Breizhistance

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Emgann (Mouvement de la Gauche Indépendantiste)
Présentation
Porte-parole Gael Roblin, Eric Bainvel, ...
Fondation 1983
Journal Combat breton (Inactif)
Idéologie Nationalisme breton, Anticapitalisme
Couleurs Rouge, Noir
Site web www.emgannbronaoned.over-blog.com

Emgann-MGI (Mouvement de la gauche indépendantiste) est un mouvement nationaliste breton d'extrême gauche. La plupart des militants actifs ont quitté le mouvement en 2009 au moment de la création de Breizhistance.

Sommaire

[modifier] Origine

Emgann est fondé en 1983 ; il se définit alors comme « socialiste autogestionnaire et indépendantiste breton ». Il est perçu par tous les observateurs comme un mouvement d'extrême gauche. Il est anticapitaliste et antiraciste, et participe régulièrement à des mobilisations contre le Front national, mais aussi à la marche des fiertés LGBT (Gay pride) de Rennes. Il a été créé par d'anciens prisonniers indépendantistes bretons FLB/ARB amnistiés en 1981 et des militants des KAD Kuzulioù an Distaoliadeg-Comités Amnistie Bretagne) après la mutation du mouvement de libération nationale bretonne provoquée par l'arrivée de la gauche française au pouvoir en 1981. Il est dissous en 2009, et certains de ses militants s'impliquent dans la création d'un nouveau parti, Breizhistance - Parti socialiste de Bretagne.

Son ancien programme, datant de 1988, la Charte du mouvement de libération nationale du peuple breton pour le socialisme autogestionnaire mentionnait :

  • la défense des travailleurs bretons,
  • l'élaboration d'une économie conforme à leurs intérêts,
  • le suivi d'une politique agricole au plan régional,
  • l'instauration d'un plan d'urgence propre à la Bretagne,
  • la protection de l'environnement contre l'investissement spéculatif dans le secteur immobilier et touristique,
  • la sauvegarde de la langue et de la culture bretonnes,
  • le rattachement du département de Loire-Atlantique à la Bretagne administrative,
  • la solidarité active avec les autres mouvements de libération, comme les Basques, les Canaques, les Corses, les Irlandais et les Kurdes… »

[modifier] Quelques résultats électoraux

  • 1989 : aux élections municipales une liste conduite par Herve ar Beg, militant d'Emgann, atteint les 9,8 % à Guingamp.
  • Mars 2004 : aux cantonales, en plein procès « attentats en Bretagne 1993-2004 », Emgann présente deux candidats dans les Côtes-d'Armor : Gaël Roblin, alors en cours de jugement à Paris, obtient 2,90 % des suffrages à Plouagat ; Fulup Kadored atteint 5,04 % à Bourbriac. À Pont-Croix (Finistère), Elisabeth Kerloc'h obtient 2,18 %. À Nort-sur-Erdre, (Loire-Atlantique), Morvan Coarer devance la candidate du PCF avec 2,59 % des voix.
  • 2008 : aux élections cantonales, Emgann présente cinq candidats sous l'étiquette Breizhistance en alliance avec la LCR dans certains cantons et obtient les scores suivants :

Saint-Julien-de-Vouvantes (pays nantais) : 6,36 % Vertou Vignoble (pays nantais) : 2,56 % Antrain (Pays de Fougères) : 5,74 % Belle-Isle-en-Terre (Tregor) : 9,11 % Quimper 1 : 2,7 %

Lors d'élections cantonales, Emgann distance régulièrement les candidats du PCF, de Lutte ouvrière ou du Parti des travailleurs, avec des scores oscillant entre 1 et 9 %.

[modifier] Thèmes et implantation

Ce mouvement s'est essoufflé après les affaires de terrorisme ayant abouti à l'emprisonnement de son porte parole de la fin des années 1990, Gaël Roblin. L'activité du mouvement s'est principalement concentrée autour du soutien aux prisonniers politiques bretons entre 2000 et 2005. L'activité à décliné petit à petit pour devenir quasiment inexistante depuis le départ des militants les plus actifs pour BREIZHISTANCE en 2009, comme l'illustre la non mise à jour des sites internet officiels du mouvement[1],[2],[3].

