Michel Servet

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Michel Servet

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Michel Servet.

Nom de naissance Miguel Servet en espagnol
Naissance
Villanueva de Sigena, Royaume d'Aragon
Décès (à 42 ans)
Genève, République de Genève
Activité principale
Auteur
Langue d’écriture latin, espagnol, français, grec ancien, hébreu
Genres
théologie, médecine
Signature de Michel Servet

Michel Servet (en espagnol Miguel Servet ou Serveto), né le à Villanueva de Sigena dans le Royaume d'Aragon et mort le à Genève, est un théologien et médecin espagnol. Le médecin découvre la circulation pulmonaire. Le théologien développe une théologie radicale refusant notamment le dogme de la Trinité, ce qui lui vaut la condamnation des catholiques comme des protestants. Arrêté, il est jugé puis condamné à mort pour hérésie par le Conseil des Deux-Cents de Genève (futur Grand Conseil), à l'instigation de Jean Calvin qu'il avait attaqué. Il est brûlé vif le .

Sa vaste intelligence et sa soif de connaissances l'incitent à s'intéresser à toutes les branches du savoir, incluant la géographie et les mathématiques. Il compte au nombre des martyrs de la pensée.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Façade de la maison natale de Michel Servet à Villanueva de Sigena, où se trouve de nos jours l'Institut d'Études Michel Servet, centre de recherche sur sa vie et son travail[1].
Blason de la famille Servet à Tudela.

Miguel Serveto naît le [2] à Villanueva de Sigena, dans la province de Huesca en Aragon.

Son père, Antonio Servet (ou « Revés », c'est-à-dire « le contraire »), est notaire au Monastère Sainte-Marie de Sigena. Ses ancêtres sont originaires d'un hameau des Pyrénées aragonaises nommé « Serveto », d'où son patronyme.

Sa mère descend des Zaporta, une famille de juifs convertis de la région de Monzón[3].

Michel a deux frères. L'un est notaire comme leur père, l'autre prêtre.

En 1524, on l'envoie à l'université - probablement celle de Saragosse ou de Lérida. Très doué pour les langues, il étudie le latin, le grec et l'hébreu. À l'âge de quinze ans, il entre au service du moine franciscain Juan Quintana, un érasmien. Grâce à lui, il lit la Bible entière dans le texte en diverses langues.

En 1526, quittant l'Espagne qu'il ne reverra plus, il part étudier le droit à l'université de Toulouse. Il abandonne vite le droit pour se consacrer aux études religieuses. Sa participation à des réunions secrètes et son appartenance à des cercles d'étudiants protestants le rendent suspect.

En 1529, il voyage en Allemagne et en Italie comme secrétaire de Quintana, devenu confesseur de Charles Quint, au couronnement duquel il assiste. En octobre 1530, il rend visite à Œcolampade à Bâle. Il séjourne environ dix mois dans cette ville et gagne probablement sa vie comme correcteur dans une imprimerie locale. C'est vers cette époquee que ses convictions se forment. En mai 1531, il rencontre Martin Bucer et Wolfgang Fabricius Köpfel Capiton à Strasbourg. En juillet 1531, il publie De trinitatis erroribus (« Les Erreurs concernant la Trinité »), qui attire l'attention de l'Inquisition.

Pour éviter d'être persécuté par l'Église, il prend le pseudonyme de Michel de Villeneuve . En 1533, il étudie à Paris au Collège de Calvy. L'année suivante, il publie Dialogorum de Trinitate libri duo (« Dialogues sur la Trinité en deux livres ») (1532) et De Justitia Regni Christi (« La Justice du Règne du Christ »).

En 1534, l'affaire des Placards l'incite à s'enfuir. Il s'installe à Lyon, où il apprend le métier d'imprimeur. En 1536; il revient à Paris où il étudie la médecine et la pharmacie. Il devient rapidement un savant émérite, notamment par sa découverte du principe de la circulation sanguine. Ses enseignants Jacobus Sylvius, Jean Fernel et Jean Guinter d'Andernach voient en lui leur assistant le plus compétent en dissection avec André Vésale.

En 1540, il s'installe à Vienne, dans le Dauphiné. Il y poursuit une carrière médicale et acquiert la notoriété en découvrant la circulation pulmonaire, c'est-à-dire la manière dont le sang passe dans les poumons pour s'oxygéner. Il perçoit là le souffle de Dieu au cœur de l'homme. Il croit en un Dieu « auquel l'homme peut s'unir ». Il s'oppose ainsi radicalement à Jean Calvin, qui décrit « un souverain Seigneur (…) devant qui l'homme chétif et misérable ne peut que se prosterner dans la cendre, adorer et obéir ».

Doctrine[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Unitarisme (théologie).

Servet soutient que la croyance en la Trinité se fonde non pas sur la parole biblique mais plutôt sur la façon erronée dont la scholastique enseigne les philosophes grecs. Il souhaite ramener les fidèles à la simplicité authentique des Évangiles et des premiers Pères de l'Église. En outre, il espère que l'abolition du dogme trinitaire premettra de convertir par la persuasion Juifs et Musulmans.

