Château de Malmaison

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Château de Malmaison
Image illustrative de l'article Château de Malmaison
La façade principale du château
Période ou style Renaissance, classique, Style Empire
Type Demeure privée
Début construction XVIIe siècle
Fin construction XIXe siècle
Propriétaire initial Impératrice Joséphine
Destination initiale Demeure royale
Propriétaire actuel République française via les Musées nationaux napoléoniens
Destination actuelle Musée, visite du domaine
Protection  Inscrit MH (1942, dépendances)
Logo monument historique Classé MH (1991, domaine)
Logo affichant deux demies silhouettes d'arbre Jardin remarquable (1991)
Site web www.chateau-malmaison.fr
Coordonnées 48° 52′ 15″ N 2° 10′ 01″ E / 48.870833, 2.16694448° 52′ 15″ Nord 2° 10′ 01″ Est / 48.870833, 2.166944  
Pays Drapeau de la France France
Région historique Île-de-France
Subdivision administrative Hauts-de-Seine
Commune Rueil-Malmaison

Géolocalisation sur la carte : Île-de-France

(Voir situation sur carte : Île-de-France)
Château de Malmaison

Le château de Malmaison est situé dans la commune de Rueil-Malmaison dans le département des Hauts-de-Seine.

Toponymie[modifier | modifier le code]

L'origine du nom « Malmaison » est mal connue. Malmaison, de mala domus (ou mansio), signifie « mauvaise maison ». On avance en général l'hypothèse de la mauvaise fréquentation des lieux (brigands, invasion des Normands) au Moyen Âge (au IXe) mais aussi que ce nom serait dû à l’activité première de la ville qui était la prise en charge de personnes malades.

Le château[modifier | modifier le code]

L'édifice évolue pour devenir un petit château sans fioritures et sans prétention au cours du XVIIIe siècle. Il appartient alors à Jacques-Jean Le Couteulx du Molay, un riche banquier, qui possède également un manoir à Le Molay-Littry près de Bayeux.

Le château entre dans l'histoire de France durant le Directoire, lorsque Joséphine de Beauharnais, épouse de Napoléon Bonaparte, l'achète le 21 avril 1799, pour la somme de 325 000 francs de l'époque, à Le Couteulx du Molay[1], sur les conseils de Jean Chanorier. On pense[Qui ?] que c'est Ouvrard qui finance cet achat. Bonaparte va le reprendre à son compte après le coup d'État de Brumaire, probablement avec des fonds provenant de la première campagne d'Italie.

Napoléon Ier demande à ses architectes Percier et Fontaine de rénover et redécorer la bâtisse au goût du jour. À cette occasion, Pierre Fontaine conçoit un grand projet de reconstruction du château, ambitions qui sera freiné par l'empereur, préférant une simple rénovation[1]. Le château sera même le cœur du gouvernement français (avec les Tuileries) pendant le Consulat et Napoléon y séjournera régulièrement jusqu’en 1804 avant de choisir le château de Saint-Cloud plus digne de son nouveau rang. Il y viendra cependant jusqu'à son divorce avec Joséphine en 1809.

Plan du projet de reconstruction du château de Malmaison par Fontaine.

Dès lors, le château devient la demeure principale de Joséphine, qui, après la répudiation va y mener une vie désœuvrée sans Bonaparte. Elle y reçoit le tsar Alexandre Ier de Russie, le 28 mai 1814, la veille de sa mort.

Son fils prince Eugène en hérite, et sa veuve le vend en 1828 au banquier suédois Jonas-Philip Hagerman, l'un des fondateurs du quartier de l'Europe à Paris.

En 1842, la reine Christine d'Espagne (veuve de Ferdinand VII) l'acquiert et en fait sa résidence, et revend le domaine en 1861 à Napoléon III qui le remeuble.

Après la guerre de 1870, où l'armée prussienne saccagea l'intérieur, une caserne est installée dans le château.

