Paul Le Flem

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Paul Le Flem

Description de l'image  Paul Le Flem.JPG.
Nom de naissance Paul Marie Achille Auguste Le Flem
Naissance 19 mars 1881
Radon, Drapeau français France
Décès 31 juillet 1984 (à 103 ans)
Tréguier, Drapeau de la France France
Activité principale Compositeur
Style Musique impressionniste
Activités annexes Critique musical
Lieux d'activité Paris
Années d'activité 1903-1976
Formation Conservatoire de Paris,
Schola Cantorum
Maîtres Charles-Marie Widor,
Vincent d’IndyVincent d'Indy,
Albert Roussel.
Enseignement Schola Cantorum
Élèves Erik Satie,
André Jolivet

Marie Paul Achille Auguste Le Flem, né à Radon (Orne)[1] le 18 mars 1881, et mort à Tréguier le 31 juillet 1984 à l'âge de 103 ans, est un compositeur français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Orphelin de père et mère à douze ans, Le Flem fut un brillant élève du lycée de Brest et apprit en autodidacte les rudiments de la musique. Joseph Farigoul, chef de la Musique des Équipages de la Flotte de Brest, après avoir entendu ses petites pièces, qu'il juge prometteuses, l'incite à gagner Paris dès 1899 pour s'inscrire au Conservatoire. Il obtint également une licence de philosophie à la Sorbonne, où il suivit les cours d'Henri Bergson. En 1902, il partit comme précepteur à Moscou et y apprit le russe. Dix-huit mois plus tard, il s'inscrivit à la Schola Cantorum, où il étudia avec Vincent d'Indy et Albert Roussel. En 1923, succédant à Roussel, il devint professeur de contrepoint jusqu'en 1939 et eut pour élèves Erik Satie et André Jolivet.

C'est lui qui présente Jolivet à Edgar Varèse, généralement méprisé alors dans les milieux musicaux, mais répondant au souhait exprimé par son élève après avoir assisté à la première française d'Amériques. Varèse et Le Flem se connaissaient pour avoir suivi ensemble les cours de la Schola Cantorum.

De 1905 à 1913, il composa ses premières œuvres importantes et connut alors une période créatrice extrêmement féconde qui s'interrompit avec sa mobilisation durant la Grande Guerre. De 1921 à 1937, il assura la critique musicale au quotidien Comœdia et reconnut le talent d'Igor Stravinski et de Darius Milhaud. D'une intelligence vive et d'une grande ouverture d'esprit, il défendit toute œuvre ayant retenu son attention, fût-elle éloignée de ses goûts, évitant les querelles d'écoles, de nationalité ou de génération. Il sut cependant toujours payer sans ostentation un tribut à ses origines bretonnes, par exemple en s'inscrivant au mouvement artistique breton des années 1930, les Seiz Breur. Parallèlement, il exerça comme chef de chœur et pédagogue. Il se remit à composer à partir de 1936. Son œuvre est marquée par une évidente violence interne, souvent contenue, avec une grande émotion, mais parfois « éruptive », comme dans ses dernières symphonies.

Cette qualité particulière de la musique de Paul Le Flem est liée aux tragédies familiales qui n'ont cessé de le frapper : Il a perdu ses parents à l'âge de douze ans, ses deux premiers enfants meurent en bas-âge (il compose pour eux la belle pièce Pour les morts en 1913), son épouse Jeanne meurt en 1964...

Il ne s'arrête de composer qu'en 1976, à l'âge de 95 ans, du fait de sa cécité. Il meurt en 1984 au service de gériatrie de l'hôpital de Tréguier.

Paul Le Flem est le grand-père de l'actrice Marika Green et l'arrière-grand-père de l'actrice Eva Green par sa fille, Jeanne, qui épousa Lennart Green[2].

Son œuvre[modifier | modifier le code]

Les œuvres de Le Flem révèlent l'influence de la musique du XVIe siècle, du folklore breton savamment organisé par une rigueur d'écriture enseignée à la Schola Cantorum et aussi, pour leur beauté harmonique, des œuvres de Debussy.