Il affirme que le Logos divin - manifestation de Dieu et non personne divine distincte - a été uni à un être humain, Jésus, quand l'esprit de Dieu est entré dans le corps de la Vierge Marie. C'est seulement à partir de sa conception que le Fils a été réellement engendré. Donc le Fils n'est pas éternel, contrairement au Logos qui l'a formé. Pour cette raison, Servet rejette l'idée que le Christ serait « le Fils éternel de Dieu » et soutient qu'il n'est que « le Fils de Dieu éternel ». Bien qu'originale, cette doctrine est souvent comparée aux hérésies que furent l'adoptianisme ou le modalisme. Sous la pression des catholiques comme des protestants, il modifie quelque peu cette réflexion. Dans son deuxième livre, Dialogues, il fait coïncider le Logos avec le Christ. C'est presque la conception pré-concile de Nicée. Toutefois il reste accusé d'hérésie à cause de sa négation du dogme de la Trinité et de l'individualité des trois personnes divines.

Servet pousse très loin le principe du retour aux Évangiles. Il estime que ces derniers n'apportent aucune preuve du dogme de la Trinité, que l'Église catholique affirme depuis des siècles. Jésus n'est pas Dieu, mais un homme auquel l'essence divine s'est alliée temporairement. Servet s'aliène ainsi la plupart des chrétiens de son temps, d'autant plus qu'il propose une métaphore radicale : la Trinité est un « chien des Enfers à trois têtes, signe de l'Antéchrist ». Cette image est jugée blasphématoire. Prémonitoire, Calvin écrit alors : « Si Michel Servet vient à Genève, je ne réponds pas qu'il puisse en sortir vivant. »

Querelle épistolaire avec Calvin[modifier | modifier le code]

En 1553, Servet publie anonymement à Vienne un nouvel ouvrage provocateur en sept tomes, la Christianismi restitutio (« La Restitution du Christianisme »). Il se lance dans une disputatio par correspondance avec Calvin, entamée en 1546. Ils échangent des dizaines de pages.

Mais c'est une correspondance privée d'apparence anodine qui va sceller le destin de Michel Servet. Un catholique lyonnais nommé Arneis écrit à son cousin Guillaume de Trie[4], protestant exilé à Genève, que le chaos règne dans cette ville dont les habitants mènent une vie désordonnée. Piqué, de Trie rétorque qu'à Vienne on tolère les pires hérétiques, au point de les héberger au palais archiépiscopal, alors qu'à Genève on a condamné au bûcher sept étudiants protestants originaires de Lausanne. Il ajoute qu'un homme qui nie la Trinité, et même jusqu'à la divinité de Jésus-Christ, est néanmoins médecin de l'archevêque de Vienne. Comme preuve, il cite la correspondance entre Servet et Calvin dont — erreur fatale — l'essentiel a été imprimé par Servet lui-même. Dans des conditions restées obscures, l'Inquisition de Lyon entre en possession de pièces accablant Servet.

Procès, condamnation et supplice[modifier | modifier le code]

Arrêté à Vienne, Servet parvient à s'évader. Mais il est condamné à mort par contumace et l'Inquisition brûle son effigie en public.

Il tente de fuir en Italie et fait étape à Genève. Le 13 août 1553, pensant passer inaperçu car ceux qui n'assistent pas au culte sont inquiétés, il se rend dans le temple où prêche Calvin. À la sortie de l'office, il est arrêté.

À Genève, le parti des « Libertins » a pris le pouvoir au Conseil des Deux-Cents, dirigé par Ami Perrin. Ses membres, adversaires de Calvin, sont plutôt favorables à Servet. Certains pensent même qu'il a été appelé par des ennemis de Calvin pour s'en débarrasser[5]. Mais refusant de passer pour hérétiques, ils ne le défendent pas.

Servet est incarcéré. Au bout de plusieurs semaines, il perd patience. Il attaque Calvin : « C'est lui ou moi. Il s'agit de savoir qui vous voulez suivre ». Mais il prépare aussi sa défense. Le procès est instruit par le procureur Germain Colladon[6]. Les magistrats ne parvenant pas à comprendre les positions de Servet, le Conseil décide de faire appel à Calvin, expert en théologie, pour déterminer si sa pensée est chrétienne ou hérétique.

