne pouvant passer est dirigé sur Saint-Quentin. Le 27, ce détachement est transporté à Beauvais, il cantonne à Troissereux, d'où il est ramené le 28 à Beauvais, pour être dirigé finalement sur Dieppe.

Article détaillé : Bataille d'Haspres.

Combat de Ramillies[modifier | modifier le code]

Le matin du , jour de la bataille d'Haspres, le 3e bataillon est dirigé sur Thun-l'Évêque, afin de couvrir Cambrai, mis en péril par le débordement de Valenciennes. L'attaque se produit en direction N.E.-S.O. La 11e compagnie, capitaine Vairel, vieux colonial aguerri, couvre le canal de l'Escaut, à l'est de Thun. La 12e compagnie, capitaine de la Massonnais, est placée à la suite. La 9e compagnie, capitaine Ferrand, et la 10e compagnie, capitaine Front, défendent Ramillies.

Le 3e bataillon a été par le nombre. Le canal de l'Escaut franchi par l'ennemi au nord de Pont-l'Évêque, sur une écluse que le génie divisionnaire n'avait pu faire sauter, la 11e lutte de toute son énergie ; obligée de plier, elle retraite en ordre parfait, sous la direction énergique du capitaine Vairel, blessé en fin de journée. La 12e compagnie dirige des feux nourris à 600 mètres sur des lanciers de la Garde Impériale et de l'infanterie qui s'avance en masses profondes ; elle réussit pendant plusieurs heures à interdire le passage des écluses, mais un mouvement enveloppant par Cambrai permet à l'ennemi d'atteindre Ramillies par le Sud ; le commandant Charles est tué à cheval, aux abords du village, de la main d'un officier de uhlans.

Le sergent Plet, qui, d'un chemin creux, tient sous son feu la sortie Est de Ramillies ; tout ennemi qui sort par cette issue est couché à terre ; plus de 90 sont ainsi tués, mais écrasé par un violent tir d'artillerie, il doit quitter sa position et tâcher d'éviter que les quelques braves qui lui restent tombent entre les mains de l'ennemi.

Sur la route d'Arras, il rejoint l'adjudant Pomme, qui a eu la lourde tâche de diriger la retraite des 150 hommes environ, qui purent s'échapper de la terrible tenaille ; le lieutenant Chevallet, de la 9e compagnie, qui, voyant sa section pressée de toutes parts, s'est élancé en criant : « En avant à la baïonnette ! Tous les braves à moi ! » Une salve le couche à terre. L'adjudant Pomme reçoit l'ordre d'un officier de la 84e division de diriger sa petite troupe sur Arras. De cette place, il est envoyé à Abbeville et enfin dans la direction d'Amiens. Il remet son commandement à Ailly-sur-Somme, au lieutenant Rouard, qui depuis Cambrai marchait avec la D.I.

Le au Neufbosc, le colonel Bertrand rassemble le régiment. Ce jour-là le lieutenant Rouard avait sous ses ordres 480 hommes recueillis les jours précédents en cours d'étapes : le détachement Pomme, la 1re compagnie, aux ordres du lieutenant Bœuf , et des hommes de différentes compagnies regroupés autour du lieutenant Collet. Le détachement de Dieppe, toujours aux ordres du capitaine Thepenier, était composé d'un peu plus de 600 hommes, enfin le détachement de Mayenne était aux ordres du capitaine Letellier.

Le capitaine Letellier, le plus ancien en grade, prend le , à Petit-Roquemont, le commandement du régiment qui cantonne le 5 à Le Faux, à 12 kilomètres de Rouen. Il forme 4 compagnies de 250 hommes, ayant en plus un groupe de 428 hommes.

Le , le capitaine Letellier passe le commandement au capitaine Thepenier.

Le 11, étape sur Grainville ; le 12, sur Bel-Air près Longchamps, où, depuis son arrivée dans la zone des armées, les hommes du 26e entrevoyent pour la première fois des nouvelles réconfortantes : l'ordre du jour du général Joffre, la victoire de la Marne.

le régiment continu ensuite ses longues pérégrinations et cantonnent le 13 à Leroutis, puis le 14 à Milly, où il séjourne deux jours. Ce repos et la proximité de Beauvais permettent de procurer aux hommes, dans cette ville, les chaussures et le linge dont ils ont le plus pressant besoin. le 26e pousse jusqu'à Bonneuil-les-Eaux, le 16 ; à Boves le 17 ; à Hamelet le 18. C'est dans ce village que le commandant d'Infanterie coloniale Brunetvient prendre le commandement du régiment pour le conduire à Cagny. Là, trois chefs de bataillon d'Infanterie coloniale rejoignent successivement : commandant Teyssonnière, commandant Laulhier et commandant Tiffon ; ce dernier, le plus ancien, prend le commandement du régiment ; il affecte le commandant Brunetau 1er bataillon, le commandant Laulhier au 2e bataillon et s'adjoint le commandant Teyssonnière. Le 20 a lieu une marche de reconnaissance jusqu'à Gentelles et le Bois-l'Abbé, avec retour à Cagny.


Le 21, nous allons sur Querrieu et Fréchencourt.

Cette région est le centre de rassemblement d'un nouveau groupe de D.I.T., sous les ordres du général Brugère; le régiment y séjourne du au et y prend les armes afin d'être passés en revue par le nouveau général.

Le 24, étape sur Toutencourt.

Le 25, à 17 heures, ordre de départ immédiat pour Grévillers-lès-Bapaume, où nous arrivons à minuit.

Bataille du Transloy ()[modifier | modifier le code]

Le matin de la bataille du Transloy, la 167e brigade est rassemblée par le colonel Bertrand, sur le plateau Est de Biefvillers.

Le 26e R. I. T. est dirigé sur Bapaume ; le 2e bataillon, à deux compagnies (commandant Laulhier), reconnaît le Transloy et s'établit au sud de ce village pour barrer la route de Sailly-Saillisel ; le 1er bataillon (commandant Brunet) évite Le Transloy par l'Ouest, le dépasse et déploie successivement ses quatre compagnies, pour aborder la position de Sailly-Saillisel, où l'ennemi est retranché. Plusieurs assauts meurtriers sont poussés à fond sans succès, les hommes sont maintenus sur la position en utilisant le terrain. Le commandant Brunet est prévenu à 13 h que sa gauche est menacée par de l'infanterie ennemie débouchant de Rocquigny, et que les troupes qui avaient mission de le couvrir ne peuvent réussir à enrayer ce mouvement. Force est au commandant Brunet et au commandant Laulhier de retraiter vers 18 heures sur Le Transloy et Beaulencourt. Cette journée coûte au régiment des chefs très admirés.

Dans la nuit, nous quittons Beaulencourt et allons cantonner à Serre, où, grâce à un renfort de 1.300 hommes et de quelques officiers, le régiment est reformé à deux bataillons.

Opposition à l'encerclement d'Arras par le sud du au .[modifier | modifier le code]

HébuterneCourcellesMonchy[modifier | modifier le code]

Le 28, le 1er bataillon occupe Puisieux ; le 2e tient la ligne de surveillance du Moulin-Brûlé, dans un chemin creux, face à la ferme de Beauregard, où il subit un violent tir de 77, 105 et obusiers de 15, sans attaque d'infanterie ; il conserve ses positions. Dans la soirée, ce bataillon reçoit l'ordre de cantonner à Serre, d'où il est envoyé à Hébuterne, ainsi que le 1er bataillon.

Le 26e séjourne dans ce village du au , où il y reçois de Mayenne un renfort de 500 hommes, grâce auquel il est reformé à trois bataillons : le 1er aux ordres du lieutenant Sand, le 2e du commandant Teyssonnière, le 3e du capitaine Provot, revenu à peine guéri d'une blessure reçue à Haspres. Des sous-officiers du 25e R. I. T. promus sous-lieutenants encadrent les compagnies. Pendant ces quelques jours, la troupe est employée à construire des tranchées, à l'aide d'outils empruntés aux fermes d'Hébuterne.

Le , le régiment occupe Ayette : le 1er bataillon est porté à la cote 122, au nord de Courcelles : le 2e bataillon, employé à organiser le terrain pour la résistance, a deux compagnies au Moulin de Douchy, pivot de la défense, et deux compagnies en réserve à la croupe Nord d'Ayette ; ces compagnies sont ensuite envoyées en renfort au 1er bataillon ; le 3e bataillon prend position face à Courcelles ; le 1er et le 3e bataillons combattent toute la journée et poussent des reconnaissances hardies, telle que celle dont un des hommes a réussi, malgré l'intensité du feu, à pénétrer dans les maisons de Courcelles et à repérer des mitrailleuses dans le clocher. Cette journée est dure, mais la position est maintenue et le régiment ne se replie le 4 sur Monchy-au-Bois, Adinfer, que sur un ordre formel :

Le général Châtelain, commandant la 84e D. I., est heureux de féliciter le 26e R. I. T. Parti le 3 octobre à l'attaque de Courcelles-le-Comte, le 26e s'est approché de ce village et s'est maintenu jusqu'à la nuit sur sa position, malgré des pertes sensibles causées par un feu violent d'artillerie ennemie. Il ne s'est retiré que sur l'ordre formel qui lui a été donné. Cet ordre était nécessité par la position en flèche de la D. I. Ce régiment a répondu ainsi à l'appel que son chef lui adressait pour sa prise de commandement.

