Emanuel Swedenborg

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Emanuel Swedenborg

Emanuel Svedberg (ou Swedberg) devenu officiellement après son anoblissement[1] Emanuel Swedenborg, né le [2] à Stockholm et mort le à Londres, est un scientifique, théologien et philosophe suédois du XVIIIe siècle.

Dans la première partie de sa vie, Swedenborg fut un scientifique et un inventeur prolifique, ce qui lui valut alors dans certains cercles, le surnom de Léonard de Vinci du Nord ou encore d’Aristote de Suède[3]. À l’âge de cinquante-six ans, il déclara être entré dans une phase spirituelle de sa vie et dit ensuite avoir des rêves et des visions mystiques dans lesquels il discutait avec des anges et des esprits, voire avec Dieu et Jésus-Christ, et visitait le Paradis et l'Enfer.

Biographie[modifier | modifier le code]

Les années de formation[modifier | modifier le code]

Emanuel Swedenborg naquit le à Stockholm. Son père, Jesper Svedberg, était un pasteur luthérien d'origine modeste[4] qui, d'aumônier militaire, devint ensuite professeur de théologie à l'université d'Uppsala et évêque de Skara grâce à l'appui de Charles XI. Sa mère était Sarah Behm fille de Albrecht Behm, Assesseur du Bureau Royal des Mines. Jesper Svedberg et Sarah Behm auront ensemble neuf enfants[5]. Jesper Svedberg transmit notamment à son fils son intérêt pour les thèses piétistes et sa croyance en la présence des anges et des esprits sur Terre. Quand ayant accédé à la charge d'évêque à Skara il ne put plus superviser l'éducation de son fils[6], Emanuel resté à Uppsala fut élevé par sa sœur Anna et son beau-frère Ericus Benzelius, un érudit[7] avec lequel Swedenborg maintient des relations étroites sa vie durant.

Emanuel s'inscrit en 1704 à l'université d'Uppsala où il obtint son doctorat en philosophie[8] en 1709. Pour se délasser il tient les orgues de la cathédrale d'Uppsala. En 1710, il entreprit son Grand Tour à travers l'Europe. À l'issue d'une traversée mouvementée il gagne l'Angleterre, atterrissant à Londres où il manque de se faire pendre pour manquement — involontaire — aux règles de quarantaine[9]. Il restera deux ans et demi tantôt à Londres, tantôt à Oxford où il suit des cours à l'Université : il y étudia la physique, la mécanique et la philosophie et y rencontra Halley, Woodward et Flamsteed, mais ne put rencontrer Newton[10]. Il logea chez différents artisans auprès desquels il s'initia à l'horlogerie, à l'ébénisterie ainsi qu'à la fabrication d'instruments de mesure.

Il passe ensuite en Hollande, d'abord à Leyde en 1712, où il apprend à fabriquer des lentilles optiques et où il fréquente l'observatoire astronomique, puis à Utrecht, où se négocie alors le traité d'Utrecht et où il se lie avec l'ambassadeur de Suède Palmqvist. Puis il gagne la France par Bruxelles. À Paris il fréquenta l'Abbé Jean-Paul Bignon et rencontra l’astronome La Hire et l’algébriste Varignon. En 1714, à la demande de son père, il rentre en Suède : de Lille, il gagne Hambourg et fait halte à Rostock d'où il écrit à Benzélius une lettre dans laquelle il énumère quatorze inventions (Il fit les plans d’un avion, d’un sous-marin...).

Il arrive en Suède au printemps 1715, accompagné d'une Dame Feif[11]. Il fait paraître une œuvre littéraire et poétique qu'il a composée pendant ses pérégrinations, les Jeux d'Helicon (Ludus Heliconius, sive carmina miscellanea quae variis in locis cecinit) ; il publie également à Greifswald un autre petit écrit littéraire intitulé Muse boréale (Camoena borea,sive favellae Ovidianis similes)[12].

