Françoise Morvan

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Morvan (homonymie).

Françoise Morvan

Naissance 1958
Rostrenen, France
Nationalité française
Conjoint

Françoise Morvan, née en 1958 à Rostrenen (Côtes-d'Armor), est un auteur, éditrice, traductrice et folkloriste française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Elle suit des études de lettres à Colombes, puis à la Sorbonne[pas clair]. Elle est à 22 ans la plus jeune agrégée de sa promotion[1]. Sa thèse d'État sur Armand Robin[2] est soutenue en 1989. Sa thèse de doctorat en littérature française sur François-Marie Luzel est soutenue en 1997[3].

Elle vit avec André Markowicz[4].

Activité littéraire[modifier | modifier le code]

Ses travaux touchent à cinq domaines différents :

Théâtre[modifier | modifier le code]

Sa traduction de Désir sous les ormes d'Eugene O'Neill l'a amenée à traduire le théâtre complet de John Millington Synge et des pièces de Seán O'Casey, tout en menant une réflexion sur la traduction des sociolectes (traduisant l'anglo-anglais de Synge en français de Basse-Bretagne) : elle a également traduit le théâtre complet de Tchekhov en collaboration avec André Markowicz, fait la traduction et la présentation du Songe d'une nuit d'été de Shakespeare en collaboration avec André Markowicz (publié aux éditions Les Solitaires intempestifs). Elle a également adapté cette pièce sous le titre Le Jeu du songe.

Elle a écrit quelques spectacles, pour la compagnie de l'Entresort Le Pain des âmes, D'un Buisson de ronces (pour laquelle elle a adapté de Sainte Tryphine et le roi Arthur d'après Luzel) et des textes pour des musiciens (Navigation), ainsi que le livret d'opéra du Balcon de Peter Eötvös et tenté de redonner vie au théâtre populaire (édition de Sainte Tryphine et le roi Arthur aux Presses universitaires de Rennes, en relation avec le spectacle de l'Entresort pour l'inauguration du théâtre de Morlaix, 2002), et a obtenu le Molière 2006 de la meilleure adaptation théâtrale avec André Markowicz pour sa traduction du Platonov de Tchekhov, mis en scène par Alain Françon.

Critique et édition[modifier | modifier le code]

Elle a publié les œuvres d'Armand Robin et notamment édité ses manuscrits conformément à leur forme originale jusqu'alors tronquée (Fragments, éditions Gallimard).

Elle a aussi publié les œuvres en prose de François-Marie Luzel (dix-huit volumes) en affirmant en respecter scrupuleusement les manuscrits, qu'elle donne en fac similé (Contes inédits III, carnets de collectage, en collaboration avec Marthe Vassallo et en donnant toujours le texte bilingue lorsqu'il existait (Contes bretons, Presses universitaires de Rennes). Sa thèse, qui rend compte de cette édition et des problèmes[Lesquels ?] qu'elle a rencontrés à cette occasion, a été soutenue avec mention Très Honorable et les félicitations du jury à l'unanimité.

Elle a publié les œuvres de Danielle Collobert, de Rostrenen comme elle, aux éditions POL et publié une centaine de préfaces, articles et essais, et a traduit et publié des œuvres qui lui semblaient proches de sa recherche, à des titres divers : les lais et les Fables de Marie de France et des poèmes de Sylvia Plath.

Littérature enfantine[modifier | modifier le code]

La Gavotte du mille pattes (Actes sud junior) a été le premier de ses livres de chansons, suivi par des livres de contes (La Femme du loup gris, L'École des loisirs ; Lutins et lutines, Librio). Elle a engagé un travail commun avec des illustrateurs (et a illustré aussi certains textes).

Études sur les traditions populaires[modifier | modifier le code]

L'édition de Luzel l'a amenée à poursuivre ses recherches en s'orientant vers les personnages fantastiques, lutins (Vie et mœurs des lutins bretons, Babel/Actes sud), et fées en premier lieu (La douce vie des fées des eaux, Babel/Actes sud) en considérant les traditions populaires authentiques comme un frêle barrage contre la commercialisation du folklore. Elle a basé ses enquêtes sur les revues savantes en donnant les références précises et en citant précisément les textes, tout en les insérant dans un développement visant à rendre sensible l'humour et la poésie de ces textes.

Elle a élargi son travail au conte populaire français dans son ensemble et dirige la collection « Les grandes collectes » aux éditions Ouest-France : elle a ainsi publié les collectes de Jean-François Bladé (Gascogne), d'Amélie Bosquet (Normandie), d'Henry Carnoy (Picardie), d'Achille Millien (Bourgogne), de Frédéric Mistral (Provence) ou encore d'Auguste Stoeber (Alsace).