Le général commandant la 84e D. I.

(Signé :) Châtelain.

Aussi, à la pointe du jour, le régiment gagne Adinfer, puis Monchy, prend position à la cote 145, ouest du bois d'Adinfer.

Le 1er bataillon couvre le village ; il est attaqué le 5 à la faveur du brouillard et assez éprouvé.

Le 6, le capitaine de Longchamps prend le commandement de ce bataillon et l'établit à l'est de Monchy, face au bois d'Adinfer. Le commandant Tiffon fixe le P. C. du régiment à la Maison-des-43 uhlans, cote 144, et fait déployer le 3e bataillon à la gauche du 1er au talus de la route MonchyRansart. Des tranchées sont organisées à la hâte et, malgré un tir assez nourri d'artillerie, la journée se passe sans grosses pertes ; des reconnaissances sont poussées jusque dans le bois d'Adinfer.

Le 7, le 1er bataillon est chargé d'occuper Berles, le 2e bataillon couvre Monchy au Nord, tandis que le 3e est déployé à l'Est.

Monchy et Berles sont violemment bombardés le 8 par des mortiers de campagne ; l'intensité du bombardement le 9 et la visite de nombreux avions font pressentir l'attaque d'infanterie, qui est déclenchée à 15 h, du bois d'Adinfer avec crochet enveloppant, masqué par ce bois et débouchant du ravin de Ransart ; le 3e bataillon est en position critique ; le capitaine Provot, de la Maison-des-43 uhlans dirige un feu meurtrier sur l'ennemi mais il ne s'aperçoit pas à temps des éléments qui le débordent sur sa gauche, il est fait prisonnier, non sans avoir personnellement couché à terre nombre d'ennemis. Le commandant Tiffon, se rendant compte de la situation, se place sur la route MonchyRansart et regroupe les éléments du 3e bataillon sur un chemin perpendiculaire à cette route, lorsqu'une balle le frappe mortellement à la poitrine.

Le 2e bataillon est lui aussi fortement engagé et subit des pertes sévères, le commandant Teyssonnière a le bras traversé d'une balle.

À la nuit tombante, le regroupement a lieu à Pommier, sous le commandement du commandant Gallé, venu du 25e R. I. T. Après deux heures de repos, le 1er bataillon reçoit la mission de retourner occuper des tranchées, en lisière Sud de Berles et le 2e bataillon, sous le commandement du capitaine Letellier, celle de prolonger vers le Sud le bataillon de Longchamps. La ligne se cristallise définitivement de l'est de Berles à l'est de Bienvillers-au-Bois, face à Monchy.

Le 10, des troupes actives viennent renforcer la ligne du 26e et dans ces tranchées ébauchées, des éléments du 26e dragons, 26e actif et 26e territorial concourent à la défense jusqu'au .

Le 18, le régiment extrêmement fatigué quitte Pommier, aux premières lueurs du jour, et va relever à la Cauchie un bataillon du 27e R. I. T. dans des tranchées de soutien.

Le 20, le lieutenant-colonel Lemerle, de l'État-major de la place de Toulon, prend le commandement du régiment et lui redonne une vigueur nouvelle. Il charge le commandant Gallé du 2e bataillon, le commandant Verley du 3e bataillon et laisse le capitaine de Longchamps au 1er bataillon. Dès le lendemain, marche de nuit sur Saulty. Dans la matinée du 22, le colonel réunit tous ses officiers et leur adresse une allocution dans laquelle il leur expose tout ce qu'il attend d'eux, tout ce qu'ils ont à apprendre, mais ne leur cache pas son admiration, mêlée d'une pointe d'ironie, de voir comment, avec si peu de moyens matériels, ils arrivent à s'installer dans un cantonnement.

Dans l'après-midi, marche sur Halloy ; le régiment doit être embarqué pour le camp retranché de Paris, mais, dans la nuit un contre-ordre arrive ; la course à la mer reprend. Et, dans la brume du matin, la colonne quitte son cantonnement pour arriver dans la nuit noire à Villers-Châtel, où nous sommes mis au repos jusqu'au 28.

Ordre du jour du colonel du .

Soldats du 26e, hier, vous espériez aller prendre, pendant un certain temps, un repos que vos peines et vos pertes précédentes vous faisaient désirer. Il n'en a rien été, et, au contraire, la Patrie vous a demandé une marche fatigante de 11 h 30 et un parcours de 33 km, dans la boue et, pour les quatre dernières heures, dans la nuit noire. Vous avez supporté ces peines courageusement et vous avez fait cette étape aussi bien que le meilleur corps de l'armée active aurait pu le faire, quoique vous n'ayez ni ustensiles de campement, ni outils et même ni sacs (pour un certain nombre). Vous avez le droit d'être fiers. Pour ma part, j'en suis très fier pour vous et je vous en remercie au nom du Pays.

Le , les deux sections de mitrailleuses aussitôt constituées sont détachées à un régiment actif en bordure du bois de Bouvigny, face à Ablain-Saint-Nazaire. Jusqu'au 8 novembre, les trois bataillons sont à la disposition du Génie du 33e corps, pour la construction d'une ligne de tranchées, couvrant la défense Nord d'Arras, à Maisnil, sur les hauteurs dominant Carency.

En Artois ().[modifier | modifier le code]

Cette longue période de près d'un an dans la zone de l'avant se décompose en deux parties :

I. — Défense d'Arras, au .

II. — Neuville-Saint-Vaast, du au .

À Arras, le régiment est chargé d'abord d'occuper des secondes positions, à peu près inexistantes, de les construire par conséquent, d'y établir les réseaux et les abris ; puis, pendant les repos par roulement, d'édifier toute la défense immédiate de la place, dans sa zone Nord-Est.

Le 1er bataillon arrive le 8 novembre, dans le faubourg Sainte-Catherine, où il cantonne : il détache aussitôt à l'Huilerie deux compagnies, face au village de Saint-Laurent. La relève s'effectue à l'intérieur du bataillon. Des équipes de clayonnage et d'abattage des bois utilisables sur place pour la défense sont organisées pour permettre de porter aux troupes de première ligne les matériaux nécessaires à la consolidation de leurs positions et à la construction de leurs premiers abris.

Les deux autres bataillons du régiment viennent rejoindre le premier une semaine plus tard à Sainte-Catherine et occuper des positions au nord de celles tenues par celui-ci. Les Quatre-Vents, Chanteclair et Roclincourt, ligne barrant le ravin Écurie - Roclincourt. Ces deux bataillons roulent entre eux et sont employés également aux travaux d'organisation de leur secteur. Les sections de mitrailleuses sont prêtées aux régiments actifs tenant les premières lignes. Chacun s'initie peu à peu à cette vie spéciale de la guerre de position et prend l'habitude d'aller où l'appelle sa mission dans le sifflement des balles et le vacarme du canon. Chaque nuit, ce sont des alertes, provoquées, le plus souvent, par de violents tirs de mousqueterie, rencontre de patrouilles ou coups de main. Jamais les premières lignes occupées par des chasseurs, des zouaves ou de l'infanterie active n'ont été enfoncées, aussi le régiment n'a jamais été engagé directement. Toutes les pertes proviennent de balles pendant les relèves ou les travaux, ou d'obus tombant soit dans le cantonnement, soit dans les ravitaillements de premières lignes.

Aussitôt installé à Sainte-Catherine, le colonel Lemerle poursuit sa tâche de réorganisation du régiment avec une volonté et un esprit de suite tout à fait remarquables ; il obtient les renforts en hommes et officiers, complète à 250 hommes au minimum les 12 compagnies, constitue la compagnie de mitrailleuses et en confie le commandement au capitaine Deloye. Il choisit d'un œil sûr les sous-officiers ayant le mieux mérité dans le début de la campagne et occupant dans la vie civile des situations les qualifiant pour le commandement, et les fait nommer officiers. L'habillement et l'armement sont progressivement améliorés, il obtient pour son régiment les cuisines roulantes, dès que l'active en est dotée. Enfin, il crée une unité disciplinée, sur laquelle le commandement peut compter.

Le , le commandant Laulhier, guéri de sa blessure, prend le commandement du 3e bataillon, en remplacement du commandant Verley.

Pendant ces neuf mois d'Arras, beaucoup de divisions se succèdent et le 26e, fidèle gardien des consignes du secteur, continue à perfectionner son œuvre ; il participe, du reste, très activement aux attaques de cette période.