Il fut aussi grand organiste et joua souvent dans la cathédrale d'Uppsala.

Période scientifique[modifier | modifier le code]

De retour en Suède en 1715, il se consacra aux sciences et à l'invention pendant une vingtaine d'années. De 1715 à 1716[13]. Il créa, avec son ami Christopher Polhem, le premier journal scientifique suédois intitulé Daedalus Hyperboreus (Dédale hyperboréen), qui contient les premiers travaux de la Société royale des sciences d'Uppsala dont Swedenborg fut un des premiers membres[14] (où sont mentionnées les inventions mécaniques du philosophe)[15].

Swedenborg fut présenté par Polhem au roi Charles XII à Lund. Le roi, appréciant ses talents, le nomme Assesseur au Collège des Mines le 18 décembre 1716. Il a pour mission d'assister Polhem dans l'exécution de divers grands travaux comme les docks de Karlskrona, les écluses du lac Väner et de Göteborg ou encore les installations hydrauliques de Trollhättan. En 1718 il publie en Latin Méthode nouvelle pour trouver les longitudes par les observations lunaires, puis un traité en suédois en dix volumes, sur l'algèbre le calcul différentiel et intégral, la mécanique et la balistique.

En 1719 il est anobli, ce qui lui confère le droit de siéger à la chambre haute du Parlement suédois. Cette même année, il publie en suédois différents traités sur le mouvement de la Terre et des planètes, ainsi qu'un traité sur la hauteur des eaux et les fortes marées dans le monde primitif.

Il inventa un système décimal monétaire, également utilisable pour l’étude de la cristallographie. Il utilisa une nouvelle méthode pour calculer et déterminer la longitude, à partir d'un point maritime ou terrestre, suivant l'observation des phases lunaires. Il introduisit en Suède le calcul infinitésimal. Dans le tome I de ses Opera philosophica et mineralis (1734), il fut le premier à émettre l'hypothèse de la formation du système solaire, décrivant la nature de la Voie lactée, précédant ainsi celles de Buffon et de Laplace. Il élabora une théorie moderne de l'atome, une théorie vibratoire de la lumière, une théorie cinétique de la chaleur, s'intéressa au magnétisme bien avant Michael Faraday.

Dans les années 1720 et 1721, il visita les mines de Suède. En 1721 il fait un court séjour à Amsterdam pour y publier en latin cinq traités d'ordre scientifique : le Prodrome des principes de philosophie naturelle, les Observations et découvertes sur le fer et le feu, la Nouvelle Méthode pour déterminer sur terre ou sur mer les longitudes géographiques des lieux, l' Art de construire les docks et une nouvelle méthode pour la construction des digues, l' Art d'apprécier la force mécanique des navires[16]. Il part de Hollande vers Aix-la-chapelle, Liège et Cologne pour y visiter des mines. Séjournant à Leipzig en 1722, il y fait paraître ses Mélanges d'observation sur les minéraux, le feu et les gisements des montagnes. Arrivé à Hambourg après avoir visité les mines de Saxe, il ajoute un quatrième volume aux Mélanges pour y traiter du fer et des stalactites de la grotte de Baumann. Il repart de Hambourg visiter les mines de Brunswick, de Gosslar, du Hanovre et du Limbourg. À l'été 1722, il était de retour en Suède où il fait paraître Sur la dépréciation et l'élévation des monnaies en Suède[17].

En 1724, Swedenborg déclina la chaire de mathématiques que lui proposait l'Université d'Uppsala (chaire laissée vacante à la mort de Nils Celsius).