De son cachot, Michel Servet écrit :

« Si j'avais dit cela, non seulement dit, mais écrit publiquement, pour infecter le monde, je me condamnerais moi-même à mort. C'est pourquoi, Messeigneurs, je demande que mon faux accusateur (Jean Calvin) soit puni, et qu'il soit détenu prisonnier comme moi, jusqu'à ce que la cause soit définie pour mort de moi ou de lui, ou autre peine. Et pour ce faire, je m'inscris contre lui à ladite peine du talion. Et suis content de mourir s'il n'est convaincu de ceci et d'autre chose, que je lui mettrai dessus. Je vous demande justice, Messeigneurs, justice, justice. »

Cette requête est accompagnée d'articles sur lesquels il demande que Calvin soit interrogé. Ce dernier se prononce contre lui. On demande alors leur avis aux Églises réformées des autres cantons de la Confédération suisse. Début octobre 1553, les réponses arrivent, catégoriques : elles approuvent à l'unanimité la nécessité de neutraliser la menace[7]. Malgré l'avis de Calvin qui préconise la décapitation, le Conseil rend sa sentence :

« Toy, Michel Servet, condamnons à debvoir estre lié et mené au lieu de Champel, et là debvoir estre à un piloris attaché et bruslé tout vifz avec ton livre, tant escript de ta main que imprimé, jusques à ce que ton corps soit réduit en cendres ; et ainsi finiras tes jours pour donner exemple aux autres qui tel cas vouldroient commettre. »

Le 27 octobre 1553, au bas de Champel (actuellement occupé par la clinique La Colline), Michel Servet est attaché à un poteau pour être brûlé vif. Il meurt dans d'atroces souffrances, après une agonie de trois longs quarts d'heure car le bois, humide de la rosée du matin, se consume avec difficulté.

Polémiques nées de l'exécution[modifier | modifier le code]

L'exécution de Servet suscite immédiatement des réactions divergentes, qui nourriront une durable polémique.

Le chancelier de Berne Nicolas Zurkinden affirme que la force n'est pas convaincante en matière de religion et qu'il est préférable de laver l'âme des pêcheurs en les convertissant.

Martinus Bellius publie De heraticis an sint persequendi (« Faut-il punir les hérétiques ? »). C'est un recueil de témoignages des Pères de l'Église, d'Érasme et même de Luther. Mais le pseudonyme est rapidement découvert : il s'agit de Castellion[8], un humaniste vaudois réformé proche de Calvin (il avait logé chez celui-ci à Strasbourg en 1540 et avait même été nommé par lui à la tête du collège de Rive pour une courte période). Castellion affirme que la tradition chrétienne s'oppose à l'usage de la force en matière religieuse. « Tuer un homme ce n'est pas défendre une doctrine, c'est tuer un homme. Quand les Genevois ont fait périr Servet, ils ne défendaient pas une doctrine, ils tuaient un être humain : on ne prouve pas sa foi en brûlant un homme mais en se faisant brûler pour elle[9] ». La rupture entre les deux hommes est consommée.

Calvin doit riposter d'un point de vue théologique. Il publie un traité sur la Trinité, où il justifie la sentence de Genève.

En 1554, Théodore de Bèze lui prête main forte. Il riposte sur le plan politique par un Traité de l'autorité du magistrat en la punition des hérétiques et du moyen d'y procéder. « Le magistrat a l'autorité et le devoir de punir l'hérétique. La corruption par l'hérésie touche l'âme éternelle. Ceux qui corrompent l'âme sont pires que les criminels de sang ».

Œuvres[modifier | modifier le code]

Ouvrages principaux[modifier | modifier le code]

