Mouvement breton (Emsav)

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Le Mouvement breton, ou Emsav (nom dérivé du verbe breton en em sevel, se (re)lever), désigne un ensemble informel d'organisations politiques, de syndicats, de groupes économiques ou d'associations culturelles soucieux de préserver et de développer la spécificité de la Bretagne, ou certains de ses aspects. Ses activités sont disparates, allant de la simple promotion de la culture bretonne à l'expression d'un nationalisme breton qui revendique l'autonomie, voire l'indépendance. L'Emsav est une mouvance polymorphe sans structure, ni représentant, ni porte-parole propre. Les divergences en son sein sont nombreuses et le poids respectif de ses composantes fluctuant selon les périodes.

Quelques régionalistes (principalement, la Fondation culturelle bretonne-Emgleo Breiz) emploient le terme breton Ledemsav (Emsav au sens large) pour désigner les institutions et regroupements bretons non politiques, comme les écoles de musiques bretonnes (bagadoù), les cercles celtiques (danses), les médias centrés sur la Bretagne, les fédérations de jeux et sports bretons, les institutions culturelles bretonnes, que beaucoup d'autres classent dans l'Emsav tout court.

Sommaire

Préhistoire du mouvement[modifier | modifier le code]

Traditionnellement, l'histoire du mouvement breton est divisée en trois périodes, précédée du XIXe siècle[1] qui est une période de lente maturation d'idées plus philosophiques que sociales concernant la Bretagne, son histoire, sa littérature, ses langues, ses coutumes, etc.
Après une sorte de préhistoire sous l'Ancien Régime où une élite très fermée ne fait état, après 1532, date du rattachement du duché au domaine royal, que "(des) droits de la province", il y a donc une lente appropriation de différents thèmes bretons, puis une cristallisation sous la forme de la première organisation, qui ajoute des points de vue politiques, l'Union régionaliste bretonne. Dès lors, les aspects politiques du mouvement breton seront les plus en évidence, au risque de masquer le reste.
Peut-on, pour autant, se limiter au XIXe siècle et à son esprit romantique pour dater les prémices de la "question bretonne" (expression souvent utilisée)? Francis Favereau pointe que l'hypothèse d'un nationalisme breton" né uniquement dans les cerveaux enfiévrés de quelques gentilshommes plus ou moins marginalisés politiquement ne laisse pas d'être réductrice. Les idées ne sortent pas du sol et nul mouvement d'idée est né sans père. Des recherches plus fines seraient nécessaires[2].

Préhistoire du sentiment d'appartenance[modifier | modifier le code]

Les Chroniques de Saint Brieuc (1394)sont la première esquisse d'un nationalisme breton[3].

Comme le souligne Catherine Bertho dans son article « L'invention de la Bretagne : Genèse sociale d'un stéréotype » publié en 1980, jusqu'à la Révolution française « il n'y avait pas de discours cohérent et organisé sur la province et encore moins sur la région ». Dans son étude, consacrée aux représentations érudites de la Bretagne, elle constate la totale absence dans le corpus littéraire d'ouvrages dont la Bretagne serait le thème spécifique : ainsi aucune étude économique ne choisit-elle la province pour objet d'étude ; les observations à caractère ethnographique n'apparaissent que « par bribes » et jamais pour cerner une spécificité bretonne. Tout au plus peut-on noter un intérêt spécifique des historiens pour des thématiques apparentées à la relation féodale, ainsi « les antiques libertés de la province »[4]. Avant 1800, aucun des stéréotypes qui vont fonder l'identité régionale, de la celtitude au climat pluvieux, n'est encore en place[5].

Si le Club breton est aussi initiateur du Club des Jacobins, l'attitude de ses députés (notamment lors de la nuit du 4 août 1789), et celle de la population du Nord et de l'Ouest de la péninsule, malgré le charisme d'un Georges Cadoudal, montrent qu'il n'y a pas de sentiment communautaire à la fin du XVIIIe siècle. Cependant, lors de la nuit du 4 août, les députés bretons se réunissent pour décider quoi faire sur la question de la modification du Traité d'union pour abolir les libertés (ou privilèges) nobiliaires provinciaux. Ils décident de se déclarer incompétents et demandent que les États de Bretagne, l'assemblée provinciale, statuent sur la question. Les États ne seront pas réunis.

Développement d'une historiographie régionaliste et premières études de la langue bretonne[modifier | modifier le code]

Le mouvement breton est né dans la première moitié du XIXe siècle, dans le courant du nationalisme romantique qui toucha toute l’Europe et suscita de l'intérêt pour :

  • L'histoire du peuple et des nations, alors que l'histoire n'était alors que celle des princes régnants,
  • Les richesses culturelles populaires et nationales, parfois rencontrée dans la langue du peuple, alors que la culture n'était jusque-là que l'affaire des nobles et des puissants et ne s'exprimait qu'en latin ou dans la langue de l'élite.
  • Les Celtes antiques dont on recherche les traces historiques et archéologiques dans l'ancienne Gaule et, particulièrement, en Bretagne où est encore parlée le breton, une langue celtique. Le Finistérien, Jacques Cambry, fonctionnaire de la Révolution, puis préfet de l'Empire, crée une Académie celtique à Paris en 1804. Quelques Bretons l'y rejoignent dont Jacques Le Brigant et Jean-François Le Gonidec.

En Bretagne, la « Renaissance romantique » s'exprima essentiellement au sein d’une noblesse légitimiste marginalisée après 1830 par la Monarchie de Juillet et se repliant sur ses terres.
À la nostalgie de l'Ancien-Régime s'ajoute un esprit conservateur en ce qui concerne la religion, les traditions et lesprivilèges féodaux, sans pour autant croire à un retour effectif à l'Ancien Régime. Les traditions sont présentées comme préservant le peuple breton de l’irréligion et des idées nouvelles issues de la philosophie des Lumières.

Les quatre grands axes de ce régionalisme breton naissant sont :

Chronologie[modifier | modifier le code]

Le premier Emsav (1898-1914)[modifier | modifier le code]

Le premier Emsav est la période de l'apparition du régionalisme et de l'indépendantisme (ou séparatisme) breton avec la position intermédiaire de l'autonomisme (auto-gouvernement éventuellement dans un cadre fédéral) ou du fédéralisme généralisé en France. Ces dernières opinions sont souvent confondues dans une même critique qui pointe un esprit séparatiste, assimilé à une forme de trahison de la France.
Le thème de la préservation et de la promotion du breton est promu avec une vigueur nouvelle sous l'impulsion de personnes ayant fait des études universitaires en langues celtiques, comme François Vallée et François Jaffrennou, d'autant que les mesures prises, vers 1900-1905, par Émile Combes pour limiter l'usage du breton dans le catéchisme et les prones apparaissent comme des agressions d'un gouvernement uniquement parisien.
La création de l'Union régionaliste bretonne (URB) suscite beaucoup d'espoirs pour la constitution d'un large front à vocation de lobbyisme dans tous les domaines culturels, pour le maintien, sans exclure la modernisation, des traditions spécifiques à la Bretagne : costumes, danses, musique, langue, théâtre, coutumes religieuses. Les questions de l'enseignement de la langue et de l'enseignement religieux entraînent des controverses réciproques avec l'appareil de l'État et ses soutiens[6].
L'URB a, au début, un caractère frontiste, puisque des aristocrates monarchistes côtoient des républicains et acceptent qu'Anatole Le Braz, professeur public, soit le premier président. Celui-ci s'éloigne au bout de quelques années, car les notables conservateurs ont pris le dessus, probablement à la faveur des crispations entraînées par les affaires religieuses (séparation de l'Église et de l'État en 1905 et affaire des sanctions contre les prêtres des paroisses qui font "un usage abusif" du breton). En 1911, la nouvelle Fédération régionaliste bretonne, issue d'une scission de l'URB, met, d'emblée, l'accent sur une question destinée à devenir très importante, celle du développement économique autocentré de la Bretagne, dont les principaux penseurs sont Jean Choleau et Pierre Mocaër. Elle met aussi plus en avant la question de la langue bretonne, car ses principaux fondateurs sont tous engagés dans l'illustration du breton.
L'idée d'une fraternité politique possible avec les autres pays de langue celtique ouvre une autre espace de réflexion, le panceltisme, qui inclut souvent la complémentarité économique (importation du charbon gallois pour développer la sidérurgie en Bretagne et exportations agricoles vers les Îles britanniques, par exemple).
Fin 1911 marque aussi la création, par des jeunes gens, du parti nationaliste breton (PNB), première manière, qui, le premier, défend l'idée de l'indépendance, mais n'ouvre pas de réflexion sérieuse sur la viabilité d'une Bretagne indépendante. Curieusement, Anatole Le Braz qui soutient la FRB et est classé comme républicain, demande publiquement qu'ils ne soient pas ostracisés, les présentant comme les enfants un peu radicaux de la grande famille bretonne. Un Joseph Duchauchix est simultanément actif à la FRB et au PNB sans que cela pose problème.

