Max Guazzini

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Max Guazzini avocat de formation, a été successivement président du directoire du groupe de radios NRJ et président du club du Stade français Paris rugby. Il est vice-président de la Ligue nationale de rugby.

Parcours[modifier | modifier le code]

Max Guazzini est issu d'une famille d'origine italienne (Toscane)[réf. nécessaire]. Il passe son enfance à Marseille où il est l'élève de l'école Notre-Dame-de-la-Viste et son adolescence à Aix-en-Provence. Il passe son bac au collège catholique du Sacré-Cœur à Aix. Il monte à Paris pour s'inscrire à l'Université et entame des études de philosophie et de droit à Paris. Il réside pendant trois ans au foyer d'étudiants du 104 de la rue de Vaugirard tenu par les pères maristes. Il y sera élu président par les pensionnaires. Mais il rêve de devenir chanteur. Il enregistre deux disques produits par Orlando, le frère de la chanteuse Dalida avec qui il sera par ailleurs très ami, sous le nom de Manuel Guazzi. Devant le succès très limité, il abandonne cette carrière et devient attaché de presse pour Dalida. Il passe alors le concours du CAPA et devient avocat, plutôt spécialisé dans le droit pénal. Chez Dalida il fait la connaissance d'hommes politiques du moment et d'autres en devenir comme Bertrand Delanoë ou Nicolas Sarkozy.

L'aventure NRJ[modifier | modifier le code]

Au début des années 1980, juriste et connaissant bien le monde du spectacle, on va lui conseiller d’entrer dans le milieu de la radio, que la gauche vient de libéraliser dans la foulée de l’élection de François Mitterrand en 1981.

Il rencontre Jean-Paul Baudecroux, fondateur de la radio libre la musicale NRJ, en 1982. Très vite, Guazzini se rend indispensable dans la nouvelle station, notamment en ce qui concerne la programmation et la promotion et contribue à son essor spectaculaire. Il est considéré comme cofondateur. Il en devient secrétaire général, puis en 1984, prend le rôle de directeur des programmes, de directeur général et de vice-président[1].

Grâce à l'intervention de son amie Dalida auprès du président de la République via Jacques Attali, il fait suspendre les saisies de six stations, dont NRJ, condamnées pour une trop grande puissance d'émission. Néanmoins, Max Guazzini organise la grande manifestation du 8 décembre 1984 pour la défense des radios libres qui réunit près de 300 000 jeunes selon NRJ et sauve NRJ et par là même permet l'essor de la bande FM telle qu'on la connait de nos jours.

Il devient président du directoire du groupe NRJ,(NRJ, Chérie FM, Nostalgie, Rires et Chansons) avant de démissionner de son poste en 30 juin 2004, afin de se consacrer à son club de rugby, après vingt deux ans passés à la tête de la direction et des programmes en particulier, alors qu'NRJ est devenue 1re radio de France. Il demeure actionnaire de NRJ Group.

Le Stade français[modifier | modifier le code]

En 1992, Guazzini, amateur de rugby, répond à l'appel d'un club de rugby parisien, le Stade français, qui évoluait alors en quatrième division. On parle alors de professionnalisme, mais le rugby français n’a pas encore fait sa mue. Guazzini va alors donner un grand coup de pied dans la fourmilière du rugby français avec pour objectif d’atteindre les sommets sportifs.

Pour renforcer le club, il signe la fusion de la section rugby du Stade français avec celle d’un autre vieux club omnisports, le CASG, en 1995. La fusion permet à la nouvelle équipe de s'engager dans le championnat du mieux classé des deux anciens clubs, soit la 2e division, permettant ainsi au Stade français-CASG (et non CASG-Stade français comme l'aurait voulu la logique sportive, démontrant au passage la capacité d'influence de Max Guazzini) de progresser rapidement dans la hiérarchie du rugby français. Par la suite, le club prendra le nom de Stade français Paris. Il a investi beaucoup de son argent personnel dans l’entreprise.

Guazzini agit d'abord au plan sportif, en recrutant des joueurs de niveau de plus en plus élevé au fil des saisons. Pour préparer la saison du retour au sommet (1997-1998), il fait par exemple signer 23 nouveaux joueurs, dont des internationaux (Vincent Moscato, Serge Simon, Philippe Gimbert, David Auradou, Diego Dominguez, Christophe Juillet, Christophe Dominici, Marc Lièvremont, Olivier Roumat, Sylvain Marconnet...) pour jouer le titre.

Depuis, la stratégie a toujours été de recruter en quantité et en qualité, sans forcément miser sur des joueurs très médiatiques, arrachés à prix d'or à d'autres clubs, mais plutôt sur des joueurs à fort potentiel qu'il sera possible d'amener au plus haut niveau. Il agit de la même manière lorsqu'en 1995 il fait signer comme entraîneur Bernard Laporte qui connaîtra ensuite le succès avec l'équipe de France.