De Trinitatis erroribus - Les erreurs de la Trinité, (1531).
Claudii Ptolemaeii Alexandrinii Geographicae - La Géographie de Claude Ptolémée (1535).
  • 1531 Sur les Erreurs de la Trinité. De Trinitatis erroribus (Setzer, Haguenau). Sans nom d'imprimeur. Signé Michel Servet.
  • 1532 Dialogues de la Trinité. Dialogorum de Trinitate (Setzer, Haguenau). Sans nom d'imprimeur. Signé Michel Servet.
  • 1535 La Géographie de Claudius Ptolémée. Claudii Ptolemaeii Alexandrinii Geographicæ. Lyon, Trechsel. Signé Michel de Villeneuve. L'ouvrage est dédié à Hugues de la Porte dans sa première édition et à Pierre Palmier dans sa seconde. L'auteur affirme que le fond de son travail provient de l’œuvre de Bilibald Pirkheimer, traduite du grec au latin. Mais il précise avoir compulsé lui-même les textes originels. L'expert Henri Tollin (1833-1902) considère que, vu l'exhaustivité de ses commentaires, Michel de Villeneuve est « le père de la géographie comparée » .
  • 1536 Les excuses contre Leonhart Fuchs. In Leonardum Fucsium Apologia. Lyon, imprimé par Gilles Hugetand avec un prologue Parisien. Signé Michel de Villeneuve. Le médecin Leonhart Fuchs et un ami de Servet nommé Symphorien Champier ont participé à une disputatio sur les croyances luthérienne et catholique. Dans la première partie, Michel de Villeneuve défend son ami. Dans la deuxième, il traite des propriétés d'une plante médicinale. Le dernière partie, signée par un élève qui est attaqué par un professeur, évoque l'origine de la syphilis[10].
  • 1537 Explication Universelle des Sirops. Syruporum universia ratio. Paris, édité par Simon de Colines. Signé Michel de Villeneuve. Ce traité comprend un prologue, L'utilisation des sirops, et cinq chapitres : I "Qui est la concocción et qui est unique et pas de multiples" ; II "quelles sont les choses que vous devriez savoir" ; III "que la concocction est toujours..." ; IV "les aphorismes d'Hippocrate" ; V "Sur la composition de sirops de l'exposition". L'auteur mentionne des traitements pharmaceutiques qu'il exposera plus longuement dans sa pharmacopée Enquiridion ou Dispensarium. Outre Claude Galien, il cite deux de ses professeurs, Jacobus Sylvius et Jean Guinter d'Andernach. Cette publication connaît un grand succès.
  • 1538 Discours de Michel de Villeneuve pour l'Astrologie et contre un certain médecin. Michaelis Villanovani in quedam medicum apologetica disceptatio pro Astrologia. L'auteur réfute Jean Tagault, doyen de la faculté de médecine de Paris, qui s'est attaqué à l'astrologie qu'ont pourtant louée de grands penseurs. Exposant les idées de Galien, d'Hippocrate, de Platon et d'Aristote, il explique comment un bon médecin peut prédire les effets des planètes, qui gouvernent la santé. La Lune et le Soleil influent non seulement sur l'océan, les vents et les pluies, mais aussi sur les menstruations, la vitesse de décomposition des cadavres... L'astrologie est bonne car elle génère un désir de sagesse qui élève la pensée humaine. Le premier argument de Tagault réside dans l'incohérence de l'astrologie, qui conduit à des prédictions différentes et ne constitue donc pas une science en soi. Michel de Villeneuve réfute cet argument en rappelant que l'essence de la Loi consiste à ne pas démontrer que la Loi est fausse. Il existe différents diagnostics en vertu d'une même doctrine médicale : « Toute science est une conjecture, si ce n'était pas, nous serions dieux. Nous ne devons pas condamner à la science. » Comme deuxième argument, Tagault avance que le ciel étant observé de partout de la même manière, il est statique. L'astrologie affirme donc que les choses sont comme elles ne sont pas. Michel de Villeneuve retourne cet argument en expliquant que cette affirmation peut être utilisée contre la médecine. Et partant du principe que toutes les observations sont les mêmes, il dénonce l'ignorance de Tagault en mathématiques, même s'il présume qu'il les a étudiées[11].
  • 1542 Bible sacrée des traductions de Santes Pagnino, hebraïste. Biblia sacra ex Santes Pagnini tralation. Michel de Villeneuve est cité dans le prologue.
  • 1542 Bible sacrée des anciens de l'église. Biblia sacra ex postremis doctorum. Vienne (Dauphiné), édité par Delaporte et imprimé par Trechsel. Anonyme.
  • 1545 Bible Sainte avec commentaires. Biblia Sacra cum Glossis. Lyon, imprimé par Trechel et Vincent. Anonyme. Elle est appelée « Bible fantôme » par certains servetistes qui nient son existence. Cet ouvrage anonyme est édité en vertu du contrat conclu en 1540 par Michel de Villeneuve avec la compagnie des libraires. Le livre comprend 6 volumes et un index, illustrés par Hans Holbein. Une recherche sur cet ouvrage a été effectuée par Julien Baudrier dans les années 1960. González Echeverría en a démontré l'authenticité à la Société Internationale d'Histoire de la Médecine grâce à un exemplaire conservé dans les archives de la ville de Tudela[12].
  • 1546 Manuscrit de Paris (, sans date). On pensait que ce document était un projet du Christianismi Restitutio. La paternité de Servet a été confirmée par Gonzalez Echeverria, grâce à une comparaison graphologique avec le Manuscrit de l'Université Complutense de Madrid[13].
  • 1553 La Restitution du Christianisme. Cristianismi Restitutio. Vienne, imprimé par Balthasard Arnoullet. Sans marque d'imprimeur ni d'imprimerie. Signé "M.S.V." à la fin, bien que le nom de Servet apparaisse dans un dialogue. Le titre de couverture est en l'hébreu. Travail théologique comportant d'impressionnantes découvertes médicales. Au chapitre V, sans prétendre à la cardiologie, Servet présente sa découverte de la circulation pulmonaire basée sur la couleur du sang, la grandeur différente des ventricules et la taille de la veine pulmonaire. Aux pages 169 à 178, ses exposés sur le cervelet, les méninges, le cerveau, les nerfs, l’œil, etc, attestent une connaissance avancée de l'anatomie. L'œuvre traite aussi des médicaments.

Nouvelles œuvres[modifier | modifier le code]

La Biblia Sacra Ex Postremis Doctorum a été authentifiée comme étant une œuvre de Michel Villeneuve - ou Servet - à partir des contrats passés en 1540 avec les éditeurs et imprimeurs de la Compagnies des Libraires (Melchior et Gaspard Trechsel et les frères Frellon) et par rapprochement avec des œuvres anonymes contemporaines. Le chercheur González Echeverría a démontré à la Société internationale d'histoire de la médecine[13],[14],[15],[16],[17], la Société Espagnole de l'Histoire de la Médecine[18],[19],[20], et de la Royale Académie de Médecine de Catalogne[21], que Michel a écrit cinq ouvrages médicaux, deux œuvres, deux œuvres bibliques et trois traités de grammaire latine-espagnole.