En 1733, il repart pour un voyage d'étude, notamment des mines. En octobre 1733, il publie à Leipzig les trois tomes de Opera philosophica et mineralia qu'il fera paraître en version révisée à Dresde en 1734. Le tome premier s'intitule Principes des choses naturelles et nouvel essai d'un exposé philosophique du monde élémentaire (Principia rerum naturalium, sive novorum tentaminum phoenomena mundi elementaris philosophice explicandi). Cet ouvrage lui valut reconnaissance et honneurs[18]. La même année, il publia à Dresde L'Infini, la cause finale de la nature, et le lien de l'âme et du corps... Essai sur la cause finale de la création ainsi que le mécanisme de l'âme et du corps (Prodromus philosophiae rationalis de infinito et causa finali creationis : deque mechanismo operationis animae et...). Il retourna en Suède où il arriva en juillet 1734 pour l'assemblée des États.

Études anatomiques[modifier | modifier le code]

À partir des années 1730, Swedenborg s'intéressa de plus en plus aux questions spirituelles. Il cherchait à découvrir une théorie expliquant les relations entre la matière et l'esprit et s'intéressa pour cela à l'anatomie.

Il découvrit la fonction des glandes endocrines, le fonctionnement du cerveau et du cervelet. Il produisit également une étude avancée sur la circulation du sang et sur la relation du cœur et des poumons (voir Œconomia regni animalis).


En 1735 son père décède, lui laissant quelque fortune (sa mère était morte en 1720). Le 10 juillet 1736 il entame un voyage de quatre ans à travers l'Europe : à Copenhague il suit les cours de Christian Wolff, à Rotterdam il fréquente les théâtres ; il reste à Paris un an et demi et séjourne en Italie du nord remontant ensuite sur Paris et Amsterdam où il publie le premier volume de son Oeconomia regni animalis. Le 3 novembre 1740 il était de retour à Stockholm.

En 1744 il publie à La Haye son Règne animal d'abord en deux volumes. Le troisième sera publié à Londres en 1745.

De cultu et Amore Dei est un ouvrage qui marque la transition entre ses publications scientifiques et ses écrits théologiques.

Les travaux médico-psychologiques de Swedenborg sont rassemblés dans un traité en quatre volumes, Le Cerveau, qui ne fut redécouvert qu’en 1880 parmi les archives de l’Académie Royale des sciences de Suède[3].

Période mystique[modifier | modifier le code]

À l’âge de 56 ans, il abandonna ses recherches scientifiques pour s’adonner entièrement à la recherche théologique, psychologique et philosophique dans le but de faire découvrir aux hommes une spiritualité rationnelle basée sur des visions de l'au-delà. Il commence l'apprentissage de l'hébreu à l'âge de 57 ans. C'est en 1743 qu'il eut sa première expérience mystique. Il en parla ouvertement dans une lettre à son ami le Dr Hartley : « J'ai été appelé à une fonction sacrée par le Seigneur lui-même, qui s'est manifesté en personne devant moi son serviteur. Alors il m'a ouvert la vue pour que je voie dans le monde spirituel. Il m'a accordé de parler avec les esprits et les anges... »[19].

Il nota ses expériences dans son Drömmar (Rêves) écrit entre décembre 1743 et octobre 1744 et dans son Diarium Spirituale écrit entre 1747 et 1765[20]. Le 30 juin 1743, il se rend en Hollande où il règle des affaires avec son imprimeur. En mai 1744 il repart à Londres, où de nouveau il a une vision. Cela s'y reproduira un an plus tard.

De retour à Stockholm en août 1745, il écrit au roi pour résilier ses fonctions au collège des Mines afin de se consacrer à ses études théologiques. Le 17 juillet 1747 il part en Hollande où il prépare son premier ouvrage théologique Les Arcanes célestes ; fin 1748, il s'installe à Londres. De 1749 à 1756, il publie les huit volumes de ses Arcanes célestes, sans nom d'auteur, d'éditeur, ni de ville. Il revient à Stockholm le 23 juillet 1756.

