Conan Mériadec

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Conan Mériadec (Cynan Meiriadog en gallois) est un roi légendaire de la Bretagne romaine.


Les sources[modifier | modifier le code]

Conan Mériadec ou Mériadoc selon la graphie armoricaine est inconnu de Nennius, d'Orose, de Bède et de Gildas le Sage ainsi que des historiens francs comme Grégoire de Tours. Il apparait pour la première fois dans deux textes dont la datation est malheureusement très controversée: le Livre des Faits d'Arthur connu par un manuscrit du XVe siècle, utilisé par Pierre Le Baud mais qui aurait été composé entre 954 et 1012[1] et le prologue de la Vita Goeznouei c'est-à-dire la vie de Saint Goueznou qui daterait de 1019[2].

Biographie semi-légendaire[modifier | modifier le code]

Il serait né en Grande-Bretagne à la fin du IVe siècle, et passa dans les Gaules vers 384, avec le tyran Maxime, dont il servit les intérêts, serait devenu duc d'Armorique (dux bellorum, c’est-à-dire chef de guerre) et aurait gouverné pendant 26 ans, sous la dépendance des Romains, la partie de l'Armorique connue depuis sous le nom de Bretagne.

En 409, les Armoricains, s'étant soulevés, ils auraient conféré à Conan l'autorité souveraine qu'il aurait conservée jusqu'à sa mort en 421 pour la léguer à ses descendants, qui furent depuis princes puis rois et enfin ducs de Bretagne[3]. Selon la légende il aurait pris le titre de roi et aurait résidé à Nantes, devenant le premier roi de Bretagne. Pour Alain Bouchart, historien du XVe siècle, il serait mort en 392 et donc n'aurait pu être fait roi en 409.

Une autre version est présentée par Breuddwyd Macsen Wledig, un des contes du Mabinogion : il aurait été chargé par Magnus Maximus de gouverner la Bretagne.

« C'est de Conan Mériadec que datent les invasions successives qui justifient le nom de Bretagne. Ce prince, qui jouissait en Grande-Bretagne d'un assez grand crédit, proposa, en 382 ou 383, à Maxime, gouverneur de l'île, de l'appuyer dans sa révolte contre l'empereur Gratien, et il lui fournit 10 000 hommes. Vainqueur et maître de plus de la moitié de l'empire d'Occident, Maxime accorda à son allié la souveraineté de la plus grande partie de l'Armorique, souveraineté que Conan sut faire reconnaître par Valentinien II et Théodose, et qu'il rendit complètement indépendante sous le faible Honorius. Dès lors affluèrent de la Grande-Bretagne et même de l'Irlande en Armorique, non seulement des soldats, des artisans, des cultivateurs, des familles entières, mais encore de saints personnages, évêques, ermites, missionnaires, qui vinrent y organiser l'administration ecclésiastique, y établir des monastères, y affirmer parmi les populations la foi chrétienne. Idunet de Châteaulin, Guénolé de Landévennec, Brieuc de Saint-Brieuc, Pol ou Paul Aurélien de Saint-Pol-de-Léon, Corentin de Quimper, Malo ou Maclou d'Aleth, Samson de Dol, Ronan de Locronan et Saint-Renan, Gunthiern de Quimperlé, Mélarie (vulgairement sainte Nonne) de Dirinon, etc..., avaient ainsi quitté leur patrie pour le continent, où leurs enseignements et leurs exemples portèrent tant de fruits que l'Armorique devint, comme la Blanche Albion et la verte Erin, une terre de saints[4]. »

Toujours d'après le récit semi-légendaire, saint Brec'han (ou Brecan), éponyme de la montagne Brecon Beacons au Pays de Galles et roi de Domnonée, serait l'un de ses enfants et sainte Nonne, patronne de Dirinon (Finistère) sa petite-fille[5].

