Drapeau de la Martinique

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Drapeau de la France
Drapeau de la France
Drapeau de la France
Utilisation Drapeau et pavillon national Version officielle
Caractéristiques
Proportions 2:3
Adoption 15 février 1794 comme pavillon, 1812 comme drapeau.
Éléments Tricolore de bandes verticales bleue, blanche et rouge de même taille

Plusieurs drapeaux sont en usage à la Martinique, département d'outre-mer français situé dans la Caraïbe. Néanmoins, un seul est officiel, le drapeau français[1], que l'on accompagne régulièrement du drapeau européen.

Depuis le 30 avril 2011, date de la 22ème assemblée générale de la World Taekwondo Federation à Gyeongju, un nouveau drapeau a été reconnu comme l'emblème officiel du Taekwondo martiniquais.

Drapeau français et drapeau européen[modifier | modifier le code]

Le drapeau français, soit un drapeau tricolore bleu, blanc, rouge constituant l'emblème national de la France conformément à l'article 2 de la Constitution du 4 octobre 1958 a statut officiel à la Martinique comme sur l'ensemble du territoire de la République. Comme ailleurs dans le pays, ce drapeau est régulièrement utilisé localement aux côtés du drapeau européen, où figure un cercle d'étoiles dorées sur un fond bleu (la Martinique est une région ultrapériphérique de l'Union européenne).

Drapeau aux serpents[modifier | modifier le code]

Drapeau aux serpents de 1766

Ce drapeau orné du serpent fer de lance, symbole de l'île est le drapeau le plus largement utilisé pour représenter la Martinique et la dissocier du reste des Antilles françaises. On le retrouve apposé, à côté du drapeau français, sur des édifices publics de l'île tels que la préfecture, l’hôtel de police de Fort-de-France où il est même gravé dans le mur ou encore devant le pôle de recherches agro environnementales de la Martinique (CIRAD, IRD, INRA). On le retrouve également sur les uniformes des gendarmes de l'île et sur différent véhicule des pompiers. Il est également largement repris à l'occasion d'évènements sportifs caribéens comme les Carifta games ou la Coupe caribéenne des nations de football.
Pourtant, son utilisation fait polémique en raison de l'origine historique de ce drapeau conçu et imaginé par la Marine Marchande. Les représentants de l’État français en Martinique et à Sainte-Lucie ont pris le 4 août 1766 une ordonnance pour imposer aux propriétaires de vaisseaux, de bâtiments et goélettes de ces deux îles un drapeau. Ce décret prévoit que :

« Tous les propriétaires de vaisseaux, bâtiments, goélettes et bateaux de la Martinique et de Sainte-Lucie feront pourvoir leurs bâtiments d’un pavillon bleu avec une croix qui partagera le dit pavillon en quatre ; dans chaque carré bleu, et au milieu du carré, il y aura la figure d’un serpent en blanc, de façon qu’il y aura quatre serpents en blanc dans le dit pavillon, qui sera reconnu dorénavant pour celui de la Martinique et de Sainte-Lucie. »

Ainsi, à partir de cette date, ce drapeau a flotté sur les navires pratiquant le commerce triangulaire originaire de ces deux îles.

Drapeau rouge, vert et noir[modifier | modifier le code]

Drapeau nationaliste de la Martinique

Le drapeau rouge, vert et noir est revendiqué par différents groupes et partis indépendantistes de l'île. Ainsi, il figure sur le fronton des mairies de Sainte-Anne et du Prêcheur dont les maires sont affiliés au Modemas.

Origine[modifier | modifier le code]

