Alexandre Vinet

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Alexandre Vinet
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Vinet.

Alexandre Rodolphe Vinet (17 juin 1797 à Lausanne - 4 mai 1847 à Clarens) est un théologien, philosophe, journaliste, critique littéraire et historien suisse.

Biographie[modifier | modifier le code]

Alexandre Vinet naît à Lausanne, à Ouchy. Son père, Louis-Marc, d'origine française, était bourgeois de Crassier. Ayant fait des études pour devenir pasteur à la Faculté de théologie de Lausanne, Alexandre Vinet enseigne le français et la littérature française au gymnase de Bâle dès 1817 avant d'être consacré au ministère dans sa ville natale en 1819. La même année, il épouse sa cousine germaine Sophie de la Rottaz avant de retourner enseigner à l'Université de Bâle comme privat-docent, puis de professeur extraordinaire dès 1835. En parallèle, il se met à disposition des pasteurs bâlois pour des remplacements. Il aura deux enfants, Stéphanie (1820 - 1838) et Auguste (1821).

Dès 1824, Vinet collabore au Nouvelliste vaudois, dirigé par Charles Monnard, puis au Semeur, une revue fondée à Paris par un groupe de protestants. Toute sa vie il reste autant critique littéraire que théologien.

La critique littéraire le met en contact avec Sainte-Beuve, pour qui il obtient qu'on l'invite à faire une conférence à Lausanne, ce qui amène Sainte-Beuve à écrire son ouvrage célèbre sur Port-Royal. La Chrestomathie française de Vinet (1829), ses Études sur la littérature française au XIXe siècle (1840-51) et son Histoire de la littérature française au XVIIe siècle, joints à ses Études sur Pascal, aux Études sur les moralistes aux XVe et XVIe siècles, à son Histoire de la prédication parmi les Réformés de France et d'autres travaux qui y sont rattachés, attestent d'une vaste connaissance de la littérature, d'un jugement sûr et d'une grande faculté de discernement. Il ajuste ses théories à l'œuvre qu'il étudie et ne condamne rien pour se conformer à ses standards littéraires.

Comme théologien Vinet donne une impulsion nouvelle à la théologie protestante, particulièrement dans les pays francophones, mais aussi en Angleterre et ailleurs. Lord Acton le compare à Richard Rothe. Sa philosophie s’appuie d'abord sur la conscience, définie comme ce qui permet à l'homme de rester dans une relation personnelle directe avec Dieu ; c'est elle qui régit la morale et rien ni personne n'a le droit d'attenter à la conscience de l'individu. Il préconise une liberté complète en matière de croyance religieuse et donc la séparation officielle entre l'Église et l'État, idéologie qu'il défend dans Mémoire en faveur de la liberté des cultes (1826), Essai sur la conscience (1829) et Essai sur la manifestation des convictions religieuses (1842). Il est l'objet de sanctions pour avoir prêché la tolérance envers les piétistes et les méthodistes.

Dès 1831, quand il publie son Discours sur quelques sujets religieux, son influence commence à s'exercer au delà des limites de son propre canton dans le sens de la libéralisation et de l'approfondissement de la pensée religieuse, car il apporte à la doctrine traditionnelle une expérience vivante et personnelle. À la suite de la retraite d'Alexandre Leresche, titulaire de la chaire de théologie pratique, il accepte de le remplacer et rentre à Lausanne en septembre 1837. Il y enseigne la théologie pratique avant de donner sa démission en 1844. Elle est refusée. La même année, il remplace temporairement comme professeur de littérature française son ancien maître Charles Monnard, en congé à Paris. En novembre 1840, il avait déjà quitté le clergé vaudois et en 1845, lorsque le pouvoir civil du canton de Vaud veut s'en prendre à l'autonomie de l'Église, il conduit la sécession qui prend le nom d'Église libre et présente à nouveau sa démission au Conseil d'État. Le gouvernement tenant à sa présence dans le corps professoral, on lui propose la chaire de littérature française abandonnée par Monnard.

Malgré tout, en décembre 1846, la fermeté de ses choix religieux entraîne sa destitution, avec celle d'autres professeurs dont Charles Secrétan. On lui reproche d'avoir participé à des assemblées en marge de l'Église officielle.

Affaibli par la maladie, Vinet part se reposer à Clarens. Il y meurt le 4 mai et y est enterré. Une grande partie de ses œuvres n'est imprimée qu'après sa mort. Une statue à son effigie est érigée en 1900 à Lausanne (à l'extrémité orientale de la Promenade de Montbenon) par la société d'étudiants Belles-Lettres.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Lausanne possède une rue Alexandre-Vinet (entre la rue du Valentin et l'avenue Antoine-Henri Jomini) sur décision municipale de 1885.

Publications[modifier | modifier le code]

Histoire de la littérature[modifier | modifier le code]

  • Chrestomathie française (1829)
  • Études sur la littérature française au XIXe siècle (1849-51)
  • Histoire de la littérature française au XVIIe siècle
  • Études sur Pascal
  • Moralistes des XVIe et XVIIe siècles
  • Histoire de la prédication parmi les Réformés de France

Théologie[modifier | modifier le code]

  • Nouveaux discours sur quelques sujets religieux (1841)
  • Études évangéliques (1847)
  • Mémoire en faveur de la liberté des cultes (1826)
  • Essai sur la conscience (1829)
  • Essai sur la manifestation des convictions religieuses et sur la séparation de l'Église et de l'État (1842)
  • Discours sur quelques sujets religieux (1831) et Nouveaux discours (1841)
  • Étude sur l'épître aux Colossiens (éd. 1841).
  • Méditations évangéliques (éd. 1849).
  • Cours d'Homilétique (éd. 1853).
  • Cours de Théologie Pastorale (éd. 1854).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Références et sources[modifier | modifier le code]