Armée du salut

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Armée du salut
Image illustrative de l'article Armée du salut
Logotype de l'Armée du salut (Red shield)
Généralités
Courant Méthodisme
Théologie Piétisme
Gouvernance généralat et haut-conseil
Territoire mondial
Chef André Cox (en)
Fondation
Fondateur William Booth
Date 5 juillet 1865
7 août 1878
Lieu Londres, Drapeau de Grande-Bretagne Royaume-Uni
Origine et évolution
Chiffres
Membres 1 500 000[1]
Ministres 26 329
Temples 15 422
Hôpitaux 21
Écoles primaires 1 020
Écoles secondaires 191
Universités 19
Divers
Site Web http://www.salvationarmy.org/

L'Armée du salut est un mouvement international évangélique fondé en 1865 par William Booth (1829-1912), pasteur méthodiste.

Objectif[modifier | modifier le code]

Le message de l’Armée du salut se fonde sur la Bible. Sa mission consiste à annoncer l'Évangile de Jésus-Christ et à soulager, en son nom, sans distinction aucune, les détresses humaines.

« Tant que des femmes pleureront, je me battrai
Tant que des enfants auront faim et froid, je me battrai,
Tant qu'il y aura un alcoolique, je me battrai,
Tant qu'il y aura dans la rue une fille qui se vend, je me battrai,
Tant qu'il y aura des hommes en prison, et qui n'en sortent que pour y retourner, je me battrai,
Tant qu'il y aura un être humain privé de la lumière de Dieu, je me battrai,
Je me battrai,
Je me battrai,
Je me battrai. »

— William Booth, 9 mai 1912[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Salutistes américaines en France durant la Première Guerre mondiale, équipées de masques à gaz, en train de préparer des tartes pour les soldats.

En Angleterre, en pleine révolution industrielle, William Booth fonde la Mission chrétienne de l'Est de Londres le 5 juillet 1865[3]. Cette mission devient, le 7 août 1878, l'Armée du salut. À cette époque, les foules ouvrières s'entassent dans les quartiers pauvres d'East End (à l'est de Londres). À l'instar de Karl Marx qui y trouve les fondements de son idéologie révolutionnaire, matérialiste, athée et basée sur le principe des masses, William Booth propose un autre moyen de salut à ces populations qui vivent dans la misère. Pour lui, le progrès social, politique et économique devrait découler d'une profonde transformation intérieure de l'homme, réconcilié avec lui-même par la puissance de l'Évangile. William Booth sait cependant qu'avant de partager la promesse biblique, il faut pouvoir lui proposer des conditions de vie décentes sur terre. C'est l'origine de la devise : Soup, soap, salvation (Soupe, savon, salut).

Depuis 1891, durant le mois de décembre, l'Armée du salut organise une collecte de fonds dans la rue, ce sont les Marmites de Noël.

Membre à part entière de l'Église chrétienne, l'Armée du salut refuse de se laisser réduire au rang d'une simple institution charitable. Pourtant, si l'action sociale s'accompagne d'actions d'évangélisation, les conversions restent rares comme, d'ailleurs, le volontariat.

Doctrines[modifier | modifier le code]

Ce mouvement n'a pas de doctrine spécifique par rapport au protestantisme habituel. Il insiste cependant sur la certitude d'un Salut offert à tous par le Christ et de la transformation possible de tout être humain par sa grâce. Il est spirituellement influencé par le piétisme, et dans la lignée du christianisme évangélique. L’Armée du salut définit ses principes de foi en onze articles, établissant[4] :

  1. L'inspiration divine des Écritures ;
  2. La foi en un seul Dieu créateur et gouverneur de l'Univers ;
  3. Sa croyance en la Trinité, Père, Fils et Saint Esprit ;
  4. Jésus-Christ, véritablement Dieu et véritablement homme ;
  5. La chute de nos premiers parents et l'entrée du péché dans le monde ;
  6. L'œuvre de salut et de réconciliation accomplie par le Christ dans ses souffrances et sa mort ;
  7. La nécessité pour l'homme de la repentance et de la foi pour obtenir le salut par la régénération qu'opère le Saint Esprit ;
  8. La justification par la foi et non par les œuvres de la loi ;
  9. La possibilité de rester au bénéfice de la grâce par la foi et l'obéissance à la Parole de Dieu ;
  10. La vocation de croyant à vivre une vie sanctifiée dans l'attente de l'Avènement du Seigneur Jésus-Christ ;
  11. La foi dans les réalités dernières et les accomplissements éternels : le jugement, l'au-delà et la vie future.

Structure[modifier | modifier le code]

Drapeau de l'Armée du salut :
*Le bleu symbolise la pureté de Dieu
*Le rouge symbolise le sang versé par Jésus-Christ
*Le jaune symbolise le feu du Saint-Esprit.