Le Parti nationaliste breton, à la fois, le premier parti politique créé en Bretagne et le premier parti nationaliste breton, créé par Camille Le Mercier d'Erm. Il attire à lui immédiatement les Bretons de conviction les plus politisés. Au mois de novembre, son secrétaire, Joseph Duchauchix, adjoint au maire de Laurenan, concourt aux élections sénatoriales des Côtes-du-Nord sous l'étiquette de "nationaliste breton".

  • 1912 : Émile Masson écrit Antée ou les Bretons et le socialisme : pour un socialisme breton, puis lance l'année suivante un mensuel socialiste bilingue français-breton  : Brug.

Le deuxième Emsav (1914-1945)[modifier | modifier le code]

La Première Guerre mondiale est une véritable coupure. La Bretagne, comme le reste de la France, est saignée à blanc. Plus de la moitié des hommes bretons entre 20 et 40 ans sont morts, l'impression d'avoir été systématiquement en première ligne est très vive et ravive la victimisation[8]. Après cette guerre, le sentiment national français est à son zénith en Bretagne comme dans le reste de la France et le régionalisme (qui prétend unir la petite et la grande patrie), conservateur, obtient de succès publics (organisation de fêtes bretonnes officielles[9], revues centralisant les actualités des organisations bretonnes[10]), campagnes de presse contre le refus d'introduire le breton dans l'enseignement, mais ne démontre pas sa capacité à influer sur le politique.

Une nouvelle génération des jeunes nationalistes a des objectifs ambitieux, tournés vers l'avenir, mais elle abandonne, le plus souvent, le terrain économique pour postuler que l'indépendance créerait des solutions par son existence même :

  • Elle s’investit notamment dans le domaine de la langue et le chef de file de l'action pour le breton est Roparz Hemon, et son journal de référence Gwalarn, fondé en 1925 avec Olier Mordrel. (Jakez Riou, Youenn Drezen…). La littérature bretonne s'ouvre au monde entier par de nombreuses traductions, rénovation et élargissement des thèmes littéraires : création d’une véritable littérature moderne en langue bretonne. La langue bretonne est rénovée et actualisée par la rédaction de nombreux dictionnaires et grammaires.
  • Elle met l'accent sur l'importance de l'Art, comme levier de libération des individus, notamment en soutenant les Seiz Breur qui regroupent plusieurs dizaines d'artistes, artisans d'art, créateurs qui veulent donner un nouveau souffle à la création artistique en Bretagne.
  • L'activisme conduit une fraction des jeunes nationalistes à s'engager dans des actions de destruction très symboliques, mais qui ont un fort retentissement politique et médiatique : un groupuscule, qui signe par lettres Gwenn-ha-Du, fait sauter en 1932 le monument commémorant à Rennes l'union de la Bretagne à la France, puis commet quelques autres attentats symboliques (destruction du monument de la Fédération à Pontivy, arrêt , - par de faux signaux - , du train du Président de la République arrivant en Bretagne).

En 1918 est créée l’Union de la jeunesse bretonne (Unvaniez Yaouankiz Breiz) qui marque l'arrivée du nationalisme dur ou "nationalisme intégral" au sein d’une nouvelle génération qui se regroupe autour du journal Breiz Atao en 1919 organe du Groupe régionaliste breton, autour de Maurice Marchal. Cette tendance nouvelle a pour caractéristique de vouloir rompre avec l'idée régionaliste qu'elle considère comme trop inféodée au système politique français.

  • Cette première génération nationaliste s’investit notamment dans le domaine de la langue. Son chef de file est Roparz Hemon, et son journal de référence Gwalarn, fondé en 1925
  • Une partie du nationalisme breton évolue vers le conservatisme au cours des années 1930, tandis que d'autres courants vont vers le pacifisme, l'internationalisme, le progressisme de gauche, le fédéralisme social, "l'autonomisme rouge" avec la création de la Ligue fédéraliste de Bretagne (LFB), et l'éphémère Parti national révolutionnaire breton (PNRB) (cf travaux de l'universitaire, journaliste Erwan Chartier).

Une autre partie (le Parti national breton, créé en 1932) tend à basculer vers l'idéologie national-socialiste, espérant qu'une Allemagne éventuellement victorieuse en Europe permette l'indépendance d'envers la France. Ils parviennent cependant à poursuivre leur action sur la scène bretonne (à l'instar de la République irlandaise), malgré les pressions et répressions de la République française (François Debeauvais, Olier Mordrel). En 1938, Erwan ar Moal, dit Dirnador condamne le fascisme et le national-socialisme dans un article qui paraît dans Breiz. Il compare ces idéologies à une peste.
Plusieurs actes terroristes liés au mouvement breton sont effectués par l'organisation Gwen-ha-Du de Célestin Lainé, à partir de 1932, les deux plus spectaculaires ont été commis en 1932 quand les autorités célébraient le quatrième centenaire du rattachement de la Bretagne à la France en 1532.
Une autre partie avec Ar Falz, créé en 1933, représentée par Yann Sohier et soutenue par Marcel Cachin est marquée par le communisme. Une autre est proche de la gauche, comme Charles Brunellière ou Yves Le Febvre, et prône le fédéralisme comme Maurice Duhamel, ou encore anarchiste avec Émile Masson.

Morvan Lebesque, acteur de l'époque, affirme dans son livre Comment peut-on être breton ? que « les militants de ces années se souviennent de réunions de village improvisées sur le marchepied de quelque vieille Ford, devant des auditoires qu'il fallait surprendre, cueillir à la porte du bistrot ou de la messe et qui, les yeux ronds, considéraient les "autonomistes" à peu près comme des Martiens, hésitant parfois à leur lancer des lazzis ou des pierres. Parfois on appelait le curé, les gendarmes, l'ivrogne local y allait de son numéro ; des mères outragées reprochaient aux orateurs de "faire cela devant des enfants" et il y avait avantage à ne pas tenir le meeting trop près d'une rivière ».

À partir de 1939 la plupart des organisations bretonnes, minées par les divergences entre les engagements de leurs membres éclatent voire le plus souvent disparaissent. Le gouvernement prend des mesures d'interdiction contre le parti nationaliste breton et son journal Breiz Atao au motif que les chefs, Debauvais et Mordrel ont pris des contacts avec le gouvernement nazi.
Ces décisions sont approuvées par l'influent Grand Druide de Bretagne, François Jaffrennou, dans sa revue culturelle bretonne An Oaled-Le Foyer breton, car il estime que les Bretons doivent être Français devant l'étranger.

  • 1919 : Le premier cercle celtique est créé à Paris avec pour président, Joseph Jacob, commandant et ancien trésorier civil aux armées. Il couvrira progressivement tous les aspects de la culture bretonne (chant, danse, musique, cours de langue, théâtre...) et d'autres cercles celtiques sont créés à Nantes, Guingamp, Rennes, Quimperlé, etc. En parallèle, à Paris, un groupe de danseurs, Korollerien Breiz (Les danseurs de Bretagne) remporte beaucoup de succès, ouvrant la voie aux cercles celtiques, deuxième manière, qui seront centrés sur la danse bretonne après 1945
  • 1919 : Une pétition pour le droit des langues et la liberté des peuples, initiée par 124 associations emmenées par l'Union régionaliste bretonne et réclamant une régionalisation, recueille 360 000 signatures.
  • 1921 : Fondation à Rennes par Henri Quilgars du Comité de défense des intérêts bretons et de son journal La Bretagne intégrale. Il écrit un ouvrage : Le Sentiment breton-la puissance bretonne.
    C'est dans l'entre-deux-guerres que le drapeau de la Bretagne est créé par Morvan Marchal.
  • 1923 : Le drapeau breton moderne, nommé Gwenn ha Du (blanc et noir), est créé par le militant nationaliste Morvan Marchal à partir du drapeau breton traditionnel, le Kroaz du (croix noire sur fond blanc) et du blason de la province (semé d'hermines). Il est hissé devant le pavillon de la Bretagne à l'exposition des Arts décoratifs à Paris en 1925
  • 1925 : Le groupe d'artistes bretons, Les Seiz Breur, présente des salles meublées et décorées dans le pavillon de la Bretagne à l'exposition des Arts décoratifs à Paris en 1925. C'est, lors de l'inauguration du pavillon que le ministre de l'Instruction publique, Pierre-Armand de Monzie, déclare : "Pour l'unité linguistique de la France, la langue bretonne doit disparaître".
  • 1928 : l’Union de la jeunesse bretonne devient le Parti autonomiste breton. Création du parti Adsao en 1928 avec l'abbé Madec et Pierre Mocaër, (conseiller général d'Ouessant), parti catholique régionaliste.
  • 1931 : Dislocation du Parti autonomiste breton, éditeur du journal Breiz Atao, au congrès de Rennes en plusieurs tendances. L'une d'entre elles crée le Parti national breton qui, sous la conduite d'Olivier Mordrel, François Debauvais et Célestin Laîné glisse à l'extrême-droite et applaudit à la victoire du parti nazi en Allemagne (1933)[11]
  • 1932 : Destruction par explosifs d'une statue à Rennes et arrêt forcé du train du président de la République en route pour Nantes et venu pour les fêtes du rattachement de la Bretagne. La police ne réussit pas à arrêtr les coupables. L'Humanité, journal du parti communiste français, prend parti pour les autonomistes (application de la politique de Staline en faveur des nationalités)
  • 1933 : Vœux adopté par les cinq conseils généraux, à linitiative de la Fédération régionaliste de Bretagne, pour demander l'introduction du breton à l'école
  • 1933 : Fondation du mouvement culturel « Ar Falz » par Yann Sohier, sympathisant communiste, pour inciter les instituteurs publics à l'enseignement de la langue bretonne.
  • 1934 : 346 communes bretonnes adoptent le vœu Ar Brezoneg er Skol (le breton à l'école), une organisation animée par le jeune fonctionnaire, Yann Fouéré, en faveur de l'enseignement du breton.
  • 1939 : Les Fêtes interceltiques de Vannes, ordonnancées par François Jaffrennou et le Gorsedd de Bretagne sont placées sous le patronage des autorités de l'État et connaissent un grand succès.

La Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Durant la Seconde Guerre mondiale, l'ensemble du mouvement politique autonomiste organisé promeut la collaboration avec l'Allemagne nazie et/ou avec le régime de Vichy[12]. Selon Jean-Jacques Monnier, de nombreux individus qu'il désigne comme « militants culturels bretons » choisissent la Résistance à l'occupant allemand[13]. Georges Cadiou estime pour sa part que le mouvement breton s'est « fourvoyé très majoritairement » dans la collaboration avec l'occupant, à l'exception des quelques cas individuels[14].

Certains dirigeants nazis avaient caressé l'idée d'un démembrement de la France et une Bretagne sous protectorat allemand paraissait une option. Finalement, la collaboration que propose le gouvernement de Pétain rend l'idée obsolète et, en septembre 1940, le général Carl-Heinrich von Stülpnagel, commandant les troupes d'occupation en France, précise la position finale : soutien à la culture et à la langue bretonnes, refus du soutien aux indépendantiste bretons.
En conséquence, les deux dirigeants, les plus ouvertement pro-nazis et anti-français, sont écartés : le « chef », Olivier Mordrel, avait chassé Debauvais, avant d'être « démissionné », sur ordre allemand, du Parti national breton, qui reste autorisé, et ils sont remplacés en décembre 1940 par les frères, Raymond et Yves Delaporte, beaucoup moins extrémistes, bien que partisans de l'entente avec Vichy.

En fait, le PNB est contraint de se limiter à une agitation propagandiste, et opportuniste, car les occupants et le gouvernement veillent à le tenir en lisière. Il cherche à exploiter les rancœurs de la population touchée par les insuffisances du ravitaillement et par les destructions massives d'habitations par les bombardements des Alliés. Les quelques défilés qu'il organise, par exemple, à Brest, sont d'autant plus mal vus qu'ils sont autorisés par les occupants.

Un quotidien, la Bretagne, sous la responsabilité éditoriale de Yann Fouéré et couvrant les cinq départements bretons paraît jusqu'en 1944 et Radio-Rennes subventionnée, comme toutes les autres, par les nazis émet, quelques heures par semaine, en breton, mais en dehors de la zone brittophone, jusqu'en juin 1944. Une ébauche de région Bretagne, amputée de la Loire-Inférieure, est créée et l'enseignement de l'histoire et de la langue bretonnes sont autorisées pendant l'occupation par le Maréchal Pétain. Toutes ces mesures sont abrogées dès la Libération.

Les comportements des uns et des autres sont l'objet d'une amnésie sélective de guerre qui nourrit toujours des polémiques plus de soixante ans après : « En réalité, à la Libération, au sein du mouvement breton, on minimise la collaboration, on crée le mythe de l'épuration sauvage »[15].

Selon Jean-Jacques Monnier, plus de 300 militants des mouvements culturels, linguistiques, politiques régionalistes ou nationalistes bretons se sont engagés au sein de la résistance armée au nazisme, de manière groupée (groupes créés à leur initiative ou réseaux de la résistance classique) ou isolée, mais aussi en se consacrant la cache de Juifs, d'aviateurs, de réfractaires au STO, plusieurs furent déportés ou fusillés par les Allemands. L'ouvrage[16] a fait l'objet de plusieurs critiques, dont celle des comités locaux des cantons de Lannion et de Perros-Guirec de l'Association nationale des anciens combattants de la Résistance (ANACR), à la demande de leur président-délégué Serge Tilly, qui jugent cet ouvrage comme « une contre-vérité historique mais aussi une insulte à leur mémoire » le fait « d'assimiler de grandes figures de la Résistance au mouvement breton », qui était « très proche idéologiquement de l'extrême droite dans les années 20 et 30 ». Ils estiment que, « dans l'ouest de notre département, pratiquement tous les résistants s'exprimaient dans leur langue maternelle, le breton, c'est une réalité, mais aucun ne se réclamait de l'identité bretonne[17]. ». Il est utile de préciser que l'ANACR est proche du PCF.

Aujourd'hui encore, certains s'inquiètent des tentatives de réhabilitation des collaborationnistes autonomistes menées par des organisations ou des militants bretons[18],[19],[20],[21]. A contrario, d'autres estiment que, au vu de la présentation faite des faits, cela est prétexte à manipulations médiatiques ayant pour but de s'en prendre aux aspirations actuelles, comme la reconnaissance des droits linguistiques[22].

L'Emsav à l'issue du second conflit mondial[modifier | modifier le code]

Près de 2 000 militants bretons sont arrêtés et « Internés administratifs ». Parmi les dirigeants d'organisations pro-nazies, la plupart seront condamnés à la Libération. Un certain nombre d'entre eux réussiront à échapper à la Justice et à gagner l'Irlande grâce à la filière de faux passeports montée par Yann Fouéré[23]. Quelques autres sympathisants sont relâchés au bout de quelques semaines, aucune charge n'ayant été retenue contre eux [24]. Les militants du PNB sont avant tout poursuivis pour avoir collaboré avec les autorités nazies (chef principal d'accusation : intelligence avec l'ennemi). D'ailleurs peu d'entre eux seront inquiétés :

« Environ 15 à 16 % des membres du PNB ont été traduits devant les tribunaux, rares sont les sympathisants à avoir été jugés. Ce qui fait de l'Épuration un épiphénomène dont la réalité est très éloignée de l'image mythique d'une répression massive, entretenue par la mémoire traumatisée des nationalistes bretons[25]. »

Selon Olier Mordrel, le nombre de collaborationnistes fusillés par les nouvelles autorités ou assassinées par des groupes de résistants s'élève à 51 personnes[26] sur une mouvance de 2 000 à 3 000 militants (soit 2 à 3 % des effectifs) dont 35 sans jugement. On note, parmi ces 35 personnes tuées sans jugement, des miliciens morts lors de combats avec la Résistance ou d'autres motifs plus flou tel qu'un engagement culturel comme ce fût le cas de l'Abbé Lec'hvien de Quemper-Guézennec, abattu d'une balle dans la tête en plein jour par des FTP communistes peu avant l'arrivée des troupes américaines, entraînant la colère et l'incompréhension de la population[réf. nécessaire].

Le soutien à l'Allemagne nazie des nationalistes bretons du PNB a clairement nui à l'idée d'un projet autonomiste breton. Certains auteurs vont plus loin et avancent que ce soutien aurait nui à la culture et à la langue bretonnes, au moment même où les premières mesures gouvernementales en faveur des langues régionales étaient initiées :

« cette culture de la haine de l’étranger et du mépris du peuple qui habitait les nationalistes les a conduits à faire déconsidérer pour longtemps l’intérêt pour la langue et la culture bretonne dans la région, voire à permettre aux bretonnants de justifier l’abandon du parler breton. Pourtant, dès décembre 1946, à l’initiative des pouvoirs publics, Pierre-Jakez Hélias lançait un nouveau programme d’émissions radiophoniques en langue bretonne sur Radio Quimerc’h[27]. »

Á cela s'ajoutent des causes plus profondes au déclin du breton notamment l'élévateur social que constitue le français, un certain sentiment d'archaïsme vis-à-vis de leur propre langue et de leur culture par les bretons eux-mêmes et enfin une attraction réelle et massive des bretons pour la langue française[28].

