José Eduardo dos Santos

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José Eduardo dos Santos
José Eduardo dos Santos le 18 octobre 2007
José Eduardo dos Santos le 18 octobre 2007
Fonctions
2e président de la République d'Angola[1]
En fonction depuis le 10 septembre 1979
(35 ans, 0 mois et 11 jours)
Élection 30 septembre 1992[2]
Réélection 31 août 2012
Vice-président Fernando da Piedade Dias dos Santos[3]
Premier ministre Fernando José de França Dias Van-Dúnem
Marcolino Moco
Fernando José de França Dias Van-Dúnem
Fernando da Piedade Dias dos Santos
Paulo Kassoma[4]
Prédécesseur Agostinho Neto
Biographie
Date de naissance 28 août 1942 (72 ans)
Lieu de naissance Luanda (Angola portugais)[5]
Nationalité angolaise
Parti politique MPLA
Conjoint 1) Tatiana Kukanova
2) Maria Luísa Perdigão Abrantes
3) Ana Paula Cristóvão Lemos
Enfant(s) Du premier lit :
Isabel dos Santos
Du deuxième lit :
José Eduardo dos Santos
Welwitchia dos Santos
José Filomeno dos Santos
Du troisième lit :
Eduane dos Santos
Joseana dos Santos
Eduardo dos Santos

José Eduardo dos Santos
Présidents de la République d'Angola

José Eduardo dos Santos, né à Sambizanga, Luanda, le 28 août 1942, est un homme politique angolais. Président de la République d'Angola en exercice depuis le 30 septembre 1992, il était déjà président de la République populaire d'Angola depuis le 21 septembre 1979[6].

José Eduardo dos Santos est le président du Mouvement populaire de libération de l'Angola (MPLA) depuis 1979 et le deuxième chef de l'État angolais après l'indépendance en 1975.

Études et origines[modifier | modifier le code]

Son père est un tailleur de pierres originaire de Sao Tomé-et-Principe. À l'école, il travaille clandestinement parmi les étudiants pour le renversement de la domination coloniale portugaise[7],[8].

En 1961, à l'âge de 19 ans, il rejoint une des organisations nationalistes clandestines de son pays, le MPLA. Cette même année, il s'enfuit en exil à Léopoldville (aujourd'hui Kinshasa, République démocratique du Congo) où le MPLA a une antenne importante. Ses compétences sont rapidement reconnues et il est nommé vice-président de l'organisation de la jeunesse du parti. Deux ans plus tard, il est rattaché au bureau du MPLA à Brazzaville, capitale du Congo français (aujourd'hui République du Congo). Entretemps, il est envoyé étudier en Union soviétique où il obtient, à Bakou, un diplôme d'ingénieur du pétrole[9].

Il est ministre des Relations extérieures du 11 novembre 1975 au 9 décembre 1978 ainsi que Premier ministre adjoint et ministre du Plan du 9 décembre 1978 au 10 septembre 1979.

Mandats présidentiels[modifier | modifier le code]

Dos Santos succède par désignation à Agostinho Neto, qui a proclamé l'indépendance et la constitution de la République populaire d'Angola le 11 novembre 1975 et est resté président du MPLA jusqu'à sa mort en 1979. Dos Santos devient président du MPLA et de l'État le 10 septembre 1979. Lors des élections libres et multipartites de 1992, dos Santos mène son camp à la victoire face à l'UNITA, aux élections législatives, mais à l'élection présidentielle, il n'obtient pas la majorité absolue exigée au premier tour (49,57 % des voix pour dos Santos contre 40,6 % pour Savimbi) et le deuxième tour n'a pas lieu, car la reprise des hostilités entre l'UNITA et le MPLA, les deux « frères ennemis », fait basculer l'Angola dans une nouvelle guerre civile qui fait 30 000 morts selon les ONG[7][réf. insuffisante]. Par conséquent, José Eduardo dos Santos continue à exercer les fonctions présidentielles sans avoir été élu démocratiquement.

En 2001, il déclare qu'il ne se présentera pas à la prochaine élection présidentielle, à condition que d'ici là, il y ait la paix. En décembre 2003, il est réélu à la tête du MPLA. L'élection présidentielle est repoussée au lendemain d'élections législatives, qui tardent elles aussi à être organisées, pour avoir finalement lieu le 5 septembre 2008 ; le MPLA y obtient près de 82 pour cent des voix, ce qui lui donne, en vertu de l'article 158 de la constitution alors en vigueur, la capacité de réviser la loi fondamentale.

