Équipe de Bretagne de football (BFA)

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Page d'aide sur l'homonymie Ne pas confondre avec Équipe de Bretagne de football, sélection régionale mise en place par la Ligue de Bretagne, et donc sous l'égide de la FFF.

Flag of Brittany.svg Équipe de Bretagne

Généralités
Confédération Aucune
Couleurs Blanc et noir
Surnom Les Diables noirs /
An Diaouled Du
Personnalités
Sélectionneur Claude Le Roy

Rencontres officielles historiques

Premier match 21 mai 1998
Drapeau : Bretagne Bretagne 1 - 1 Drapeau : Cameroun Cameroun
Plus large victoire 20 mai 2008
Drapeau : Bretagne Bretagne 3 - 1 Drapeau : Congo-Brazzaville Congo

Maillots

Couleurs de l’équipe
Couleurs de l’équipe
Couleurs de l’équipe
Couleurs de l’équipe
Couleurs de l’équipe
Domicile
Couleurs de l’équipe
Couleurs de l’équipe
Couleurs de l’équipe
Couleurs de l’équipe
Couleurs de l’équipe
Extérieur

L'Équipe de Bretagne de football n'est pas une équipe nationale mais une sélection de footballeurs professionnels natifs ou originaires de Bretagne. Cette sélection non-officielle est placée sous l'égide de Bretagne Football Association (BFA), évoluant conformément aux règlements d'application des statuts de la FIFA (III-8-3) et de la FFF.

BFA entend promouvoir l'organisation de matches internationaux, de tournois quadrangulaires internationaux en Bretagne, dont un Tournoi interceltique (Ecosse, Irlande, Pays de Galles)[1] , toujours avec un objectif de bienfaisance.

Le dernier match de l'équipe de Bretagne s'est déroulé contre le Mali le mardi 28 mai 2013 (Match "Solidarité Mali"). Le match s'est soldé par une victoire des bretons 1-0. un autre match s'est déroulé à Vannes le Mardi 20 Mai 2014 contre l'équipe de la Republique Centrafricaine.

Cadre[modifier | modifier le code]

Le football en Bretagne est administré par la FFF, la Ligue de Bretagne de football (22, 29, 35, 56) et la Ligue atlantique de football (44). Au niveau amateur, il existe une sélection de Bretagne, placée sous l'égide de la Ligue de Bretagne de football. BFA regroupe les footballeurs et entraîneurs professionnels bretons, actuels et anciens, soit environ 500 personnes (dont 100 joueurs de niveau Ligue 1, Ligue 2 et National) pour des rencontres de bienfaisance.

Les matches de l'équipe de Bretagne ne sont pas officiels. Ils sont organisés par un club professionnel hôte affilié à la FFF et/ou par la Ligue de Bretagne ou la Ligue Atlantique, dans les cadres des règlements généraux de la FFF et du règlement d'application des statuts de la FIFA.

Ses joueurs sont aussi sélectionnés conformément aux mêmes règlements de la FFF et de la FIFA : « Des équipes mixtes composées de joueurs n’appartenant pas au même club ou à la même association ne peuvent rencontrer des clubs, des sélections représentatives de membres ou d’autres équipes similaires qu’avec le consentement du membre et de la confédération sur le territoire desquels se déroule le match. Si les joueurs appartiennent à des clubs ou à des membres de confédérations différentes, une autorisation de la FIFA est nécessaire. »
(Chapitre III, Article 8, alinéa 3, p. 54)

Critères de sélection[modifier | modifier le code]

Est sélectionnable en équipe de Bretagne tout joueur

  1. né dans les départements 22, 29, 35, 44 et 56[2] ; ou
  2. d'ascendance parentale provenant de ces mêmes départements ; ou
  3. d'ascendance grand-parentale provenant de ces mêmes départements ; ou
  4. s'étant installé dans l'un de ces mêmes départements avant l'âge de trois ans.

