Rugby à XV en France

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Rugby à XV en France

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France - Tonga en octobre 2011

Fédération FFR
Clubs 1 809 (2012) [1]
Licenciés 457 000 (2012) [2]
Palmarès masculin 9 Grand chelems
25 Tournois des Six Nations
Palmarès féminin 4 Grand chelems
4 Tournois des Six Nations

Le rugby à XV est un sport populaire pratiqué en France par 457 000 joueurs licenciés[3]. Il a été introduit en France au début des années 1870 par des Britanniques.

La Fédération française de rugby a la charge d'organiser et de développer le rugby à XV en France. Elle gère l'équipe de France de rugby à XV mais délègue à la Ligue nationale de rugby (LNR) la gestion du secteur professionnel du rugby à XV.

Près de 1630 clubs participent à des championnats de France. L'élite dispute le Top 14 et les sept meilleures équipes participent à la Coupe d'Europe de rugby à XV.

L'équipe de France participe chaque année au Tournoi des Six Nations, compétition qu'elle a gagnée 24 fois. Depuis 1987, la France participe à la Coupe du monde de rugby, elle a été finaliste à trois reprises en 1987, 1999 et 2011. La France a accueilli la Coupe du monde du 7 septembre au 20 octobre 2007.

Historique[modifier | modifier le code]

Match du Stade français, dessin de Georges Scott, 1906.

Le rugby a été introduit en France vers 1870 par des Britanniques, dès 1872 des travailleurs anglais fondent le Havre Athletic Club avec lequel ils pratiquent une forme hybride de rugby et de football qu'ils appellent combination.

Le premier véritable club de rugby français est le English Taylors RFC, fondé par des hommes d'affaires anglais à Paris en 1877, suivi par le Paris Football Club l'année suivante. Ce dernier a une durée de vie éphémère, sa fission entraîne la formation du Racing Club de France en 1882, du Stade français en 1883 et de l'Olympique en 1888.

Le premier championnat de France de rugby à XV, disputé en 1892, se limite à une opposition entre le Racing et le Stade français, le Racing l'emporte par 4 à 3. Les deux clubs parisiens remportent tour à tour le titre de champion de France jusqu'en 1898, cette suprématie cesse en avril 1899 avec le premier titre remporté par une équipe de province : le Stade bordelais, l'un des tout premiers clubs du rugby français (il a été fondé en 1889), créée grâce à l'influence d'un forte colonie anglaise implantée dans la région bordelaise et à la détermination de pédagogues locaux comme le Docteur Philippe Tissié. De 1899 à 1911, le S.B.U.C est finaliste du championnat 12 fois et remporte le titre 7 fois, créant un véritable engouement pour ce sport d'abord en Gironde, puis dans les départements voisins. C'est pourquoi la suprématie dans le rugby français ne tardera pas à être exercée par des équipes de la moitié Sud de la France. Ainsi, à partir de 1904, le championnat de France est habituellement remporté par une équipe de province (notamment celles du sud-ouest) - il faut attendre 2003-2004 pour voir le titre rester à Paris pendant deux années consécutives. Aujourd'hui la situation est sensiblement la même, puisqu'à l'exception de deux clubs parisiens (le Stade français, le Racing Métro 92), le rugby de haut niveau, professionnalisé et géré par la Ligue nationale de rugby (soit 30 clubs répartis entre le Top 14 et Pro D2) est pratiqué dans les régions situées au sud d'une ligne allant de La Rochelle à Lyon en passant par Clermont-Ferrand.

L'Union des sociétés françaises de sports athlétiques (USFSA), fondée en 1889, prend le contrôle du rugby français en 1890 jusqu'à la création de la Fédération française de rugby en 1919.

Les clubs français de rugby restent affiliés à la RFU et à l'IRB jusqu'en 1895. En 1900, le rugby est l'un des sports pratiqués aux Jeux olympiques de Paris. La France (USFA) est opposée à l'équipe allemande du Frankfurt Club et à l'équipe anglaise des Moseley Wanderers.


L'équipe France-USFSA remporte la médaille d'or en battant les Anglais 27-8. En 1910, la France rejoint l'Angleterre, le Pays de Galles, l'Écosse et l'Irlande au sein du Championship qui devient le Tournoi des cinq nations.