Le troisième Emsav (1945 à nos jours)[modifier | modifier le code]

Fin des années 1940 et années 1950 : la culture[modifier | modifier le code]

À la suite de la collaboration de la plupart des mouvements autonomistes bretons[29], le militantisme politique est condamné par l'opinion : L'expression « Breiz Atao » servait à désigner indistinctement les militants nationalistes bretons. L'expression « breiz atao mat da lao » (en français : « Breiz Atao, bon à tuer ») ne date pas de cette période (il s'agit d'une formule imaginée par le curé de Gouézec, à la fin des années 1920, qu'il faisait répéter à ses ouailles pour les pousser à s'en prendre aux « autonomistes »[30]), mais cette expression sera reprise durant la guerre pour qualifier les collabos bretons[31]. L'engagement des militants bretons se fera donc sur le terrain de l’action culturelle :

Ce sont les lieux de rencontre, de réflexion, de recrutement pour les nationalistes. C'est par ce biais que vont être maintenus et transmis le nationalisme breton à une nouvelle génération au cours des années 1940 et 1950. C'est aussi grâce à plusieurs dizaines d'anciens résistants[32] que des mouvements culturels, puis politiques bretons (régionalistes notamment) sont lancés ou relancés en Bretagne et à Paris[citation nécessaire]. On note la création d'un mouvement politique en 1945, An Avel autour de Youen Olier

Parallèlement, le mouvement breton continue le travail entamé avant-guerre dans le domaine de la langue et de la littérature et crée de nombreuses revues bretonnantes, dont la revue littéraire Al Liamm, continuateur de Gwalarn.

Á l'initiative de l'État[27], Pierre-Jakez Hélias, Pierre Trépos, et Charles Le Gall recréent des émissions de radio, puis de télévision à partir de 1964, en breton populaire. D'abord de quelques minutes hebdomadaires, ils mènent une véritable « guerre d'usure » contre l'ORTF pour obtenir l'allongement minute par minute de la durée de ces émissions.

On retrouve aussi des mouvements et revues d'inspiration chrétienne, généralement proche des idées de Feiz Ha Breiz, autour des abbés Loeiz Ar Floc'h, Marsel Klerg, et Armand Le Calvez. La fédération Kendalc’h qui regroupe les organisations culturelles du mouvement breton est créée en 1951 ainsi que celle du Kuzul ar Brezhoneg, fédération créée en 1958 qui elle regroupe les associations bretonnes militant pour l'orthographe unifiée du breton.

En région parisienne, la « diaspora » bretonne met en place des cercles où se retrouvent ceux qui ont été condamnés à l'indignité nationale, Ker Vreizh à Montparnasse, La Mission bretonne, la « cité bretonne » de Keranna à Yerres (ancien département de Seine-et-Marne, actuel département de l'Essonne). Dans les années 1950-1960, Jean-Jacques Le Goarnic combat pour la reconnaissance des prénoms en langue bretonne.

La fin des années 1960 voit se créer la maison d’éditions Kelenn qui publiera des textes littéraires en langue française de Glenmor, Xavier Grall et Alain Guel qui lancent le journal satyrique breton La Nation bretonne au début des années 1970.

En 2000, L'Humanité, ancien organe du PCF, hostile aux fascismes, signale des tentatives de réhabilitation de certains collabos liés au nationalisme breton et des relectures de l’histoire clairement orientées, qui font l'objet d’un travail de fond mené par divers auteurs ou associations autonomistes[33].

Années 1950 et 1960 : l’économie[modifier | modifier le code]

À partir du début des années 1950, le mouvement breton commence à s’investir dans le domaine de l’économie aussi avec en 1951 la création du CELIB, le Comité d’étude et de liaison des intérêts bretons par Joseph Martray et René Pleven. Le CELIB sera à l'origine de l'impulsion économique qui fera sortir la Bretagne de son sous-développement agricole et industriel en constituant une instance officieuse de coordination des collectivités locales à l'échelle de la Bretagne historique (5 départements), dans une optique décentraliste. En 1955 le CELIB devient un Comité Régional d'Expansion (Coder).

Toute une génération d'agriculteurs issue de la Jeunesse agricole chrétienne s'organise au niveau local et régional. Une série de grèves très dures en 1960 pour obtenir les conditions de la modernisation de l'agriculture culmine par la « prise » par 2000 agriculteurs de la sous-préfecture de Morlaix le 8 juin 1961. L'emprisonnement des leaders déclenche une vague de manifestations qui embrase toute la Bretagne jusqu'au 22 juin. Un « modèle agricole breton » se met progressivement en place.

1962 : Le CELIB adopte une loi-programme pour la Bretagne préparée par Michel Phlipponneau. L'État refuse de s'engager sur un plan pluriannuel d'investissements. 1092 conseils municipaux bretons soutiennent la loi-programme. La Bretagne engage la bataille des tarifs ferroviaires pour désenclaver l'économie régionale, forçant l'État à céder.

À partir de la fin des années 1960 : le retour du politique[modifier | modifier le code]

Indirectement, le CELIB légitime donc la renaissance d’un nationalisme politique en Bretagne, et à partir des années 1960, on observe le retour des nationalistes modérés bretons dans l’arène politique :

En 1957, création du Mouvement pour l’Organisation de la Bretagne (MOB), premier parti politique créé depuis la Seconde Guerre mondiale.

En 1963, scission de la gauche du MOB pour créer l’UDB (Union démocratique bretonne). Le CAB (Comité d'Action pour la Bretagne) rassemble la CFDT, la CFTC, le PCF, la SFIO, le PSU, la FEN, le SNI.

Mais tout cela reste très marginal au cours des années 1960, malgré l’essor sans précédent des mobilisations à caractère et à dimension régionale au sein des mondes ouvrier et paysan.

Dans les années 1960 le macaron BZH fleurit sur les voitures. Il est rapidement interdit (décret Ortoli du 7 août 1967). Plusieurs automobilistes font l'objet de poursuites mais la police ferme les yeux.

1966 Le FLB (Front de libération de la Bretagne) revendique son premier attentat. Le plan routier breton de 1968 est considéré comme une conséquence de ces actions puisqu'on nommera longtemps en Bretagne autoroutes du FLB les deux voies express qui desservent la péninsule. En 1972 le « procès du FLB » devant la Cour de sûreté de l'État se transforme en « procès de la colonisation française en Bretagne »; 2000 personnes viennent soutenir le FLB au palais de la Mutualité à Paris.

La même année 1966, Alan Stivell commence à chanter, ce qui va susciter une véritable révolution culturelle en France au début de la décennie suivante.

Décennie des années 1970[modifier | modifier le code]

Une réelle renaissance d’un sentiment d’appartenance régionale en Bretagne avec :

La « révolution culturelle » en musique[modifier | modifier le code]

Essor sans précédent de la musique bretonne, à l'initiative d'Alan Stivell. Ne pas oublier l'influence culturelle du chanteur et écrivain Milig Ar Skanv, autrement dit Glenmor, qui fut le premier à réveiller la culture bretonne.

D'innombrables musiciens et chanteurs vont lui emboîter le pas, dont Gilles Servat et les Tri Yann, aussi bien dans les concerts que dans les festoù-noz (fête bretonne, avec de la musique et des danses traditionnelles). Ces festoù-noz, souvent « de soutien » à une cause « de gauche », deviennent le rendez-vous de toute une génération, et progressivement de toutes les générations.

Multiplication des conflits sociaux qui prennent un caractère breton marqué[modifier | modifier le code]

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  • Multiplication des conflits sociaux qui prennent un caractère breton marqué[réf. nécessaire]
  • Géographie des réseaux de solidarité qui se créent à l’occasion des conflits sociaux qui prennent une dimension bretonne[réf. nécessaire]
  • Rhétorique construite et développée au cours du conflit social qui dénonce l’oppression supposée de la Bretagne par Paris, le « colonialisme intérieur » dont serait victime la Bretagne qui prendrait la forme d’une oppression politique (par le centralisme), économique et sociale (par le capitalisme) et culturelle (par le jacobinisme)
  • Lancement d'un nouveau mouvement musical par Alan Stivell (1967)
  • Création de Skoazell Vreizh en 1969, du foyer culturel de Menez Kamm en 1970

Cette création d’une conscience nationale ou régionale bretonne de gauche par les conflits sociaux, se fait en deux temps :

Multiplication des partis nationalistes bretons[modifier | modifier le code]

Multiplication des partis nationalistes bretons, presque tous situés à gauche voire à l’extrême gauche, à l’instar du Parti communiste breton, d'orientation mao-guévariste, ou du Front socialiste autogestionnaire breton (1974). Création de Sav Breizh avec Erwan Vallerie et Yann Choucq, de la taupe bretonne avec Jean-Yves Guiomar et Alain Le Guyader. L’UDB reste le plus important parti régionaliste en Bretagne. Strollad Ar Vro est un mouvement attrape-tout, dans la ligne de l'ancien MOB. Aux législatives de mars 1973, Strollad Ar Vro présente 32 candidats, l’UDB en présente cinq.

