Oscar Cullmann

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Oscar Cullmann

Naissance 25 février 1902
Strasbourg
Décès 16 janvier 1999 (à 96 ans)
Chamonix
Nationalité Française
Profession
Professeur de théologie protestante
Membre de l'Institut
(Académie des Sciences morales et politiques)
Formation
Théologie protestante
Distinctions

Oscar Cullmann (25 février 1902 à Strasbourg - 16 janvier 1999 à Chamonix) est un théologien et exégète biblique luthérien. Il est spécialiste de l'exégèse du Nouveau Testament, de l'Église primitive et de l'histoire du Salut.

Parcours[modifier | modifier le code]

Oscar Cullmann est le dernier d'une famille de neuf enfants[1]. Né à Strasbourg, il fait ses études secondaires au Gymnase Jean-Sturm, avant d'entreprendre des études de théologie et de langues bibliques, grec, araméen et hébreu, à la Faculté de théologie de Strasbourg et à la Faculté de théologie protestante de Paris. Il devient assistant de grec à la Faculté de Strasbourg en 1927, puis soutient en 1930 une thèse de doctorat sur le roman pseudo-clémentin, publiée en 1947 sous l'intitulé Temps et histoire dans le christianisme primitif. Il devient maître de conférences à la Faculté de théologie protestante de Strasbourg (1930-1938), puis est nommé professeur de Nouveau Testament et d'histoire ancienne de l'Eglise à Bâle (1938), où il effectue l'essentiel de sa carrière universitaire, jusqu'à sa retraite en 1972. Il dirige également, à partir de 1941, le foyer des étudiants, l'Alumneum, assisté dans cette fonction par sa sœur. Oscar Cullmann est à plusieurs reprises doyen de la faculté de théologie protestante de Bâle, et occupe la fonction de recteur de cette université en 1968. O. Cullmann donne des enseignements à la Faculté protestante de Strasbourg (1945-1948), à la Faculté de théologie protestante de Paris (1954-1968) et à l'École pratique des hautes études (1949-1972). Il donne également des enseignements à la Faculté de théologie vaudoise de Rome, ainsi qu'à Harvard et à Munich.

Il devient membre de l'Institut en 1972, élu à l'Académie des sciences morales et politiques. Il fut membre du Conseil œcuménique des Églises et l'ami du pape Paul VI. Il participa au concile Vatican II en tant qu'observateur. Oscar Cullmann contribue à la mise en place de l'Institut œcuménique et théologique de Tantur, inauguré en sa présence en 1972, à Bethléem. Le prix Paul VI récompense son engagement oecuménique en 1994.

Pensée[modifier | modifier le code]

Trois axes peuvent définir les orientations de recherche d'Oscar Cullmann :

  • son intérêt pour un judaïsme qu'il qualifie d'hétérodoxe, qui est à l'origine du christianisme[2], et qui a permis, selon lui, aux premiers théologiens chrétiens de développer une théologie originale.
  • ses développements théologiques sur l'«histoire du salut» (Heilsgeschichte), qui le poussent à distinguer, dans le Nouveau Testament «une tension d'ordre temporel, dont l'expression dialectique est celle du "déjà" et du "pas encore"»[3] (cf. ses deux ouvrages, Christ et le temps, 1946 et Le Salut dans l'histoire, 1966) : «Tout est déjà accompli en Jésus-Christ mais la fin n'est pas encore arrivée». Ainsi il écrit en 1992, dans Les Voies de l'unité chrétienne :

« La ligne du temps [...] est, selon le Nouveau Testament, coupée : il y a un milieu temporel (accomplissement) et une fin temporelle (achèvement). J’ai résumé cette tension par la formule : “déjà” et “pas encore” ; et je l’ai illustrée par une image bien comprise au moment où j’ai fixé mon idée par écrit (1944). La bataille décisive avait eu lieu, mais les combats continuaient et on attendait encore l’armistice. Le temps compris entre le milieu et la fin est celui du Nouveau Testament et se prolonge dans celui qui est le nôtre : il s’agit d’un temps intermédiaire... Cette conception engendre celle de l’histoire du salut que j’ai développée par la suite. »

  • Son investissement dans le dialogue œcuménique, qui a établi la notoriété d'Oscar Cullmann, et notamment l’octroi du Prix Paul VI (1994). Il publie en 1952 son ouvrage Saint Pierre, disciple, apôtre, martyr et participe à l'ensemble des sessions du Concile Vatican II. Il défend l'idée d'une unité par la diversité et soutient l'établissement d'une communauté d’Églises qui tirent un enseignement de leurs différences doctrinales[3].

Publications en français[modifier | modifier le code]

(à compléter)

  • (Article de revue) «Les récentes études sur la formation de la tradition évangélique», Revue d’histoire et de philosophie religieuses, Tome V, 1925, p.459-477.
  • Temps et histoire dans le christianisme primitif, Delachaux et Niestlé, 1947 (thèse de doctorat pour la faculté de théologie protestante de Strasbourg)
  • Les Sacrements dans l'Évangile johannique, la vie de Jésus et le culte de l'Église primitive, Presses universitaires de France, 1951
  • Saint Pierre, disciple, apôtre, martyr, histoire et théologie, Delachaux et Niestlé, Paris, 1952
  • Catholiques et protestants : un projet de solidarité chrétienne, Delachaux et Niestlé, Paris, 1958
  • Christ et le Temps, Delachaux et Niestlé, Paris, 1958
  • La Foi et le culte de l'Église primitive, Delachaux et Niestlé, Paris, 1963
  • Études de théologie biblique, Delachaux et Niestlé, Paris, 1968
  • Des sources de l'Évangile à la formation de la théologie chrétienne, Delachaux et Niestlé, Paris, 1969
  • Christologie du Nouveau Testament
  • L'unité par la diversité, coll. « Théologies », éd. du Cerf, 1986, 130p.
  • Le Salut dans l'Histoire
  • Immortalité de l’âme ou résurrection des corps ?
  • Le Nouveau Testament, Paris, Presses universitaires de France (« Que sais-je ? », no 1231), 11 x 17 cm, 128 p., 1966.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. P. Messmer, Hommage (cf. bibliographie)
  2. J.N. Pérès, Article de l'Encyclopædia Universalis, cf. bibliographie.
  3. a et b J.N. Pérès, Article de l'Encyclopaedia Universalis.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]