Un tournoi de rugby est organisé lors des Jeux olympiques d'été de 1920 dont l'unique rencontre oppose la France et les États-Unis. Les Français remportent une médaille d'argent après avoir perdu contre les Américains sur le score de 0-8[4].

Les deux équipes se retrouvent en finale des Jeux olympiques de 1924 à Paris, l'équipe des États-Unis remporte à nouveau la médaille d'or en battant la France sur le score sans appel de 17-3.

En 1931, la France est exclue du tournoi des cinq nations pour professionnalisme (paiement des joueurs, recrutement inter-clubs) et en raison de son jeu violent lors de certains matchs[5]. Le match France-Galles du Tournoi 1930 est d'une extrême brutalité, aussi bien sur la pelouse - avec de nombreux joueurs blessés - que parmi les spectateurs car ces derniers étaient pressés les uns contre les autres dans les tribunes ou sur le bord de touche alors qu'à l'entrée du stade près de 20 000 spectateurs potentiels n'avaient pu assister au match[6].

Une majorité de clubs dénoncent le professionnalisme pratiqué par les meilleures équipes et font sécession en décembre 1930 en fondant l'Union française de rugby amateur[7]. Ils refusent que leurs joueurs soient sélectionnés, ce qui abaisse sensiblement le niveau de jeu de l'équipe de France.

À la suite de l'exclusion du Tournoi et du boycott britannique, la FFR XV voit ses effectifs diminuer très fortement: le nombre de clubs passe de 784 en 1930 à 663 en 1934 et 558 en 1939, de nombreux clubs arrêtent purement et simplement le rugby, alors que d'autres rejoignent le rugby à XIII. Le XV de France perd aussi quelques-uns de ses meilleurs joueurs.

La France est de nouveau admise dans le Tournoi en 1939 après que la Fédération française de rugby a trouvé un accord en 1932 avec les clubs entrés en dissidence. Pendant la seconde guerre mondial, en 1941, la FFR n'hésite pas à s'associer avec le régime de Vichy pro-nazi pour faire interdire le rugby à 13 en France (alors premier rugby dans l’hexagone et sport populaire): tous les clubs de 13, ainsi que leur trésorerie, leur stade, leur acquis, ... iront à la FFR.

En 1952, la France est à nouveau menacée d'être exclue du Tournoi, coupable selon les britanniques de professionnalisme (recrutements, primes de match, intéressements) [8]. Pour éviter la sanction, la fédération française promet d'abolir le championnat de France et fournit une liste de joueurs jugés coupables de professionnalisme, dont Jean Dauger, Robert Soro et Maurice Siman. Cette nouvelle exclusion du Tournoi est ainsi évitée, le championnat de France 1952-53 est cependant maintenu à la suite de la pression exercée par la grande majorité des clubs français[9].

Le XV de France bat pour la première fois les All Blacks le 27 février 1954[10], puis, le 16 août 1958, il remporte sa première victoire face aux Springboks à l'Ellis Park de Johannesburg[11]. Dans la continuité de son succès en Afrique du Sud en 1958, l'équipe de France remporte le Tournoi pour la première fois (victoire non partagée avec une autre équipe) en 1959 sous la conduite de Lucien Mias.

De 1968 à 1992, la fédération française de rugby (FFR) à XV est présidée par Albert Ferrasse qui est secondé par Guy Basquet. Pendant cette période, l'équipe de France remporte son premier Grand Chelem en 1968, puis trois autres en 1977, 1981 et 1987. Le président Ferrasse a longtemps milité pour l'organisation d'une coupe du monde de rugby à XV, malgré l'opposition initiale des Britanniques, la première édition a lieu en 1987 et la France finit à la 2e place.

La présidence de la FFR est prise par Bernard Lapasset en 1992, il est actuellement en exercice. Pendant son mandat, le XV de France a remporté deux Grand Chelems en 1997 et 1998, il finit 2e de la coupe du monde 1999 et remporte deux autres Grand Chelems en 2002 et 2004.