- Les trois premiers de ces critères sont empruntés aux Conditions d'admissibilité en sélection d'un joueur britannique.
- Ils sont aussi utilisés par la Ligue guadeloupéenne de football et la Ligue de football de la Martinique (ligues régionales affiliées à la Fédération Française de Football) lors de leurs compétitions en zone CONCACAF.
- Enfin, le lieu de résidence ou le statut du joueur n'interviennent pas dans ce mode de sélection. Ces deux critères sont par contre exclusivement utilisés pour les sélections des ligues régionales métropolitaines de la Fédération Française de football, notamment pour la Coupe UEFA des Régions.

Le maillot[modifier | modifier le code]

Le maillot utilisé est de couleur noire (ou blanche), portant sur le cœur un logo avec une hermine noire stylisée sur fond blanc représentant un ballon lui même stylisé. Dans ce logo sont intégrées les trois lettres BFA, pour Bretagne Football Association.

Historique[modifier | modifier le code]

La Ligue de l'Ouest de Football Association (LOFA), qui a précédé la Ligue de Bretagne de football, regroupait en une sélection dénommée Équipe de l'Ouest des footballeurs licenciés dans l'Ouest de la France, notamment des professionnels entre 1932 et 1941. Ils furent Bretons, Français, Allemands, Autrichiens, Hongrois, Tchèques, licenciés au Stade rennais. Durant cette période, l'équipe de l'Ouest rencontrera deux équipes nationales : le Luxembourg (1922, 1923 aller et retour, 1924, 1925, 1939) et la Norvège, le 1er novembre 1923 à Rennes. Après la seconde guerre mondiale, la LOFA cessera d'avoir autorité sur les footballeurs professionnels.

C'est seulement en 1972 que, sous l'égide du FC Lorient, le comité d'organisation du Festival interceltique de Lorient, emmené par Pierre Guergadic, tente à nouveau de mettre sur pied une sélection professionnelle, composée cette fois uniquement de joueurs de naissance ou d'ascendance bretonne. Un match intitulé Bretagne v. Écosse est alors programmé pour le mardi 1er août 1972 à Lorient. Mais les clubs professionnels français, qui préparent à ce moment-là la reprise de leur championnat respectif, empêcheront la plupart des joueurs sélectionnés (Blanchet, Floch, Keruzoré, Eo, etc.) de participer à cet événement.

À défaut, un FC Lorient renforcé - sous la direction d'Yves Boutet - jouera tout de même contre le club écossais de Falkirk emmené par Alex Ferguson (victoire de Falkirk 2-1, but de Le Gouguec pour la sélection lorientaise). Le souvenir marquera néanmoins les esprits des joueurs bretons tels que Jegouzo, Cardiet, Goueffic et Marette. En juillet/août 1973, le comité d'organisation du Festival interceltique organisera à Lorient un tournoi interceltique des clubs (Ayr, Cork, Concarneau, Lorient) puis, entre 1974 et 1983, un tournoi interceltique Juniors auquel participera une sélection de la Ligue de l'Ouest dénommée "Bretagne", amputée des juniors de la Loire-Atlantique.

Pour un tournoi interceltique avec le parrainage de la Ligue de l'Ouest[modifier | modifier le code]

Il faudra ensuite attendre les années 80 pour voir l'idée repartir, avec la création, le 8 mars 1982, de l'association Araok Vreizh, basée à Châteaubriant. Elle est présidée par le Dr. Michel Gaubicher, avec Fañch Gaume comme secrétaire général. Elle prône la mise en place d'une équipe de Bretagne professionnelle dans le cadre d'un tournoi de football interceltique. La FFF se positionne : "L'organisation d'un tournoi avec des équipes étrangères suppose bien entendu l'accord préalable des associations européennes et de la Ligue [régionale] organisatrice. L'autorisation de la Fédération ne peut être donnée qu'à partir d'un dossier comprenant ces accords et celui des clubs auxquels sont licenciés les joueurs retenus régionalement."[3]