Ouvrages médicaux[modifier | modifier le code]

L'une des 4 couvertures de l'Hommage des imprimeurs Lyonnais à Michel Villeneuve du Dioscoride-Materia Medica. Imprimé par Balthazar Arnoullet à Lyon, 1554.
  • (c.1538) "Manuscrit de Complutense," Paris. Écrit sur une Dioscoride – Materia Medica de Jean Ruel de 1537, imprimé par Simon de Colines. González Echeverria a commandé une étude graphologique comparative avec le "Manuscrit de Paris", autographe Michel de Villeneuve. Des paléographes de Séville ont conclu que des centaines de notes manuscrites proviennent de la même main que celle du manuscrit de Paris, un projet de Christianismi Restitutio in integrum. Par exemple, Michel de Villeneuve utilise le même terme - "Concoctio" - que dans son Explication universelle des sirops, un recueil de théories médicales comprenant des phrases en grec et en hébreu[12].
  • 1543. La pharmacopée Dispensarium ou Enquiridion, Lyon, Frellon. Travail complémentaire de la précédente Dioscoride-Materia Medica de la même année, avec 224 recettes originales et d'autres par Lespleigney et Chappuis. Plusieurs éditions ultérieures[13],[15],[18],[19].
  • 1554. Dioscoride-Materia Medica. Appelée par Gonzalez Echeverria édition "Hommage des imprimeurs Lyonnais à Michel Villeneuve", sous la direction de Jean Frellon, Guillaume Rouillé, Antoine Vincent et Balthazar Arnoullet et imprimé par Balthazar Arnoullet à Lyon. Unique édition de cet ouvrage, c'est un hommage de ses collègues et amis juste après son supplice. Il contient des commentaires de Mattioli (signés) et Michel de Villeneuve (non signés). Ces commentaires correspondent parfaitement à l’œuvre Dioscoride-Materia Medica de 1543. Ce livre atypique comporte 4 couvertures différentes, une édition particulière ayant été réalisée pour chaque éditeur et ami de Servet[12].

Le professeur John M. Riddle de l'Université d'État de Caroline du Nord, l'un des plus grands experts des Dioscoride-Materia Medica, décrit les deux œuvres de 1543 et 1554 comme anonymes. Après examen du travail de Gonzalez Echeverría, il tient Michel de Villeneuve pour auteur des deux ouvrages[12].

Œuvres bibliques illustrées[modifier | modifier le code]

  • 1540. Le Ymagines des Histoires de l'Ancien Testament, Anvers, imprimé par J. Stelsius. Traduction du latin en espagnol, avec 92 illustrations de Hans Holbein[12],[16].
  • 1543. Portraits ou des Tableaux de l'Histoire de l'Ancien Testament, Lyon. "Novenas" et "quintillas" (une sorte de poème espagnol) avec 94 illustrations de Hans Holbein le Jeune[12],[16],[23].

Quatre œuvres grammaticales non illustrées[modifier | modifier le code]

(à part l’Andriana, elles ont été conçues pour des étudiants.)

  • 1549 Commentarius Latinae Linguae Elegantia puerorum. Livre pour enfants sur l'élégance et la variété de la langue latine. Louvain, Byrckmann Sasseno/veuve. Traduction en espagnol de l'ouvrage par Mathurin Cordier. Dans l'édition de 1551 à Lyon par Jean Frellon, il est associé à Byrckmann pour la promotion d’œuvres espagnoles[12],[17].

(paternité de Servet possible mais non assurée).

  • 1549 Andria. Le Andriana (Louvain, Byrckmann Sasseno/veuve). Traduction d'une œuvre antérieure de Charles Estienne. Gonzalez Echeverría pense qu'il s'agit probablement d'une œuvre de Servet mais ne peut le prouver[12],[17].
  • 1549 De octo orationis partium constructione libellus. Travailler sur les huit parties de la proposition." Lyon, Jean Frellon. Ce travail contient des paragraphes identiques aux travaux précédents de Michel de Villeneuve de 1543, Distiques Morales de Caton[12].

Pensée religieuse[modifier | modifier le code]

Michel Servet soutient que le concept de Trinité, qui n'apparaît nulle part dans la Bible, résulte d'une façon erronée d'enseigner les philosophes grecs. Il est persuadé qu'il peut ramener l'Église « à la simplicité et à l'authenticité des Évangiles et des premiers pères de l'Église ».

Il s'affirme cependant chrétien et espère que l'abolition du dogme de la Trinité permettra de rallier au christianisme les fidèles des autres religions monothéistes que sont les Juifs et les Musulmans. Son intérêt pour ces religions concurrentes du christianisme lui sera reproché. De même, son célibat lui vaudra d'être suspecté de débauche. Sa pensée, encore mal connue, semble parfois contradictoire. Il désire « aller plus loin dans le retour aux Écritures ». Invoquant son saint patron, il se prétend, selon certaines sources[24] [réf. nécessaire], le représentant de l'archange Michel qui, dans l'Apocalypse, « chasse la bête ».