En 1758 il publie à Londres cinq nouveaux ouvrages Le jugement dernier, De coelo et ejus mirabilibus et de inferno, ex auditis et visis (Du ciel et de ses merveilles et de l'enfer)[21], Du cheval blanc de l'Apocalypse, Des terres dans notre monde solaire, et De la Nouvelle Jérusalem et de sa doctrine céleste. En 1759, Swedenborg quitta Londres pour rentrer dans son pays.

En 1761 il soumet à la Diète trois mémoires : sur la monnaie métallique, sur les finances et sur le cours des changes. En 1762, après la clôture de la Diète, il émigra de nouveau et se rendit à Amsterdam.

En 1763, il publie à Amsterdam, Doctrine sur le Seigneur, Doctrine sur l'Écriture Sainte, Doctrine de vie et Doctrine sur la foi. Puis de 1764 à 1766 La Sagesse angélique sur le divin Amour et la divine Sagesse, La Sagesse angélique sur la divine Providence, Exposition sommaire du sens interne des Psaumes et des prophètes[22].

En 1764, il reparaît à Stockholm, mais il trouve la Suède en proie aux dissensions politiques et n'y fait qu'un court séjour. De retour à Amsterdam en 1765 il y publie l'Apocalypse révélée, où se trouvent dévoilées les choses mystérieuses qui y sont prédites et qui étaient demeurées cachées jusqu'à ce jour. Reparti à Londres, il revient en Suède à la fin de 1766, passant toute l'année 1767 à Stockholm.

En mai 1768 il quitte la Suède pour se rendre en Hollande. À Amsterdam il fait paraître cette même année, en deux volumes, Deliciae sapientiae de amore conjugiali (Les Délices de la Sagesse sur l'amour conjugal et les Voluptés de la folie sur l'amour scortatoire) ; la rumeur entourant le livre[23], et plus encore le fait qu'il ait paru sous le vrai nom de Swedenborg firent scandale : en 1769 le Consistoire de Gothenburg formule des accusations d'hérésie à l'encontre de Swedenborg qui est accusé de Socinianisme et de mahométisme. La santé mentale de Swedenborg fut mise en question par ses opposants. Le roi demanda un rapport. Il n'y eut pas de suite.

En 1769 il fait un court séjour à Londres pour y faire paraître le Traité des rapports ou du commerce de l'âme avec le corps .

Le 19 juin 1770 il acheva l'écriture de Vera Religio Christiana (La vrai Religion Chrétienne). Un mois plus tard, il quitta Stockholm pour Amsterdam où il entreprit d'y faire imprimer son livre, ce qui fut fait fin juin 1771 (on trouve aussi en août). Il se rend alors à Londres. Le 24 décembre 1771, il eut un ictus. Il mourut à Londres le 29 mars 1772 et fut enterré le 5 avril dans le caveau du chœur de l'église suédoise d'Ulrique Eléonor. Son corps fut rapatrié sur un navire de la marine suédoise et enterré en la cathédrale d’Uppsala en 1908[24]

Plaque à la mémoire d'Emanuel Swedenborg à l'emplacement de sa maison natale à Stockholm.

La santé mentale de Swedenborg interrogée[modifier | modifier le code]

Kant s’intéressa considérablement à l’œuvre théosophique de Swedenborg. Dans un essai de jeunesse publié en 1766, Les rêves d’un voyeur d’esprits expliqués par des rêves de la métaphysique il conclut qu’il est difficile de distinguer le délire visionnaire de la métaphysique dogmatique. La préface à la première édition de La Critique de la raison pure reprend les critiques qui s’adressaient en 1766 au délire extravagant et aux constructions idéalistes[25].

Postérité[modifier | modifier le code]

Vers 1787, une Église, appelée Église de la Nouvelle Jérusalem, fut créée, fondée sur les écrits spirituels de Swedenborg.