Le grand public connaît surtout la deuxième dimension de l’influence de Guazzini : le spectacle ou la provocation, selon le point de vue adopté. Guazzini agit en mécène passionné, habitué des médias, désireux de faire parler de son club, et parfois surpris par les mœurs amateurs du milieu[2]. Grâce à son réseau, cet homme de médias fait du Stade français une attraction, dans le milieu traditionnellement conservateur du rugby français. Guazzini dérange d’ailleurs autant la moitié des amateurs qu’il en enthousiasme l’autre moitié. Son influence est en tout cas décisive à l’heure où le rugby français devient professionnel, car il oblige celui-ci à se remettre en question et à considérer les clubs comme des entreprises de spectacle. « On est arrivé au bon moment. Le Stade français est monté en première division au moment où le rugby amorçait sa professionnalisation. On a juste fait des choses que les autres n'avaient pas osé faire jusqu'alors »[3]. Grâce à ses initiatives un peu décalées, le rugby commence à se faire connaître au-delà de ses bastions traditionnels et de son milieu naturel, auprès de gens qui ne connaissaient pas forcément grand-chose au rugby.

Le problème principal qui se pose est d’attirer du monde au stade, ce qui est toujours difficile à Paris, quel que soit le sport. Il travaille alors essentiellement sur deux aspects : la politique tarifaire et le spectacle.

Alors que le club est en groupe A2, il ouvre gratuitement les portes du stade pour des matchs contre Avenir valencien et Lourdes, puis une autre fois, offre l’entrée aux femmes. Sa logique est simple : « Moi, je préfère avoir 7 000 personnes heureuses dans notre stade que 200 qui rapportent une poignée de francs. C’est une question de philosophie. (…) Nous avons en Île-de-France plus de 20 % de la population de notre rugby et je trouve anormal que les stades soient vides. Ça ne pouvait plus durer ! »[4] Dix ans plus tard, lorsque le club joue au Parc des Princes puis au Stade de France (en 2005 et 2006), la moitié des places sont mises en vente à 5 € ou 10 €.

Côté spectacle, Guazzini n'est jamais à court d'idées. Outre le recrutement de haut niveau, nécessaire pour le spectacle sur le terrain, il investit sur ce qu’il y a autour du match. En vrac : Mathilda May, Madonna et Naomi Campbell marraines officielles du club, attention particulière portée aux femmes, et plus tard aux familles, calendrier mettant en scène les joueurs dénudés qui a changé l'image du rugbyman (Dieux du Stade), animations avec musique, pom-pom girls, catch mexicain avec des luchadors de la CMLL, voiture télécommandée pour amener le « tee » du buteur sur le terrain, introduction d'un maillot rose en 2005,et par la suite maillots très décalés, organisation de matchs au Parc des Princes et au Stade de France, avec feu d'artifice, entrée du ballon sur un char tiré par des chevaux, les Tambours du Bronx, des motards, le RAID, etc.

Sous sa présidence, le Stade français Paris sera cinq fois champion de France en dix ans : 1998, 2000, 2003, 2004 et 2007.

Max Guazzini a, d'octobre 2005 à mars 2011 organisé 20 matchs au Stade de France, qui ont réuni 1,5 millions de spectateurs.[réf. nécessaire] Pour beaucoup il est celui qui a contribué le plus à la popularité du rugby en France.

En 2009 il s'est vu décerner le 2e prix de la personnalité du sport business de la décennie (Nataf & Fajgenbaum) derrière Jean-Michel Aulas et devant Michel Platini par le vote d'un collège de 1 500 professionnels.

Le club a ouvert son capital en 2009.[réf. nécessaire]

Max Guazzini s'est battu pendant 10 ans pour la rénovation du stade Jean-Bouin, stade vétuste et dépassé dans lequel évoluait le Stade français Paris, malgré ses 5 titres de champion de France en onze ans. Grâce à son combat, un nouveau stade de rugby de 20 000 places a été inauguré le 30 août 2013 lors de la rencontre de Top 14 Stade - Français - Biarritz Olympique.

Max Guazzini a produit avec succès un double CD des 46 principaux chants grégoriens et latins intitulé Credo, sorti le 11 avril 2011 chez Universal Classique. Il produit par ailleurs de jeunes artistes.

Max Guazzini a démissionné le 30 juin 2011 de ses fonctions de président du Stade français Paris. Il reste membre du comité directeur du Stade français omnisports.

Max Guazzini a été élu le 16 novembre 2012 membre du comité directeur de la Ligue nationale de rugby. Il en est le vice-président, chargé de la communication, des médias et du marketing. Il a été fait chevalier de la Légion d'honneur dans la promotion du 1er janvier 2013.

Notes[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]