En 1877, l'État vend le domaine à un marchand de biens qui lotit la majeure partie du parc. Ce dernier le revend en 1896 à un riche mécène Daniel Iffla (dit Osiris), achète le château et son parc réduit à 6 hectares. L'intention d'Osiris est de rendre à la Malmaison sa splendeur, le château ayant souffert notamment de son occupation par l'armée prussienne. Il choisit pour cela l'architecte Pierre Humbert, célèbre dans toute l'Europe pour ses brillantes restaurations. Ce dernier parvient au terme de longs travaux à rendre à la demeure son aspect d'origine. Trois ans avant sa mort, en 1904, Osiris lègue la Malmaison avec sa « collection napoléonienne » qu'il a constitué à l'État français.

Le château de Malmaison est aujourd'hui un musée de la Réunion des musées nationaux, qui présente le château en son état restitué sous le Consulat et le Premier Empire. C'est un des rares lieux en France à présenter un ensemble mobilier homogène du Consulat. À voir en particulier la salle du Conseil, en forme de tente militaire, et la bibliothèque.

Le rond-point du pavillon des Guides fait l'objet d'une inscription depuis le 11 juillet 1942 alors que le domaine de la Malmaison, comprenant le château de la Malmaison avec son parc ainsi que toutes les autres constructions qu'il renferme et sa grille d'entrée, parc du château de Bois-Préau et jardin de la villa des Œillets, font l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 20 décembre 1991[2].

Le Chateau de Malmaison a reçu en 2010, selon l'Office du Tourisme du département des Hauts-de-Seine, 67 058 visiteurs. C'est le troisième site le plus visité du département derrière le Musée Albert-Kahn et l'Arboretum de la Vallée-aux-Loups.

Le parc de la Malmaison[modifier | modifier le code]

Cèdre du Liban planté à proximité de la demeure par Joséphine pour son mari Bonaparte en commémoration de la bataille de Marengo.

Joséphine essaya de transformer la grande propriété en "le plus beau et le plus curieux jardin en Europe, un modèle de bonne culture." Elle a activement recherché la flore et la faune avec des spécimens rares et exotiques du monde entier. Joséphine écrira "Je souhaite que Malmaison puisse bientôt devenir la source de richesse pour toute la France..."

En 1800 Joséphine construit une orangerie chauffée assez grande pour conserver 300 plants d'ananas. Cinq ans plus tard, elle commande la construction d'une serre chauffée par une douzaine de fourneaux à charbon, qu'elle accole aux salons de réception qui constituaient le Château de la Petite Malmaison. De 1803 jusqu'à sa mort en 1814, Joséphine cultiva presque 200 plantes introduites en France pour la première fois.

La propriété a été bien connue pour sa magnifique roseraie. L’impératrice fait appel à l'artiste belge Pierre-Joseph Redouté (1759 - 1840) pour répertorier ses roses (et les lis) et les dessins et notes de Redouté réalisés pour Joséphine sont devenues des références en la matière. La collection de roses rassemble des plantes de sa Martinique natale et d'autres endroits du monde entier. À cette époque, environ 250 variétés de roses parsèment les jardins.

De l'avant-propos de Jardin de Malmaison (1803) :

"Vous avez rassemblé autour de vous des plantes les plus rares grandissant sur le sol français .... comme nous les inspectons dans les beaux jardins de Malmaison, comme un rappel impressionnant des conquêtes de votre illustre mari..."

Les oiseaux et des animaux de toutes sortes ont commencé à enrichir son jardin, où on leur a permis d'errer librement. À cette époque, la femme de l'Empereur avait dans sa propriété des kangourous, des émeus, des cygnes noirs, des zèbres, le mouton, des gazelles, des autruches, le chamois, un phoque, des antilopes et des lamas pour n'en nommer que quelques-uns. Certains animaux venaient notamment de l'expédition de Nicolas Baudin en Australie et les îles alentours entre 1800 et 1803.

Après sa répudiation par Napoléon, Joséphine reçut Malmaison à part entière, ainsi qu'une pension de 5 millions de francs par an et y reste jusqu'à sa mort en 1814. Napoléon lui rend visite régulièrement et y retourne pour y vivre après sa défaite à Waterloo et avant son exil à l'île Sainte-Hélène, de Juillet à Octobre 1815.