Par la voix de son président Léon Guiard, la Ligue de l'Ouest se déclare disposée à parrainer les matches de l'équipe de Bretagne dans un tournoi interceltique : "Nous vous faisons savoir que nous sommes ouverts à toutes manifestations régionales réunissant les équipes de football des diverses régions ayant entre elles des affinités culturelles. [...] Pour ce qui est des joueurs professionnels, nous n'avons sur eux aucun pouvoir de sélection. Il n'y a entre eux et nous aucun lien de subordination. Ils appartiennent à leur club qui, lui, est géré par la Ligue Nationale et non la FFF. Nous pourrions toutefois accepter de parrainer une telle entreprise [l'équipe de Bretagne professionnelle] mais ce serait à vous, et à vous seul, d'obtenir l'accord de ces clubs et de ces joueurs, en précisant le lieu et les dates de ces manifestations, que nous pourrions fixer d'un commun accord."[4]

Araok Vreizh va conduire des démarches entre 1985 et 1987 pour créer un tournoi interceltique. Le 9 septembre 1985, la veille du match éliminatoire de coupe du monde Pays de Galles v. Ecosse, Fañch Gaume va sonder la FA of Wales et la Scottish FA à ce sujet. Des conversations informelles seront suivies d'échanges de correspondance et d'autres entretiens auront lieu lors de matches internationaux. Alors que le Pays de Galles montra un intérêt certain, l'offre ne fut pas acceptée par l'Ecosse. Les lettres de la Scottish FA indiquant son refus indiquaient comme raison la difficulté de trouver des dates adéquates mais le rédacteur en chef des sports du "Glasgow Herald" Jim Reynolds présenta les raisons les plus probables : "Cela ne fait que deux ans que l'Angleterre et l'Ecosse ont mis fin au Championnat Britannique en arrêtant de jouer contre l'Irlande du nord et le Pays de Galles. Les chances d'un tournoi interceltique impliquant l'Ecosse sont donc à écarter."[5]

Les internationaux Yannick Stopyra[6], Pierrick Hiard et Patrick Delamontagne expriment leur enthousiasme alors que Claude Le Roy, nouveau sélectionneur du Cameroun, qualifie l'idée de "géniale". Néanmoins, ne voulant pas sélectionner les joueurs directement[7], Araok Vreizh ne confiera pas au FC Lorient l'organisation d'un match prévu face à l'Islande, le mardi 30 avril 1985 (deux jours avant un match Bulgarie v. France). Araok Vreizh, souhaitant toujours que ce soient la FFF et la Ligue de l'Ouest qui organisent mais aussi sélectionnent directement, ce que n'ont pas vocation à faire ses deux entités[8], la sélection de Michel Le Milinaire restera à nouveau à quai alors que la Suisse avait accepté, le 10 septembre 1985, le principe d'une rencontre avec l'équipe de Bretagne...

Le renouveau en salle contre les États-Unis[modifier | modifier le code]

De facto, Bretagne Football Association (BFA) prend officieusement la relève sous la houlette de Fañch Gaume. Seul un club affilié à la FFF pouvant organiser un match, l'AS Brestoise, relève le défi, sous la conduite de Jacques Jousseaume, dirigeant et joueur. Les Brestois obtiennent l'autorisation de la FFF, après multiples formalités, d'organiser la rencontre en salle Bretagne v États-Unis, le vendredi 30 décembre 1988 au Palais des Sports de la Ville de Brest. Du même coup, il met sur pied la première véritable équipe de Bretagne professionnelle de l'histoire.