Travaux sur le mouvement breton[modifier | modifier le code]

Sur l'histoire[modifier | modifier le code]

Elle publie plusieurs livres d'histoire sur la Seconde Guerre mondiale en Bretagne, dont l'un sur l'Occupation à Tréguier[5],[6] où son père a combattu comme résistant[7].

Le Monde comme si[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Le Monde comme si.

Françoise Morvan a fait paraître en 2002 aux éditions Actes Sud Le Monde comme si, un essai qu'elle présente comme autobiographique[8]. Il a été repris en collection de poche Babel en 2005. Le sous-titre en est « Nationalisme et dérive identitaire en Bretagne ».

Elle a écrit des articles et donné des interviews sur ce qu'elle décrit comme l'influence du nationalisme sur le mouvement breton (au travers de la question de l'orthographe unifiée du breton qu'elle condamne, du bilinguisme français-breton dans l'espace public, de l'enseignement en breton, d'événements culturels).

Mouvement breton[modifier | modifier le code]

Elle critique plusieurs aspects du Mouvement breton, comme la Breizh Touch via un article publié en première page de Libération[9], les écoles Diwan[10] et le rattachement de la Loire Atlantique à la Bretagne[11]. Elle critique aussi la municipalité de Rennes pour la place qu'elle fait à l'école Diwan ou à la langue bretonne[12], et se prononce en 2013 contre la ratification de la charte européenne des langues régionales ou minoritaires, d'abord dans un article de Médiapart en avril 2013[13], et dans un autre de L'Humanité, le 14 août 2013 [14].

Ses écrits sont critiqués par plusieurs personnes. Michel Treguer cible sa méthode consistant, selon lui, à « extraire des détails bibliographiques en ignorant le reste »[15]. Des universitaires la critiquent, comme Mona Ozouf[n 1] qui dit d'elle qu'elle « manque de connaissances sur cette période de l'Entre-deux guerres »[16], alors que Jean-Pierre Cavaillé parle lui de théorie du complot et de « thèse délirante (...) assez largement partagée dans les milieux souverainistes et libres penseurs (Réseau Voltaire, Libre Pensée, Riposte laïque, Comité Valmy…) » pour qualifier ses prises de position au sujet de la charte européenne des langues régionales ou minoritaires[17].

Ils sont cependant repris par des politiques comme Jean-Luc Mélenchon[18] ou des groupuscules comme Riposte laïque[19], et elle est soutenue localement par des organisations comme la « fédération départementale de la Libre Pensée des Côtes-d'Armor »[20] ou Force ouvrière[11]. Certains de ses travaux ont été reproduits par le Groupe Information Bretagne (GRIB), qu'elle a contribué à fonder, qui est une composante de l'Observatoire du communautarisme, ainsi que sur d'autres sites[21].

Publications[modifier | modifier le code]

Nombreuses publications en diverses revues et maisons d'édition, ainsi que dans la Nouvelle Revue française, Obsidiane, Le Nouveau commerce, et le numéro spécial d'Europe consacré à la Bretagne et paru en 2005).

  • Traduction :
    • Désir sous les ormes, Eugène O'Neill, traduit de l'anglo-irlandais par Françoise Morvan (mise en scène de Mathias Langhoff)
    • Long voyage du jour à la nuit, Eugène O'Neill, traduit de l'anglais par Françoise Morvan, préface et notes de Françoise Morvan, ed. de l'Arche.
    • Nanny sort ce soir, Seán O'Casey, traduit de l'anglais (Irlande) par Françoise Morvan, préface et notes de Françoise Morvan, TNS, 2002.
    • Théâtre complet. J.M. Synge ; traduit de l'anglais (Irlande) et présenté par Françoise Morvan. Actes Sud, collection Babel, 1996, Les solitaires intempestifs, 2005.
    • Arbres d'hiver, Syvia Plath, traduction et notes de Françoise Morvan, Poésie/Gallimard.
    • Quand la poésie jonglait avec l'image, quatre livres pour enfants de Samuel Marchak traduits par Françoise Morvan, édition MeMo, Nantes, 2005.
    • "Filourdi le dégourdi", traduction du poème yiddish de Mani Leib, éditions du Sorbier, 2008.
    • "Le roi Lear" William Shakespeare, traduction, présentation et notes, éditions Les Solitaires intempestifs, 2012. (ISBN 978-2-84681-346-4)
    • Vie et mœurs des lutins bretons, Actes Sud, collection Babel, 1998, (ISBN 2742717838)
    • La douce vie des fées des eaux, Actes Sud, collection Babel, 1999, (ISBN 2742724060)
    • La Gavotte du mille-pattes, Actes-Sud, 1996
    • Lutins et lutines, librio, 2001, (ISBN 2290318639)
    • Les Lais de Marie de France, Librio, 2002.
    • Anciennes Complaintes de Bretagne (avec André Markowicz), éditions Ouest-France, 2010, 127 p. (ISBN 978-2-7373-5133-4)
    • En collaboration avec André Markowicz : théâtre complet d'Anton Tchekhov : Platonov (éditions Les Solitaires intempestifs) ; Ivanov, L'Homme des bois, La Mouette, Oncle Vania, Les Trois Sœurs, La Cerisaie, Pièces en un acte (éditions Actes Sud).
  • Essai :
  • Travail pour la radio
    • Les morgans de l’île d’Ouessant, France-culture, réalisation Christine Bernard-Sugy.
    • Le follet domestique, France-culture, réalisation Christine Bernard-Sugy.
    • Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les lutins, France-culture, réalisation Christine Bernard-Sugy.
    • Comment j’ai tué ma prof de gym (radiodrame lugubre et vécu), France-culture, réalisation Meiron Merson.
    • Châtaigne, France-culture, réalisation Anne Lemaître.
    • La vraie vie des fées, France-culture, réalisation Jean-Matthieu Zahnd.
    • Les longs nez, France-culture, 6 juillet 2008, réalisation Michel Sidorof.
    • Le conte de la vache à corne de lune, France-culture, 13 juillet 2008, réalisation Jean-Matthieu Zahnd.