Bien que contestée dès le XVIIe siècle par Antoine-Paul Le Gallois [6], la « légende de Conan » dont la maison de Rohan revendiquait l'ascendance permettait à ces derniers de défendre leur droit de préséance aux États et même de prétendre à la couronne ducale. Elle leur permit de plus de se faire reconnaitre la qualité de « princes étrangers » comme descendants des anciens rois de Bretagne[7]

Au XIXe siècle pour Arthur de La Borderie, Conan Meriadec serait une fable qu'il réfute longuement[8]. Joël Cornette précise : « Il n'existe aucune preuve historique convaincante de l'existence de Conan, et l'on sait par ailleurs que Maxime débarqua en fait vers l'embouchure du Rhin »[9].

Selon Léon Fleuriot, plus nuancé, en 1980:

« Tout ce que l'on peut dire, en guise de conclusion sur Conan Meriadoc, c'est ceci: des chefs bretons, en grand nombre, ont suivi Maxime sur le continent. Il n'est pas invraisemblable que l'un d'eux se soit appelé Conan, mais pourra-t-on jamais le prouver ? »

— Léon Fleuriot les Origines de la Bretagne Payot Paris 1980 p. 123

Dynastie de Conan Mériadec[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Liste des chefs armoricains.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Léon Fleuriot Les origines de la Bretagne Payot Paris (1980) (ISBN 2228127108) p. 246
  2. Joseph Rio, Mythes fondateurs de la Bretagne, « Aux origines de la celtomanie », éditions Ouest-France, Rennes, 2000, (ISBN 2-73732699-0) p. 72-74
  3. selon la chronologie proposée par Pierre-Hyacinthe Morice de Beaubois au XVIIIe siècle pour le compte de la maison de Rohan
  4. Adolphe Joanne, " Dictionnaire géographique et administratif de la France et de ses colonies. 1, A-B", 1890-1905, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k73389j/f635.image.r=Dirinon.langFR
  5. http://grandterrier.net/wiki/index.php?title=Sant_Brec'han
  6. Réfutation de la fable de Conan Meriadec publié dans le tome XV des Mémoires de la Société archéologique d'Ille-et-Vilaine, 1881, et Rennes, Prost, 1902
  7. Joseph Rio Mythes fondateurs de la Bretagne " Aux origines de la celtomanie", Éditions Ouest-France Rennes (2000) (ISBN 2 73732699 0) p. 256 & s.v
  8. Arthur de la Borderie Histoire de Bretagne réédition Joseph Floch, Mayenne 1975, Tome II « La fable de Conan Mériadec » p. 441-456
  9. Cornette 2005, p. 112

Sources[modifier | modifier le code]

  • Joël Cornette, Histoire de la Bretagne et des Bretons, t. 1 Des âges obscurs au règne de Louis XIV,‎ 2005 (ISBN 978-2-02-054890-8), p. 112
  • Arthur de la Borderie Histoire de Bretagne Tome II réédition Joseph Floch, Mayenne 1975, il réfute son existence et celle de sa dynastie.
  • Léon Fleuriot, Les Origines de la Bretagne, Payot Paris 1980 (ISBN 2228127108).
  • Guy Alexis Lobineau Histoire de Bretagne composée sur les titres et les actes originaux, 2 vol in-folio Réimpression Édit du Palais Royal, Paris 1973.
  • Pierre-Hyacinthe Morice de Beaubois Histoire ecclésiastique et civile de Bretagne 2 vol. in-folio Paris 1742 et 1756. Réimpression, Édit du palais Royal Paris 1974
  • Pierre-Hyacinthe Morice de Beaubois Mémoires pour servir de preuves à l'Histoire ecclésiastique et civile de la Bretagne 3 vol. in-folio Paris 1742,1744,1746 réimpression, Édit du Palais Royal Paris 1974. Pensionné par la maison de Rohan il donne beaucoup d'arguments en faveur de l'existence de Conan Mériadec
  • Laurence Mathey-Maille : Geoffroy de Monmouth. Histoire des rois de Bretagne. Les Belles Lettres. 1992.
  • Joseph Rio, Mythes fondateurs de la Bretagne, « Aux origines de la celtomanie », éditions Ouest-France, Rennes, 2000, (ISBN 2-73732699-0)