Héritage[modifier | modifier le code]

Héritage scientifique[modifier | modifier le code]

Servet est le premier européen à décrire la circulation pulmonaire. Mais cette démontration n'a connu qu'un écho limité. Le texte de 1546 du « Manuscrit de Paris » n'a pas été publié. La version de 1553 paraît dans un traité de théologie: Christianismi Restitutio in integrum, et non dans un livre de médecine. La réédition de 1553, qui prouve une grande compréhension de l'anatomie et de la médecine, a été brûlée sur ordre des autorités religieuses. Seuls trois exemplaires, cachés pendant des décennies, nous sont parvenus.

La circulation pulmonaire est quasiment ignorée des médecins européens jusqu'aux publications de William Harvey en 1616, fruits de son travail sur les dissections. Les historiens occidentaux savent aujourd'hui que ce texte s'inspire beaucoup de la découverte de la circulation pulmonaire faite en 1242 par Ibn Nafis, né à Damas en 1213. Les contraintes culturelles et linguistiques expliquent, sans l'excuser, la méconnaissance européenne.

Il convient enfin de signaler des notes marginales dans l'édition des œuvres complètes de Galien, Opéra Omnia ; une étude sur la syphilis dans l'Apologie contre Leonhart Fuchs, et particulièrement les 224 nouvelles recettes de sa pharmacopée Dispensarium, qui est devenue la principale référence pour les médecins et les galénistes [25].

Influence théologique[modifier | modifier le code]

Par son refus du dogme de la Trinité et le procès au terme duquel il fut brûlé vif, les Unitariens tendent souvent à présenter Servet comme le premier martyr unitarien moderne, bien qu'il ne fût pas un unitaire au sens moderne du terme. D'autres courants de pensée opposés au concept de Trinité, comme les témoins de Jéhovah[26] et l'unité Pentecostalienne, voient en Servet un ancêtre spirituel - l'Unité Pentecostalienne[27] particulièrement, avec les enseignements de Servetus sur la divinité de Jésus Christ et son insistance sur l'unicité de Dieu, à l'opposé d'une Trinité où trois personnes différentes seraient identifiées en Dieu : « et pourquoi son esprit étant tout Dieu est appelé Dieu, ainsi que pour sa viande est appelé homme. » Emanuel Swedenborg a écrit une théologie schématique qui présente de nombreuses similitudes avec la théologie de Servet[28].

Postérité[modifier | modifier le code]

Monument de Champel
Statue d'Annemasse

En Suisse :

  • Michel Servet a sa rue à Genève, ainsi que son monument expiatoire érigé en 1903 près de l'emplacement de son bûcher à Champel. Ce menhir porte une inscription où le calvinisme genevois constate cette erreur de Calvin qui fut « celle de son temps ». Il s'agit alors, selon l'historienne Valentine Zuber, de « désamorcer l'obstacle que représente encore l'affaire Michel Servet pour la réputation de Jean Calvin, à la veille du 400e anniversaire de la naissance du réformateur de Genève en 1909 »[réf. nécessaire]. Le 3 octobre 2011, à l'occasion du 500e anniversaire de sa naissance, une statue de Michel Servet, copie d'un projet refusé de 1902 (en fait, la sculpture de Clotilde Roch placée en 1908 à Annemasse), a été inaugurée juste à côté du monument par Rémy Pagani[29].,[30] ;
  • contrairement à ce que l'on pourrait penser, Michel Servet n'a aucun lien avec le quartier de La Servette qui a donné son nom à plusieurs clubs sportifs genevois (tels que le Servette FC, le Genève-Servette Hockey Club), le nom du quartier vient du nom d'une ancienne propriété située à l'emplacement du quartier. Le nom des clubs de sport, est hérité de la présence du stade de football des Charmilles dans le haut du quartier de La Servette.

En Espagne :

  • une statue le représente près de l'église de Villanueva de Sigena en Aragon, le village où il est né. De plus, sa maison natale abrite un centre d'études qui lui est dédié[1] ;
  • l'hôpital universitaire de Saragosse porte son nom ;
  • de nombreuses villes ont des rues portant son nom (en particulier, la rue Miguel Servet à Saragosse)

En France :

  • plusieurs monuments honorent son souvenir :
    • une statue le représentant se trouve sur la place de la Mairie d'Annemasse. C'est la réplique, dévoilée le 4 septembre 1960, de l'œuvre du sculpteur Clothilde Roch placée à cet emplacement en 1908 et détruite le 13 septembre 1941 sur l'ordre du régime de Vichy. La Résistance intérieure déposera plus tard, sur le socle du monument détruit, une couronne dont le nœud porte l'inscription : À Michel Servet, la première victime du fascisme. Sur le socle de la statue, on peut lire : À Michel Servet, Apôtre de la libre croyance, né à Villeneuve d'Aragon le 29 septembre 1511, Brûlé en effigie à Vienne par l'Inquisition Catholique le 17 juin 1553, et brûlé vif à Genève le 27 octobre 1553, à l'instigation de Calvin. ;
    • une statue de marbre, le représentant enchaîné au bûcher, due au sculpteur Jean Baffier, est érigée en 1908 dans le square de l'aspirant Dunand, dans le 14e arrondissement de Paris. Sur son socle, on peut lire : « À la garde du peuple ». Ce monument est régulièrement fleuri par les chrétiens Unitaristes et les Libres penseurs ;
    • un monument dû au sculpteur Joseph Bernard se trouve à Vienne en Isère, où il vécut après 1540 ;
  • plusieurs établissements scolaires rappellent sa mémoire :
    • un collège à Annemasse[31] ;
    • un collège à Charlieu[32] ;
    • un lycée professionnel en hôtellerie à Lille ;
    • une école publique maternelle et élémentaire à Vienne ;
    • une école publique élémentaire à Lyon (1er arrondissement) ;
  • une rue porte son nom à :