Joséphine, Impératrice des roses[modifier | modifier le code]

Après l'achat en 1799 du Château de la Malmaison, Joséphine arrangea le jardin dans le style anglais, très à la mode de l'époque[3]. Pour cela, elle s'appuya sur des paysagistes et jardiniers, dont plusieurs venus du Royaume-Uni parmi lesquels Thomas Blaikie, un expert écossais en horticulture et Alexander Howatson, un autre fameux jardinier d'écossais. Participent également le botaniste Étienne Pierre Ventenat et l’horticulteur français André Dupont, grand amateur de roses.

La plantation de la roseraie fut commencée aussitôt. Joséphine se trouve une grande passion pour les jardins et plus particulièrement les roses et désire cultiver toutes les variétés de roses connues à l'époque. Napoléon, soucieux de rendre heureuse la future Impératrice, ordonne à ses commandants de charger les navires saisis pendant la guerre de toutes sortes de plantes à expédier au Château de la Malmaison.

Pierre-Joseph Redouté fut commissionné par Joséphine pour peindre les fleurs de son jardin. Le livre «Les Roses» illustrée par lui a été publiée en 1817-1820 avec 168 planches des différentes variétés dont 75-80 provenant du jardin de la Malmaison. L'horticulteur anglais Kennedy a été le principal fournisseur des roses pour la roseraie de Joséphine et malgré les guerres entre la France et l’Angleterre les navires de livraison pour la Malmaison avaient la permission de franchir le blocus.

Par exemple, le fameux rosier Hume's Blush Tea-Scented China importé de Chine en Angleterre fut l'objet d'un arrangement spécifique entre les Amirautés britanniques et françaises en 1810 pour traverser les blocus navals et joindre la roseraie de Joséphine[4]. Une partie des roses plantées à la Malmaison provenait également des «Royal Botanical Gardens» de Kew en Angleterre. Mais la plupart des roses de la Malmaison provenaient de la Martinique natale de Joséphine et des quatre coins du monde, rapportées par les expéditions commissionées à l'époque par le Premier Consul puis Empereur des Français.

La collection des roses atteint 250 variétés en 1814. Joséphine est à l'origine de la première description de la culture des roses et de leur première exposition en 1810. Dans son jardin on trouvait essentiellement les Rosa centifolia, les roses mousseux, les roses de Damas et les Rosa gallica.

L'hybridation moderne des roses de façon artificielle et sous contrôle commence avec les travaux d'André Dupont dans la roseraie de Joséphine[3]. Avant cette date, la plupart des nouvelles variétés cultivées des roses provenaient des mutations spontanées ou des croisements accidentels, et par conséquent, étaient plutôt rares. Avec la pollinisation contrôlée, l'apparition de nouvelles variétés cultivées est exponentielle. Des quelques 250 types de roses connues par Joséphine, Dupont en a créé 25 en travaillant pour elle.

Dans les 30 ans qui ont suivi la mort de Joséphine, les rosiéristes français ont créé plus de 1000 nouvelles variétés de roses. En 1910, moins de 100 ans après sa mort, il y avait déjà environ 8000 variétés de roses dans la roseraie de l'Haÿ-les-Roses de Jules Gravereaux. La popularité des roses dans les jardins a considérablement augmentée sous le parrainage de Joséphine. Elle était un véritable modèle pour beaucoup d'autres en la matière. Douglas Brenner et Stephen Scanniello l'appellent « la Marraine des maniaques des roses modernes ». Joséphine attribue également des noms "modernes" à des variétés cultivées vernaculaires, par opposition aux noms latinisés. Par exemple le Rosa alba incarnata devient « La Cuisse de Nymphe Emue » dans son jardin[5].

Après la mort de Joséphine en 1814, puis l'exil de l'Empereur sur Saint-Hélène, le Château et le parc restent inhabités un certain temps et sont finalement vandalisés lors de la guerre franco-prussienne en 1870. La fameuse rose « Souvenir de la Malmaison » apparaît en 1844, 30 ans après sa mort, nommée ainsi en son honneur par le Grand Duc de Russie. Elle a été plantée pour la première fois dans le jardin impérial de Saint-Pétersbourg[5].