Attaque du (Saint-Laurent)[modifier | modifier le code]

Cette attaque minutieusement préparée par le général François Anthoine débute par ce qui peut paraître alors un déluge d'artillerie. L'objectif est de dégager Arras, à l'Est, en s'emparant de Saint-Laurent-Blangy. L'objectif de droite est à peu près atteint, mais nos braves troupiers du 2e R. I. qui entrent jusqu'au centre de Saint-Laurent doivent s'arrêter, fauchés par des mitrailleuses dissimulées dans des caves de ce village. La ligne est établie aux premières maisons ; plusieurs centaines de mètres en profondeur sont enlevés.

Malgré une réaction très violente, appuyée de minenwerfer de gros calibre, la position conquise est maintenue ; nous devons reconnaître que ces énormes éclatements produisant un souffle terrible et détruisant d'un coup tout une maison, nous fit une impression fort peu agréable.

Peu de temps après cette attaque, deux compagnies du 3e bataillon sont cantonnées à Arras et chargées des tranchées Sud de la Scarpe, avec quelques éléments en première ligne, intercalés dans l'active, de même qu'une compagnie du 1er bataillon, par roulement, prend les premières lignes, ne laissant à l'Huilerie qu'une compagnie.

En avril, nous quittons complètement le cantonnement de Sainte-Catherine, les 2e et 3e bataillons sont aux Sourds-Muets et à la citadelle d'Arras, l'État-major du régiment à Dainville avec le 1er bataillon, dont les compagnies en ligne conservent leurs positions, et les compagnies au repos exécutent des travaux de défense au sud-ouest d'Arras. Cette modification s'explique par les dispositions prises en vue de la prochaine offensive, celle du au , par le 33e et le 10e C. A.

Le régiment a les plus belles espérances et apprenons, dès le début, le succès de notre aile gauche : Neuville-Saint-Vaast, Carency et La Targette sont enlevés par le 33e corps (général PÉTAIN). Il atteint Souchez, mais devant Arras, les troupes du 10e corps se heurtent à une résistance invincible.

Le 20 mai, le 17e C. A. (général Dumas) relève le 10e C. A. et le 26e R. I. T. reste à la disposition du nouveau corps d'armée. Le général WIRBEL, commandant le 10e C. A., adresse au colonel Lemerle la lettre suivante :

J'ai l'honneur de vous prier de vouloir bien adresser directement aux hommes du 26e R. I. T. qui a coopéré à l'effort de la 19e D. I. mes félicitations pour le calme et l'endurance dont ils ont fait preuve sous le violent bombardement auquel ils ont été soumis.

Jusqu'à l'attaque de juin, nous restons affectés au même secteur, mais le cantonnement du régiment est en entier dans Arras.

Pour l'attaque du 16 juin, le colonel Lemerle est chargé du commandement du secteur de soutien Pont-de-Ronville – Achicourt ; il y place le 1er bataillon, ses deux autres bataillons sont à la disposition des divisions d'attaque.

Cette attaque n'ayant pas donné de résultats, une nouvelle répartition des troupes est faite. Le 1er bataillon tient le secteur de première ligne, faubourg Saint-Sauveur, faubourg de Ronville, Achicourt incorporé à des éléments du 17e C. A.

Depuis notre arrivée à Arras, cette malheureuse ville, déjà très éprouvée, est soumise à des bombardements très fréquents. Celui du 26 juin est particulièrement violent ; 20 000 obus de gros calibres tombent sur la ville. Le 420, de sa puissante et lugubre voix, ponctue à intervalles réguliers l'immense vacarme, la citadelle est rendue à peu près inhabitable, la cathédrale et le palais Saint-Vaast sont en feu. Le collège d'Arras où logent les éléments du 2e bataillon reçoit nombre de projectiles. Dans la nuit, le spectacle est tragique et superbe et les Allemands, par un raffinement de cruauté, tirent à 105 fusant sur tous les foyers d'incendie, pour atteindre les sauveteurs dévoués de ces monuments.

Le 26e apprend, le , la dissolution de notre D.I. Territoriale, par l'Ordre suivant de la 167e brigade :

Par Ordre du général commandant en chef, la 84e D. I. cesse d'exister. En quittant le commandement de la 167e brigade, le colonel adresse à tous, officiers, sous-officiers, caporaux et soldats, l'expression affectueuse de ses regrets et de son inaltérable souvenir. Depuis onze mois, les 25e et 26e régiments territoriaux, constamment à la tâche, ont rendu à la Patrie et à l'armée d'éminents services. Pendant une période des plus dures, ils ont lutté en rase campagne, souvent contre des forces dix fois supérieures en nombre et leur résistance a permis la concentration dans le Nord des troupes qui ont contribué à arrêter et à refouler l'envahisseur. Depuis le milieu d'octobre 1914, les 25e et 26e régiments territoriaux auxquels a été dévolue une tâche ingrate, mais nécessaire, donnent les preuves d'une énergie et d'une endurance que des pertes nombreuses et la moyenne d'âge des officiers et de la troupe, rendent dignes de la plus grande admiration.

Les éloges qui leur ont été décernés, soit individuellement, soit d'une manière collective, restent gravés sur le livre d'or de la bravoure et du sacrifice, sous la forme de citations qui font à tous. le plus grand honneur. En quittant, avec le plus grand regret, le commandement de ces braves régiments, je salue leur Drapeau, et je crie :

Gloire aux 25e et 26e régiments territoriaux d'infanterie !

(Signé:) Bertrand.

Le 10 juillet, nous cessons d'être affectés à la place d'Arras, le régiment est rattaché au 3e C. A. et dirigé par étapes sur Maizières (Pas-de-Calais).

Neuville-Saint-Vaast. — L'État-major du régiment reste à Maizières un certain temps ; il reçoit, le 13, la répartition du régiment pour l'organisation du terrain de l'attaque projetée en septembre. Le 1er bataillon a deux compagnies dans le secteur de la 5e D. I. ; deux compagnies dans le secteur de la 6e D. I. et les deux autres bataillons sont à la disposition du colonel commandant le génie du 3e C. A., qui dispose pour ces deux bataillons des cantonnements suivants :

État-major et 3 compagnies du 3e bataillon à Mont-Saint-Éloi ;

Une compagnie au bois de Bray ;

Différents détachements pour des services, à Hermaville et Tincquette.

Cantonnement de repos : Maizières.

La compagnie de mitrailleuses est à la disposition du général commandant la 130e D. I.

Pendant les deux mois qui vont suivre, cette compagnie restera constamment en première ligne, dans ce secteur très dur, avec roulement dans le personnel, afin de lui donner le repos strictement indispensable.

Le plateau légèrement vallonné, qui s'étend de Mont-Saint-Éloi à Thélus et Vimy, d'où les yeux de l'ennemi surveillent le régiment, sera pendant près de trois mois le terrain où les hommes construiront un réseau de plus de 34 km de boyaux, chemin de fer à voie étroite, parallèles. Certaines positions pourront être organisées de jour, malgré le bombardement, mais la plupart devront être abordées de nuit et les travailleurs de cette époque se souviennent encore des longues marches dans des boyaux interminables et noirs, par des jours d'orage, où l'eau monte jusqu'aux genoux.

L'effort physique demandé dans ce secteur est aussi grand que dans celui d'Arras, mais , sauf pendant l'attaque, notre sort nous semble amélioré ; par ce fait que les cantonnements de repos ne sont plus dans la zone battue par l'artillerie ou bien comportent de bons abris permettant le sommeil en sécurité.

Le 25 juillet, l'État-major du régiment est fixé à Savy-Berlette, puis le 15 septembre à Acq.

Le 22 septembre, le colonel Lemerle est évacué, ayant eu le pied écrasé par la roue d'un caisson de munitions, pendant une inspection de nuit.

Le commandement du régiment est pris par le chef de bataillon Laulhier.

Attaque du 25 septembre 1915

Le rôle du régiment est d'assurer le ravitaillement en vivres et en munitions des unités en ligne, de prolonger dès l'avance la voie Decauville, passant dans Neuville-Saint-Vaast, ainsi que d'entretenir les pistes et les routes constamment coupées par le tir de l'artillerie.

L'attaque de la croupe de Vimy par le 3e C. A., en liaison avec les 33e et 12e C. A., est poussée avec un entrain magnifique, malgré un temps très mauvais ; toutes les premières positions allemandes sont enlevées et notre ligne de tirailleurs borde le bois de la Folie le soir de cette rude journée ; nos hommes chargés de ravitailler en vivres cette ligne font l'admiration du commandement ; tous remplissent la tâche qui leur est confiée, avec un dévouement inlassable et méritent à notre régiment la citation suivante :

Ordre Général du 3e C. A. no 67

Le général commandant le 3e C. A. cite à l'ordre du C. A.

le 26e R. I. T. Sous les ordres du chef de bataillon Laulhier, commandant le régiment, a assuré, pendant une période de combats de plus de 10 jours, la réfection des routes et pistes du terrain des attaques, ainsi que l'exécution des ravitaillements jusque sur les positions les plus avancées, fournissant jour et nuit, au milieu des difficultés de toute nature et sans souci du bombardement, un effort considérable, avec le plus absolu dévouement.