Citation[modifier | modifier le code]

Enfermé dans une prison humide, malade et privé de tout secours, Servet écrivait à ses juges : « Je vous en supplie qu'il vous plaise abréger ces grandes dilations. Vous voyez que Calvin pour son plaisir me veut ici pourrir en la prison les poux me mangent tout vif, mes chausses sont déchirées et n'ai de quoi me changer ni pourpoint, ni chemise qu'une méchante. »

Monographie[modifier | modifier le code]

Le Procès de Michel Servet, opéra en trois actes de Shauna Beesley et Jean-Claude Humbert, créé à Genève en octobre 2011[33].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • SAISSET, Émile, Michel Servet, sa doctrine et sa vie, Revue des Deux Mondes T.21, 1848
  • HERRIOT, Édouard, La vie et la passion de Michel Servet, conférence faite à Vienne le 10 mars 1907, Collection rationaliste, Paris, 1907.
  • BAINTON, Roland H., Michel Servet, hérétique et martyr, Genève, Droz, 1953
  • Carlos Gilly. Miguel Servet à Bâle; Alfonsus Lyncurius et Pseudo-Servet. In: Spanien und der Basler Buchdruck bis 1600. Helbing & Lichtenhahhn, Basel & Frankfurt a.M. 1985, p. 277–298; 298-326. (PDF; 64,1 MiB )
  • DOMEYNE, Pierre. Au risque de se perdre, Michel Servet (1511-1553), Paris, L'Harmattan, 2008.
  • ZUBER, Valentine. Les conflits de la tolérance. Michel Servet, entre mémoire et histoire, Paris, Honoré Champion, 2004
  • ZUBER, Valentine (ed.), Michel Servet (1511-1553). Hérésie et pluralisme du XVIe au XXIe siècles, Paris, Honoré Champion, 2007
  • SERVET, Michel, Discussion apologétique pour l´astrologie ; éd. Jean Dupèbe. Genève : Droz, 2004. (Cahiers d´humanisme et Renaissance ; 69). ISBN 2-600-00950-7.
  • SERVET, Michel, Sept livres sur les erreurs de la Trinité [traduction de Rolande-Michelle Benin et Marie-Louise Gicquel], Paris, Honoré Champion, 2008
  • SERVET, Michel, Dialogues sur la Trinité en deux livres et De la justice du royaume du Christ en quatre chapitres,

[Introduction, traduction et annotations de Rolande-Michelle Bénin], Honoré Champion, 2009.

  • SCHMID, Vincent, Michel Servet - Du bûcher à la liberté de conscience, Les éditions de Paris, 2009