Le 4 juillet 1988, lors du congrès de la FIFA à Zurich, les États-Unis avait obtenu l'autorisation d'organiser la Coupe du monde de football de 1994. 13 joueurs américains débarquent alors en Bretagne pour préparer la 1re Coupe du Monde de Futsal. Sont là les futurs Mondialistes de 1990, Mike Windischmann (capitaine en 1990), Steve Trittschuh, Tab Ramos, Peter Vermes, Eric Eichmann, Bruce Murray et David Vanole, déjà titulaires à part entière en équipe nationale lorsqu'ils débarquent en Bretagne. Entre septembre 1988 et avril 1989, ils n'ont pas de matches internationaux, sauf ceux disputés en salle, mais préparent la dernière phase des éliminatoires du Mondiale 90 et le Costa Rica v. États-Unis du 16 avril 1989.

Côté breton, Jacques Jousseaume doit batailler ferme pour libérer les joueurs professionnels bretons durant la trève hivernale. Hiard, Stopyra, Amisse, Delamontagne, Le Guen, entre autres, ne seront pas là et Yvon Le Roux se décommandera en fin de compte. Mais l'équipe sera redoutable, avec le remarquable technicien Gourcuff et le buteur Tibeuf, entourés de jeunes joueurs dont on reparlera comme Le Garrec, Colleter, Pouliquen, Salaün et Martins. Le groupe breton sera le suivant : Stéphane Le Garrec, Jean-Pierre Bosser, Joël Cloarec, Patrick Colleter, Christian Gourcuff, Jean-Yves Kerjean, Pascal Laguillier, Stéphane Le Garrec, Philippe Le Guern, Corentin Martins, Pascal Mellaza, Yvon Pouliquen, Ronan Salaün, Denis Stéphan et Philippe Tibeuf. Dans une salle comble, la rencontre, disputée en deux mi-temps de 25 minutes, sera d'abord très équilibrée, avant de tourner à la démonstration avec un one-man show de Philippe Tibeuf, alors à l'AS Saint-Etienne. Les Bretons trouveront vite leurs automatismes, même en salle, et battent 6 buts à 2 les États-Unis, futurs médaillés de bronze du Mondial de Futsal (en) 1989. Tibeuf (3 buts), Colleter (2 buts) et Cloarec sont les buteurs de l'équipe de Bretagne.

Comme plus tard avec le Cameroun, les organisateurs bretons eurent à débourser beaucoup, voire trop, pour un match international. L'événement restera pour l'heure sans lendemain, tout comme le projet d'équipe de Bretagne en salle en tournée aux États-Unis ou d'un club brestois de football en salle[9]. La victoire de la sélection de la Ligue de Bretagne Cadets lors de l'Eurofoot U-17 de Saint-Brieuc en 1992 (néanmoins sans le moindre joueur originaire d'un club de la Loire-Atlantique mais avec le gardien Tony Heurtebis originaire de Saint-Nazaire) apportera alors une grande joie au public breton, en attendant le retour des professionnels.

L'instauration officielle de Bretagne Football Association[modifier | modifier le code]

L'équipe de Bretagne contre le Cameroun en 1998.
Le Guen, Heurtebis, P.Y. David, Rouxel, Laspalles, Le Roux.
Michel, André, Viaud, Brinquin, Pédron.

Bretagne Football Association (BFA) est finalement officialisée le 18 juillet 1997, pour rassembler les footballeurs professionnels bretons et ancrer enfin l'équipe de Bretagne en gérant ses activités, sous la direction de Gérard Russo (président), Fañch Gaume (secrétaire général), Claude Le Roy (directeur technique) et Charles Biétry (président d'honneur). Suite aux recommandations et encouragements, dès mai 1997, de Aimé Ily (ex-dirigeant de la FFF), de Fernand Sastre et Michel Platini (coprésidents du Comité français d'organisation de la Coupe du monde 1998), l'équipe de Bretagne est mise en place. La Coupe du Monde s'arrêtant à Nantes pour plusieurs matches (dont un quart de finale), le but est d'offrir un adversaire aux différentes équipes nationales qualifiées, sous forme de matches de préparation précédant cet événement planétaire.

