110e régiment d'infanterie

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110e régiment d'infanterie
Image illustrative de l'article 110e régiment d'infanterie
Insigne régimentaire du 110e régiment d’infanterie.

Création Août 1692
Dissolution [1]
Pays Drapeau de la France France
Branche Armée de terre
Type Régiment d’infanterie
Rôle Infanterie
Fait partie de Brigade franco-allemande.
Garnison Donaueschingen
Ancienne dénomination Régiment de Barrois
Devise « 'Qui s'y frotte s’y pique »
Inscriptions
sur l’emblème
Fleurus 1794
Zurich 1799
Hohenlinden 1800
Saint-Domingue 1802
Belgique 1914
Verdun 1916
La Somme 1916
La Marne 1918
AFN 1952-1962
Anniversaire Saint-Maurice
Équipement De 6 compagnies dotées des matériels les plus modernes : VBL, VAB (transport de troupe ou canon de 20 mm), missiles MILAN et ERYX.
Guerres Guerre de Succession d'Espagne
Guerre d'indépendance des États-Unis
Guerre de Vendée
Guerre de 1870
Première Guerre mondiale
bataille de France
Guerre d'Algérie
Batailles Bataille de Yorktown
Fleurus
Bataille de Zurich
Siège de Paris
Bataille de Verdun
Bataille de la Somme
Bataille de la Marne (1918)
Fourragères Aux couleurs du ruban de la Médaille militaire
Décorations croix de guerre 1914-1918
cinq palmes

Le 110e régiment d'infanterie a été créé en 1692 sous le nom de Régiment de Barrois[réf. nécessaire]. Il appartient à l'armée de terre française. En 1772 il est « régiment de Port-au-Prince » il est issu des Compagnies ordinaires de la mer. Dunkerque (Nord), dont il est le régiment de tradition, est sa ville marraine depuis le .

Il compte parmi les nombreux régiments de la Monarchie qui avaient pour mission de servir sur les bateaux et dans les colonies. Tous ces régiments ont été dotés en 1791 d'un numéro dans l'ordre de bataille de l'infanterie de ligne, alors qu'ils peuvent historiquement être considérés comme les « ancêtres » des régiments d’infanterie de marine.

Ce sont :

Le ministère de la Défense annonce le 31 octobre 2013 sa dissolution courant 2014, mettant ainsi fin à près de 50 ans de présence dans la ville de Donaueschingen. Il est donc dissous le 24 juin 2014[2].

Création et différentes dénominations[modifier | modifier le code]

Chefs de corps[modifier | modifier le code]