Cette possibilité conduit dès janvier 2010 à l'adoption d'une nouvelle constitution qui, d'une façon directe ou indirecte, concentre tous les pouvoirs entre les mains du président. En même temps, elle abolit les élections présidentielles ; dorénavant c'est le candidat nº 1 du parti ayant reçu le plus de voix aux élections législatives qui devient chef d'État.

José Eduardo dos Santos avait annoncé qu'il ne participerait pas aux élections législatives de 2012[10], mais il se retrouve toutefois tête de liste du MPLA pour le scrutin du 31 août 2012. Comme ce parti est de nouveau sorti vainqueur des élections, avec 71 % des votes, José Eduardo dos Santos est confirmé dans ses fonctions, élu cette fois en conformité avec les règles de la constitution en vigueur[11].

Argent et corruption[modifier | modifier le code]

Dos Santos est fréquemment associé à la grande corruption et au détournement des fonds du pétrole provenant en grande partie de l'enclave du Cabinda. Sa famille possède un important patrimoine, surtout immobilier, accumulé durant toutes ces années au pouvoir, dont des maisons dans les principales capitales européennes et des comptes bancaires en Suisse et dans des paradis fiscaux offshore. José Eduardo dos Santos possède une fortune de 31 milliards de dollars américains dans les banques européennes dissimulée dans plusieurs pays. La gestion de ces richesses est assurée pour l'essentiel par sa fille aînée, Isabel dos Santos.

Pour ces raisons ainsi que pour son style autoritaire, José Eduardo dos Santos et le régime qu'il représente sont devenus, dès février 2011, la cible de protestations politiques de la part de jeunes angolais. Une manifestation publique importante a lieu début septembre 2011 à Luanda[12]. Cette contestation a continué sous diverses formes, y compris la musique "rap" et les réseaux de communication par l'internet[13]. Cette contestation est une des causes d'une forte abstention aux élections de 2012 (37,2 %, contre 12,5 % en 2008), et à Luanda - où habite un quart de la population, et la partie la plus politisée - l'abstention est de 42 % et l'opposition a obtenu plus de 40 % des votes, de sorte qu'à peine 25 % environ des électeurs y ont voté pour le MPLA (et donc pour José Eduardo dos Santos)[14].

Vie privée[modifier | modifier le code]

José Eduardo dos Santos est marié en troisièmes noces à Ana Paula Cristóvão Lemos, Première dame d'Angola[15],[16]. Ils ont trois enfants. Sa fille aînée, Isabel dos Santos, est cependant issue de sa première union avec Tatiana Kukanova, originaire de Bakou (Azerbaïdjan)[17].

Article connexe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Président de la République populaire d'Angola jusqu'au 27 août 1992
  2. Il n'y a eu que le 1er tour de l'élection. Le 2e tour, exigé par la Constitution, n'as pas été réalisé.
  3. Fonction créée en janvier 2010.
  4. Fonction abolie en janvier 2010.
  5. Son lieu de naissance est contesté.
  6. O Presidente (MPLA)
  7. a et b (pt) « Biographie de José Eduardo dos Santos sur la page officielle de la MPLA » (consulté le 3 septembre 2011)
  8. John Marcum, The Angolan Revolution, vol. II, Exile Politics and Guerrilla Warfare (1962-1976), Cambridge/Mass. & Londres: MIT Press, 1978
  9. (pt) « Biographie sur la page de l'Ambassade de l'Angola en Abu Dhabi » (consulté le 3 septembre 2011)
  10. Angola: les prochaines élections générales auront lieu en 2012, Jeune Afrique, 5 février 2010, récupéré 3 septembre 2011
  11. (en) Shrikesh Laxmidas, « Angola court rejects UNITA appeal, says vote was fair », Euronews,‎ 19 septembre 2012
  12. (pt) "Manifestação contra Presidente de Angola travada violentamente pela polícia" (Manifestation contre le Président de l'Angola réprimée violemment par la police), Público (Lisbonne), 4 septembre 2011
  13. (en) « Angola Country Report », Fondation Bertelsmann (consulté le 23 septembre 2012)
  14. Il suffit d'analyser les statistiques officielles: voir http://www.eleicoes2012.cne.ao/paginas/paginas/dat99/DLG999999.htm
  15. (pt)Page officielle de la Présidence de la République d'Angola, Primeira Dama - Ana Paula Cristóvão Lemos dos Santos, récupéré le 3 septembre 2011
  16. Geneall.net
  17. Généalogie de Tatiana Kukanova