L'autogestion[modifier | modifier le code]

L'autogestion, qui est de tous les conflits sociaux en France, est déclinée en Bretagne dans son point de vue politique, l'autonomie, à savoir :

  • le PSU est particulièrement représenté (Yves Le Foll, maire de Saint Brieuc, est longtemps le seul élu de ce parti) ;
  • le colloque Bretagne et autogestion rapproche PSU, PC, CFDT et de nombreux mouvements bretons de toutes tendances ;
  • 1973 : Strollad Ar Vro présente 32 candidats aux législatives de mars et l'UDB en présente cinq ;
  • en 1979 le Plan Alter Breton, un document de 40 pages élaboré par des scientifiques membres du PSU, constitue une alternative déjà écologiste et objectivement autonomiste au plan quinquennal du ministère de l'économie et a un retentissement important chez les militants de tous partis.

Activisme clandestin de « propagande armée »[modifier | modifier le code]

Dans les années 1970, apparaît un nationalisme clandestin de « propagande armée » : Front de libération de la BretagneArmée révolutionnaire bretonne. Ces groupes pratiquent une violence symbolique, via des actions violentes, contre les symboles de l’oppression de la Bretagne : contre l’État français, contre le capitalisme. Après une première vague d'attentats à la fin des années 1970, une relative accalmie suit l'amnistie accordée en 1981 par François Mitterrand. Dans les années 1990, on assiste à une reprise des attentats revendiqués par une Armée révolutionnaire bretonne dont les liens et la filiation avec le FLB des années 1970 n'apparaissent pas clairement. Des liens avec l'organisation basque ETA sont mis au jour lors de l'affaire de Plévin. Le 19 avril 2000, une explosion provoque la mort de Laurence Turbec, employée au restaurant McDonald's de Quévert dans la banlieue de Dinan; cet acte non revendiqué est unanimement condamnée (ex. La Bretagne, c'est la vie du Conseil culturel de Bretagne). C'est la première fois qu'une personne innocente est tuée (jusqu’à ce jour seuls deux poseurs de bombes avaient été tués par leur engin en 1976 et 1985). En mars 2004, les quatre militants poursuivis sont acquittés pour ce fait. Le parquet ayant fait appel de trois de ces quatre acquittements[34], cet appel est jugé irrecevable en novembre 2008[35]. Le parquet s'étant pourvu en cassation contre cet arrêt, la Cour de cassation lui donne tort. Les militants poursuivis sont donc définitivement blanchis[36].

Les partis politiques actuels du mouvement breton[modifier | modifier le code]

Un mouvement politique divisé :

  • À l'extrême gauche :
  • À gauche :
    • L’UDB, parti autonomiste ayant le poids électoral le plus important, fort de quelques centaines de membres. Il a environ 80 élus municipaux sur des listes d’unions de la gauche ou de gauche anti-libérale, et surtout depuis 2004, trois conseillers régionaux (plus un apparenté) grâce à une alliance avec les Verts. Et 4 conseillers régionaux actuellement.
    • Mouvement Bretagne et progrès, parti régionaliste, regroupé autour de la personnalité de Christian Troadec, maire de Carhaix
  • Au centre :
    • Le Parti breton: un parti fédéraliste se réclamant de la « nation bretonne » mais non du « nationalisme », axé sur le rassemblement au-delà du clivage droite-gauche, est apparu en 2000 et revendique environ 450 adhérents. Il compte aujourd'hui quelques dizaines d'élus au sein de la structure Askol dont un maire – Gwenole Guyomarc'h à Locquirec)
  • À la droite :
    • Adsav est un mouvement créé en 2000 par Padrig Montauzier, ce parti indépendantiste revendique 720 adhérents. Il a annoncé sa première participation aux élections cantonales de 2008.
    • Jeune Bretagne est un parti identitaire et régionaliste. Ce parti revendique 200 adhérents. Créé en 2008, il a participé aux élections cantonales de 2010 et participent aux élections législatives de 2012 en présentant dix candidats sur tout le territoire de la Bretagne historique.
    • Fédération bretonne légitimiste (FBL), apparu dans les années 1980, est royaliste et regroupe la majeure partie des monarchistes bretons dans plusieurs cercles. Fidèle à l'esprit qui anima le combat des grands défenseurs de l'autonomie bretonne dans le cadre de la monarchie française (le marquis de La Rouërie, Georges Cadoudal, etc.), la FBL s'affirme dans sa spécificité bretonne.
  • Certains élus de partis français ont des positions régionalistes très affirmées, à l’instar de Patrick Mareschal, président socialiste du conseil général de Loire Atlantique et fondateur de Bretagne réunie.
  • Pendant les années 1990, émergence du syndicat étudiant régionaliste ou nationaliste modéré et progressiste de transformation sociale, Dazont, qui devient au milieu de la décennie le premier syndicat étudiant en Bretagne mais disparait en 1998. Création d’un syndicat nationaliste breton : Sindikad Labourerien Breizh (SLB) qui prend la suite du syndicat Dazont et obtient en janvier 2006 trois élus à l'université de Haute-Bretagne Rennes-II.

Domaine de l’éducation[modifier | modifier le code]

La création et la promotion d'un enseignement en breton ne sont pas à relier de manière globale au mouvement politique nationaliste, bien que celui-ci soit présent de manière discrète dans les structures parentales de gestion.

  • 1977 : création de la première école Diwan avec enseignement du breton par immersion. Développement du réseau depuis 30 ans avec aujourd’hui, une trentaine d’écoles (dont 4 collèges et un lycée) et près de 3 000 élèves. Mais Diwan connaît toujours énormément de problèmes : finances, tracasseries administratives, non-reconnaissance officielle par la République française.
  • 1984 : le gouvernement français (socialiste) crée une filière partiellement bilingue dans l'enseignement public.
  • 1990 : Filière similaire dans l'enseignement catholique, sous le nom de Dihun.
  • Aujourd’hui (2008), environ 12333 élèves sont scolarisés en breton, soit 1,38 %.

Vie publique et mouvement culturel[modifier | modifier le code]

  • Les arts (notamment musique et danse) connaissent un succès croissant depuis 50 ans. Le secteur musical est le plus dynamique avec des centaines de groupes divers, des milliers de joueurs de musique traditionnelle ou d’inspiration bretonne qui demeure très populaire. Plus d’une centaine de bagadoù partout en Bretagne ont atteint aujourd'hui un très haut niveau et on constate l'organisation de très nombreux groupes de fest-noz très inventifs. La musique bretonne est très créative et ouverte sur le monde ; avec des créations telles que la Symphonie celtique : Tír na nÓg d'Alan Stivell, ou plus tard, l’Héritage des Celtes de Dan Ar Braz, ou encore le succès énorme des festivals de musique celtique, comme le Festival interceltique de Lorient. Les danses bretonnes sont également très populaires : quand un fest-noz est organisé, il regroupe généralement plus de 500 personnes.
  • La langue bretonne reste non reconnue dans le cadre de la République française, jusqu'à l'inscription, très récente, des langues régionales comme "patrimoine français" dans la Constitution, décision symbolique mais de peu de portée dans le quotidien des brittophones. Jusque dans les années 1950, elle est interdite à l’école et dévalorisée. On comptait dans les années 1950, plus d'un million de bretonnants quotidiens. Il n'en reste aujourd’hui en Basse-Bretagne que 250 000 mais il faut y ajouter les bretonnants de Haute-Bretagne et de la diaspora.
  • Le drapeau breton, interdit dans les années 1960, sur le front des luttes sociales les plus dures dans les années 1970, flotte aujourd'hui sur beaucoup de mairies, dont celles de toutes les grandes villes.
  • *Domaine de la vie publique : dans les années 1980 on assiste à un combat pour la signalisation en langue bretonne (Stourm ar Brezhoneg, créée en 1984) avec barbouillage de panneaux, même partiellement en région gallèse (régions de Bretagne ne parlant autrefois pas breton mais le gallo, la "frontière" linguistique n'étant plus guère d'actualité du fait du développement de l'enseignement bilingue ou Diwan et de la mobilité de la population, brittophones inclus). C'est la seule victoire pour les nationalistes bretons avec la mise en place de nombreux panneaux de signalisation routière bilingues. La République française refuse toute introduction du breton dans la vie publique, avec par exemple le refus de ratifier la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires.
  • Dans les tendances actuelles, on peut évoquer enfin une certaine institutionnalisation du mouvement breton[réf. nécessaire].
  • Le président de la république Valéry Giscard d'Estaing signe une charte culturelle avec diverses institutions locales en 1977. Elle déclare : « Le propos de la présente Charte est de mettre fin au divorce qui existait entre une culture régionale, toujours riche et vivante, mais qui risquait de se replier sur elle-même, et une culture dominante qui l'ignorait trop souvent ». Un ensemble d’institutions sont créées, dont l’Institut culturel de Bretagne (dont sortira en 2000, l’Office de la langue bretonne, qui est l'organe officiel de normalisation de la langue bretonne). Le Comité consultatif à l'identité bretonne de la mairie de Rennes est créé en 1996. Lancement de la Journée de la langue bretonne en 2004.
  • Le 4 octobre 1977, l’État, l’Établissement public régional de Bretagne (appellation de la région dans le document) et les conseils généraux des Côtes-du-Nord (aujourd’hui Côtes-d'Armor), du Finistère, d'Ille-et-Vilaine, du Morbihan et aussi de la Loire-Atlantique, signent la Charte culturelle bretonne. Un ensemble d’institutions sont créées, dont, en 1981, l’Institut culturel de Bretagne/Skol-Uhel ar Vro, organe commun du conseil régional de Bretagne et du conseil général de Loire Atlantique (dont sortira en 1999, l’Office de la langue bretonne/Ofis ar Brezhoneg, qui est l'organe officiel de normalisation de la langue bretonne). Le Comité consultatif à l'identité bretonne de la mairie de Rennes est créé en 1996. Lancement de la Journée de la langue bretonne en 2004.