Insigne de béret de l'infanterie
  • 1692 - 1704 : colonel de Lisle (comte)
  • 1704 - 1710 : colonel de Lisle (chevalier)
  • 1710 - 1713 : colonel de Boufflers
  • 1713 - 1758 : prince de Conti
  • 1758 - 1761 : prince de Nassau
  • 1761 - 1762 : O'Gilvy
  • 1772 - 1788 : colonel Joseph de Gripière, marquis de Laval
  • 1788 - 1791 : colonel Thomas-Antoine de Mauduit du Plessis
  • 1791 - 1792 : lieutenant-colonel de Cournoyer
  • 1792 - 1793 : Jean Joseph Lombard de Roquefort - Colonel
  • 1793 : Pierre Pascal Dupuy - Colonel
  • 1793 - 1794 : Valentin - Commandant
  • 1794 - 1795 : Denis Jacques de Moret - chef de brigade
  • 1795 - 1798 : Balthazard Grandjean - chef de brigade
  • 1798 - 1802 : Loilier - chef de brigade
  • 1802 - : Louis Pierre Jean Cassan - chef de brigade
  • 1870 - : Allart - Commandant
  • 1870 - : Mimerel - Colonel
  • 1870 - 1871 : Roblastre - Colonel
  • 1871 - 1876 : de la Chaussée
  • 1876 - 1882 : Lemoize
  • 1882 - 1884 : Baum
  • 1884 - 1888 : Jacques Charles René Achille Duchesne
  • 1888 - 1889 : la Tour D'Affaure
  • 1889 - 1896 : Robin
  • 1896 - 1901 : Maury
  • 1901 - : Affert
  • 1901 - 1906 : Brieu
  • 1906 - : de la Pintière
  • 1906 - 1910 : Fares
  • 1910 - 1912 : Chere
  • 1912 - 1914 : lieutenant-colonel Marcel Levie
  • 1914 - 1915 : Buffet
  • 1915 - : commandant Vergnes
  • 1915 - 1916 : colonel Antoine Léchères
  • 1916 - 1917 : lieutenant-colonel Lehagre
  • 1917 - : Rollez
  • 1918 - 1920 : colonel Léon Paillot
  • 1920 - : lieutenant-colonel Grasse
  • 1921 - : " Vesque
  • 1921 - 1923 : colonel Tysseyre
  • 1923 : Oudry
  • 1923 - 1927 : Leclerc
  • 1927 - 1928 : Marchal
  • 1928 - 1931 : D'Hers de Miquel
  • 1931 - 1934 : Pourailly
  • 1934 - 1937 : Hanaut
  • 1937 - 1939 : Parent
  • 1939 - 1940 : Derache
  • 1945 - : lieutenant-colonel Reymond
  • 1945 - : colonel Lorillot
  • 1945 - : lieutenant-colonel Dancourt
  • 1945 - 1947 : colonel Le Hingrat
  • 1947 - : chef de Bataillon Deruelle
  • 1947 - 1948 : de Beaugrenier
  • 1948 - : Joyeux
  • 1949 - : lieutenant-colonel Cucherat
  • 1949 - 1950 : colonel Pelissier
  • 1950 - 1952 : Cazalaa
  • 1952 - 1953 : Briand
  • 1953 - 1955 : Rousson
  • 1955 - 1957 : Homo
  • 1957 - 1959 : Costa de Beauregard (** )
  • 1959 - 1960 : Puech
  • 1960 - 1962 : Person
  • 1962 - 1964 : Badie
  • 1964 - : Dufour
  • 1964 - 1965 : Barthelemy
  • 1965 - 1967 : Fuhr
  • 1967 - 1969 : Prost ( *** )
  • 1969 - 1971 : Toulouse
  • 1971 - 1973 : colonel Louis Pitel ( **** )[5]
  • 1973 - 1975 : colonel Marcel Paroldi
  • 1975 - 1977 : colonel Arthur Schwartz (**)
  • 1977 - 1979 : Colonel Cot ( ***** )
  • 1979 - 1981 : colonel Claude Doussineau
  • 1981 - 1983 : colonel Lucien Most
  • 1983 - 1985 : colonel Armand Perzo
  • 1985 - 1987 : colonel Pierre Mignot (***)
  • 1987 - 1990 : colonel Braun
  • 1990 - 1992 : colonel Bauer
  • 1992 - 1994 : colonel Falzone ( **** )
  • 1994 - 1996 : colonel Jacques Pellabeuf
  • 1996 - 1998 : colonel Yves Beraud (**)
  • 1998 - 2000 : colonel Marc Rudkiewicz (**)
  • 2000 - 2002 : colonel Dominique Laugel (**)
  • 2002 - 2004 : colonel Marc Christy (**)
  • 2004 - 2006 : colonel Wallerand de Madre
  • 2006 - 2008 : colonel Thierry Gauci
  • 2008 - 2010 : colonel Jean Philippe Leroux
  • 2010 - 2012 : colonel Benoit Roux
  • 2012 - 2014 : colonel Olivier Waché

(*) Ces officiers sont devenus par la suite généraux.

Historique des garnisons, combats et batailles du 110e RI[modifier | modifier le code]

Ancien Régime[modifier | modifier le code]

Révolution et Empire[modifier | modifier le code]

  • En 1791, les soldats du régiment de Port-au-Prince s'étaient insurgés. Ils furent rejoints dans la révolte par les 2e bataillons des 9e, 32e et 48e régiment d'infanterie qui avaient été envoyés de Brest pour Saint-Domingue et participer à stopper la Révolution haïtienne.
    Les 2e bataillons des 32e et 48e régiment d'infanterie furent supprimés tandis que le 2e bataillon du 9e et le régiment de Port-au-Prince furent embarqués fin mars et arrivèrent en juillet à l'île de Ré pour y être réorganisés[6].
    Il reste en garnison sur l'île de Ré.