Le 12 octobre 1915.

Le général commandant le 3e C. A., (Signé :) Hache.

En novembre, par ordre général no 103, le général commandant la 5e D. I. cite à l'ordre de la division :

Les 4e, 9e et 10e compagnies du 26e R. I. T., commandées par les lieutenants Coulon, d'Argouges et le capitaine Cornabat.

Chargées d'assurer pendant les divers combats le ravitaillement d'une D. I., ont fait preuve dans l'exécution de ce service du plus bel esprit de devoir, marchant sans relâche nuit et jour sous un violent bombardement.

Le .

Le général commandant la 5e D. I., (Signé:) Mangin.

Après cette période, le repos s'impose ; le 9 octobre nous sommes conduits en autos au repos à Grand-Rullecourt (Pas-de-Calais), sauf deux compagnies qui rejoignent le 12. C'est la grande détente. Mais neuf jours plus tard, les deux premiers bataillons sont enlevés d'urgence en autos pour Arras et Sainte-Catherine ; réclamés quatre jours plus tard par le général commandant le 3e C. A., ils reviennent à pied à Grand-Rullecourt.

Le , nous quittons l'Artois.

La Somme ().[modifier | modifier le code]

Embarqués à Frévent (Pas-de-Calais), nous arrivons le 26 en gare d'Hargicourt - Pierrepont, et cantonnons à Sourdon, puis à Villers-Bretonneux, Lamotte-en-Santerre et Harbonnières (Somme).


Jusqu'au , le régiment est employé à des exercices et des manœuvres, ensuite à des travaux n'offrant pas de dangers appréciables.

À la pointe du jour, le 11 novembre, le régiment relève le 24e R. I. et une compagnie du 28e R. I. dans le secteur du saillant de Foucaucourt, barrant la route de Saint-Quentin à Amiens.

L'état du secteur, l'hiver pluvieux et les bombardements de plus en plus fréquents, le régiment est obligé de faire un travail opiniâtre. La moitié du régiment est en ligne, l'autre moitié en soutien au village, qui constitue une place de résistance ; l'ordre est de ne l'abandonner à aucun prix.

Les compagnies en ligne assurent à la fois la défense de la ligne et les travaux de renforcement. Toutes les parois des tranchées sont clayonnées, afin d'éviter les éboulements. Les abris superficiels sont abandonnés, à cause de leur insécurité et nous entreprenons la construction des abris en mine, à l'aide de poutres et matériaux du village ruiné par le tir ennemi ; ces matériaux sont classés et débités, de façon à former des cadres de galerie tout prêts à être montés ; et au bout de six semaines, nos troupes sont dans des conditions suffisantes de sécurité. Le réseau de fil de fer barbelé est rapidement amélioré. Enfin, presque chaque nuit, des patrouilles de surveillance secondent la vigilance des guetteurs des petits postes et des patrouilles de reconnaissance s'efforcent d'obtenir des renseignements sur l'ennemi. La compagnie de mitrailleuses reste en permanence en ligne, faisant la nuit des tirs de harcèlement et flanquant nos positions par de courtes rafales, pour gêner les patrouilles ennemies.

Les compagnies en soutien fournissent, chaque nuit, un effectif important de travailleurs à leur compagnie correspondante ; il faut pousser en avant des lignes, des sapes variant de longueur et destinées à être reliées ultérieurement entre elles par une tranchée, afin de rapprocher ces lignes de celles de l'ennemi, et de supprimer les rentrants Nord et Sud du parc du château.

L'ennemi ne tarde pas à s'apercevoir de ces travaux ; des échanges de coups de feu et des salves d'obus s'ensuivent, non sans faire de temps à autre quelques victimes.

Au moment où la nouvelle parallèle va être ouverte se produit au Nord la surprise de Frise (Somme), qui est précédée d'un intense bombardement.

Tout travail est arrêté pour permettre de se consacrer uniquement à la défense de la position. Cette surprise est brillamment enrayée, grâce à l'héroïsme d'un corps colonial et la position est rétablie en quelques jours.

Le colonel Estèbe, peu de jours auparavant — le 2 février — était venu de l'active pour prendre le commandement du régiment.

Le commandant Laulhier, après lui avoir passé les consignes, reprend une fois de plus son fidèle 3e bataillon.

Bien que l'attaque de Frise du 27 janvier n'intéresse pas directement notre secteur, plusieurs compagnies au repos sont prêtées pour concourir à la défense de cette position. Les 12e, 9e, 2e et 1re compagnies retrouvaient dans la région Fontaine-lès-Cappy - Éclusier, l'atmosphère de bataille et aussi les pertes des jours glorieux de Neuville-Saint-Vaast, tandis que les compagnies tenant le secteur de Foucaucourt étaient soumises à un violent tir de diversion. Le 28 janvier, les tranchées, le village et les routes ont à supporter un bombardement continu de petit et de moyen calibre de 8 heures à 20 heures, avec une forte proportion d'obus lacrymogènes. Les boyaux et les tranchées sont très endommagés. Nous devons nous remettre à l'ouvrage pour passer à nos successeurs un secteur qui nous fasse honneur.

Dans la nuit du au , le 26e R. I. T. est relevé par le 134e R. I. T. et quitte le secteur de Foucaucourt. Dans le milieu de décembre, les soldats des classes 1897 et plus jeunes sont versés dans l'active et remplacés nombre pour nombre par des hommes des classes 1893 et 1894 servant encore dans ces régiments.

Repos et travaux forestiers ().[modifier | modifier le code]

Rassemblés à Villers-Bretonneux, le régiment va le 18 à Wailly et Tilloy-lès-Conty (Somme), où il doit participer à un entraînement spécial avec le 3e C. A. dans la région du camp de Crèvecœur. Mais les événements de Verdun débutent, et le 3e C. A. est rassemblé dans la région Clermont - Compiègne, prêt à marcher. Le régiment parcours les étapes successives : Rumaisnil, Taisnil (Somme), Le Mesnil-Conteville et Beaudéduit ; Maisoncelle-Saint-Pierre, Fontaine-Saint-Lucien et Oroër, Allonne, Villers-sur-Thère, Bongenoult et Wagicourt (Oise).

Enfin à Liancourt, le , le 26e trouve un repos apprécié.

Le 6 mars, une compagnie de mitrailleuses du 248e R. I. T. arrive toute constituée pour former la C. M. 2 du régiment. Elle cantonne à Mogneville.

Le 14, le régiment est mis à la disposition du service Forestier.

La 1re compagnie à Villers-Saint-Frambourg ; la 2e à Fleurines ; la 3e à Hermes ; la 4e à la Hue-Saint-Pierre ; les 5e et 7e à Béthisy-Saint-Pierre ; les 6e et 8e à Saint-Sauveur ; la 12e à Béthancourt ; 9e, 10e, 11e à Gilocourt, jusqu'au 29 mars, le régiment est employé à l'exploitation des forêts de Compiègne, d'Halatte et de Villers-Cotterêts.

Ces temps heureux n'ont pas d'histoire, mais laissent dans le souvenir du régiment quelques jours à marquer d'une pierre blanche.

Dans la nuit du 30 au 31 mars, nous sommes embarqués pour Givry-en-Argonne, aux gares de Liancourt et Pont-Sainte-Maxence (Oise).

Verdun ().[modifier | modifier le code]

Le régiment cantonne deux jours à Givry-en-Argonne (Marne), puis à Pretz-en-Argonne, Vaubecourt (Meuse), et Épense (Marne) jusqu'au 5 avril. Alors il est mis à la disposition du général Nudant, et transporté en autos vers la région du fort de Regret. Le régiment franchit les murs de Verdun le 6 avril à 15 h. L'E.-M. du régiment et la C. H. R. sont à la caserne d'Anthouard, le 1er bataillon à la caserne Saint-Nicolas sauf la 2e compagnie détachée au Q. G. à Dugny ; le 2e bataillon couche à la caserne d'Anthouard, et le 3e bataillon au faubourg Pavé, ainsi que les deux C. M.