Domaine économique[modifier | modifier le code]

  • Regroupement de nombreux patrons au sein de l'Institut de Locarn pour défendre les intérêts des petites et moyennes entreprises en Bretagne.
  • Ces mêmes dirigeants créent le label « produit en Bretagne », qui se veut un label de qualité pour promouvoir l'image de la Bretagne. Il s’appuie notamment sur un patriotisme économique des Bretons et rencontre un succès notable, contrairement à la première tentative qui avait été faite dans les années 1980 (Made in Breizh).
  • En 2001, création de TV Breizh, 1re télévision totalement bretonne, mais où la langue bretonne reste très minoritaire (à peine plus d’heures que sur la télévision publique France 3 Ouest), et disparaît quasiment au fil des années 2000.
  • En 2002, lancement de la boisson Breizh Cola.
  • En 2004, création d'un opérateur régional de téléphonie mobile Breizh Mobile.

Différences avec les autres nationalismes régionalistes[modifier | modifier le code]

Il apparaît que le « nationalisme breton », ou mieux nommé « mouvement politique breton », se différencie également assez nettement des nationalismes du Pays de Galles ou du Pays basque par exemple :

  • Il est divisé entre des régionalistes, des indépendantistes, des fédéralistes et des nationalistes.
  • Il a peu de représentants élus, alors que de nombreux élus nationalistes siègent au Pays basque, en Catalogne, en Écosse, ou encore au Pays de Galles ;
  • Il a une audience électorale limitée qui ne dépasse que rarement les 5 %. Le Parti Breton a récolté 2,45 % des voix aux élections européennes de 2009 ; l'UDB a recueilli 2,81 % des voix aux législatives de 2007, même si la moitié de ses candidats aux élections cantonales de 2008 ont dépassé la barre des 5 %.
  • Les diverses organisations armées apparues au fil des décennies n'ont jamais visé que des bâtiments ou du matériel, jamais des personnes, et n'ont jamais eu recours au racket ("impôt révolutionnaire") contrairement aux FLNC ou à ETA, ce qui a sans doute fait leur faiblesse d'ailleurs : aucun financement, pas de possibilité de vivre dans la clandestinité (les activistes bretons ont toujours été parfaitement insérés dans la société, avec vie de famille, métier etc.).

Sentiment d'appartenance[modifier | modifier le code]

Sondage pour le conseil général du Finistère[37]:

  • Vous personnellement, vous sentez-vous appartenir très fortement…
2002 2004 2005
à l'Europe 13 % 21 % 18 %
à votre commune 46 % 51 % 48 %
à la France 43 % 61 % 58 %
au Finistère 61 % 70 % 67 %
à la Bretagne 65 % 75 % 73 %

Sondage CSA de septembre 2000 :

  • Vous sentez vous d'abord appartenir à…
en Région Bretagne (4 départements) en Loire-Atlantique
la Bretagne 42 % 24 %
la France 26 % 32 %
votre commune 24 % 20 %
l'Europe 6 % 7 %
votre département 1 % 3 %
la région Pays de la Loire ~ 14 %
  • Souhaitez-vous que le département de la Loire-Atlantique soit rattaché à la Bretagne ?
en Bretagne 63 % ; en Loire-Atlantique 71 %

Conclusion[modifier | modifier le code]

Le nationalisme breton se décline sur l'ensemble du spectre politique, tant à droite qu'à gauche.

Il n'a connu que peu de succès électoraux malgré une culture bretonne très dynamique et une identité de plus en plus revendiquée. En effet, depuis 100 ans, le mouvement breton a connu un réel développement, et une tentative d'intégration sans succès dans la société bretonne.

Mais aujourd’hui le mouvement breton semble rencontrer une limite, ne s’étant pas beaucoup investi dans le domaine politique (comparé à des mouvements similaires dans d'autres nations sans États, comme l'Écosse, le Québec, la Catalogne, la Galice ou la Flandre), ni dans le domaine économique (si l'on excepte l'époque du CELIB).

À l'inverse, les thèmes identitaires soulevés par le nationalisme breton sont politiques et rejetés par la population de la région dans sa plus grande part. La rhétorique nationaliste suppose :

  • La reconnaissance de la souveraineté bretonne par l'affirmation de la nullité de la caducité du traité franco-breton de 1532 liant la Bretagne à la France et la revendication de son strict respect. Ce traité international fut emporté dans la tourmente révolutionnaire de la fameuse "Nuit du 4 août 1789" au cours de laquelle fut votée par les députés du tiers état l’abolition de tous les privilèges féodaux. Le motif d'annulation en serait une dénonciation unilatérale sans consultation des parties concernées, ainsi les États de Bretagne ne furent consultés ni pour avis, ni pour ratification.
  • La « Colonisation forcée » dont serait victime la Bretagne de la part de la France.
  • La « ruine de l’économie bretonne » à compter du XVIIe siècle par la politique mercantiliste de Colbert et l'interdiction du commerce avec l'Angleterre.
  • La reconnaissance du peuple breton.
  • La reconnaissance de l’intégrité du territoire historique d'une « Bretagne une et indivisible ». C'est la question du rattachement de la Loire-Atlantique à la région Bretagne. La Loire-Atlantique est aujourd'hui rattachée à la région Pays de la Loire : la première région ne comprenant pas Nantes fut créée en 1941 lors de la création, sous le régime de Vichy, des régions économiques ; celles-ci furent supprimées à la Libération. Sur la base d'un nouveau découpage, les régions administratives françaises sont créées en 1955/1956 et confirmées par les lois de régionalisation et de décentralisation successives, et ce, sans consultation populaire.

Lieux, personnages, symboles et événements utilisés par le nationalisme breton[modifier | modifier le code]

Personnalités[modifier | modifier le code]

Symboles[modifier | modifier le code]

Événements[modifier | modifier le code]