IIIe République[modifier | modifier le code]

Le 16 août 1870, le 10e régiment de marche est formé avec les

provenant de leurs dépôts et dont les soldats sont pour la plupart de nouveaux arrivants qui n'avaient jamais tiré à la cible avec le chassepot et ignoraient totalement le service en campagne, pour constituer la 1re brigade de la 2e division du 13e corps d'armée[4]

Article détaillé : Régiment de marche.

Au 8 novembre 1870, le 110e régiment d'infanterie fait partie de la 2e Armée de l'Armée de Paris sous les ordres du général Ducrot .
Avec le 109e régiment d'infanterie du Colonel Miquel de Riu, le 110e forme la 1re Brigade aux ordres du colonel Valentin (gendarmerie). Cette 1re brigade avec la 2e brigade du général Blaise, deux batteries de 4 et une de mitrailleuses, une section du génie constituent la 2e division d'infanterie commandée par le général de Maudhuy. Cette division d'infanterie évolue au sein du 1er Corps d'Armée ayant pour commandant le général de division Blanchard.

1873 : garnison à Dunkerque (jusqu'en 1940)

Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

1914[modifier | modifier le code]

  • Campagne de Belgique

1915[modifier | modifier le code]

1916[modifier | modifier le code]

1917[modifier | modifier le code]

1918[modifier | modifier le code]

L’entre deux guerres[modifier | modifier le code]

110e - 73e Régiment d’Infanterie.jpg
  • En 1919, le Régiment retrouve sa garnison de Dunkerque, mais retourne à trois reprises en Allemagne, à Trèves, à Düsseldorf et à Bonn dans le cadre de l’occupation. En 1933, il devient régiment motorisé.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Insigne du 110e RI en 1945-46.

Rattaché à la 17e division légère d'infanterie

Depuis 1945[modifier | modifier le code]

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Engagements récents en opérations extérieures (OPEX) et en missions de courte durée (MCD)[modifier | modifier le code]

  • 1996 : Bosnie (Mandat IFOR).
  • 1997 : Bosnie (2e et 3e Mandat SFOR).
  • 1998 : Guyane.
  • 1999 : Guyane.
  • 2000 : Bosnie (GTFR 12).
  • 2002 : Guyane, Côte d'Ivoire, Nouvelle-Calédonie.
  • 2003 : Bosnie (GTFR 19), Macédoine (EUFOR Concordia), Côte d'Ivoire (Opération Licorne 3), Nouvelle-Calédonie.
  • 2004 : Tchad (Épervier), Afghanistan (Opération Pamir 9).
  • 2005 : Sénégal, Côte d'Ivoire (Licorne 10), Afghanistan (opération Épidote 18).
  • 2006 : Côte d'Ivoire (Licorne 11).
  • 2007 : Guyane, Sénégal, Kosovo (Bat-Fra 16).
  • 2008 : Côte d'Ivoire (Licorne 17), RCA (Opération Boali 19), RCA (EUFOR Tchad/RCA 3).
  • 2009 : Kosovo (Bat-Fra 20).
  • 2010 : Tchad (Épervier), Guyane, Afghanistan (OMLT).
  • 2011 : Kosovo (MNBG-N 4), Afghanistan (OMLT).
  • 2012 : Nouvelle-Calédonie, RCA (Opération Boali 30).
  • 2013 : Tchad (Épervier), Djibouti, Allemagne, intervention lors des inondations [7]
  • 2014 : Guyane (Harpie), Martinique

Les devises des différentes compagnies et leurs surnoms éventuels[modifier | modifier le code]

  • 1re Cie : « Faire Face »
  • 2e Cie : « La sueur épargne le sang » - Les diables
  • 3e Cie : « More Majorum » - Les lions
  • 5e Cie : « Partout on l'engage »
  • 8e Cie : "Ad Augusta per Angusta"
  • Compagnie d'Éclairage et d'Appui (CEA) : « Videre et Ferire » ("Voir et Faire Feu") - Les griffons.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Sur la cravate du drapeau sont épinglées la croix de guerre 1914-1918 avec cinq palmes Croix de guerre 1914-1918 française.jpg et la Fourragère aux couleurs du ruban de la Médaille militaire décernée le 3 septembre 1918.