Le 7, ler régiment relève le 25e R. I. T. pour les travaux de la position intermédiaire, ainsi que des compagnies actives dans les forts. La 1re compagnie au fort de Souville, la 4e compagnie au fort de Tavannes ; la 3e compagnie fournit la garde de la ligne intermédiaire, de même qu'une compagnie par roulement du 3e bataillon. Le 2e bataillon est mis en entier à Belrupt-Village. Les compagnies de mitrailleuses détachent du faubourg Pavé des sections à Souville et à Tavannes. La 9e compagnie fournit des détachements de travailleurs à l'artillerie lourde et à l'artillerie de campagne, pour la construction des abris, l'entretien des pistes, le déchargement des projectiles. La mission des garnisons des forts est de réparer les destructions journalières faites sur les casemates par le bombardement, de renforcer les défenses accessoires, de fournir les corvées nécessaires à la grande activité intérieure, au ravitaillement en matériel et en munitions, de conduire les prisonniers jusqu'à l'E.-M., d'enterrer les malheureux qui, rapportés des lignes, succombent à leurs blessures au P. S., d'aider, dans les moments de presse, les G. B. C. à l'évacuation des blessés jusqu'au relai automobile le plus voisin. Ces multiples occupations se font sous un bombardement permanent, qui creuse dans ses rangs de nombreux vides. Le commandant du fort de Souville est blessé grièvement le 10. Le capitaine Rouard prend le commandement par intérim puis est remplacé par le commandant de Longchamps, le 21. — Le 25, les garnisons des forts sont relevées par le 6e R. I. T. et vont cantonner au faubourg Pavé. Les éléments disponibles du régiment sont formés à cette date en deux groupes de 5 compagnies : le groupe Laulhier, comprenant 3 compagnies de son bataillon plus 2 compagnies du 2e bataillon, et le groupe de Longchamps, formé du 1er bataillon et d'une compagnie du 5e R. I. T. Les deux groupes ont à construire tout un réseau de boyaux, partant de la route d'Étain ou de la route de Souville et conduisant aux forts, puis très au-delà jusqu'aux positions de Fleury, de la Caillette et de Vaux, à travers les paysages désolés des bois de La Laufée, du Chenois et du Chapitre. Chaque soir, avant le coucher du soleil, les braves soldats quittent le faubourg Pavé, en longues colonnes par un et marchent sous les barrages les plus violents jusqu'aux chantiers désignés pour le travail de la nuit.

Les moniteurs du génie les trouvent sur leur chemin et, la tâche achevée, avant la pointe du jour, ils reprennent la route du retour.

Trois quarts de l'effectif marchent chaque jour par roulement. Bien des camarades, les heureux du jour, ceux formant le 1/4 au repos, reçoivent la garde du portefeuille et des souvenirs de ceux qui partent car le danger est grand et, au cas où l'on ne reviendrait pas de là-haut, c'est un réconfort de sentir que les chers absents recevraient l'ultime souvenir.

Le mois de mai s'écoule lentement, la lutte reste aussi violente, on travaille ardemment pour une attaque projetée : la reprise de Douaumont.

Le 12, le groupe de Longchamps est chargé d'ouvrir une parallèle de doublement sur les pentes du fort, le travail doit être exécuté en deux nuits, l'ordre est de rester dans l'ouvrage fait la première nuit, pour l'achever la suivante. Dès la pointe du jour, les observateurs du fort et les avions ayant repéré la position, l'artillerie ouvre un feu d'enfer et enterre littéralement nos braves travailleurs. Certains peuvent être sauvés grâce au courage de leurs camarades ; mais combien de ceux-ci paient de leur vie leur dévouement ! Un tiers du détachement est anéanti.

Le commandant de Longchamps, appelé de nouveau au commandement du fort de Souville, passe ses consignes au capitaine Rouard. Le 20, reprise du travail sur les pentes de Douaumont ; deux parallèles à 50 mètres l'une de l'autre sont entreprises par un effectif comprenant à la fois, les groupes du 26e R. I. T. et ceux d'autres régiments. Cette fois, profitant de l'expérience du 12, on se replie dès la pointe du jour dans des positions plus en arrière, où le tir dirigé sur notre travail ne peut nous atteindre. Le soir venu, bien que le travail de la nuit précédente soit complètement bouleversé, l'on se remet à l'ouvrage qui, le matin du 22 mai à 2 heures, est complètement achevé. Peu après, les braves de la 5e D. I. y prennent place pour s'élancer sur le fort. L'ennemi réagit d'une façon terrible, le succès ne peut être complètement acquis, la ligne même est en danger.

Le 24, à midi, nous sommes alertés et allons en plein jour occuper la position intermédiaire de l'ouest de Fleury à l'ouvrage d'Eix. Le 1er bataillon, au secteur de Souville, le 3e bataillon au secteur de Tavannes, le 2e bataillon en réserve à la Carrière, le P. C. du colonel au Cabaret Ferme.

Les artilleurs font un tel barrage que l'ennemi ne peut atteindre la ligne française ; des troupes de renfort rétablissent la position et le 26, dans l'après-midi, les soldats du 26e redescendent au faubourg Pavé ; puis le 28, ils vont cantonner dans les péniches du canal, à proximité d'Haudainville : c'est le calme après la tempête, bien qu'on la sente encore toute proche, et ce séjour semblant agréable si une pluie diluvienne n’ obligeait pas, la plupart du temps, à vivre dans les bateaux. Le 31, du reste, le régiment est remis en position d'alerte et le 1er juin, le 3e bataillon monte, fatigué, mais néanmoins sans un traînard, occuper la position de la batterie de l'Hôpital. Deux jours après, le 1er bataillon le relève et c'est ensuite le tour du 2e bataillon. Jusqu'au milieu du mois, le roulement s'opère ainsi. Le 26e séjourne à Landrecourt (Meuse) du 15 au 18, puis vas au repos, enlevés du circuit de Nixéville par les fameux camions de la Voie Sacrée.

L'ordre du jour suivant du général Mangin récompense la conduite du régiment :

Le général cite à l'ordre de la 5e D. I. :

Les 1re, 2e, 4e, 5e, 6e, 10e, 12e compagnies du 26e R. I. T. Chargées d'exécuter du au l'aménagement d'un terrain d'attaque, ont fourni pendant quinze nuits consécutives un effort physique et moral considérable, qui leur a permis de terminer à la date fixée les travaux prévus, malgré les difficultés rencontrées et les pertes quotidiennes que leur faisait subir le bombardement.

(Signé :) général Mangin.

Le 18, le régiment occupe les cantonnements suivants :

E.-M., C. H. R., 2e et 3e bataillons : Villers-le-Sec.

Le 1er bataillon et les deux C. M. : Hévilliers dans la région de Ligny-en-Barrois (Meuse).

Le 22, mouvement de 1'E.-M., la C. H. R., le 1er bataillon et les deux compagnies de mitrailleuses sur Ribeaucourt, les deux autres bataillons sur Biencourt (Meuse).

Ce repos dure jusqu'au 26 juin, date à laquelle le régiment est transportés en autos à proximité de Lahaymeix, Woimbey, Bannoncourt, et Dompcevrin (Meuse), où, en attendant le mouvement de relève, il exécute des travaux de seconde position et assure la garde des ponts de la Meuse.

Secteur de Troyon ().[modifier | modifier le code]

Le 28 juin, le 26e R. I. T. est mis à la disposition de la 132e D. I. Les compagnies de mitrailleuses relèvent dans le secteur de Lacroix-sur-Meuse les compagnies de mitrailleuses des 303e et 364e R. I.

Une partie des sections sont en ligne, et les autres en deuxième position, pour exécuter des tirs indirects et des tirs de nuit.

Le 8 juillet, les 1re et 3e compagnies montent en secteur à Rouvrois ; les 2e et 4e à Maizey ; la 8e à la cote 231 ; les autres compagnies restent à leurs travaux.

Le 20 juillet, le 2e bataillon monte en secteur à gauche du 1er, dans le sous-secteur de la 11e brigade ; le 3e bataillon dans le sous-secteur de la 3e brigade du bois des Chevaliers au bois de Fays.

Dans les trois bataillons, la relève se fait à l'intérieur du bataillon.

Le commandant Laulhier, nommé lieutenant-colonel, reste en réserve de commandement, à Lacroix-sur-Meuse, et remplace successivement différents officiers supérieurs.

Le 27 juillet, le chef de bataillon Gomart, commandant le 2e bataillon, passe sur sa demande au 5e R. I. Il est remplacé un mois après par le commandant Guilbaud, venant de l'E.-M. de la 17e région (25 août).

Le 22 septembre, le 2e bataillon quitte ses emplacements et relève le 24e R. I. au quartier Thylda et le 2e bataillon du 28e R. I. dans la partie nord du quartier Violette. Une compagnie du 1er bataillon relève le même jour la compagnie sud du quartier Violette.

Le 29 octobre, le lieutenant-colonel Estèbe prend le commandement de la zone 294 occupée par son régiment, et précédemment placée sous les ordres du lieutenant-colonel Laulhier, qui va prendre le commandement du 22e R. I. T.

Ce secteur est relativement calme : les quatre mois et demi d'occupation se passent dans des conditions favorables, les pertes sont légères et les travaux peu fatigants.

Avec beaucoup de vigilance, les hommes surveillent l'ennemi ; des postes de guetteurs notent chaque jour les travaux de la ligne adverse, sur lesquels des tirs de destruction sont exécutés de temps en temps. les patrouilles sont actives, mais aucun incident grave n'est à retenir ; seules se produisent quelques alertes assez vives que les soldats du 26e repoussent avec succès, en particulier dans le quartier Thylda et au saillant de la Blanchisserie.

Les cantonnements de repos sont améliorés, des abris de bombardement édifiés, les lignes de soutien complétées, les centres de résistance renforcés.