Sa recherche insatiable du siège de l'âme le conduisit à rencontrer les célébrités scientifiques de l'époque : Isaac Newton, Leibniz, des membres de la Royal Society, des universitaires d'Oxford et de Cambridge. Il devient végétarien[26] et voyage de par l'Europe, patronné par le roi Charles XII et le duc de Brunswick, afin d'étudier, écrire et imprimer les fruits de ses recherches. Il exerça sur eux, ainsi que sur Voltaire, une certaine influence. Après sa mort, sa pensée inspira diverses mouvances religieuses ou maçonniques.

Swedenborg exerça une très forte influence sur les écrivains et poètes romantiques[27].

Balzac contribua par ses œuvres, notamment dans son roman autobiographique "Louis Lambert", à faire connaître Swedenborg ; dans Séraphîta, le pasteur Becker fait l’éloge de Swedenborg. Charles Baudelaire fut un lecteur assidu de Swedenborg. Alphonse-Louis Constant est un exemple des personnes associant Swedenborg à l'occultisme. Le père d'Henry James et de William James lui accorda également beaucoup d'intérêt. Paul Valéry signa la préface de la traduction française de Swedenborg de Martin Lamm édité par Stock en 1936[28]. On peut également citer Carl Gustav Jung, qui connaissait bien les Arcanes Célestes, Samuel Hahnemann, qui s'inspira beaucoup des théories de Swedenborg pour élaborer l'homéopathie[réf. nécessaire]. Jorge Luis Borges parle aussi de Swedenborg avec beaucoup de respect et d'estime[réf. nécessaire].

Les peintres belges Fernand Khnopff et Jean-Jacques Gailliard se sont convertis dans l'Église de la Nouvelle Jérusalem.

Malcolm de Chazal fut influencé par la pensée swendeborgienne[29].

Principaux ouvrages[modifier | modifier le code]

Il publia, le plus souvent à ses frais, et en latin, soixante-dix sept volumes couvrant des domaines aussi variés que la mathématique, l'anatomie, la mécanique, la psychologie, la théosophie... Ses ouvrages « théologiques » furent édités en Angleterre et en Hollande à cause de la censure des autorités suédoises. Une partie seulement de ses travaux a été traduite[3]. Si Pernety produisit la première traduction en français — en 1782 — du Traité du Ciel et de l'enfer, suivi par les traductions de J.-P Moët publiées de 1819 à 1824, c'est surtout à Le Boys des Guays, un fervent adepte, que l'on doit la traduction et la publication des œuvres théologiques de Swedenborg en français à compter des années 1830[30]. La Swedenborg Society s'attella dès sa création en 1810 à la traduction du corpus en anglais[31] (Rudolf Leonhard Tafel avait déjà traduit certains ouvrages en anglais). Daisetz Teitaro Suzuki (par ailleurs auteur d'un Swedenborg: Buddha of the North) traduisit certaines œuvres en japonais vers 1913[32].

  • Traité des représentations et des correspondances (Clavis Hieroglyphica arcanorum naturalium et spiritualitium per viam Repraesentationum et Correspondentiarum, 1741, publ. à Londres en 1784). Trad. fr. J.F.E. Le Boys des Guays : Traité des représentations et des correspondances, Saint-Amand, Librairie de la Nouvelle Jérusalem, 1857. [1]

Index des symboles du corps spirituel dans le corps humain, montrant que chaque partie physique a sa contrepartie sur le plan subtil de l’âme, et qu’il existe une relation de cause à effet entre l’état du mental et celui du corps. Trad. an. : Hieroglyphic Key, Swedenborg Scientific Association Philadelphia, 1955.