Fourragère aux couleurs du ruban de la médaille militaire

Drapeau du régiment[modifier | modifier le code]

Il porte, cousues en lettres d'or dans ses plis, les inscriptions suivantes[8],[9]:

110e régiment d'infanterie de ligne.svg

La devise[modifier | modifier le code]

« Qui s'y frotte s’y pique » qui est aussi celle de la ville de Nancy (54) et par la même occasion celle du 26e régiment d'infanterie de Nancy-Vandœuvre. Les mêmes mentions sont portées sur son insignes régimentaire.

Citations[modifier | modifier le code]

217 citations sont décernées aux soldats du régiment durant la Première Guerre mondiale.

Brigade franco-allemande[modifier | modifier le code]

Au sein de la Brigade franco-allemande, les deux régiments d’infanterie de la BFA, le 110e RI et le JgBtl 292 ont été stationnés dans le même quartier à Donaueschingen et sont jumelés avec des municipalités allemandes du Bade-Wurtemberg. La Compagnie d’éclairage et d'appui (CEA) du 110e RI était stationnée à Villingen.

Historique du régiment[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

En effet, « Port-au-Prince » est l’un des plus anciens régiments de France. Créé officiellement, le 18 août 1772 par une ordonnance de Louis XV pour le service de la colonie de Saint-Domingue, il tire son nom de sa ville de garnison d’origine. Mais ses origines sont plus anciennes si l’on prend logiquement en compte la filiation des quatre régiments d’Anciens Régime ayant eu le rang 110 dans l’infanterie :

  • Régiment de Barrois (1692-1713) (dont les effectifs proviennent principalement du glorieux régiment de Champagne, l’un des « quatre vieux ») ;
  • Régiment de Conti (1713-1758) (du nom de son colonel et propriétaire) ;
  • Régiment de Nassau (1758-1761) (du nom de la province allemande de Rhénanie) ;
  • Régiment O’ Gilvy (1761-1762) (du nom de son colonel et propriétaire écossais).

De ces filiations, le régiment a d’ailleurs gardé quelques symboles sur son insigne : la couronne des Stuart prétendants au trône d’Angleterre, le Chardon d’Écosse, ainsi que la devise « Qui s’y frotte, s’y pique ! » (Auxquels viennent s’ajouter les armoiries de la ville de Dunkerque et le chiffre 110).

Il est parmi de nombreux régiments de la Monarchie qui avaient pour mission de servir sur les bateaux et dans les colonies. Tous ces régiments ont été dotés en 1791 d'un numéro dans l'ordre de bataille de l'infanterie de ligne… alors qu'ils peuvent historiquement être considérés comme les « ancêtres » des régiments d'Infanterie de marine. (voir Régiment de la Martinique)

Ancien Régime[modifier | modifier le code]

Participant à la défense des Antilles françaises face aux vues anglaises et espagnoles, le régiment détache quantités de troupes sur l’île et à bord des vaisseaux royaux. Il participe à l’intervention française déterminante pour l’indépendance des États-Unis de 1779 à 1781, notamment lors d’assauts infructueux durant le siège de Savannah, et lors de la bataille navale victorieuse de la baie de Chesapeake qui permet d’obtenir la reddition des troupes anglaises à Yorktown.

Révolution et Empire[modifier | modifier le code]

En 1792, après une période révolutionnaire tumultueuse, et après être devenu 110e régiment d’infanterie, il est rappelé en métropole pour participer à la guerre de Vendée dans la région des Sables-d’Olonne. S’ensuit une période de luttes aux frontières à laquelle participe farouchement le 110 contre les armées des monarchies européennes, notamment durant la campagne de Sambre-et-Meuse à Fleurus (1794), première inscription au Drapeau. Puis, c’est la campagne d’Helvétie et celle d’Italie, avec une deuxième inscription au drapeau : « ZURICH (1799) ». Enfin, la campagne de l’été 1800 en Allemagne du Sud permet aux troupes françaises d’obtenir un retentissant succès politique contre les Autrichiens à la bataille d’Hohenlinden, troisième inscription au Drapeau de la 110e demi-brigade de ligne. Mais la situation dans les colonies s’est dégradée depuis le départ du régiment en 1791. La révolte de Toussaint-Louverture a ensanglanté l’actuelle Haïti et une expédition de 30 000 hommes est montée en 1801 par Napoléon pour en reprendre possession. Le régiment est renvoyé en renfort en 1802. En 1809, toutes les troupes ont progressivement été englouties par les combats et les maladies. La 110e demi-brigade disparaît ainsi faute de renforts, loin de la métropole et des gloires impériales.