Dans les nuits du 13 novembre au 14 novembre, tout le régiment est relevé par des éléments du 5e, 24e, 28e, 119e R. I.

Le 16 novembre, il est enlevé à Recourt par des autos et transporté dans le secteur des Étangs (est de Commercy) où il remplace une brigade territoriale (259e et 268e R. I. T.).

Secteur des étangs (Woëvre) ().[modifier | modifier le code]

Le poste du colonel est établi à Broussey ; le 1er bataillon a deux compagnies au repos à Vignot et détache une compagnie à Lérouville et une compagnie à Saint-Agnan ; le 2e bataillon a ses compagnies réparties dans le quartier Besombois : une à la Sapinière, une au Boqueteau, une au bois en Hache, une à la ferme Brichaussart.

Le 3e bataillon a deux compagnies au quartier du Bois-Sans-Nom et deux compagnies en réserve de secteur au village de Broussey.

Un système de relève entre les bataillons permet le roulement tous les sept jours.

Ce secteur très étendu a ceci de particulier qu'il est uniquement un secteur défensif. Il est constitué par une ligne de petits postes en bordure des bois, avec des grand'gardes à l'intérieur et des antennes très éloignées formant des postes avancés de surveillance, dissimulés sur les routes conduisant à Apremont. Ces postes sont les points les plus exposés, car ils attirent particulièrement les coups de l'artillerie ennemie et sont, la nuit, les objectifs de ses patrouilles. Grâce à l'activité des surveillances, les surprises sont rares ; cependant, au début, connaissant à peine le secteur, une des patrouilles donne dans une embuscade, les hommes se défendent énergiquement, l'un d'eux tombe, sous les balles ; le caporal et trois hommes blessés sont faits prisonniers.

Une des sentinelles du poste avancé de Pata est également enlevée quelques jours plus tard. Ce sont les seules fois que l'ennemi put surprendre pendant les quatre mois du séjour. Les réseaux vérifiés avec soin sont renforcés, tous les postes isolés entourés d'un puissant réseau, pour en constituer des îlots de résistance efficace.

Les compagnies de mitrailleuses occupent les différents emplacements en permanence ; elles sont renforcées par la compagnie de mitrailleuses de position no 57.

Le 26 novembre, le commandant Angenard prend le commandement du 3e bataillon, venant du 268e R. I. T.

En décembre, un détachement du 9e chasseurs est mis à la disposition des commandants des quartiers Besombois et Bois-Sans-Nom, avec mission de faire des patrouilles offensives vers Apremont et Loupmont. Ces patrouilles menées avec méthode et entrain ne donnent pas de résultat, si ce n'est celui de tenir plus en respect la hardiesse du parti adverse.

En , de grands changements bouleversent le régiment. Par ordre de la IIe armée, 746 hommes du 26e R. I. T. passent à des formations du service de Santé et du service de l'Intendance, et le 2e bataillon est dissous. Un officier et 37 hommes sont affectés au 32e R. I. T. Le reste de l'effectif du bataillon est réparti entre le 1er et le 3e bataillon. Le secteur continue à être tenu, malgré cette diminution d'effectifs, dans les mêmes conditions que par le passé. Les 12 et 13 février, le 104e R. I. T. relève le 26e. Il part cantonner à Vertuzey, Aulnois et Ville-Issey.

À partir du 16, le régiment constitue une réserve du secteur et est employés, sous la direction technique du génie, à établir une forte position sur les côtes de Meuse : Gironville, Frémeréville, Girauvoisin, Saint-Julien.

Au milieu de mars, nouvelle transformation du régiment : les bataillons sont constitués sur le type actif, à trois compagnies, plus une compagnie de mitrailleuses, ce qui entraîne la dissolution des 4e et 12e compagnies. Les mutations ont lieu à la hâte et le 17 mars le régiment est rassemblé dans des cantonnements à proximité de Void (Meuse) où il embarque le 20 à destination d'Épernay.

Le premier gîte d'étape est Cumières, que nous quittons le 22 pour gagner les emplacements suivants :

E.-M. et C. H. R. Méry-Prémecy ;

Le 1er bataillon réparti entre Rosnay, Méry-Prémecy, et Bouleuse ;

Le 3e bataillon entre Chambrecy, Pouilly et Saint-Imoges.

Tout le régiment est employé aux travaux (le réfection des routes, dans la zone de la Ve armée, jusqu'au .

De certains cantonnements, le régiment domine Reims et assiste à la continuation de sa destruction.

16 avril 1917.[modifier | modifier le code]

Le 13 avril, nous sommes transportés à Magneux (Marne) où nous nous installons au bivouac ; nous sommes à la disposition du génie de la Xe armée, et le l5, dans l'après-midi, nous allons prendre une position d'attente à la cote 182 ; à 23 heures, le mouvement se continue sur des routes encombrées de ravitaillements et défoncées par la pluie. Nous arrivons à Maizy, et Cuissy ferme, après avoir franchi l'Aisne sans le moindre accident.

L'aspect de la bataille, dans ce matin chargé de gros nuages, est vraiment très particulier ; la cavalerie est défilée dans des ravins et l'artillerie quitte déjà ses positions pour se porter plus en avant. Nous avons l'impression de la guerre de mouvement qui reprend. Certaines de nos compagnies sont chargées d'aménager les routes à la hâte, pour permettre aux convois d'avancer, d'autres de combler les tranchées allemandes ; enfin une d'elles doit mettre le village d'Ailles en état de défense. En attendant l'ordre d'exécution, les compagnies les plus avancées se groupent dans les parallèles de départ et dans les lignes boches enlevées le matin et la journée s'écoule sans trop d'accidents.

L'ordre nous parvient, dans l'après-midi, de redescendre plus en arrière pour la nuit, et, au petit jour, nous sommes dirigés sur Courlandon, Maizy, Courville et Crugny. L'heure espérée n'a pas encore sonné !

Le 18, le 1er bataillon rattaché à la 5e D. I. cantonne à Nesles (Aisne) et dans les fermes avoisinantes, il travaille à l'amélioration du service Routier. Le 3e bataillon rattaché à la 6e D. I. cantonne à Favières et La Motte, il est employé au même service. Cette situation dure jusqu'au 12 mai.

Repos a Coulommiers (15 mai 1917 – 29 mai 1917).[modifier | modifier le code]

Par étapes, dans un pays fort pittoresque, nous arrivons à Coulommiers, où, pour la première fois, depuis le début de la guerre, nous jouissons pendant deux semaines d'un repos complet, dans une ville de paix. Ce repos est coupé par quelques revues et exercices et par une prise d'armes pour la remise de croix de guerre.

Le 25, le lieutenant-colonel Estèbe, remis à la disposition du Ministre, fait ses adieux au corps d'officiers et le présente au nouveau colonel du 26e, le lieutenant-colonel Gomart, nouvellement promu.

Le 29, départ en autos ; nous cantonnons à Saint-Rémy-Blanzy (Aisne), Billy-sur-Ourcq, Septmonts, jusqu'au 2 juin 1917.

Chemin des Dames (3 juin 1917 – 31 août 1917).[modifier | modifier le code]

Dans la nuit du 2 au 3 juin, nous relevons le 112e R. I. T. de la façon suivante :

E.-M. et C. H. R. à Vasseny ;

1er bataillon à Vailly pour la construction de lignes téléphoniques enterrées entre Chavonne et Ostel ;

3e bataillon à Cys-la-Commune et Presles. Les 9e et 10e compagnies vont occuper la Creute de Rochefort et le ravin d'Ostel, le 2 juin sous un violent bombardement ; dans la nuit du 3 au 4, elles reçoivent l'ordre de se transporter à la Creute Rouge-Maison, au nord de Vailly. Le 6, la 10e s'installe à la Creute des Tonkinois ; un éboulement produit par le bombardement l'oblige le 8 à évacuer cette creute pour revenir à celle de Rouge-Maison.

La 6e D. I. occupe le 3e bataillon à l'aménagement de boyaux d'accès et d'abris dans ses tranchées ainsi qu'au ravitaillement en matériel et en munitions de ses unités eu ligne. Le secteur est agité ; les attaques et les contre-attaques se succèdent sans interruption ; on ne peut aller au travail que la nuit et il faut chaque fois changer d'itinéraire sous des bombardements ininterrompus. Dans la journée et la nuit du 25, le bombardement, très nourri, par obus toxiques, ne cesse pas… Mais nos hommes ont vu Verdun ; ils font leur devoir avec leur tranquille courage et leur habituelle conscience.

Le 16 juin, conservant nos positions, nous passons aux ordres du 33e C. A., puis le 27 nous rejoignons le 3e C. A. : E.-M. et C. H. R. à Bazoches, le 1er bataillon à Dhuizel, et le 3e bataillon à Perles.