  • Le livre des rêves. Journal des années 1743-1744, trad. Régis Boyer, Berg, 1991.
  • Regnum Animale (1744-1745). Trad. an. : The Animal Kindom, Londres, West Newbery, 1843. Le concept de correspondances comme principe général pour regarder le monde physique comme un simple symbole du monde spirituel.
  • De Cultu et Amore Dei (Londres, 1745). Trad. an. (1914) : The Worship and Love of God, Swedenborg Society, 1997.
  • Arcanes célestes (Arcana Caelestia, quae in Scriptura Sacra, seu Verba Domini, sunt detecta, ouvrage publié à Londres, en latin et en 8 volumes, entre 1749 et 1796. Traduction française J. F. E. Le Boys des Guays, Arcanes célestes qui sont dans l'Ecriture sainte, ou La parole du Seigneur avec les merveilles qui ont été vues dans le monde des esprits et dans le Ciel des anges, 16 volumes, dont les cinq premiers sont réédités)

Exégèse de la genèse et de l’exode bibliques, avec références à tout l’ancien et le nouveau testament sur trois plans : historique, psychologique et sacré.

Développement de la régénération de l’être humain en parallèle avec la glorification de Jésus Christ. États d’âme et tentations de l’individu de Jésus-Christ qui en est l’archétype.

  • Du Ciel (et de ses merveilles) et de l'Enfer, d'après ce qui a été entendu et vu (De Coelo et ejus Mirabilibus, et de INferno, ex Auditis et Visis, 1758). Trad. Le Boys des Guays, Fischbacher, 1899. [2]

Swedenborg montre dans ce livre que le ciel et l'enfer sont d'abord des états d'âme pour ensuite devenir des lieux. Après la mort du corps physique, l'individu passe un temps intermédiaire dans le monde des esprits, où il choisira librement, par la suite, d'aller soit au ciel, soit en enfer, étant précisé que ni l'un ni l'autre n'est à considérer comme étant une récompense ou une punition. Descriptions : d'une expérience de voyage dans l'au-delà ; d'anges et de démons. Édition en français : Le Ciel, ses merveilles et l'Enfer, d'après ce qui a été vu et entendu, traduction de Le Boys des Guays revue et corrigée, prolégomènes et note sur la terminologie par L. Jean Français, R.S.F., 1960.

  • La nouvelle Jérusalem et sa doctrine céleste (De Nova Hierosolyma et ejus Doctrina Coelesti, Londres, 1758). Trad. J.-P. Moët : De la Nouvelle Jérusalem et de sa doctrine céleste, d'après ce qui a été entendu du ciel, Paris, Treuttel et Würstz, 1821.

Résumé des doctrines et des éléments de la théologie de Swedenborg.

  • La sagesse angélique sur le divin amour et sur la divine sagesse (Sapientia Angelica de Divino Amore et de Divina Sapientia, Amsterdam, 1763). Trad. an. : Divine Love and Wisdom, Swedenborg Foundation, 1995. Trad. fr. par J.F.E. Le Boys des Guays, La sagesse angélique sur le divin amour et sur la divine sagesse, 1851.

Présente cinq aspects de la vision de l’existence : La nature de Dieu ; la nature du monde spirituel ; la nature de l’homme ; la doctrine des degrés ; la création de l’univers.

  • La sagesse angélique sur la divine providence (Sapientia Angelica de Divina Providentia, Amsterdam, 1763). Trad. an. : Divine Providence, Swedenborg Foundation, 1996. Trad. fr. par J.F.E. Le Boys des Guays : La sagesse angélique sur le divine providenvce, Paris, Minot, 1854.

Nature de la relation entre Dieu et l’être humain. Description des lois spirituelles qui régissent l’univers : le Karma, cause des maladies et des guerres et de la souffrance en général, régénération de l’individu.

  • L’amour vraiment conjugal (Delitiae Sapientiae de Amore Conjugiali, paru en 1768, c'est le premier ouvrage « théologique » — il le qualifiait de moral — à être publié sous son vrai nom). Trad. : "Les délices de la sagesse, sur l'amour conjugal ; à la suite sont placées les voluptés de l'amour scortatoire, trad. J.F.E. Le Boys des Guays, Paris, 1887.

Description de la nature céleste de la complémentarité entre mari et femme. Les époux forment ensemble un « Ange » et vivent éternellement unis l’un à l’autre après la mort dans une jeunesse perpétuelle. Description de la nature de cet amour.