IIIe République[modifier | modifier le code]

Le 110e régiment d’infanterie de ligne ne renaît qu’au cours du siège de Paris en 1870 à partir de l’effectif du 10e régiment d’infanterie de marche. Il participe aux combats de l’Hay et de Buzenval. Puis c’est la répression de la Commune au sein de l’armée de Versailles. Durant cette période difficile, la conduite irréprochable du régiment lui vaut de conserver son numéro et sa constitution durant la réorganisation de l’armée.

Septembre 1873 marque le renouveau du régiment dans sa nouvelle garnison de Dunkerque. En 1880, une quatrième inscription « SAINT DOMINGUE 1802 » est ajoutée au Drapeau en souvenir des luttes passées du 110. La présence du régiment permet de maintenir le calme durant les périodes de grèves de 1880. Un bataillon participe à la campagne de Tunisie de 1881 à 1883, mais la principale activité réside dans la préparation de la revanche grâce à d’incessantes manœuvres. Cette période stable permet au régiment de s’enraciner profondément dans sa belle garnison du Nord ; la répartition géographique de ses bataillons se fait à Dunkerque même, dans la Caserne Jean Bart, mais aussi à Gravelines et à Bergues.

C’est la Grande Guerre qui donne enfin au 110 la reconnaissance de ses sacrifices passés. Sa valeur au feu de 1914 à 1918 le place parmi les régiments d’élite car il est de toutes les grandes batailles comme à Verdun, en février 1916, où il relève le glorieux 95e à Douaumont et absorbe au prix d’effroyables pertes le raz-de-marée ennemi au plus fort de l’offensive allemande. L’année 1916 est terrible car l’offensive sur la Somme vient engloutir durant les combats pour Combles les magnifiques combattants rescapés de Verdun. Puis c’est le front de Champagne, avec l’offensive sur Craonne le 16 avril 1917 où les trois bataillons du régiment sont décimés en plein assaut par les mitrailleuses embusquées. Après des permissions bien méritées, c’est le front des Flandres qui attend nos enfants de Jean Bart, où ils s’illustrent en s’emparant de tous leurs objectifs le 9 octobre 1917. Ils participent à l’arrêt de l’ultime offensive allemande généralisée en défendant âprement les bords de l’Ourcq au sein de la 6e armée du général Degoutte, puis en contre-attaquant avec succès dans la profondeur du dispositif ennemi. Enfin à partir d’août 1918, le 110 participe victorieusement aux violents combats pour franchir l’Ailette au sein de la 10e armée du général Mangin. À la fin de la guerre, le régiment stationne à Mayence, et c’est à Wiesbaden que lui est remis solennellement par le Maréchal Pétain, la fourragère de la médaille militaire en récompense des 5 citations à l’ordre de l’Armée obtenus durant le conflit. C’est l’hommage rendu aux 108 officiers, aux 250 sous-officiers et aux 2 369 caporaux et grenadiers tombés au Champ d’Honneur. Quatre inscriptions nouvelles ornent désormais le Drapeau : « Belgique 1914 », « VERDUN 1916 », « LA SOMME 1916 », « LA MARNE 1918 ». Dès 1919 le régiment retrouve sa garnison tout en participant à l’occupation en Allemagne. En 1928, le régiment établit son 2e bataillon à Calais et le 3e à Boulogne-sur-Mer, le 1er bataillon restant avec le PC à Dunkerque. En 1933, il devient 110e régiment d’infanterie motorisé et fait partie des meilleurs éléments de l’armée française.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