Des postes de responsabilités sont en place depuis la création du mouvement comme celui de secrétaire aux Affaires Internationales, celui de secrétaire aux Affaires Sociales est créé plus tard. À la fin des années 1990, c'est un mouvement mal implanté dans les universités ; il recrute parmi les enseignants, dans les milieux urbains de jeunes chômeurs, des RMIstes et de salariés, parmi lesquels des travailleurs intérimaires.

En 1995, Emgann crée la « fête nationale du peuple breton », Gouel Broadel Pobl Breizh. Le titre Emgann est remplacé par Combat breton : c'est la revue du mouvement indépendantiste Emgann. Yann Puillandre, qui avait pris du recul en 1998, devient directeur de publication de la nouvelle série de Combat breton en 2004 en remplacement de Denez Riou.

En 2006, Emgann signe la Déclaration commune aux organisations réclamant le droit à l'autodétermination à l'État français lors des journées internationales de Corte, demandant le droit à l’autodétermination et à la « décolonisation »[4].

[modifier] Liens possibles avec l'Armée révolutionnaire bretonne

Vis-a-vis de l'ARB, ce mouvement adopte un double langage en permanence sur le fil de la légalité française qui permet de poursuivre les activités séparatistes. « Emgann n'est pas la vitrine légale de l'ARB », qu'elle considère cependant comme une « organisation de résistance patriotique» et dont elle publie les communiqués dans son journal Combat Breton, comme d'ailleurs d'autres organes de presse.

Emgann déclare ne pas approuver les actions violentes de l'ARB, mais ne les désapprouve pas non plus[réf. nécessaire], en les présentant comme les « conséquences logiques de la violence de l'État colonial français et du désespoir des jeunes Bretons ». Il rend hommage à Christian Le Bihan, ancien militant du parti Strollad ar Vro mort en posant une bombe devant le tribunal de Guingamp en 1985 (communiqué du 11 juin 2005), à l'occasion de la fête du peuple breton. Plusieurs procès ont montré des liens entre l'ARB et des militants d'Emgann.

Plusieurs membres de cette organisation ont été interpellés lors de l'affaire de Plévin ; certains ont été condamnés[réf. nécessaire]. D'autres[réf. nécessaire] ont été interpellés dans le cadre de l'enquête et de l'instruction sur l'affaire de Quévert. Aucun d'eux n'a été condamné dans ce dernier dossier: En mars 2004, les quatre militants poursuivis sont acquittés pour ce fait. Le parquet fait appel de trois de ces quatre acquittements[5], mais l'appel est jugé irrecevable en novembre 2008[6]. Le parquet s'est pourvu en cassation contre cet arrêt, la Cour de Cassation lui a donné tort. Les militants poursuivis sont donc définitivement blanchis[7].

[modifier] Création d'un nouveau mouvement

Suite à la libération progressive des militants incarcérés des militants d'Emgann tente de lancer la plateforme BZH en juin 2006, dans l'objectif de créer un nouveau mouvement et afin de « tourner la page » de la lutte armée. Cette tentative infructueuse est relancée en mars 2007, avec une nouvelle structure nommée République bretonne [8].

L'objectif de République bretonne est d'entamer « un mouvement de rénovation du mouvement national breton de progrès ». C'est-à-dire renouveler et adapter au présent et à l'avenir, le discours, les structures et les ambitions politiques de ce qu'on pouvait appeler la « gauche nationale » ou la « gauche indépendantiste ». Ce mouvement a lancé une campagne : « Bretons, nous sommes une nation nous avons le droit de décider ».

République Bretonne sera un échec.

Emgann-MGI a également décidé de mettre en retrait le nom du parti pour les élections municipales et cantonales de 2008 et ses militants ont fait partie de listes de gauche sous le sigle Breizhistance[9].

[modifier] Création de BREIZHISTANCE

Lors d'un congrès à Fougères en octobre 2009, les militants les plus actifs et des jeunes nouvellement arrivés tentent de lancer une nouvelle organisation politique, BREIZHISTANCE, avec l'objectif d'intégrer Emgann dans la nouvelle structure. Malgré un vote majoritaire, une minorité nostalgique de l'époque 80-90 refuse le processus et décide de maintenir Emgann en vie et dissocié de BREIZHISTANCE.