  • La vraie Religion Chrétienne (Vera Christiana Religio, en 2 volumes, 1770-1771). Trad. an. : True Christian Religion, Swedenborg Foundation, 1996. Trad. fr. J.F.E. Le Boys des Guays : La vraie religion chrétienne, contenant toute la théologie de la Nouvelle Eglise, Saint-Amand, Librairie de la Nouvelle Jérusalem, 1852-1853.

Dernier ouvrage de Swedenborg, portant sur la nature du Christianisme Spirituel. Comparaison des différents dogmes chrétiens avec ce qu’enseigne la Bible dans son sens allégorique. Signification du Baptême, de la Sainte Cène, de la Trinité, du Décalogue, de la Vie éternelle, du Salut, du Retour du Christ, de la dégénérescence de l’humanité et de sa régénération, de l’Homme cosmique.

  • L’Amour scortatoire

Description des désirs malsains qui sont contraires à la réalisation harmonieuse du couple et qui le tuent.

  • Le cheval blanc (Apocalypse, chapitre 19)

Lecture de la Bible selon le sens allégorique, avec déchiffrage méthodique des symboles. Petit dictionnaire expliquant la terminologie utilisée.

  • Les quatre doctrines

Exégèse biblique sur les natures de : La vie, l'Écriture Sainte, la Foi, Jésus-Christ.

  • De la charité

Nature du véritable amour envers autrui, envers la société et envers Dieu. Explication des dix commandements.

  • Traité curieux des Charmes de l'amour conjugal dans ce monde et dans l'autre

traduit du latin en français par M. de Brumore, chez George-Jacques & J. Henri Decker, 1784. Texte en ligne sur Gallica