L’offensive allemande du 10 mai 1940 surprend l’armée belge qui ne parvient pas à se rétablir. La 1re DIM doit s’avancer au contact de l’ennemi en toute urgence pour stopper son avance sur la « position Dyle ». À partir du 11 mai, le 110 va livrer durant quatre jours entiers un combat retardateur aux côtés des 1er RI et 43e RI face à l’une des meilleures divisions allemandes (3e Panzerdivision) autour des villages de Perbais et Chastres. Malgré l’absence de soutien aérien et de renforts en blindés, les positions défensives du 110 n’ont pu être enfoncées durant les combats de Gembloux grâce à une excellente défense anti-char. Malgré d’importantes pertes le régiment s’est maintenu jusqu’à l’ordre de repli au moment même où la 9e armée est enfoncée au sud. Une série de combats de retardement sont livrés en direction de Lille. Les éléments à pied du régiment, pris au piège, défendront Loos-les-Lille jusqu’à épuisement des munitions le 31 mai. Les honneurs militaires sont rendus au détachement des survivants qui conservent leur armement (il faut tout de même noter que le 26 mai 1940, à Houlle, 13 membres du régiment, prisonniers de guerre, ont été exécutés par des soldats SS de la Leibstandarte Adolf Hitler sous les ordres de Sepp Dietrich). Seul le PC et les éléments motorisés arrivent à Dunkerque et parviennent à s’embarquer pour l’Angleterre le 1er juin et sont débarqués le 5 juin à Brest en vue de poursuivre le combat. Le reste du régiment est fait prisonnier après l’armistice. Le drapeau échappe à la capture en étant confié à un couple d’instituteurs.

Durant l’occupation, dès 1942, des groupes FFI se rassemblent sous l’impulsion d’anciens combattants du régiment et porte un brassard avec le no 110. Le 15 octobre 1944, le 110e régiment d’infanterie renaît provisoirement en plein siège de Dunkerque et participe aux combats jusqu’à la réduction des troupes allemandes dans le Nord.

La reconstitution effective du 110 ne s’effectue que le 1er janvier 1945 en vue de la poursuite des combats en Allemagne. Le 8 avril, le régiment réorganisé sur le modèle américain est présenté à son ancien drapeau sauvé en 1940. Début mai, le 110 franchit le Rhin au sein de la 1re DIM de la Première Armée du général de Lattre de Tassigny et vient participer à l’occupation de l’Allemagne en pays de Bade.

Filiation après guerre[modifier | modifier le code]

Une période de réorganisations incessantes en fonction des besoins s’ensuit et voit les effectifs du 110e RI donner naissance :

  • au 1er bataillon de marche du 110e RI (formé du 1er bataillon renforcé d’une compagnie, commandée par le CNE Desserteaux, provenant de 4 bataillons de chasseurs alpins stationnés en Autriche) qui part pour l’Indochine le 11 janvier 1947, débarque à Tourane et intervient à Hué. Après une campagne éprouvante, durant laquelle il obtient une croix de Guerre des TOE, le bataillon est dissous au profit d’autres unités (5e BMEO, 35e RI, 23e RIC et 2e RTM). Une compagnie de volontaires du 1er BM/110e RI continuera à servir en tant que commando 110 au sein du 2e bataillon /21e RIC sous les ordres du CNE Laval.
  • au 110e BI du Groupement d’Infanterie no 11, de 1947 à 1949, (à partir du 2e Bataillon). Celui-ci redevient 110e RI le 16 janvier 1949 et occupe Constance, Lindau puis Langenargen.

Les effectifs du 110e RI donne lui-même à nouveau naissance à deux nouvelles unités en 1950 :

  • le 110e régiment d’infanterie coloniale (1950-1955) qui devient 21e RIC.
  • le 110e bataillon d’infanterie (1950-1955) qui devient 110e régiment d’infanterie motorisé (1955-1963) durant le conflit algérien.

D’août 1955 à septembre 1961, le 110 appartient au Corps d’Armées d’ORAN et participe activement à la sécurisation de sa zone d’action au sein de la 4e DIM. Ses nombreuses activités de patrouilles et de nomadisations lui coûtent 113 morts, mais son professionnalisme est souligné par l’attribution de 780 citations individuelles et vaudra au régiment une ultime inscription au Drapeau « AFN 1954- 1962 ».