"BFA souscrit une assurance complémentaire pour les joueurs, réunit un staff médical familier du football professionnel, trouve un accord avec le Stade rennais", sous l'impulsion de Gérard Le Fillâtre, son directeur sportif, "qui accepte d'être le club organisateur, afin de respecter les règlements de la Fédération française, qui donne donc son autorisation[10]. Charles Biétry, en instance de départ pour le PSG, obtient même la diffusion en direct sur Canal+. Un cadeau d'adieux. Mais la Fédération française fait soudain volte face. Dans un courrier du 12 mai, elle demande à Canal+ de renoncer à la retransmission, sous peine de "procédure". La FFF argue d'une circulaire de la FIFA interdisant la retransmission en France des matches des pays qualifiés pour le Mondial 98. Constatant qu'un France-Norvège et un France-Espagne ont déjà été diffusés sur les écrans français, BFA demande l'arbitrage de la FIFA. Revenant sur une circulaire qu'elle reconnaît mal rédigée, celle-ci donne son accord par écrit. Courrier transmis à Gérard Enault, le directeur de la FFF." L'équipe de Bretagne foulera alors pour la première fois le gazon en rencontrant le Cameroun le jeudi 21 mai 1998 au Stade de la route de Lorient à Rennes, en direct et en prime time sur Canal+. Là encore, les bretons surprennent, tenant en échec le mondialiste camerounais, 1-1, grâce à un but égalisateur du Guingampais Rouxel juste avant la pause.

Néanmoins, en coulisses, la fête sera gâchée par un imbroglio[10] : "À la veille de l'événement, celui-ci (Gérard Enault) interdit une nouvelle fois la rencontre, justifiant cette fois son veto par le fait que la fédération camerounaise est redevable d'une dette de 250 000 francs[11] à son homologue française, concernant un stage à Clairefontaine, en 1994. Soudainement érigée en perception, BFA se trouve pris entre deux feux. L'idée de la FFF est de se rembourser sur la recette. Mais le Cameroun exige son dû avant même la rencontre. […] Dans cette histoire, la FFF n'a jamais voulu faire directement pression sur la fédération camerounaise, entre autres, pour ne pas risquer de perdre la voix de son président pour la future élection à la tête de la FIFA de Joseph Blatter… soutenu par la France. Ce n'est d'ailleurs que grâce à la FIFA que la FFF sera remboursée bien plus tard."

Cabales contre l'équipe de Bretagne[modifier | modifier le code]

L'équipe de Bretagne remporta ensuite le Tournoi Indoor de Nantes (organisé par le FC Nantes sous l'égide de la FFF), le 2 janvier 2000, Lionel Rouxel, Nicolas Laspalles et Éric Loussouarn étant élus meilleurs joueurs de la compétition. Mais "en mars 2001, elle ne pourra finalement pas jouer contre Cuba[10]. A trois jours du match, après un accord donné au club organisateur (Notre Dame des Champs d'Angers) [par la Ligue Atlantique], la FFF, sur l'avis de... Gérard Enault, signifie à BFA le refus du conseil fédéral puisque "la FFF est la seule habilitée à organiser des matches internationaux". Après un nouvel échange de courrier et l'intervention de Patrick Le Lay, le PDG de TF1 et TV Breizh qui doit retransmettre le match, le même conseil fédéral donne son accord... la veille du match ! Mais comme entre temps les clubs des joueurs sélectionnés ont été informés de l'annulation de la rencontre, celle-ci devient de fait impossible à jouer. C'est le Stade rennais qui affronte finalement Cuba."