Sources[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. historienne de la révolution française et fille de Yann Sohier, mis en cause par Françoise Morvan

Références[modifier | modifier le code]

  1. Eric Conan, « Dérives bretonnantes », L'Express,‎ 13 mars 2003.
  2. Armand Robin, bilan d'une recherche, sept volumes, 2200 pages.
  3. Voir http://www.theses.fr/1997REN20036
  4. « André Markowicz, 38 ans, retraduit tout Dostoïevski pour rendre à l'écrivain sa véhémence. N'en déplaise aux puristes. Version originelle », Libération,‎ 15 janvier 1999.
  5. http://www.letelegramme.com/local/cotes-d-armor/lannion-paimpol/treguier/treguier/conference-miliciens-contre-maquisards-demain-a-l-arche-25-01-2012-1577198.php
  6. http://www.ouest-france.fr/actu/livres_detail_chroniques_-Francoise-Morvan-Miliciens-contre-maquisards-_43624-1427120_actu.Htm
  7. http://www.ouest-france.fr/actu/actuLocale_-Record-d-affluence-pour-Miliciens-contre-maquisards-_22362-avd-20120130-62154167_actuLocale.Htm
  8. Récit d'une déception politique dans le monde enchanté de Brocéliande, Nicolas Weill, Le Monde, 31 janvier 2003.
  9. « Breizh Touch au grisbi », tribune de Libération, 21 septembre 2007.
  10. http://www.regionalismes.info/infos/etudes/diwan/eleves.htm
  11. a et b http://lp44.free.fr/modules.php?name=News&file=article&sid=395
  12. http://www.liberation.fr/villes/0101522893-le-culte-du-legume-par-andre-markowicz-et-francoise-morvan
  13. Françoise Morvan, « Contre la charte des langues régionales », dans Médiapart, 24 avril 2013, consulté sur blogs.mediapart.fr le 1er juillet 2013
  14. http://www.humanite.fr/tribunes/contre-la-ratification-de-la-charte-547282
  15. Michel Treger, Aborigène occidental, Mille et une nuit, ISBN 2842058682, (pages 266 à 272 sur la méthodologie de Françoise Morvan et pages 342 à 387 au sujet du domaine couvert par Le monde comme si
  16. http://www.letelegramme.com/local/finistere-sud/quimper/ville/mona-ozouf-la-bretagne-de-ses-premieres-annees-04-05-2009-363051.php
  17. Jean-Pierre Cavaillé, « La théorie du complot ethnique de la charte des langues régionales », dans Médiapart, 29 juin 2013, consulté sur blogs.mediapart.fr le 1er juillet 2013
  18. http://www.jean-luc-melenchon.fr/2007/09/23/il-ya-breton-et-breton/
  19. http://ripostelaique.com/Les-autonomistes-et-leurs-allies.html
  20. http://www.letelegramme.com/local/cotes-d-armor/saint-brieuc/ville/miliciens-contre-maquisards-conference-de-francoise-morvan-28-08-2012-1819207.php?xtor=RSS-21
  21. Par exemple, le site de Pierrick Le Guennec (membre de la Libre Pensée, également collaborateur à l'Observatoire), Remue.net, le blog des Clubs Penser la France, le site de Fairelejour.org.

Liens externes[modifier | modifier le code]