Quelques mois avant ce congrès Gaël Roblin, figure historique du mouvement, fait part de sa volonté de créer une nouvelle structure à l'occasion des élections régionales de 2010 en proposant une alliance avec d'autres nationaliste bretons allant du Parti breton au maire autonomiste Christian Troadec[10]. Avant finalement, suite à des désaccords, de soutenir et présenter des candidats sur la liste d'EELV.

[modifier] Comités locaux

Les endroits d'implantation historique d'Emgann sont le Tregor, Rennes, le pays nantais, Fougères, Brest, Lorient.

[modifier] Emgann maintenu

La seule activité publique d'Emgann depuis la création de Breizhistance semble être un voyage en Irlande [11]. Emgann semble être aujourd'hui principalement animé par une figure atypique du mouvement, Reun Le Diguerher.

[modifier] Anciens membres

  • Gérard Bernard, couvreur, (ancien) secrétaire aux affaires sociales d'Emgann ;
  • Kristian Georgeault, monteur en charpente, secrétaire aux affaires internes d'Emgann ;
  • Solenn Georgeault, journaliste ;
  • Paskal Laizé, électricien ;
  • Reun Le Diguerher, docker, responsable des affaires sociales d'Emgann ;
  • Denez Riou,employé administratif, « ancien » de l'ARB, qui a déjà fait de la prison à plusieurs reprises depuis les années 1970, pendant plusieurs années directeur de la publication de Combat Breton, organe du mouvement indépendantiste Emgann ;
  • Gaël Roblin, autrefois aide maternel, ex-porte-parole d'Emgann ;
  • Arnaud Vannier, plombier, né en 1972 ;
  • Yann Puillandre, sous-officier de l'armée française en retraite, directeur de publication du mensuel Combat Breton.
  • Fabien Lécuyer, aujourd'hui rédacteur en chef de l'Agence Bretagne Presse
  • Naig Le Gars, ancienne porte-parole et aujourd'hui conseillère régionale de l'Union Démocratique Bretonne
  • Lena Louarn, aujourd'hui vice-présidente du Conseil régional de Bretagne.
  • Jonathan Guillaume, aujourd'hui porte-parole de Breizhistance

[modifier] Bibliographie

[modifier] Notes et références

  1. http://emgannbroroazhon.over-blog.org/
  2. http://bretagnelibre.over-blog.com/
  3. http://emgannbronaoned.over-blog.com/
  4. Déclaration commune aux organisations réclamant le droit à l'autodétermination à l'État français lors des journées internationales de Corte. 7 août 2006, disponible en ligne. Consulté le 24 janvier 2007 [1]
  5. Le parquet a fait appel de l'acquittement de Christian Georgeault, Paskal Laizé et Gaël Roblin pour les attentats contre les Mac Do de Pornic et Quévert et la tentative d'attentat contre le bureau de poste du mail Mitterrand de Rennes, un procès en appel est annoncé pour novembre 2008 Presse-Océan, juin 2008
  6. Ouvert le lundi 17 novembre 2008, le procès en appel tourne court, la cour d'assises spéciale ayant « jugé irrecevable l'appel du ministère public, le parquet général ayant cinq jours pour se pourvoir en cassation »Ouest-France, 20 novembre 2008, pages 1, 4 et 6
  7. La Cour de Cassation a confirmé en juin 2009 l'irrecevabilité de cet appel. Ce dossier pénal est donc closLe Télégramme, p. 10, 26 juin 2009
  8. Article de rennes-infhonet.fr du 31 août 2007
  9. Maville.com du 20 janvier 2008
  10. http://www.mgm-mag.info/article/actualite/gael-roblin-pour-emgann-les-regionales-sont-une-excellente-opportunite/index.html
  11. http://www.agencebretagnepresse.com/fetch.php?id=23297

[modifier] Voir aussi

[modifier] Articles connexes

[modifier] Liens externes

Anciens sites d'Emgann :


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