"[…] Parti de la FFF en début d'année 2005, Gérard Enault se borne aujourd'hui à dire que son rôle était de "rappeler que l'organisation des rencontres internationales ne relève que de la Fédération et que toute retransmission doit recevoir une autorisation de sa part." Pourtant, même s'il affirme que la Fédération n'était pas contre le match, plus on rentre dans les détails de l'histoire, plus les raisons des refus successifs paraissent sombres[10]. La dette du Cameroun ? "Normal qu'on demande à BFA le remboursement d'une dette qui était très importante. La fédération camerounaise nous avait dit qu'elle faisait ce match pour la rembourser"" explique Gérard Enault dont la dernière affirmation est étonnante pour le directeur général d'une fédération souveraine (la France) traitant avec une autre fédération souveraine (le Cameroun) mais voulant absolument passer par un tiers (BFA) pour récupérer une dette ne concernant absolument pas ce dernier… Aucun contrat de préemption au sujet de cette dette n'avait d'autre part été signé entre Bretons et Camerounais. "Cuba ? "C'était un problème d'organisateur. On s'est borné à signaler que les conditions d'application de la réglementation n'étaient pas remplies. […][12]"

"Légèreté des organisateurs ? Zèle d'un fonctionnaire furieux d'avoir été contredit par la FIFA en 1998 ? Fantasme, surtout, dès l'origine, de la part de la FFF de voir un événement sportif servir de plate-forme politico-identitaire à l'image de ce que fait la Catalogne. Ou pis, que BFA devienne une ligue de Bretagne pirate et s'affilie directement à la FIFA ! En mai 2001, Fanch Gaume et Gérard Russo tentent de pacifier le dossier et vont à la rencontre de Gérard Enault. Pour satisfaire ce dernier, toujours arc-bouté sur le règlement et qui en pleine réunion hurle que "BFA n'existe pas, la Bretagne non plus", BFA s'affilie à la ligue de Bretagne comme un club ordinaire. Celle-ci lui répond que c'est impossible puisque l'association sélectionne des joueurs" qui n'ont pas de licence avec BFA[13].

"[…] Têtus, les deux hommes demandent alors l'organisation d'un Bretagne-Lettonie auquel Serge Mesonès, conseiller de la ministre des Sports de l'époque et membre du conseil fédéral, apporte son soutien écrit[14]. Dernier avatar d'une histoire ubuesque. L'affaire aurait pu se terminer en justice. Fanch Gaume et Gérard Russo disent avoir préféré préserver l'avenir." Pour expliquer l'annulation de multiples affiches, resteront des problèmes de calendrier (République d'Irlande en 1999 à Nantes, Roumanie en 2000 à Nantes, Sénégal à Dakar en 2002) ou l'opposition de Gérard Enault (Cuba en 2001, Maroc en 2001 à Lorient, Lettonie en 2001 à Lorient, Nouvelle-Zélande en 2003).

La vérité sur les méthodes employées contre BFA finit enfin par être fortuitement révélée lorsque BFA mandata Robert Matusiewicz (agent de matches UEFA de la Société britannique Ambition Management Ltd.) pour organiser un match Bretagne v. Nouvelle-Zélande en juin 2003, comme match de préparation à la Coupe des Confédérations 2003 en France. Afin de préparer cette dernière compétition, les dirigeants néo-zélandais furent reçus à la FFF le samedi 19 octobre 2002 par Gérard Enault. Ce dernier indiqua alors à la délégation néo-zélandaise que "BFA n’était pas du tout affiliée à la FFF, que sa direction relevait d’un certains nombre d’ « individus », qu’elle cherchait à faire sécession de la FFF [sic] et que, quelle que soit l’équipe alignée par BFA, elle ne serait pas de haut niveau. Le directeur général de la fédération néo-zélandaise indiqua qu’il lui importait que chaque match soit arbitré officiellement et il ajouta qu’il ne souhaitait pas froisser la FFF."[15] Robert Matusiewicz expliqua finalement à BFA que "à moins que nous ne rassurions la fédération néo-zélandaise sur la solidité de l’équipe de BFA, sur l’arbitrage officiel et le fait que le match soit autorisé par la FFF, je pense donc que nous devrions abandonner cette idée [de match avec la Bretagne]"[15].

