Pays celtiques

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Les six nations celtes reconnues par la Ligue celtique et le Congrès celtique :

Les pays celtiques ou nations celtiques sont des régions d'Europe qui s'identifient avec les cultures celtiques et de manière plus spécifique avec les locuteurs des langues celtiques. Ces régions sont aussi qualifiées par les anglophones de Ceinture celtique ou de Frange celtique, car elles sont situées aux extrémités nord-ouest du continent. Leurs résidents préfèrent parler de pays celtiques ou nations celtiques.

Un nom global leur est également donné (en français) : Celtie (en breton Keltia).

Jusqu'à la conquête romaine et germanique, les îles Britanniques et une grande partie de l'Europe occidentale étaient majoritairement celtiques[1]. Seules les extrémités nord-ouest du continent ont conservé leur langue et leur culture celtique, car la romanisation y fut tardive ou absente et que les invasions germaniques y furent stoppées ou n'aboutirent que trop tard pour que les populations locales soient assimilées.

Les six pays celtiques[modifier | modifier le code]

Pays Nom celtique Langue Peuple Population Nombre de locuteurs compétents
Écosse Écosse Alba Écossais (Gàidhlig) Écossais 5 000 000 92 400 (1,8 %)
Drapeau de l'Irlande Irlande Éire Irlandais (Gaeilge) Irlandais 6 000 000 538 283 - 1,8 million (9 %)
Drapeau de l'île de Man Île de Man Ellan Vannin Mannois (Yn Ghaelg) Mannois 70 000 < 1 700 (< 2,4 %)
Drapeau du Pays de Galles Pays de Galles Cymru Gallois (Cymraeg) Gallois 3 000 000 > 750 000 (> 25 %)
Flag of Cornwall.svg Cornouailles Kernow Cornique (Kernewek) Corniques 500 000 3 500 (0,7 %)
XXe ‑ XXIe siècle - Le Gwenn ha Du, drapeau moderne de la Bretagne Bretagne Breizh Breton (Brezhoneg) Bretons 4 000 000 > 257 000 (6,4 %)

Seuls ces six pays sont considérées comme Celtes par la Ligue celtique, le Congrès celtique et les autres organisations panceltiques. Chacun d'entre-eux possède une langue celtique propre.

Dans quatre de ces régions (Bretagne, Irlande, Pays de Galles, Écosse), des langues celtiques sont parlées dans certaines zones, généralement situées à l'ouest, dans des îles ou dans les hautes-terres. Dans les deux autres (Cornouailles britanniques et Île de Man), la langue celtique locale est considérée comme éteinte, mais elle est cependant enseignée et conserve une importante documentation et une littérature.

Il existe par ailleurs des communautés celtophones d’origine galloise en Patagonie (Cymru Newydd) et d'origine écossaise à l’Île du Cap-Breton.

Autres mouvements celtiques[modifier | modifier le code]

Les Celtes en Europe, dans le passé et aujourd'hui :

La plupart des pays d'Europe occidentale et septentrionale ont été influencés, dans l'Antiquité, par les Celtes, mais définir l'importance de l'héritage celtique est délicat et sujet à évaluation.
Dans un certain nombre d'entre-eux, on observe des mouvements celtiques qui cherchent à faire reconnaitre la celtitude de leur pays.
Historiquement, la définition de la "celtitude", inventée par les Gallois et les Bretons[2], a été basée sur la linguistique (présence d'une langue celtique encore vivante) et c'est donc une cause de controverse[3].
Une partie de l'élite intellectuelle et culturelle de la Galice, des Asturies et de la Cantabrie fait référence au passé celtique antique ou du début du Moyen Âge, bien qu'ils ne possèdent aucune langue celtique vivante ou morte, inscrite dans une littérature ou une documentation.
Les habitants et les dirigeants aiment se présenter comme habitant un pays celtique et, dans certains événements comme le Festival interceltique de Lorient, leurs représentants sont accueillis comme tels.

Vallée d'Aoste[modifier | modifier le code]

En Italie, les habitants de la Vallée d'Aoste, les Valdôtains francophones et locuteurs du francoprovençal valdôtain se réclament également d'un héritage celtique en raison de l'origine celtique des Salasses, les anciens habitants de la Vallée ayant résisté aux Romains qui ne les ont soumis que partiellement sous Auguste (dont vient le nom d'Augusta Prætoria Salassorum, aujourd'hui Aoste). Quelques expressions indiscutablement celtiques (gauloises), telles que Blétsé (traire les vaches), Berrio (pierre), Modze (génisse), Bren (son de la farine), Verna (aulne), Breuill (plan lacustre alpin marécageux), Baou (étable)[4] ont été conservées dans le patois francoprovençal valdôtain actuel. Pour célébrer son héritage celtique, la région autonome Vallée d'Aoste organise chaque année un festival appelé Festival Celtica.

Conséquences politiques et sociales[modifier | modifier le code]

Le panceltisme, le celtisme et l'interceltisme sont des expressions équivalentes pour désigner les idées et les pratiques sociales générées par l'intérêt pour le monde celtique, les pays celtiques et les pays où a eu lieu une émigration des Celtes, y compris à l'époque moderne.


Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Jean-Christophe Cassard et Jean-René Le Quéau, Toute l'histoire des pays celtiques, Morlaix, Skol Vreizh,2002. [ISBN9782911447181]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La Gaule n'a été complètement conquise par Jules César qu'en - 52 et l'Île de Bretagne, moins l'Écosse, par Julius Agricola ne l'a été qu'en 84.
  2. Les précurseurs de l'idée d'un lien entre les Celtes des pays où est parlé une langue celtique, sont le Breton, Paul-Yves Pezron, en 1703, et le Gallois, Edward Lhuyd, en 1707.
  3. Pour ce motif-là, en 1933, le Congrès celtique a rejeté la candidature de la Galice et, en 1986, la Ligue celtique l'a fait aussi.
  4. Les parlers valdôtains.