Le rugby à XV se professionnalise en 1995, à partir de la saison 1995-96 l'élite est restreinte à 20 ou 24 clubs jusqu'en 2000-01. L'élite est à nouveau réduite en 2001-02 avec la création du Top 16, puis du Top 14 en 2005-06.

La France est le pays chargé de l'organisation de la coupe du monde de rugby à XV 2007.

Institutions dirigeantes[modifier | modifier le code]

Fédération française de rugby à XV[modifier | modifier le code]

La Fédération française de rugby a la charge d'organiser et de développer le rugby à XV en France. Elle regroupe les fédérations autonomes, les clubs, les associations, les sportifs, les entraîneurs, les arbitres, pour contribuer à la pratique et au développement du rugby à XV sur tout le territoire français.

Elle gère l'équipe de France de rugby à XV et elle délègue à la Ligue nationale de rugby (LNR) la gestion du secteur professionnel du rugby à XV.

La FFR est fondée le 13 mai 1919 en prenant la suite du comité rugby de l'USFSA. Elle est représentée sur le territoire français par 26 comités territoriaux métropolitains, 106 comités départementaux et 7 comités d'outre-mer. Ces comités du rugby français, constitués en tant qu’associations loi de 1901, sont chargés de promouvoir le développement du rugby sous toutes ses formes (à 15, à 7, féminines, scolaires etc.) et de gérer sur leur territoire les clubs et les joueurs et joueuses licenciés, les 30 000 dirigeants, les compétitions régionales des jeunes aux vétérans, les 2 000 arbitres, les sanctions etc.

À la suite de l'exclusion de l'équipe de France du Tournoi, la FFR participe activement à la création de la Fédération Internationale de Rugby Amateur en 1934. Cette fédération permet alors d'organiser le rugby à XV en échappant à l'autorité de l'International Rugby Board. En dehors de la France, les autres participants sont alors l'Allemagne, la Belgique, l'Espagne, la Catalogne, les Pays-Bas, l'Italie, le Portugal et la Roumanie[12].

Il faut attendre 1978 pour que la France soit définitivement admise à l'International Rugby Football Board avec les Home Unions fondatrices que sont les fédérations d'Angleterre, du Pays de Galles, d'Écosse et d'Irlande.

La Ligue nationale de rugby[modifier | modifier le code]

La Ligue nationale de rugby (LNR) gère le secteur professionnel du rugby à XV, par délégation du ministère des sports et de la Fédération française de rugby. Elle organise, gère et réglemente les compétitions nationales professionnelles, tant sur le plan sportif que sur le plan financier (championnats de France Top 14 et Pro D2). En outre, elle assure la promotion et le développement du secteur professionnel des clubs de rugby français et le représente dans la gestion des coupes d'Europe, elle négocie et commercialise les droits de télévision et de partenariat du Top 14 et de la Pro D2.

Popularité et disparités locales[modifier | modifier le code]

Carte de l'Occitanie et de la présence des clubs français en Top 14 entre 2008 et 2013.

Le rugby à XV est un des sports les plus populaires en France, en particulier dans le sud-ouest du pays. 454 511 joueurs sont licenciés en 2014[13].

La présence dans les stades a augmenté considérablement ces dernières années (25 % d'audience en plus pour la saison 2004/2005 par exemple). Le 4 mars 2006, 79 604 spectateurs ont assisté au match opposant le Stade français au Biarritz olympique au Stade de France, record d'affluence dans un stade pour une compétition sportive en France.

En matière de sport, le rugby ne connait pas une répartition uniforme. L'Occitanie, et le grand sud-ouest en particulier (au sud d'une ligne Béziers-Bordeaux), est la terre d'élection du rugby à XIII ou à XV. On surnomme d'ailleurs cette région l' Ovalie. Attention toutefois aux clichés. Pour 2 903 000 habitants, Midi-Pyrénées compte 169 clubs et 34453 licenciés, tandis que l'Île-de-France, pour 11 852 000 habitants, compte 181 clubs et 41450 licenciés[14], proportionnellement largement moins. Néanmoins, le sud-ouest ne se contente pas du seul ballon ovale. Pelote basque et course landaise sont deux disciplines locales et le surf est également pratiqué, mais comme partout ailleurs, football, basket-ball, volley-ball et handball sont solidement implantés. Ainsi, en Midi-Pyrénées, le football compte 102 553 licenciés en 2006[15] contre 22114 pour le rugby à XV[14].