Musique de chambre 
  • Sonate pour violon et piano (1905), à la mémoire de mes parents
  • Quintette pour piano et cordes (1905)
pour le piano 
  • Par Landes (1907)
  • Par Grèves (1910)
  • Vieux Calvaire (1910)
  • Avril (1910)
  • Sept pièces enfantines (1912), que le compositeur orchestrera
  • Pour les Morts (1912-1913) inspiré par La nuit des morts d'Anatole Le Braz, orchestré en 1920
pour l'orchestre 
  • Première Symphonie (1906-1908)
  • 2e Symphonie (1956-1958)
  • 3e Symphonie (1967-1970)
  • 4e Symphonie (1974-1975)
  • Sept préludes pour orchestre (1976) - Le Flem acheva seulement les trois premiers : Calme, Obsession et Emporté.
  • Le grand jardinier de France (1942), suite symphonique pour un court-métrage de Jean Tedesco
  • La côte de granit rose (1954), suite symphonique pour un film documentaire
  • Les Voix du Large (1911)
  • Tryptique symphonique (1920-1921), Danses, Pour les morts[3], Invocation
pour piano et orchestre 
  • Fantaisie pour piano et orchestre (1911)
pour violon et orchestre 
  • Concertstück pour violon et orchestre (1964), une œuvre atonale, d'un modernisme surprenant et déroutant
pour la scène 
  • Aucassin et Nicolette (1909), chantefable pour chant et cordes, accompagnant à l'origine une représentation d'ombres chinoises, transcrit pour la scène en 1924.
  • La Maudite (1966-1968), jamais représenté

Les œuvres de la maturité mirent fin à une période d'inactivité créatrice de près de vingt ans et concernent surtout l'art lyrique. En 1937, il compose son premier opéra.

  • La fête du printemps (1937)
  • Le Rossignol de Saint-Malo (1938), créé à l'Opéra-comique en 1942 d'après une gwerz du Barzaz Breiz
  • La Clairière des Fées (1944), jamais représenté
  • La Magicienne de la mer (1947), créé en 1954

Deux Interludes sont extraits de ce bel opéra dont la création fut un échec, rares pages instrumentales créées durant cette époque. L'opéra, sur un livret de José Bruyr, fait référence à la légende de la ville d'Ys :

  1. L'appel de Dahut
  2. Ys engloutie renaît dans le rêve

Durant sa vieillesse, Le Flem composa des ouvrages vocaux (Morvenn le Gaélique et Hommage à Rameau).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La plupart des biographes de Paul Le Flem le disent à tort né à Lézardrieux (Côtes-d'Armor). L'acte de naissance no 4 de l'année 1881, commune de Radon (Orne), librement consultable en ligne, permet de rectifier cette erreur courante (cliquez sur Image 19, à gauche).
  2. Généalogie de la famille Le Flem [1] Article paru dans Ouest-France le 24 janvier 2007 : " Jeanne Green-Le Flem inhumée au Vieux-Marché" Quinze jours après celle de son mari, Lennart Green, les obsèques de Jeanne Green-Le Flem, décédée vendredi à l'âge de 95 ans, ont été célébrées, mardi après-midi, en l'église du Vieux-Marché, près de Lannion. La cérémonie a eu lieu dans l'intimité familiale en présence, notamment, de sa fille, la comédienne Marika Green, de ses petites filles Joy et Eva Green [...] et de sa belle fille Marlène Jobert. Madame Green-Le Flem, fille du compositeur Paul Le Flem, a été inhumée dans le caveau familial du cimetière du Vieux-Marché."
  3. Créés à New-York en janvier 1922 sous la direction de Vincent d'Indy, aux concerts Damrosch. D'Indy assurait à son ancien élève : « Pour moi, c'est l'un des plus beaux morceaux symphoniques que je connaisse ».

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Études sur la musique française : autour de Debussy, Ravel et Paul Le Flem (textes réunis et présentés par Anne Penesco), Presses universitaires de Lyon, coll. « Cahiers du Centre de recherches musicologiques », Lyon, 1994, 107 p., (ISBN 2-7297-0503-1), (notice BnF no FRBNF357391350)
  • Michel Lemeu, Paul Le Flem, les musiques de la mer », ArMen, n°54, octobre 1993, p. 50-59
  • Philippe Gonin, Vie et œuvre de Paul Le Flem, Presses universitaires du Septentrion, Villeneuve-d'Ascq, 2001, 2 volumes (1286 p.), (ISBN 2-284-01629-4), (notice BnF no FRBNF372249178). — Reproduit la matière d'une thèse d'État en musicologie, soutenue en 1998 devant l'Université Lumière Lyon 2.
  • Mikael Bodlore-Penlaez, Aldo Ripoche, Musique classique bretonne / Sonerezh klasel Breizh, (édition bilingue français-breton), Coop Breizh, 2013, 96 p.

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]