Le commandant du génie de la 129e D. I. écrit le 30 juin la lettre suivante au colonel :

Au moment où les 9e et 10e compagnies du 26e R. I. T. quittent la 129e D. I. où elles ont travaillé la main dans la main avec le Génie, le commandant du génie de la D. I. tient à remercier tous les braves gens, officiers, gradés et soldats, du bon esprit dont ils ont fait preuve, et des bons résultats obtenus dans des circonstances difficiles. Le boche a voulu notre peau ; il a trouvé à qui parler. Mort aux boches !

À partir du 1er juillet, Perles est le séjour de l'E.-M. du régiment et le cantonnement des compagnies au repos. Un système de roulement entre nos compagnies et celles des 73e et 74e R. I. T. nous fait affecter à des travaux très variés ; les cantonnements changent au bout de périodes variant entre 8 et 21 jours.

Le secteur reste toujours très agité et nos pertes assez sensibles.

Nos principaux centres de travaux sont dans cette période Pont-Arcy, Beaulne-et-Chivy, Bourg- et-Comin, Vendresse-et-Troyon, Pargnan, Cuissy-Geny et Paissy. Ainsi que de coutume, pendant ces trois mois, nos compagnies de mitrailleuses ont à occuper des positions très avancées et la C. M. 1 a le bonheur d'abattre un avion boche qui, volant à faible hauteur, venait chaque jour mitrailler nos fantassins dans leurs tranchées.

À la fin d'août, nous nous embarquons à Fismes, pour débarquer : le 1er bataillon à Ribécourt (Oise), le 3e à Montdidier. Nous sommes mis au repos pour une quinzaine de jours dans la région de Noyon. Le général en chef vient nous voir au repos ; il réunit notamment les officiers du 3e bataillon avec ceux de la 6e D. I. (division qu'il commandait à la bataille de la Marne) ; il remercie son ancienne division de l'effort fourni au Chemin-des-Dames en ces termes :

« Le pays a fait appel à la 6e division et la division a répondu à son appel. »

Face a Saint-Quentin (15 septembre 1917 – 10 janvier 1918).[modifier | modifier le code]

Vers le milieu de septembre, nous venons rejoindre dans la région de Ham (Somme) les 5e et 6e D. I. ; elles nous occupent à des travaux semblables à ceux exécutés dans l'Aisne : lignes enterrées, création d'une voie de 0,60 m, terrassements et pose de fils de fer barbelés de la seconde position. Le secteur est très calme et nos pertes à peu près nulles. Malgré l'hiver rude, l'amélioration des cantonnements permet de maintenir un état sanitaire excellent.

Le 7 novembre, le commandant Beaucamps vient au 1er bataillon remplacer le commandant de Longchamps passé dans l'active sur sa demande.

La réussite de la belle poussée anglaise sur Cambrai nous met en alerte. Des divisions françaises se tiennent prêtes à marcher si le mouvement s'accentue et notre rôle est prévu dans ce cas. Malheureusement les Allemands rétablissent leurs positions et le calme revient sans que nous ayons à intervenir. Du 9 au 15 janvier 1918, nous sommes relevés par une armée anglaise ; après deux étapes, nous sommes embarqués, une partie du régiment à Roye, l'autre partie à Noyon, et nous sommes transportés dans la région d'Arcis-sur-Aube ; les compagnies y sont dispersées et employées au montage de baraques et à la création de routes, dans toute la région d'Arcis et le camp de Mailly.

Vers le milieu de mars, nos divisions étant remontées en secteur nous réclament : c'est la Champagne.

Secteur de Champagne (28 février – 30 juin 1918).[modifier | modifier le code]

Le P. C. du colonel est au camp O. à l'est de Somme-Suippe ; celui du 1er bataillon à Suippes et celui du 3e bataillon à Somme-Suippe.

Le lieutenant-colonel Gomart, appelé à la direction d'un service forestier, quitte le régiment ; le 29 mars, le lieutenant-colonel Perrin, du 13e dragons, venant du 102e territorial, prend le commandement et nous adresse le salut suivant :

Officiers, sous-officiers, caporaux et soldats du 26e régiment d'infanterie territoriale, Je prends à dater de ce jour le commandement du régiment. Depuis 20 mois je vis au milieu des territoriaux. Je les ai vus à l'œuvre, j'ai apprécié leur discipline, leur endurance et leur courage. Je sais que vous êtes parmi les très bons. Vous avez marqué glorieusement votre passage dans l'Artois, à Verdun, au Chemin-des-Dames… Dans la période actuelle des travaux, vous conserverez vos qualités militaires qui vous permettront d'être toujours à la hauteur de toutes les tâches qui pourraient vous être confiées.

Tout pour la France ! Toujours !

Le régiment est presque entièrement chargé d'assurer le ravitaillement en matériel, munitions et vivres des troupes de première ligne qui s'effectue au moyen de voies de chemin de fer de 0,60 m très nombreuses dans ce secteur fameux. Pendant notre séjour le secteur reste relativement calme ; cependant certains postes comme La Chenille et Les Wacques, occupés par les 1re et 3e compagnies, sont soumis à des bombardements par obus explosifs et toxiques assez fréquents ; les travaux et les manutentions ne peuvent s'exécuter que la nuit ; nous subissons quelques pertes.

Les compagnies de mitrailleuses sont employées à la défense contre avions, dont les incursions sont fréquentes le jour comme la nuit. Elles répondent également aux tirs des Allemands par des tirs indirects sur l'arrière de leurs lignes.

Des détachements sont mis à la disposition du génie dans ses différents chantiers, notamment dans les exploitations, forestières et les scieries de Givry-en-Argonne et du Châtelier.

Première bataille de la Marne (du 21 juin au 10 juillet 1918).[modifier | modifier le code]

Le 21 juin, le régiment est transporté en camions-autos et va relever au nord de la Ferté-sous- Jouarre des éléments du 143e et du 144e R. I. T.

L'E.-M., la C. H. R., et le 1er bataillon sont à Dhuisy.

Le 3e bataillon à Reuil.

Les compagnies sont mises à la disposition du génie, de l'artillerie, de la prévôté et du service routier successivement sous les ordres des 167e, 164e, 73e divisions, puis de la D. I. U. S. du 1er corps américain.

En cas d'alerte, le régiment a la défense d'un secteur de la deuxième position dont le colonel Perrin prend le commandement.

Les deux premières compagnies sont installées en bivouac dans les bois de Vaurichard, Veuilly (N. de Marigny), puis aux Ablais, où, durant onze jours, elles établissent en première ligne des réseaux et organisent des tranchées sous la direction du génie ; elles y sont soumises à un bombardement presque constant et subissent quelques pertes.

La compagnie de mitrailleuses du 1er bataillon avec deux sections de mitrailleuses du 7e régiment de chasseurs organise et occupe une position à la Sablonnière (N. de Montreuil-aux-Lions).

Le 7 juillet, le régiment est relevé de ses emplacements par la 161e brigade territoriale et va cantonner à Petit-Moras – Courcelles - Reuil-en-Brie et dans les villages voisins.

Le 10 juillet, à 21 heures, il est enlevé en camions automobiles et transporté :

E.-M. et 3e bataillon à Condé-en-Brie ;

1er bataillon à Igny-le-Jard.

Le régiment est mis à la disposition de la 20e D. I. et reçoit pour mission d'occuper et d'organiser la deuxième position, d'Évry à Mont-Mergey concurremment avec les bataillons de tête de cette division, le P. C. du colonel devant être à Grange-Gaucher.

Répartition des unités.

Sous-secteur de gauche : 9e et 11e compagnies et C. M.2, garnison de sûreté de l'axe du ruisseau de Monthodon. 1er bataillon du 2e R. I.

Sous-secteur du centre : 3e compagnie et deux S. M. du 7e chasseurs, garnison de sûreté sur l'axe Chemin-du-Clos-Milon – Grange Gaucher. 1 bataillon du 25e R. I.

Sous-secteur de droite : 1re, 2e compagnies et C. M.1, garnison de sûreté sur l'axe du ruisseau d'Ignv-le-Jard - Comblizy. 1er bataillon du 47e R. I.

La 10e compagnie à la disposition du génie, à l'arrière.

Le 26e se met résolument au travail pour la mise en état de cette deuxième position, au sud de Dormans, position à peine ébauchée et que la ruée allemande allait atteindre alors qu'on commençait seulement à creuser les tranchées.

Deuxième bataille de la Marne (du 15 juillet au 19 juillet 1918).[modifier | modifier le code]

Le 15 juillet, à 0 h.30, l'attaque allemande commence brusquement par un bombardement d'une violence inouïe, par obus toxiques et explosifs de tous calibres sur les premières lignes, la deuxième position, en même temps que sur les cantonnements et toutes les voies de communications à l'arrière.

Le lieutenant-colonel Perrin est blessé par éclat d'obus à la sortie de Condé-en-Brie et contusionné par la chute de son cheval renversé sur lui. Surmontant la douleur il peut néanmoins se remettre à cheval et se rendre au P. C. de 1'I. D. 20 au Moncet (N. de Breuil). Mais de là il doit être évacué. Il envoie ses ordres au capitaine Bartement son officier adjoint.