Pour regrouper et mettre à l'œuvre les convertis qui le suivent, William Booth s'inspire du modèle militaire. Son organisation adopte vite une hiérarchie, une discipline, un drapeau, un uniforme, des règlements, un vocabulaire spécifique. Un général y coordonne l'action au niveau mondial et fixe les grandes orientations. Depuis le 3 août 2013, le général André Cox (en) exerce cette fonction.

Dans chaque pays, l'Armée du salut est constituée sous forme de territoire ou de command. Un territoire salutiste peut regrouper plusieurs pays commandé par un officier supérieur depuis un quartier général territorial. Depuis l’origine, le quartier général international est basé à Londres.

Officier[modifier | modifier le code]

L'officier de l’Armée du salut est ministre du culte. Son service est un apostolat. Homme ou femme, marié ou célibataire, il travaille à plein temps pour l'œuvre dans un ministère pastoral qui le conduit également à mettre en place des actions de secours envers les plus démunis[5].

L'Armée du salut forme ses cadres au sein d'écoles militaires. Au cours d'un cycle de deux ans, les jeunes cadets suivent un enseignement essentiellement religieux. De même, elle utilise un grade pour définir l’ancienneté et les responsabilités de chaque officier.

Soldat[modifier | modifier le code]

Le soldat, fort d’une expérience spirituelle fondée, fait le choix de l'Armée du salut comme église. Il prend l'engagement personnel d'observer dans tous les domaines de sa vie les principes évangéliques.

Dans la communauté salutiste, le soldat assume bénévolement sa part de travail en fonction de ses compétences et ses disponibilités. Certaines fonctions sont distinguées par les grades d’officiers locaux.

Grades de l'Armée du salut[modifier | modifier le code]

  • Général

Officier d'état-major

  • Commissaire
  • Colonel
  • Lieutenant-Colonel

Officier

  • Major
  • Capitaine
  • Lieutenant
  • Cadet 2e année
  • Cadet 1re année

Officier local

  • Sergent-major
  • Sergent

Soldat

Étendue[modifier | modifier le code]

Immeuble de l'Armée du salut à Sydney

L'Armée du salut est une structure internationale implantée dans 126 pays[6] qui rassemble 1,5 million de membres. Elle intervient partout où elle peut être utile et où elle est acceptée.

Dates des implantations salutistes dans le monde[modifier | modifier le code]

Belgique[modifier | modifier le code]

Le 5 mai 1889, l'adjudant Rankin et les capitaines Velleema et Haas implantent l'Armée du salut en Belgique. Elle est reconnue par le gouvernement belge le 8 décembre 1930.
Depuis le 1er janvier 2009, elle forme un territoire salutiste unique avec la France[7]. La responsable régionale pour la Belgique est la major Noélie Lecocq.

Burundi[modifier | modifier le code]

Le 5 août 2007, les capitaines-auxiliaires Justin et Justine Fatouma Lusombo-Musese installent le travail de l'Armée du salut à Bujumbura.
Le Burundi est un secteur de la région salutiste du Rwanda[8].

Canada[modifier | modifier le code]

Le 15 juillet 1882, le major Thomas Moore établit officiellement l'Armée du salut au Canada, après quelques essais en Ontario. Elle est reconnue par la couronne britannique le 19 mai 1909 (Royal Assent).

Le Canada et les Bermudes forment un territoire salutiste sous le commandement des commissaires Brian et Rosalie Peddle[9].

  • 1 787 officiers
  • 18 582 soldats
  • 9 270 employés
  • 314 postes d'évangélisation
  • 121 établissements sociaux

Caraïbes[modifier | modifier le code]

En 1887, l'Armée du salut engage son action à Kingston.
La Jamaïque, la Barbade, Trinité-et-Tobago, Sainte-Lucie, Antigua-et-Barbuda, Saint-Vincent-et-les-Grenadines, le Belize, Saint-Christophe-et-Niévè, le Suriname, les Bahamas, Haïti, la Guyane française et Saint-Martin forment un territoire salutiste sous le commandement du colonel Onal Castor[10].

  • 299 officiers
  • 9 431 soldats
  • 1 021 employés
  • 129 postes d'évangélisation
  • 59 établissements sanitaires et sociaux
  • 167 établissements scolaires

Congo (Brazzaville)[modifier | modifier le code]

En 1937, l'adjudant Henri Becquet installe l'action de l'Armée du salut à Brazzaville en Afrique-Équatoriale française.
Ce territoire salutiste est sous le commandement du colonel Joseph Lukau[11].