Lieux[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ce découpage est adopté par Francis Favereau, professeur à l'Université de Haute-Bretagne, dans Bretagne contemporaine : culture, langue, identité. Skol vreizh, 2005
  2. Dans Bretagne contemporaine : culture, langue, identité. Skol vreizh, 2005, il s'appuie sur les conclusions d'un colloque "1491 - Bretagne, terre d'Europe (Université de Brest) pour dire que "La farouche volonté d'indépendance du duché" et sa "prospérité au XVIe siècle" est la source d'une "historiographie alors très fournie, qui cherche à créer un fort patriotisme breton porteur d'un sentiment national plus ou moins affirmé... qui n'a donc rien à envier à d'autres futurs États-nations en voie de formation en Europe occidentale". Il met en opposition l'approche "plus ou moins" marxiste qui voit dans l'Emsav un produit des contradictions françaises.
  3. http://www.letras.ufmg.br/nuntius/data1/arquivos/001.08-Ana104-117.pdf
  4. Cependant, la version (ou le même texte) du Code paysan que le prieur du couvent des Carmes de Pont-l'Abbé est contraint de signer sous la pression des occupants, qui ne sont pas des historiens, est dénommée "Code breton".
  5. Bertho 1980, p. 45-47
  6. Dans ses souvenirs, François Jaffrennou indique que L'Aurore, journal radical-socialiste, a fait campagne en 1908 pour l'interdiction de son journal "Ar Vro" qu'elle voyait comme contraire aux intérêts républicains, car soutenant le régionalisme et la langue bretonne.
  7. Journal officiel de la république française, 17 janvier 1903, p. 30
  8. Voir le Dictionnaire de l'histoire de Bretagne, article « Guerre de 14 », pages 344-345.
  9. Les cérémonies publiques annuelles du Gorsedd de Bretagne sont insérées dans les fêtes de deux ou trois jours organisées par les autorités et les organisations régionalistes. Des affluences populaires importantes sont parfois relatées.
  10. Il s'agit surtout du magazine Le Consortium breton et de An Oaled-Le Foyer breton, tous deux dirigés par François Jaffrennou, entre 1927 et 1934, et rassemblant beaucoup d'auteurs éminents.
  11. La revue de théorie politique Stur, écrite en grande partie par Mordrel inclut de nombreux articles en faveur du "nordisme" et du nazisme.
  12. Michel Nicolas, Histoire du mouvement breton, Syros, 1982, p. 102 ; Alain Déniel, p. 318 ; voir aussi dans la bibliographie Bertrand Frélaut, Georges Cadiou, Françoise Morvan, Kristian Hamon
  13. Jean-Jacques Monnier, Résistance et conscience bretonne, l'hermine contre la croix gammée 1940-1945, Yoran Embanner, 2007, préface de Mona Ozouf, (ISBN 9782916579092)
  14. Cadiou 2013, p. 371
  15. Ronan Calvez, La Radio en langue bretonne: Roparz Hemon et Pierre-Jakez Hélias : deux rêves de la Bretagne, Presses universitaires de Rennes, 2000, 330 pages, p. 91 (ISBN 2868475345)
  16. Jean Jacques Monnier, Résistance et conscience bretonne, 1940-1945,l'Hermine contre la Croix gammée, Yoran embanner, 2007
  17. http://www.letelegramme.com/ig/generales/regions/cotesarmor/resistance-et-identite-bretonne-contre-verite-selon-lanacr-20080124-2329569_1194071.php
  18. http://membres.lycos.fr/leguenne/documents/nationalisme/nationalisme.htm
  19. Georges Cadiou, militant autonomiste: « Cela fait plusieurs années que je m’intéresse à ce sujet. J’en ai eu assez de lire des réhabilitations de certains collaborateurs convaincus. Et je pense en particulier à un article de Breizh Info qui présentait Yann Brickler [Militant quimpérois de l'Emsav assassiné le 4 septembre 1943 à Locmaria] comme “un patriote breton assassiné par les staliniens”. Il s’agissait en fait des résistants FTP. On ne peut pas raconter n’importe quoi aux jeunes militants. », dans Cap Finistèren°453 du vendredi 16 novembre 2001, à propos de son livre “L’hermine et la croix gammée”.
  20. Renaud Marhic : « Il est en Bretagne des conversations qui fâchent. Celles touchant au devoir de mémoire sont de celles-là. Parce que sur la palette du nationalisme breton, du rouge au brun, l'amnésie semble totale. Quand la presse nationale, en une volée d'enquêtes, rappelle les dérives de l'Emsav (mouvement breton) durant l'occupation, en écho ne revient que le suprême anathème: "jacobinisme!" » http://www.amnistia.net/news/articles/bret/natbret/natbret.htm
  21. http://histoire-sociale.univ-paris1.fr/Collo/BERGERE.pdf
  22. Point de vue de L. Girard
  23. Yann Fouéré, La Maison du Connemara, passim.
  24. Quelques cas particuliers : Un hôtelier, poursuivi pour avoir fait du marché noir et avoir adhéré au PNB , expliqua que son établissement avait été réquisitionné par l'armée allemande et qu'il devait fournir de la nourriture aux occupants; il ne nia nullement avoir eu de la sympathie pour le PNB; il fut acquitté « en raison de nombreux services rendus aux patriotes» (Annik Le Guen, L'épuration dans le Morbihan, page 97, novembre 1992, ISBN 2-909750-24-8); un boulanger, poursuivi pour avoir adhéré au PNB, fut acquitté: sa maison servait de PC au maquis local (Annik Le Guen, L'épuration dans le Morbihan, page 97, novembre 1992, ISBN 2-909750-24-8); «Pierre Ropert, l'ancien président des "Moutons Blancs" de Pontivy, qui est en train de mourir dans un camp de concentration en Allemagne» est visé par un mandat d'amener (Herve Le Boterf, La Bretagne dans la guerre, cité dans Charles Floquet, Pontivy, la liberté retrouvée, page 94, Éditions Keltia Graphic, Spézet, 2003, ISBN 978-2-913953-65-9). Pierre Ropert est effectivement mort en déportation en Allemagne le 28 mars 1945 (Liste de déportés politiques nés ou arrêtés dans le Morbihan, d'après le J.O. 161-14/07/1998)
  25. http://www.fondationresistance.org/pages/rech_doc/bretagne-identites-regionales-pendant-seconde-guerre-mondiale_colloque7.htm
  26. Breiz Atao, histoire et actualité du mouvement breton, Olier Mordrel
  27. a et b compte-rendu de l'ouvrage Calvez Ronan, La radio en langue bretonne. Roparz Hemon et Pierre-Jakez Hélias : deux rêves de Bretagne, Rennes, PUR, (2000) par Luc Capdevila paru dans le n° 73 2002/1 de Vingtième Siècle. Revue d'histoire, p. 211-237,
  28. Francis Favereau, Bretagne contemporaine, chapitres 2, 7,8 & 9, Skol Vreizh, Morlaix, 2005, (ISBN 2-911447-72-7)
  29. Selon Michel Nicolas « On doit à la vérité de dire que la quasi-totalité du Mouvement breton organisé politiquement a collaboré d’une manière ou d’une autre pendant la guerre. », Histoire du mouvement breton, Syros, 1982, p. 102.
  30. Yeun ar Gow, "Eñvorennoù" (souvenirs), Al Liamm, n° 178, 1978, p. 343?
  31. Francis Favereau, Dictionnaire du breton contemporain, p. 874, Skol Vreizh, 1992.
  32. Francis Favereau, Bretagne contemporaine, culture, langue, identité, Skol Vreizh, page 146 et suivantes, Morlaix 2005, (ISBN 2-911447-72-7),
  33. Pierre Dharréville, « La nébuleuse des nationalistes bretons », L'Humanité, 20 avril 2000.
  34. Le parquet ayant fait appel de l'acquittement de Christian Georgeault, Paskal Laizé et Gaël Roblin pour les attentats contre les Mac Do de Pornic et Quévert et la tentative d'attentat contre le bureau de poste du mail Mitterrand de Rennes, un procès en appel est annoncé pour novembre 2008. Presse-Océan, juin 2008
  35. Ouvert le lundi 17 novembre 2008, le procès en appel tourne court, la cour d'assises spéciale ayant « jugé irrecevable l'appel du ministère public, le parquet général ayant cinq jours pour se pourvoir en cassation ». Ouest-France, 20 novembre 2008, pages 1, 4 et 6
  36. La Cour de Cassation a confirmé en juin 2009 l'irrecevabilité de cet appel. Ce dossier pénal est donc clos. Le Télégramme, p. 10, 26 juin 2009
  37. Conseil général du Finistère - Accueil -
  38. Arthur de La Borderie, Histoire de la Bretagnelui a décerné le qualificatif de Tad ar Vro, c'est-à-dire « père de la patrie »
  39. (br) Istoér Breih pe hanes ar Vretoned (p. 93)
  40. L’historien soviétique Boris Porchnev décrit cette révolte comme anti-fiscale, en élargit les causes à une révolte contre les prélèvements des seigneurs fonciers et propose également une analyse patriotique bretonne de ce soulèvement en citant un article de N. Ia. Marr:Le parler de la minorité nationale bretonne, dans Œuvres choisies, vol. IV, p. 211 (en russe) qui fait un parallèle entre la situation des Bretons en France et les « allogènes » caucasiens en Russie tsariste. Boris Porchnev écrit :« Le rattachement définitif de la Bretagne à la France, confirmé par les États de Bretagne, avait eu lieu en 1532. Peut-on parler d'asservissement national et de lutte de libération nationale des Bretons, étant donné que la noblesse bretonne s'était déjà entièrement francisée et que, au fond, seuls demeuraient Bretons les paysans ? La réponse est contenue dans l'état actuel du problème breton en France. En dépit d'une dénationalisation continue d'une partie des Bretons, ce problème demeure typique des « minorités nationales » et ne saurait être résolu dans les conditions d'un régime bourgeois ». Boris Porchnev, Les buts et les revendications des paysans lors de la révolte bretonne de 1675. Boris Porchnev conclut : « Nous trouvons justement dans le XVIIe siècle les racines historiques lointaines de cette lutte ». Boris Porchnev, Les buts et les revendications des paysans lors de la révolte bretonne de 1675''

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages généraux[modifier | modifier le code]

Histoires de Bretagne inspirées par le Mouvement breton[modifier | modifier le code]