À Condé et Igny-le-Jard, grâce au sang-froid de tous, les T. R. et T. C. peuvent être attelés et sortis, sans trop de perte, des cantonnements et dirigés sur Fransauges.

Le chef de bataillon Beaucamps peut passer, à midi, le commandement de son bataillon, entièrement engagé, au capitaine Deloye et vient prendre le commandement du régiment.

Dès le début de l'attaque, sous un bombardement meurtrier, les compagnies vont occuper leurs positions de combat et s'y organisent. Toute la nuit la canonnade demeure très vive et nos pertes deviennent d'heure en heure plus sensibles.

À 7 h.30, quelques éléments de la première position, complètement submergée par l'ennemi, se replient sur la deuxième position que nous occupons. Les premières forces ennemies se présentent vers 9 heures sous forme de détachements utilisant habilement le terrain et tentant de s'infiltrer par les ravins. Vers le centre de notre secteur, occupé par la 3e compagnie, protégés par les bois qui gênent notre vue et par une artillerie couvrant le terrain d'obus fumigènes, les Allemands parviennent à aborder nos lignes : une contre-attaque dirigée par le capitaine Bert les en déloge non sans pertes pour eux.

Ces tentatives, sur le front, se poursuivent toute la journée du 15, dans la nuit du 15 au 16 et sont, toutes, repoussées par nos tirs de mitrailleuses, de fusils mitrailleurs et des feux de mousqueterie bien ajustés.

Les avions allemands survolent les lignes à une très faible hauteur, bombardant nos lignes et mitraillant nos hommes dans les tranchées sans abris.

Le 16 juillet, la canonnade qui s'était ralentie pendant la nuit reprend dans la matinée, violente et nourrie, donnant nettement l'impression d'une sérieuse préparation d'attaque ; les avions continuent à survoler nos lignes en les bombardant et les mitraillant.

Vers 17 heures, l'attaque se dessine, l'ennemi apparaît sur les hauteurs et commence à descendre les pentes, notamment vers Comblizy. Mais il ne peut progresser sous nos feux et disparaît.

Le 17 juillet, le bombardement reprend à 3 h.30 ; des éléments de troupes actives venues nous renforcer commencent à contre-attaquer. Nous appuyons leurs mouvements par des tirs directs et indirects de nos mitrailleuses. Dans l'après-midi les avions ennemis, au nombre d'une vingtaine, reparaissent sur les lignes qu'ils survolent à cent mètres à peine, mitraillant, à deux reprises, la garnison des tranchées.

18 juillet. L'artillerie ennemie exécute des tirs d'obus explosifs et toxiques sur l'ensemble de nos positions.

Dans la nuit, nos compagnies engagées sont relevées et ramenées en arrière dans le bois du Breuil.

Nos pertes s'élèvent à 153 tués, blessés ou disparus.

Le 19, nous restons au bois du Breuil ; nous y apprenons que la contre-attaque française a réussi, que les ennemis ont repassé la Marne et que nos troupes les poursuivent sur la rive Nord : c'est la deuxième victoire de la Marne qui permet toutes les espérances !

Du 20 juillet au 9 août, le régiment est mis à la disposition du génie et de l'artillerie successivement au sud, puis au nord de la Marne, dans la région de Dormans, pour rendre praticables à nos troupes poursuivant l'offensive, les routes et les chemins. Une compagnie aide le génie à construire une passerelle sur la Marne, d'autres sont chargés de l'assainissement du champ de bataille, enterrent les cadavres, enfouissent ou brûlent sur place les chevaux tués, d'autres récupèrent un matériel important abandonné par les Boches dans leur fuite ; la C. H. R. déblaye les rues de Dormans et remet hâtivement en état pour l'installation de l'E.-M. du 3e C. A., le château Lecomte, très abîmé (château où s'élèvera bientôt la chapelle commémorative de la deuxième victoire de la Marne).

En résumé, au cours de cette deuxième bataille mémorable de la Marne, le 26e R. I. T. s'est trouvé brusquement au contact des fantassins ennemis, il subit des bombardements violents, et durant quatre jours a joué le rôle d'une unité active.

Accablés par la fatigue, la chaleur et la soif, dans l'eau et dans la boue à la suite de l'orage qui éclata dans la nuit du 17 au 18, les territoriaux ont tenu, veillé et combattu, sans aucune défaillance, donnant à leurs jeunes camarades de l'active un beau spectacle d'abnégation et de dévouement.

Tous ont fait largement leur devoir. Leur moral s'est constamment maintenu à un niveau très élevé, et, lorsqu'ils sont sortis de la bataille, ils se sont remis avec acharnement au travail, suivant pas à pas l'offensive et oubliant vite leurs misères dans la conviction d'avoir accompli bravement leur devoir et contribué efficacement à l'arrêt de l'offensive allemande.

Dissolution du régiment (10 août 1918).[modifier | modifier le code]

En exécution d'une note du Général en chef en date du 12 juillet 1918, les régiments territoriaux, réserve d'infanterie sont supprimés.

Le lieutenant-colonel Perrin abrège sa convalescence, et rejoint le régiment à Dormans, voulant lui adresser ses adieux et saluer une dernière fois son drapeau.

Le régiment est embarqué en autos et va gagner des cantonnements de repos à Villiers-sur-Morin ; dans cette fort jolie petite vallée où nous sommes très bien reçus par la population, va s'effectuer la dislocation du régiment.

Par note du 22 juillet 1918, le général commandant le IIIe C. A. fait connaître que le 26e R. I. T. sera dissous le 10 août 1918 et constituera deux bataillons de pionniers et un bataillon de mitrailleuses, réserve de feux du corps d'armée.

Le 1er bataillon de pionniers du 26e R. I. T. formé des 1re, 2e et 3e compagnies.

Le 2e bataillon de pionniers formé des 9e, l0e et 11e compagnies.

Le bataillon de mitrailleuses formé des deux compagnies de mitrailleuses du régiment.

La compagnie H. R. est dissoute et versée dans les différentes compagnies de pionniers et certains services du C. A.

Le matériel en excédent est versé dans les dépôts de la région.

Le lieutenant Communaux part à Mayenne où il va porter le drapeau du régiment et les archives du corps.

Avant de nous séparer, un service solennel à la mémoire des camarades morts au champ d'honneur nous réunit une dernière fois dans l'église de Villiers-sur-Morin où le brancardier-prêtre Bruno prononce une éloquente allocution qui retentit douloureusement dans nos cœurs comme le De Profundis du régiment.

Nous ne pouvons mieux terminer ce trop court résumé de l'histoire du 26e qu'en recopiant ici les deux ordres du jour par lesquels le général Lebrun, commandant le 3e C. A., et le lieutenant- colonel Perrin, nous ont adressé leurs adieux :

6 août. Ordre général no 273.

Au moment où le 26e R. I. T. va être dissous, le général commandant le C. A. tient à exprimer toute sa satisfaction à ce beau régiment et à le remercier des excellents services qu'il n'a cessé de rendre au 3e C. A.

Pendant les trois années où il a été rattaché au C. A., le 26e R. I. T. a toujours fait preuve du meilleur esprit et d'un dévouement absolu ; il a fourni, avec un entrain inlassable, de très gros efforts pendant l'offensive de 1915, en Artois, où sa brillante attitude lui a valu une citation à l'ordre du C. A., à Verdun en 1916, au Chemin-des-Dames en 1917.

Le général commandant le C. A. est convaincu que les bataillons de pionniers et le bataillon de mitrailleuses du 26e R. I. T. continueront à mériter les mêmes éloges.

Il adresse au commandant du 26e R. I. T. et à ses collaborateurs qui quittent le C. A. tous ses regrets de les voir partir et ses félicitations pour leur zèle et leur dévouement.

Le général commandant le 3e C. A. (Signé :) Lebrun.

9 août 1918. Ordre du régiment no 412.

Officiers, sous-officiers, caporaux et soldats du 26e R. I. T.

Je vous fais mes adieux.

Je garde le souvenir de votre courage et de votre vaillance.

Vous avez terminé l'histoire du régiment par une page magnifique de bataille et de gloire, en inscrivant dans les plis de votre drapeau déjà si glorieux les noms de la Chapelle-Monthodon et d'Igny-le-Jard.

À votre retour au foyer familial, après la grande et belle victoire finale qui vient vers nous à tire d'ailes, lorsque vous apprendrez à vos enfants ce qu'est la bravoure, vous pourrez leur dire : J'étais là, et devant moi le Boche a mordu la poussière.

Vous, du moins, vous continuez à porter le numéro du 26e.

Vous vous souviendrez que le passé oblige, et vous serez toujours dignes de vous.

Vous resterez fidèles à votre devise :

Tout pour la France ! Toujours !

Aux armées, le 9 août 1918. (Signé :) Perrin.

Personnages célèbres ayant servi au 26e RIT[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Service historique de la Défense, décision no 12350/SGA/DPMA/SHD/DAT du 14 septembre 2007

Sources[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]