À son retour en France, de nouvelles réorganisations attendent le 110 qui, après un rapide séjour à Belfort devient 110e régiment d’infanterie mécanisé puis 35e RIM en 1964. Le 1er juillet 1964, est recréé le 110e régiment d’infanterie motorisé dans la garnison de Donaueschingen, grâce au fusionnement des 4e RTM et 30e bataillon de chasseurs à pied. Dès 1968, le régiment est transformé en régiment motorisé de 2e corps d’armée et le reste jusqu’en 1984, date à laquelle il bascule dans la 3e DB et perd la moitié de ses compagnies. C’est une période intense de préparation opérationnelle en collaboration avec les armées allemandes, anglaises et américaines face aux soviétiques, pendant laquelle le régiment acquiert un excellent niveau, sert les matériels les plus modernes. L’effondrement du rideau de fer marque la fin de la guerre froide et une nouvelle époque s’ouvre avec la création de la Brigade franco-allemande le 1er octobre 1990.

Présent à Donaueschingen depuis le 1er juillet 1964, dans le pays de Bade, le 110 s’est adapté pleinement à sa garnison même s’il garde des attaches très fortes avec sa ville marraine : Dunkerque. Le 110 entretient plus que jamais des relations privilégiées avec son bataillon binôme allemand, le 292 JägerBatalion avec lequel il partage ses quartiers et de nombreuses activités. Sa structure même est adaptée au modèle allemand avec 3 compagnies de combat et une compagnie d’éclairage et d’appui soutenues par une compagnie d’administration et de soutien et une compagnie de commandement et de logistique. Chacune de ses compagnies est également jumelée avec une bourgade environnante. Les activités opérationnelles s’enchaînent pour le 110 au contact de leurs camarades allemands. Après la prise d’alerte NRF7, la préparation des GT 1500 Union Européenne s’accélère avec comme objectif affiché la projection à court terme d’un élément conjoint franco-allemand en mission extérieure dans le cadre des missions de Petersberg. Il se trouve alors à la pointe de la défense européenne.

Dissolution[modifier | modifier le code]

Le 24 juin 2014, le 110e régiment d’infanterie est dissous, motivé par des contraintes budgétaires[10].

Personnages célèbres ayant servi au 110e RI[modifier | modifier le code]

Sources, notes et autres références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Luc Mordefroid, Historique du 110e Régiment d'Infanterie 1692-1987 (préfacé par le colonel Pierre Mignot), Bureau de Promotion Sociale et de Reclassement (BPSR) du 110e RI, Atelier d'Impression de l'Armée de Terre no 3, mai 1987

Notes[modifier | modifier le code]

  1. 11 prisonniers sont tués selon d'autres sources : AJPN.org et bulletin municipal de Houlle, mai 1996.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Le 110e RI de la Brigade franco-allemande fait ses adieux à Donaueschingen, France 3, consulté le 24 juin 2014.
  2. http://france3-regions.francetvinfo.fr/alsace/2014/06/24/le-110e-ri-de-la-brigade-franco-allemande-fait-ses-adieux-donaueschingen-505151.html.
  3. Le 110e Régiment d'infanterie, sur le site Armées.com.
  4. a, b et c Opération du 13e corps et de la 3e armée durant le siège de Paris (1870) par le général Vinoy, pages 7 et 15.
  5. Jean-Luc Mordefroid : Historique du 110e Régiment d'Infanterie 1692-1987 (préfacé par le Colonel Pierre Mignot), Bureau de Promotion Sociale et de Reclassement (BPSR) du 110e RI, Atelier d'Impression de l’Armée de Terre no 3, mai 1987.
  6. Histoire de l'infanterie en France par Belhomme T3 p. 460-461.
  7. Jean-Dominique Merchet, « Des militaires français au secours des Allemands inondés  » (article à accès réservé aux abonnés), L'Opinion, 6 juin 2013.
  8. Décision n°12350/SGA/DPMA/SHD/DAT du 14 septembre 2007 relative aux inscriptions de noms de batailles sur les drapeaux et étendards des corps de troupe de l'armée de terre, du service de santé des armées et du service des essences des armées, Bulletin officiel des armées, no 27, 9 novembre 2007.
  9. Arrêté relatif à l'attribution de l'inscription AFN 1952-1962 sur les drapeaux et étendards des formations des armées et services, du 19 novembre 2004 (A) NORDEF0452926A Michèle Alliot-Marie.
  10. http://www.france24.com/fr/20140625-allemagne-france-armee-retrait-derniere-caserne-110-eme-regiment/?aef_campaign_date=2014-06-25&aef_campaign_ref=partage_user&ns_campaign=reseaux_sociaux&ns_linkname=emission&ns_mchannel=social&ns_source=FB.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]