  • 323 officiers
  • 22 569 soldats
  • 171 employés
  • 102 postes d'évangélisation
  • 8 établissements sanitaires et sociaux
  • 17 établissements scolaires

République démocratique du Congo[modifier | modifier le code]

En 1934, l'adjudant Henri Becquet installe l'action de l'Armée du salut à Kinshasa au Congo belge. Elle est reconnue par décret royal de Léopold III le 21 février 1936.
Ce territoire salutiste est sous le commandement de la commissaire Madeleine Ngwanga[12].

  • 418 officiers
  • 26 778 soldats
  • 4 350 employés
  • 180 postes d'évangélisation
  • 42 établissements sanitaires et sociaux
  • 314 établissements scolaires

Le nombre de salutistes est estimé à plus de 200 000 personnes[13]

France[modifier | modifier le code]

Le 28 février 1881, Catherine Booth (fille de William et Catherine), Adélaïde Cox et Florence Soper engagent l'œuvre de l'Armée du salut à Paris. Les statuts de l’Armée du salut sont déposés le 23 décembre 1901. Elle est connue pour ses soupes de nuit qu'elle distribue à Paris, Lyon ou Nice.

Elle est reconnue d'utilité publique en 1931.

Depuis le 11 avril 2000, l'Armée du salut s'incarne dans deux structures :

Depuis le 1er janvier 2009, elle forme un territoire salutiste unique avec la Belgique sous le commandement du colonel Massimo Paone[7].

  • 186 officiers
  • 1 172 soldats
  • 2 097 employés
  • 39 postes d'évangélisation
  • 61 établissements sociaux

Mali[modifier | modifier le code]

Suite à une invitation du gouvernement malien et à sa déclaration du 29 novembre 2007, l'Armée du salut entreprend son action à partir de février 2008.
Le Mali, sous la responsabilité du major Eugène Dikalembolovanga, fait partie du territoire salutiste du Nigeria, sous le commandement du commissaire Mfon Akpan[14].

Rwanda[modifier | modifier le code]

Suite à la guerre civile et au génocide rwandais, l'Armée du salut développe un secours d’urgence dans le pays en septembre 1994. Depuis le 5 novembre 1995, son action s’étend à partir du secteur de Kayenzi, dans le district de Kamonyi.
Le Rwanda forme, avec le Burundi, une région salutiste autonome sous le commandement du major Stephen Chepkurui[8].

  • 18 officiers
  • 1 536 soldats
  • 30 employés
  • 11 postes d'évangélisation
  • 2 établissements scolaires

Suisse[modifier | modifier le code]

Le 10 décembre 1882, la "Maréchale" Catherine Booth et le colonel Arthur Sidney Clibborn lance l'action de l'Armée du salut à Genève. Après une vive opposition, le mouvement est reconnu comme institution religieuse par le Tribunal fédéral en 1889.
La Suisse, l'Autriche et la Hongrie forment un territoire salutiste sous le commandement du commissaire Kurt Burger[15].

  • 424 officiers
  • 2 876 soldats
  • 1 613 employés
  • 65 postes d'évangélisation
  • 45 établissements sociaux
  • 25 brocantes

Les divisions suisses et en particulier le Service des réfugiés sont rattachées à la faîtière Organisation suisse d'aide aux réfugiés.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. T. Howes (dir.), The Salvation Army Year Book 2011, p. 29
  2. R. Delcourt, l'Armée du salut, p. 10-11
  3. George Scott Railton, The authoritative life of general William Booth, Echo Library,‎ 2007 (ISBN 9781406836844, résumé)
  4. Armée du salut, L'histoire du salut : manuel de doctrine salutiste, p. IX-X
  5. R. Delcourt, op. cit., p. 54
  6. Site officiel de l’Armée du Salut
  7. a et b T. Howes (dir.), op. cit., p. 109
  8. a et b T. Howes (dir.), op. cit., p. 216
  9. Site officiel de l’Armée du Salut au Canada
  10. T. Howes (dir.), op. cit., p. 88
  11. T. Howes (dir.), op. cit., p. 93
  12. T. Howes (dir.), op. cit., p. 96
  13. L'enquête démographique pour le Ministère du Plan en RDC, 2007 estime à 0,3 % de Salutistes en RDC
  14. T. Howes (dir.), op. cit., p. 196
  15. T. Howes (dir.), op. cit., p. 244

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Armée du salut, L'histoire du salut : manuel de doctrine salutiste, Londres, Quartier général international, 1999, 2e éd., 166 p. (ISBN 0854126783)
  • Armée du salut (préf. Glen Shepherd), Un projet pour le 21e siècle, Paris, Congrégation de l'Armée du salut, 2001, 20 p.
  • Raymond Delcourt, L'Armée du salut, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Que sais-je ? », 1988, 1re éd., 128 p. (ISBN 2130420788)
  • (en) Trevor Howes (dir.), The Salvation Army Year Book 2011, Londres, Salvation Books, 2010, 362 p. (ISBN 9780854128297)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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