Jean II de Portugal

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Jean II.
Jean II
Le roi Jean II
Le roi Jean II
Titre
Roi de Portugal et des Algarves
28 août 148125 octobre 1495
&&&&&&&&&&&0517114 ans, 1 mois et 27 jours
Prédécesseur Alphonse V de Portugal
Successeur Manuel Ier de Portugal
Biographie
Dynastie Dynastie d'Aviz branche directe
Date de naissance 3 mars 1455
Lieu de naissance Lisbonne
Date de décès 25 octobre 1495 (à 40 ans)
Lieu de décès Alvor
Père Alphonse V de Portugal
Mère Isabelle de Portugal
Conjoint Éléonore de Viseu
Enfant(s) Alphonse de Portugal
Jean de Portugal

Jean II de Portugal
Rois de Portugal

Jean II de Portugal, en portugais João II (surnommé le Prince Parfait, Lisbonne, 3 mars 1455 - Alvor, 25 octobre 1495) fut le 13e roi de Portugal. Il était le fils du roi Alphonse V de Portugal et d’Isabelle de Portugal, reine de Portugal. Jean II succéda à son père après son abdication. Cependant, en 1477, Alphonse V reprit le pouvoir et Jean ne redevint roi qu’en 1481.

Ce roi vécut à l’époque de la résurrection du droit romain et spécialement du Code de Justinien rédigé alors que la tyrannie régnait à Rome. Tous les rois étaient poussés vers un renforcement de leur autorité et Jean II fut ainsi un souverain de son temps.

Biographie[modifier | modifier le code]

Comme prince, Jean II accompagna son père lors des campagnes en Afrique et fut fait chevalier par Alphonse V après la prise de Asilah (Maroc) en 1471.

Déjà dans sa jeunesse, Jean était peu populaire parmi la noblesse parce qu’il ne paraissait pas être influencé par l’extérieur et détestait les intrigues. Les nobles puissants, spécialement Fernand II, duc de Bragance (un très riche propriétaire terrien), avaient peur de son arrivée au pouvoir et dès qu’il eut pris le pouvoir on vit qu’ils avaient raison. Après son accès au trône, Jean II prit une série de mesures dans le but de retirer du pouvoir à l’aristocratie et le concentrer dans ses mains. Notamment, il imposa l’approbation par le souverain des droits seigneuriaux terminant ainsi, par une habitude du XVe siècle, une lutte contre les traditions wisigothes maintenues durant la Reconquista et les règnes alphonsins. Ces mesures avaient aussi pour but d’empêcher les extorsions exercées par l’aristocratie sur le petit peuple. Rapidement, commencèrent les conspirations qui se terminèrent par la victoire totale du roi et la mort ou l’exil de ses opposants (1483). La tradition dit que Jean II commenta ainsi le "nettoyage" du pays : " Je suis le seigneur des seigneurs et non le serf des serfs". Après ces événements, plus personne, au Portugal, n’osa défier le roi qui n’hésitait pas à régler les problèmes de ses propres mains. Le 22 août 1484, le duc de Viseu, prétendant au trône, est poignardé à Setúbal de la main du roi[1]. Jean II était donc libre pour gouverner le pays sans plus aucune opposition.
Jean II fut un grand défenseur de la politique d’exploration de l’océan Atlantique commencée par son grand-oncle l’Infant Don Henri. Les découvertes portugaises furent la priorité de son gouvernement ainsi que la recherche la route maritime de l’Inde. Citons quelques événements de son règne:

Une partie des découvertes portugaises du règne de Jean II demeurent inconnues. Beaucoup d’informations furent gardées secrètes pour des raisons politiques et les archives de cette période furent détruites durant le tremblement de terre de 1755. Les historiens discutent encore sur l’ampleur réelle de ces découvertes suspectant que les navigateurs portugais soient arrivés en Amérique avant Christophe Colomb[réf. nécessaire]. À l’appui de cette hypothèse, on cite souvent les calculs précis du diamètre de la terre faits par les Portugais. Il y avait, au Portugal, à la fin du XVe siècle, depuis plus de 80 ans, une école de navigation, de cartographie et de mathématiques où travaillaient les hommes de science les plus habiles de l’époque. Alors que Christophe Colomb pensait pouvoir arriver aux Indes par la route de l’ouest, Jean II connaissait probablement déjà l’existence d’un continent entre l’Europe et l’Asie au-delà de l’Atlantique. Les voyages du mystérieux capitaine Duarte Pacheco Pereira à l’ouest du Cap Vert furent probablement plus importants que ne le supposent les interprétations traditionnelles. La découverte de l'Amérique par Christophe Colomb est à l'origine des disputes sur la maîtrise des mers entre le Portugal et la Castille. Ce fut cette rivalité qui provoqua la signature du traité de Tordesillas le 7 juillet 1494. Ce traité définit le méridien de Tordesillas et stipula que les terres à l’est de cette ligne seraient au Portugal et les autres à la Castille.
Mais la division du monde n’était pas le seul sujet de discussion entre les royaumes ibériques. Les Rois Catholiques avaient plusieurs filles, mais seulement un fils, Jean, de santé fragile. La fille aînée, Isabelle, fut mariée avec le prince Alphonse de Portugal dès son enfance. Alphonse était le fils unique de Jean II et, si celui-ci mourait sans héritiers, Alphonse de Portugal serait le plus probablement, non seulement l’héritier du Portugal mais aussi celui de Castille et d’Aragon.
Cette menace sur la couronne espagnole était bien réelle. Les Rois catholiques tentèrent, en vain, toutes les voies diplomatiques pour annuler le mariage. Finalement, en 1491, le prince Alphonse mourut suite à une chute de cheval durant une course au bord du Tage. La liaison des rois catholiques avec l’accident n’a jamais été prouvée mais ce sont eux qui y gagnèrent le plus. Durant le reste de ses jours, Jean II tenta, sans succès, d’obtenir la légitimation de son fils bâtard George.
Jean II mourut sans héritier légitime en 1495. Jean II est mort d'hydropisie mais vue la haine que la noblesse portugaise lui portait, l’hypothèse d’un empoisonnement n’a jamais été écartée. Avant de mourir, Jean avait choisi Manuel de Viseu, duc de Beja, son cousin germain, beau-frère et fils adoptif, comme successeur.
Il fut enterré dans la chapelle du fondateur de style gothique flamboyant dans le Monastère de Batalha.

Le surnom "le Prince Parfait" est une référence au "Prince" de Nicolas Machiavel. Pour ses contemporains, c’était le "tyran".

Mariage et descendance[modifier | modifier le code]

Éléonore de Viseu

Le 22 janvier 1470[2], il épousa Éléonore de Viseu, princesse de Portugal, sa cousine directe.

De cette union naîtront :

Il aura également un enfant hors mariage :

Titre complet[modifier | modifier le code]

Roi de Portugal et des Algarves, de chaque côté de la mer en Afrique et duc de Guinée par la grâce de dieu

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Annexe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]