Galerie d'images[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (fr)/(es)/(en)Institut d'Études Michel Servet
  2. il reçoit donc le prénom du Saint fêté le jour de sa naissance.
  3. (en) González Echeverría « Michael Servetus belonged to the famous converted Jewish family The Zaporta »”, Pliegos de Bibliofilia, no 7, 1999, Madrid, p. 33-42
  4. Guillaume de Trie (Lyon cca 1524 - Genève 27 août 1561), écuyer, baron de Lisérable, seigneur de Varennes, était avocat. Il soutint la politique répressive de Calvin. Voir la discussion[Où ?].
  5. Michel Servet et Jean Calvin: le bûcher de Genève
  6. Germain Colladon (La Châtre 1508 - Genève 23 janvier 1594) était avocat. Il soutint la politique répressive de Calvin. Voir la discussion.
  7. Giogio Tourn, Jean Calvin le réformateur de Genève, Turin, p. 95-97
  8. Vincent Schmid, pasteur et prédicateur de la cathédrale de Genève, dans Calvin et l'affaire Servet sur Canal Académie.
  9. Ceci en référence à Jésus qui mourut crucifié pour sa foi
  10. In Leonardum Fucsium Apologia. Michel de Villeneuve 1536
  11. 2008 Krendal, Erich. Tähtitiede ja renessanssi historioitsija painoksia Medicine
  12. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k (es) 2011 El amor a la verdad. Vida y obra de Miguel Servet [The love for truth. Life and work of Michael Servetus], printed by Navarro y Navarro, Zaragoza, collaboration with the Government of Navarra, Department of Institutional Relations and Education of the Government of Navarra, 607 p., 64 of them illustrations, p. 215-228 & 62nd illustration (XLVII)
  13. a, b, c et d (en) 2011 September 9th, Francisco González Echeverría VI International Meeting for the History of Medicine, (S-11: Biographies in History of Medicine (I)), Barcelona. New Discoveries on the biography of Michael de Villeneuve (Michael Servetus) & New discoveries on the work of Michael de Villeneuve (Michael Servetus) [1]
  14. a et b 1996 “Sesma's Dioscorides or Medical Matter: an unknown work of Michael Servetus (I)” and “Sesma's Dioscorides or Medical Matter: an unknown work of Michael Servetus (II)” González Echeverría, Francisco Javier. In: Book of Abstracts. 35th International Congress on the History of Medicine, 2nd-8th, September, 1996, Kos Island, Greece, communications nº: 6 y 7, p. 4.
  15. a, b et c 1998 “The book of work of Michael Servetus for his Dioscorides and his Dispensarium”(Le livre de travail de Michel Servet pour ses Dioscorides et Dispensarium) and “The Dispensarium or Enquiridion, complementary of the Dioscorides of Michael Servetus” (The Enquiridion, L’œuvre Le Dispensarium ou Enquiridion complémentaire sur le Dioscorides de Michel Servet) González Echeverría, in: Book of summaries, 36th International Congress on the History of Medicine, Tunis (Livre des Résumés, 36e Congrès International d’Histoire de la médecine, Tunis), 6th-11th September 1998, (two communications), p. 199 y 210.
  16. a, b et c 2000- “Discovery of new editions of Bibles and of two 'lost' grammatical works of Michael Servetus” and “The doctor Michael Servetus was descended from Jews”, González Echeverría, Francisco Javier. Abstracts, 37th International Congress on the History of Medicine, September 10–15, 2000, Galveston, Texas, U.S.A., p. 22-23.
  17. a, b et c 2005 “Deux nouvelles œuvres de Michel Servet ou De Villeneuve: L’Andrianne en latin-espagnol et un Lexicon greco-latin”, González Echeverría, Francisco Javier. In: Book of Abstracts, 3 rd Meeting of the ISHM, 11–14 September 2005, Patrás, Greece, p. 92.
  18. a, b et c 1998 “The 'Dispensarium' or 'Enquiridion', the complementary work of the Dioscorides, both by Servetus” and “The book of work of Michael Servetus for his Dioscorides and his 'Dispensarium'”. González Echeverría, Francisco Javier. Program of the congress and abstracts of the communications, XI National Congress on History of Medicine, Santiago de Compostela, University of Santiago de Compostela, p. 83-84.
  19. a, b et c 1996 “A Spanish work attributable to Michael Servetus: 'The Dioscorides of Sesma'”. González Echeverría, Francisco Javier. Varia Histórico-Médica. Edition coordinated by: Jesús Castellanos Guerrero (coord.), Isabel Jiménez Lucena, María José Ruiz Somavilla y Pilar Gardeta Sabater. Minutes from the X Congress on History of Medicine, February 1986, Málaga. Printed by Imagraf, Málaga, p. 37-55
  20. a et b 2004 “The edition of Lyon of the ‘Opera omnia’ by Galen of the printer Jean Frellon (1548-1551) commented by Michael Servetus”, González Echeverría and Ancín Chandía, Teresa. In: Medicine in the presence of the new millennium: a historical perspective. Coordinators: José Martínez Pérez, Isabel Porras Gallo, Pedro Samblás Tilve, Mercedes Del Cura González, Minutes from the XII Congress in History of Medicine, 7–9 February 2002, Albacete. Ed. Of the University of Castilla-La Mancha. Cuenca, p. 645-657.
  21. Acte Conmmemoratiu del cinque cententary de Miguel Servet(1511-2011), 29th November 2011, Reial Acadèmia de Medicina de Catalunya
  22. 1997 “Michael Servetus, editor of the Dioscorides”, González Echeverría, Francisco Javier. Institute of Sijenienses Studies “Michael Servetus” ed, Villanueva de Sijena, Larrosa ed and “Ibercaja”, Zaragoza.
  23. 2001- “Portraits or printing boards of the stories of the Old Testament. Spanish Summary”, González Echeverría, Francisco Javier. Government of Navarra, Pamplona 2001. Double edition : facsimile(1543) and critical edition. Prologue by Julio Segura Moneo.
  24. Par exemple le documentariste allemand Olivier ECKERT
  25. (en) 2011 Samalways, Edmund. From Alchemy to Chemotherapy. Hermes Press, pages 121-122
  26. (en) Reasons of faith, Geilser & Meister
  27. (en) Bernard DK. The Oneness of God Word Aflame Press, 1983.
  28. (en) Andrew M. T. Dibb. Servetus, Swedenborg and the Nature of God, University Press of America, 2005.
  29. Communiqué officiel de la Ville de Genève
  30. Article du 3 octobre 2011 de la Tribune de Genève
  31. collège Michel Servet d'Annemasse
  32. collège Michel Servet de Charlieu
  33. Affiche, sur genevox.ch