10 ans après : Bretagne v Congo le 20 mai 2008[modifier | modifier le code]

Les deux équipes avant le coup d'envoi

C'est grâce à l'action des anciens joueurs bretons que BFA est en train de se redévelopper. Le Club Bretagne Football, ou CBF (la section ex-Pros de BFA), emmené par Stéphane Carnot, Serge Le Dizet et Stéphane Ziani mais aussi par Jacques Jousseaume, est né le 21 avril 2007 lors d'une rencontre en salle disputée à Saint-Sébastien-sur-Loire, en Bretagne sud, face à Africa Stars, une sélection d'ex-pros africains (Ben Salah, Kana-Biyik, Mabouang Kessack...).

La vocation du CBF est de jouer des matches de bienfaisance, de gala et de jubilés mais aussi de rencontrer des sélections d'anciens internationaux d'autres pays. L'équipe de Bretagne professionnelle devrait, quant à elle, jouer à nouveau une à deux rencontres face à des sélections nationales lors de chaque fin de saison. À eux deux, équipe de Bretagne et CBF devraient donc proposer entre trois et sept rencontres par saison au passionné public breton.

Le 29 mars 2008, BFA annonça officiellement que l'équipe de Bretagne allait rencontrer le Congo Brazzaville le mardi 20 mai 2008 à Saint-Brieuc, marquant son grand retour après dix ans d'absence sur les terrains. Cette rencontre fut organisée par le Stade briochin, en collaboration avec BFA, l'En Avant de Guingamp et la Mairie de Saint-Brieuc. La télédiffusion fut assurée en direct par la chaîne Direct 8 (Groupe Bolloré), présente sur la TNT et Canalsat. Le Conseil Régional de Bretagne était également partenaire de l'événement.

Plus vive et homogène que son adversaire du jour, l'équipe de Bretagne s'imposa sur le score de 3 à 1 au Stade Fred Aubert contre une valeureuse équipe congolaise et dans une superbe ambiance, assurée par le Kop Breizh. C’est la première fois que la Bretagne remportait un match international après guerre (exceptée la victoire en salle de 1988 face aux États-Unis).

La Corsica Football Cup et la restructuration[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Corsica Football Cup.

L'équipe de Bretagne a participé à la Corsica Football Cup les 19 mai et 21 mai 2010, étant battu par la Corse (0-2) à Ajaccio avant de s'imposer face au Togo (2-1) à Bastia. Tous les résultats sont disponibles sur la page de l'événement. L'équipe de Bretagne termine 3e de ce tournoi qui est remporté par la sélection corse.

Le 2 juin 2011, la Bretagne a rencontré la Guinée équatoriale à Saint-Nazaire. Privée de la plupart de ses meilleurs joueurs, la Bretagne s'est inclinée 0-1. Son second match, prévu face au Liban à Beyrouth, a été annulé en raison des risques liés à la situation dans le bassin méditerranéen. BFA est maintenant en train de s'étoffer, structurellement et financièrement, pour organiser matches et tournois les années paires en Bretagne, notamment avant le Championnat d'Europe de football 2016 qui aura lieu en France mais ne proposera aucune rencontre en Bretagne (Nantes ou Rennes).

Joueurs ayant joué pour l'équipe de Bretagne[modifier | modifier le code]

Abréviations : Cm (Cameroun), Cg (Congo), Cs (Corse), Gq (Guinée équatoriale), Oi (Ouest Indoor de Nantes), Tg (Togo), Us (États-Unis).

Joueurs absents au dernier moment pour cause de blessure ou maladie :

Autres : Yohann Boulic était gardien réserviste en 2008, Fabien Debec en 2010.