Le géographe Jean-Pierre Augustin attribue ces disparités locales au rôle moteur du port de Bordeaux dans la diffusion par le commerce des coutumes britanniques, l'action du docteur Philippe Tissié, figure du renouvellement de la pratique sportive à l'école et proche de Pierre de Coubertin, dans le développement dans le Grand Sud-Ouest de la barrette aquitaine puis du rugby à XV, puis le succès pionnier et grandissant du club de Bordeaux à la fin du XIXe siècle[16].

En 2012-2013, seuls quatre clubs non-occitans jouent en Top 14 : Stade français, Racing métro 92, Grenoble, Perpignan, Biarritz, et Bayonne.

Compétitions de clubs[modifier | modifier le code]

Match de championnat Stade français - Bourgoin (Fabien Galthié est au premier plan devant le no 16)

Les divers championnats sont organisés selon une pyramide, dont les niveaux sont interdépendants : en fin de saison, les meilleurs d’une division sont promus au niveau supérieur, tandis que les moins bons sont relégués au niveau inférieur. Théoriquement, donc, l’équipe la plus faible du pays, peut, par le jeu des promotions, un jour espérer jouer avec l'élite dans le Top 14. L’objectif des clubs du Top 14 est de remporter le Bouclier de Brennus qui récompense le champion de France masculin.

Les 7 meilleures équipes du Top 14 sont admises pour participer à la coupe d'Europe de rugby à XV. Les clubs français ont bien réussi dans cette compétition car ils l'ont remportée six fois depuis sa création en 1995-96 : le Stade toulousain en 1996, 2003, 2005, 2010, le CA Brive en 1997 et le RC Toulon en 2013.

Équipe nationale[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Équipe de France de rugby à XV.

Surnommée les Bleus, l'équipe nationale fait partie de la première division du classement de l'IRB. Elle participe au Tournoi des Six Nations depuis 1910 et l'a déjà remporté vingt-cinq fois dont neuf grands chelems. Sa meilleure performance en coupe du monde reste la place de finaliste en 1987, 1999 et 2011.

Le style de jeu français est renommé pour sa grâce (le rugby champagne), son inspiration (le french flair) et sa rudesse.

Couverture médiatique[modifier | modifier le code]

France 2 retransmet tous les matchs du Tournoi ainsi que des matchs internationaux du XV de France. Pour sa part, Canal+ diffuse des matchs du Top 14, du Tri-nations et du Super 14. La couverture des matchs de la coupe d'Europe est largement assurée par France télévisions et le groupe Canal+. TF1 a diffusé la plupart des rencontres de la coupe du monde 2007 et de la coupe du monde 2011. La chaîne a également acquis les droits de retransmission de la coupe du monde 2015.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « England », sur www.irb.com, IRB (consulté le 4 janvier 2013)
  2. (en) Site officiel de l'IRB sur la France, consulté le 30 avril 2014
  3. Sports.fr, 29 octobre 2007.
  4. (en) 1920 Antwerp Olympics, sur rugbyfootballhistory.com
  5. (fr) «Histoire tournament», sur rugby-nomades.qc.ca
  6. (fr) «Match France - Pays de Galles de 1930», sur flickr.com
  7. "La légende du Tournoi", H.Garcia (2005), p. 46.
  8. "Un siècle de rugby", Escot et Rivière (1997), p. 117.
  9. "Un siècle de rugby", Escot et Rivière (1997), p. 119.
  10. (en) France - All Blacks de février 1954, sur statistics.scrum.com
  11. (en) Afrique du Sud-France du 16 août 1958, sur scrum.com
  12. historique FIRA, sur fira-aer-rugby.com
  13. (fr) [1]
  14. a et b Licenciés de rugby à XV par comité régional en 2006 - FFR (PDF)
  15. Licenciés de football par ligue régionale en 2006 - FFF (PDF)
  16. Augustin (J.-P.), 1995. – Sport, géographie et aménagement, Paris, Nathan, coll. « Fac Géographie », 254 p.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]