Drapeau de l'UNIA

Différentes versions existe sur l'origine du drapeau rouge, vert et noir[2]. Selon le Modemas[3], les trois couleurs seraient apparues dès 1665, lors de révoltes serviles menés par « Francis Fabulé » un Noir marron qui aurait combattu avec les Caraïbes contre les colons français. elles auraient été reprise en 1801 lors d'une révolte d'esclaves au Carbet et en 1870, lors de la Grande insurrection du Sud.
Elles auraient finalement été reprise par les membres de l'Organisation de la jeunesse anticolonialiste de la Martinique[3], mais dans la brochure La Martinique aux Martiniquais qui détaillait les revendications de l'Ojam, ces trois couleurs apparaissaient sous la forme de trois bandes verticales, à l'image du drapeau français. Alors que Gesner Mancé explique que le drapeau fut créé par Victor (dit Totor) Lessort en 1963 lors de son séjour en prison en attendant le procès de l'OJAM[4], le Modemas explique que c'est le Mouvement national de libération de la Martinique qui a mis au point le dessin actuel avec le triangle et les deux quadrilatères en 1968[3].
Cependant, Guy Cabort-Masson explique que c'est lui, avec Alex Ferdinand, auraient dessiné le drapeau définitif en 1968 à Paris, avant qu'il n'apparaissent à partir de 1971 en Martinique[2]. Cependant l'origine lointaine des trois couleurs ne semble pas attestée et selon Alex Ferdinand, le rouge représentait le socialisme, le noir, le combat pour la cause noire et le vert celui pour la paysannerie, ces trois couleurs reprenant aussi celles de l'UNIA de Marcus Garvey[2].
Le drapeau a ensuite été repris dans les années soixante-dix, apparaissant lors des manifestions politiques et des luttes syndicales,mais sans pour autant faire l'unanimité dans le mouvement nationaliste[2].

Déploiement à Sainte-Anne[modifier | modifier le code]

Drapeau flottant à l'entrée de Sainte-Anne

Quand il devient maire de Sainte-Anne en 1989, Garcin Malsa fait retirer le drapeau de la France du fronton de la mairie, à la colère des Anciens combattants. En 1995, une délibération du Conseil municipal est adoptée pour que pavoise sur la mairie le drapeau rouge vert noir comme drapeau national martiniquais. Plusieurs procès ont lieu à la suite de plaintes du préfet de la Martinique, mais aussi de lettres de vacanciers français au Président de leur République, Jacques Chirac. Finalement en 2001, le maire accepte de replacer le drapeau de la France avec d'autres drapeaux de pays caribéens sur la mairie, avec un peu plus haut le drapeau rouge vert noir, mais plusieurs décisions de justice déclarent cette présence illégale, y compris un arrêt du Conseil d'État de 2005. Cependant en octobre 2004, le préfet rendant visite au maire ne demande pas l'enlèvement du drapeau pavoisant la salle des délibérations, malgré les décisions de justice, le drapeau continue donc de flotter sur la mairie et à l'entrée du bourg de Sainte-Anne[2].

Drapeaux provenant de collectivités locales[modifier | modifier le code]

Les collectivités locales de la Martinique compte également un drapeau chacune.

Suite au référendum du 24 janvier 2010[5], les deux collectivités actuelles vont fusionner en une collectivité unique appelée Collectivité de Martinique d'ici le mois de décembre 2012 et dont le logo n'a pas été défini à ce jour.

Drapeau du Taekwondo martiniquais[modifier | modifier le code]

Drapeau de la délégation martiniquaise lors des rencontres internationales de Taekwondo

Le 30 avril 2011 à Gyeongju en Corée du Sud, la Martinique est devenue membre associé de la Fédération mondiale de taekwondo[6],lors de la 22ème assemblée générale de cette association. Reconnue en tant que nation sportive à part entière, la Ligue Martinique de Taekwondo a participé à ce jour à deux éditions des championnats du monde de la discipline sous ses propres couleurs.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Le drapeau de la Martinique, sur mondus.fr.
  2. a, b, c, d et e Ulrike Zander, « Le drapeau rouge-vert-noir en Martinique : un emblème national ? », Autrepart, vol. 2,‎ 2007, p. 181-196 (lire en ligne)
  3. a, b et c Modemas, Rouge Vert Noir Trois couleurs pour un drapeau ! Wouj – Vè – Nwè Twa koulè ba an drapo !, s.l.,‎ s.d.
  4. Gesner Mencé, L'affaire de l'O.J.A.M. (Organisation de la Jeunesse Anticolonialiste de la Martinique) : ou Le "Complot du Mardi-Gras", Le Lamentin, Éditions Désormeaux,‎ 2001, 256 p. (ISBN 2-85275-032-5), p. 90
  5. Résultats du referendum
  6. (en) « WTF MEMBERSHIP EXPANDS TO 197 WITH ADDITION OF 5 NEW NATIONAL ASSOCIATIONS », sur http://www.worldtaekwondofederation.net/

Articles connexes[modifier | modifier le code]