Sélectionneurs[modifier | modifier le code]

Joueurs notables sélectionnables[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. in: The Herald (Glasgow), article de Graeme MacPherson, "Scotland could compete in new Celtic Nations Cup in Brittany" (l'Ecosse pourrait prendre part à une nouvelle Coupe Celtique des Nations en Bretagne), le 22 octobre 2011.
  2. Les critères de sélection de Bretagne Football Association.
  3. Lettre de Fernard Sastre (Président de la FFF) à Araok Vreizh, le 19 mars 1984.
  4. Lettre de Léon Guiard (Président de la Ligue de l'Ouest) à Araok Vreizh, le 21 mars 1985.
  5. (en) « The Celtic Nations' Union », The Herald (Glasgow), George Outram & Co,‎ 7 November 1986
  6. Lettre de Yannick Stopyra à Araok Vreizh en avril 1985 : "J'ai été très heureux d'avoir appris que vous aviez pensé à moi pour défendre les couleurs bretonnes. Ce serait avec grand plaisir que je viendrai pour le match contre l'Islande à Lorient si mon club de Toulouse accepte de me laisser libre pour ce match. Je crois savoir qu'il y a un stage de l'équipe de France vers cette date."
  7. Lettre de Jean Fournet-Fayard (Président de la FFF) à Araok Vreizh, le 4 mars 1985 : "Etant donné que votre projet ne concerne pas l'équipe de France, il vous appartient de prendre contact avec les clubs des joueurs dont vous souhaitez la participation. Eux seuls sont habilités à vous donner une réponse à ce sujet, notre Fédération n'étant pas directement concernée par la rencontre précitée [Bretagne v Islande]."
  8. Lettre de Michel Cagnion (Directeur Général de la FFF) à Araok Vreizh, le 27 septembre 1985 : "J'ai bien reçu votre lettre du 23 septembre, par laquelle vous m'informez des contacts pris avec l'Association Suisse de Football en vue d'une rencontre entre l'équipe nationale suisse et la sélection de Bretagne. [...] notre Fédération est l'émanation de ses clubs et ne peut donc donner d'autorisation de match qu'en ce qui concerne les sélections nationales ou les clubs affiliés."
  9. Article de Yves Scherr (in Ouest France, 30 décembre 1988)
  10. a, b, c et d Article de Laurent Roc'h dans le magazine "Bretons", n°1, juillet/août 2005 (pages 54 à 57) – Ref. M 2005 04892
  11. Environ 38 000 euros
  12. Selon l'article 176, alinéa 3, des règlements généraux de la FFF de l'époque, l'accord fut donné en bonne et due forme par la Ligue Atlantique puisque le club organisateur était amateur : "Pour les autres équipes [ne disputant pas un championnat national], les clubs adressent leur demande, en double exemplaire, par l'intermédiaire de leur District à la Ligue régionale qui est compétente pour délivrer l'autorisation. Les Ligues régionales font suivre dans le meilleur délai le duplicata de ces demandes à la Fédération avec indication de la suite donnée."
  13. BFA ne fut pas la seule association à être tourmentée ainsi, à un moment donné, malgré de surcroît une affiliation en bonne et due forme à la FFF. Eric Fabre, Président des Black Stars, l'expliquait au sujet du tournoi des Black Stars de Paris organisé par son association en 1986 (in France Football, 6 mai 1986) : "La commission d'outre-mer de la Fédération nous met de sacrés bâtons dans les roues malgré notre affiliation libre [à la FFF]. En demandant par exemple à la Ligue d'outre-mer [en question] de ne pas autoriser le déplacement de ses sélections. […] En jetant un certain discrédit sur l'association dans un numéro de France Football Officiel. Toutes mes demandes d'explication ou de rendez-vous sont restées lettres mortes."
  14. Lettre de Serge Mesonès (Chargé de Mission Sport au Cabinet de la Ministre de la Jeunesse et des Sports) à BFA, le 10 septembre 2001 : "Suite à votre courrier du 11 juin dernier concernant l'autorisation d'organiser la rencontre Bretagne FA/Lettonie, comme vous le savez, le Conseil Fédéral a donné son feu vert, dès lors que le match est placé sous la responsabilité d'un club affilié. Je souhaite pleine réussite à votre manifestation [...]"
  15. a et b E-mail de Robert Matusiewicz (agent de matches UEFA) à BFA, le 23 octobre 2002.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]