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Anoblissement décidé en 1719 par la reine Ulrique-Eleonore en récompense de l'exploit d'ingénierie militaire réalisé par Swedberg lors du siège de la ville de Fredrikshald / Halden : il avait inventé un moyen de faire traverser à deux galères, cinq chaloupes et une corvette de guerre fortement armées plus de soixante kilomètres de terre ferme ; dans Emanuel de Swedenborg : sa vie, ses écrits et sa doctrine, Jacques Matter précise que cet anoblissement ne donna pas à Swedenborg le titre de baron ou de comte, comme on peut parfois le lire.
  2. La date du 29 janvier se comprend suivant le calendrier julien ; suivant le calendrier grégorien il serait né le 9 février.
  3. a, b et c http://www.erudit.org/revue/smq/2003/v28/n1/006991ar.pdf
  4. On trouve aussi que Jesper vient d'une famille de mineurs qui fut prospère au XVIIe siècle ; cf. Emanuel Swedenborg, par Samuel Willard Crompton.
  5. Swedenborg's secret: the meaning and significance of the word of God, the... de Lars Bergquist ; les enfants sont par ordre de naissance : Albert, Anna, Emanuel, Hedvig, Daniel, Eliezer, Catharina, Jesper et Marghareta ; Albert mort en 1696, Emanuel fut le fils ainé. Sarah Behm apporta une fortune appréciable ; cf. Emanuel Swedenborg, par Samuel Willard Crompton.
  6. La mère d'Emanuel décède en 1696 ; Jesper se remarie en 1697 avec Sarah Bergia — également d'une famille de mineurs — ; cf. Emanuel Swedenborg, par Samuel Willard Crompton.
  7. Alors bibliothécaire en chef de l'Université d'Uppsala, il sera plus tard nommé archevêque de Suède.
  8. À l'époque, ces études comprenaient celles des sciences mathématiques, physiques ainsi que les lettres.
  9. La Suède connaissait alors plusieurs épisodes d'épidémies de peste.
  10. Il témoigna dans une correspondance de son admiration pour l'érudit — alors décédé — Isaac Casaubon ; cf. Samuel Willard Crompton, Emanuel Swedenborg.
  11. R. L. Tafel, dans Documents Concerning the Life and Character of Emanuel Swedenborg Part One, identifie cette Dame Feif comme l'épouse de Casten Feif, conseiller à la guerre du roi Charles XII.
  12. Jacques Matter, Emanuel de Swedenborg : sa vie, ses écrits et sa doctrine.
  13. On trouve des dates très différentes. Anne Buttimer et Tom Mels By northern lights: on the making of geography in Sweden donnent 1711 comme date de fondation du journal ; Lars Bergquist, Swedenborg's secret: the meaning and significance of the word of God, the... donne 1716-1718 comme période d'édition de 6 numéros.
  14. Curieusement, Matter indique 1729 comme année d'adhésion à la Société Royale.
  15. Pour l'importance, on trouve publié en dix volumes ou en six volumes ; pour la date de première publication on trouve aussi 1716 ; cf. Matter.
  16. Respectivement : Prodromus Principiorum Rerum Naturalium, sive novorum tantaminum Chemiam et Physicam experimentalem Geometrice explicandi, Nova Observata et Inventa circa ferrum et ignem ; una cum nova camini inventione, Methodus nova inveniendi Longitudines locorum, Terra Marique, Ope Lunae, Modus construendi Receptecula Navalia ; Nova Constructio Aggeris, Aquatici, Modus Mechanice explorandi Virtutes Navigiorum titres latins trouvés dans C. Knight, Penny cyclopaedia of the Society for the Diffusion of Useful Knowledge, Volumes 23 à 24, 1842.
  17. Jacques Matter Emanuel de Swedenborg : sa vie, ses écrits et sa doctrine.
  18. En 1763, l’Académie des sciences de Paris fit traduire en français son traité du fer et le fit insérer dans sa Description des arts et métiers.
  19. Biographie de Swedenborg, Jean Prieur, Editions Fernand Lanore, Paris, 1994, page 30.
  20. Il devait être publié entre 1843 et 1846 par Tafel sous le titre célèbre de mémorabilia.
  21. Sans nom d'auteur.
  22. On trouve aussi (les mêmes sous d'autres titres ?) : doctrine de la vie pour la nouvelle Jérusalem, la Doctrine sur le Seigneur, sur la foi, sur l'Écriture sainte, Continuation sur le Jugement dernier et le monde spirituel.
  23. Michel Brix rapporte, dans Eros et littérature : le discours amoureux en France au XIXe siècle, que cet ouvrage fut l'un des plus populaires de Swedenborg et ceci de son vivant ou après son décès.
  24. Cf. http://www.erudit.org/revue/smq/2003/v28/n1/006991ar.pdf on l’a enterré avec le mauvais crâne, le bon se trouvant en possession d’un collectionneur britannique.
  25. Mario Poirier, Santé mentale au Québec, vol. 28, n° 1, 2003, p. 258-277 http://www.erudit.org/revue/smq/2003/v28/n1/006991ar.pdf
  26. « Manger la chair des animaux est un acte profane », Arcanes du ciel et de l'enfer.
  27. Marianne Battail Une amitié millénaire : les relations entre la France et la Suède à travers les âges.
  28. http://fs.oxfordjournals.org/content/XX/1/25.full.pdf. Georges Gusdorf, dans Auto-bio-graphie (Odile Jacob, 1991, page 182), émet l'avis que l'intérêt de Valery était d'ordre alimentaire voire, insinue-t-il, carriériste.
  29. Malcolm de Chazal, l'homme des genèses : de la recherche des origines à la…, par Christophe Chabbert.
  30. Jean-Pierre Chantin, Dictionnaire du monde religieux dans la France contemporaine.
  31. Henri van Hoof Histoire de la traduction en Occident.
  32. Donald S. Lopez, Curators of the Buddha: the study of Buddhism under colonialism.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]