  • Coroller-Danio (Jeanne), Histoire de notre Bretagne, illustré par Jeanne Malivel. Imprimé par Camille Le Mercier d'Erm, 1922. Réédité en 1932 par Nouvelle imprimerie commerciale, à Rennes et en 1997 par Elor, 223 p.
  • Maurice Duhamel. Histoire du peuple breton. An Here, 2000. Réédition de l'édition de War sao, 1939. (ISBN 2-86843-223-9)
  • Henri Poisson (Chanoine). Petite Histoire de Bretagne. Vannes, Lafolye et de Lamarzelle
  • Henri Poisson (Chanoine). Histoire de Bretagne. Illustrations de Xavier de Langlais. Rennes, Éd. par l'auteur. 4 éditions de 1947 à 1966.
  • Joseph Chardronnet. Histoire de Bretagne, Nouvelles Éditions latines. 1966.
  • Yann Brekilien; Histoire de la Bretagne, Édition France-Empire. 1993
  • Henri Poisson; Jean-Pierre Le Mat, Histoire de Bretagne. Coop Breizh, 2000. [ISBN 2-84346-091-3]

Histoires de Bretagne universitaires ou hostiles au Mouvement breton[modifier | modifier le code]

  • Edmond Durtelle de Saint Sauveur, Histoire de Bretagne des origines à nos jours. Ouvrage couronné par l'Académie Française, Rennes, Plihon, 1935, 2 Tomes, 435 et 598 p.
  • Jacques Levron, Petite Histoire de Bretagne, Arthaud, 1947.
  • Yannick Guin. Histoire de la Bretagne : contribution à une critique de l'idéologie nationaliste. Paris, Maspéro, 1977.
  • Georges Minois. Nouvelle histoire de Bretagne, Paris, Fayard, 1992. (ISBN 2-213-03017-0)
  • Joël Cornette. Histoire de la Bretagne et des Bretons (2 volumes). Seuil, 2005.

Histoires générales du Mouvement breton[modifier | modifier le code]

Histoire du Mouvement breton par périodes[modifier | modifier le code]

Essais sur la doctrine du Mouvement breton et sur l'avenir de la Bretagne[modifier | modifier le code]

  • Comte de Lantivy-Trédion. 'Vers une Bretagne organisée. Enquête sur les libertés régionales et la formation d'États provinciaux en Bretagne. Discussions et conclusions. Paris, Nouvelle Librairie nationale - 1911.
  • Émile Masson. Antée : Les Bretons et le socialisme (texte de 1912). Présentation et notes de Jean-Yves Guiomar. Paris, Maspéro, 1972.
  • Charles Le Goffic, Passions celtes, Paris, Nouvelle Librairie nationale, vers 1919
  • Maurice Duhamel, La question bretonne, André Delpeuch, 1929
  • Joseph Martray. Le problème breton et la réforme de la France. La Baule, Éditions de Bretagne, 1947.
  • René Pléven. Avenir de la Bretagne, Calmann-Lévy, 1961. Réputé avoir été rédigé par Joseph Martray et Paul-Marie Mévellec.
  • Jean Bothorel. La Bretagne contre Paris -. La Table Ronde. 1969.
  • P.-M. de Beauvy de Kergalec. Racisme et Culte de la race.- La Bretagne réelle. Celtia. (Rennes). Été 1970. Supplément à La Bretagne réelle no 300.
  • Olier MordrelLa Voie bretonne, , 1975, Nature et Bretagne, Quimper
  • Morvan Lebesque.Comment peut-on être breton ? -. Seuil. 1970.
  • Jean-Pierre Le DantecBretagne, renaissance d'un peuple, Gallimard, 1974). Collection Les Presses d'aujourd'hui, Gallimard (ISBN 2070290808).
  • Leopold Kohr. Une Bretagne libre est-elle viable ? , Quimper, Nature et Bretagne. 1975.
  • Daniel Chatelain, Pierre Tafani. Qu'est-ce qui fait courir les autonomistes? Paris : Stock, 1976. (ISBN 2-234-00117-X)
  • Alain Le Guyader. Contribution à la critique de l'idéologie nationale : premiers essais. Paris, UGE-10-18, 1978. Critiques de textes du MOB et de l'UDB.
  • La Bretagne : Problèmes du régionalisme en France, Cornelsen-Velhagen & Klasing, Berlin 1979.
  • Le Crapouillot. Magazine non conformiste. (Nouvelle Série, no 94) : Les Bretons. Avant-propos de Yannick Bourdoiseau. Paris, Société Parisienne d'Éditions Associées, juin 1987. Histoire secrète (et controversée) des Bretons. Mesdames de la flibuste. Les Bretons dans la guerre. La Mort tragique de l'abbé Perrot. Mœurs en paix, langue bretonne. Articles d'Armel de Wismes, Hervé Le Boterf, Romi, Jean Le Goffic, etc.
  • Annaig Le Gars. Breizh/Europa. Histoire d'une aspiration -. Édition Ijin. 1994.
  • Yves Lainé. L'ambition de Bretagne d'un Nantais, Nantes, Ed. du Petit Véhicule, 2002.
  • Yann Fouéré, Thierry Jigourel, Jean Cevaër… [et al.]. Projet de loi portant statut d'autonomie pour la Bretagne  ; [publ. par le Parti pour l'organisation d'une Bretagne libre]. - Saint-Brieuc (21 Pl. Du Guesclin) : les Cahiers de l'avenir, 2001.
  • Erwan Chartier, Ronan Larvor. La Question bretonne : enquête sur les mouvements politiques bretons. Plougastel-Daoulas, An Here, 2002. Interviews de plus d’une cinquantaine de militants bretons, de l’extrême gauche à l’extrême droite, mettant en lumière leurs revendications et leurs parcours politiques ou personnels. illustré par Malo Louarn.
  • Joseph Martray, Jean Ollivro. La Bretagne au cœur d'un monde nouveau. Les Portes du Large, 2001. (ISBN 2-914612-00-1)
  • Hervé Le Bévillon.Vers la renaissance de l'État breton. Édité à compte d'auteur : 2003.
  • Françoise Morvan.Le Monde comme si. Nationalisme et dérive identitaire en Bretagne. Actes Sud. 2003.
  • Erwan Chartier.La France éclatée. Coop Breizh. 2002. Régionalisme, autonomisme, indépendantisme. illustré par Malo Louarn.
  • Etienne Maignen, De 1940 à 1941, réapparition d'une Bretagne provisoirement incomplète, un provisoire destiné à durer. Bulletin et Mémoires de la Société archéologique et historique d'Ille-et-Vilaine, Tome CXIV, p.237 à 258. 2010.

Littérature de combat[modifier | modifier le code]

  • Défense de cracher par terre et de parler breton. Anthologie de la poésie bretonne de combat. P.J. . 1971. de Yann-Ber Piriou.
  • Philippe Durand. Breizh hiziv : Anthologie de la chanson en Bretagne. P.J Oswald. 1976.
  • Chantres de toutes les Bretagnes. 20 ans de la chanson bretonne -. Édition Jean Picollec. 1981

Questions linguistiques[modifier | modifier le code]

  • Marcel Guieysse, La langue bretonne, Méhat, Hennebont, 1925
  • Marcel Guieysse, La langue bretonne : ce qu'elle fut, ce qu'elle est, ce qui se fait pour elle et contre elle, Quimper, Nouvelles Éditions bretonnes, 1936. Appendices : Les chaires de celtique en 1905 et 1935. Liste des Conseils généraux et municipaux des sociétés savantes et groupements divers ayant émis un vœu en faveur de l'enseignement de la langue bretonne
  • Jorj Gwegen, La langue bretonne face à ses oppresseurs, Quimper, Nature et Bretagne, 1975. (ISBN 2-85257-014-9)
  • Yann Brekilien. Le Breton, langue celtique -. Nature et Bretagne. 1976
  • Fanch Elegoët. Nous ne savions que le breton et il fallait parler français -. Mémoire d'un paysan du Léon. Breizh hor bro. 1978.
  • Fanch Morvannou.Le Breton, la jeunesse d'une vieille langue -. Presses populaires de Bretagne. 1980.
  • Valérie Lachuer. L'État contre la langue bretonne. Mémoire de maîtrise. Université de Rennes 2.
  • Claude an Du. Histoire d'un interdit : le breton à l'école. Hor Yezh, 1991, réédité en 2000 : (ISBN 2-910699-41-2)
  • Jean-Charles Pérazzi. Diwan : vingt ans d'enthousiasme et d'espoir. Spézet, Coop Breizh, 1998. (ISBN 2-84346-056-5)
  • Eva Vetter. Plus de breton? : conflit linguistique en Bretagne rurale. Plougastel-Daoulas, An Here, 1999.(ISBN 2-86843-193-3)
  • Erwan Evenou. La langue bretonne en quête de légitimité dans l'éducation et la vie publique. Spézet, Imprimerie Keltia Graphic, 2000. (ISBN 2-913953-14-X)

Sur les groupes clandestins[modifier | modifier le code]

Divers[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]