La façade du château du côté du parc[modifier | modifier le code]

Devant l'ampleur des travaux d'aménagements intérieurs, les murs du château menacent de se déverser lors des travaux. L'architecte Fontaine note dans son journal le 27 septembre 1800 : nous sommes forcé d'élever en pierre des piédroits extérieurement sur les trumeaux. Cela ne gâte pas les façades qui n'ont rien de remarquable. Ces piédroits d’ailleurs porteront des statues, des vases et orneront un peu cette vilaine maison.

Des statues et des vases prises dans les jardins de Marly sont alors installés sur les piédroits. Du côte du parc on trouve du nord vers les sud quatre statues en marbre ayant décoré les jardins du Marly jusqu'à la Révolution : Flore de René Frémin, une Compagne de Diane de Anselme Flamen, l' Air de Philippe Bertrand et Pomone de Fraçois Barois. En fin, quatre vases en marbre blanc du XVIIIe siècle sont installées sur les contreforts ne pouvant pas supporter les statues. Ces vases depuis 1879 décorent le bassin central du Jardin des Tuileries. Les quatre statues ont été transférées au Louvre et remplacées par d'autres statues.

En 1801 le décor est complété par quatre statues en bronze installées sur le pont du fossé, en avant de la façade sud-ouest du château. Elles représentent le centaure jeune et le centaure âgé, fontes de la fin du XVIIIe siècle, qui reproduisaient les sculptures antiques en marbre de la Villa Adriana à Tivoli. Les deux centaures ont été replacés sur le pont par les fontes du 1937 exécutées par la maison Rudier.

Les deux autres sculptures l'Apollon du Belvédère et Diane la chasseresse ont été choisies par Fontaine dans le dépôt du Musée des Arts. Apollon a été commandé au célèbre sculpteur italien Luigi Valadier par le comte d'Orsay pour décorer son hôtel à Paris. Diane a été réalisé par Barthélemy Prieur en 1602, d'après un marbre antique. Elle avait fait partie de la fontaine de Diane à Fontainebleau.

À partir du 1807 ses deux sculptures ont été remplacées par deux obélisques en marbre de Givet imitant le porphyre, de quatorze pieds de haut, chacun posé sur quatre boules de bronze et leurs piédestaux de même marbre. Les obélisques provenaient du château de Cardinal Richelieu dans le Poitou. Aujourd'hui les deux obélisques ornées des hiéroglyphes sous Empire ont perdu leur dorures, tout comme les boules en bronze.

La statue d'Apollon est visible actuellement dans le pavillon des voitures et celle de Diane est revenue à Fontainebleau. Deux copies en fonte réalisées en 1936 sont cependant placées dans le parc du château de Malmaison.

Dispersion du domaine de la Malmaison[modifier | modifier le code]

À la mort de Joséphine, le parc fait 726 hectares et fut surveillé par le botaniste Etienne Soulange-Bodin, qui était très proche des Beauharnais. La grande partie du domaine est lotie et revendue en parcelles distinctes. Le domaine de la Malmaison actuel est constitué de :

  • Château de Malmaison et son parc, qui abrite aujourd'hui le musée national napoléonien ouvert au public
  • la Petite Malmaison avec son parc, actuellement une propriété privée
  • Château de Bois-Préau avec son parc abritant l'annexe du musée du Château de Malmaison, en restauration actuellement
  • domaine de Vert-Mont avec son parc, aujourd'hui propriété privée

Le domaine de la Malmaison est labellisé « Jardin remarquable ».

Galerie[modifier | modifier le code]

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir

Intérieur[modifier | modifier le code]

Extérieur[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Personne N, Le roman de Malmaison, Dossier de l'art n° 216, mars 2014, p32-45
  2. « Notice no PA00088170 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  3. a et b Bechtel, Edwin de Turk. 1949, reprinted 2010. Our Rose Varieties and their Malmaison Heritage. The OGR and Shrub Journal, The American Rose Society
  4. Thomas, Graham Stuart (2004). The Graham Stuart Thomas Rose Book. London, England: Frances Lincoln Limited. ISBN 0-7112-2397-1
  5. a et b Brenner, Douglas, and Scanniello, Stephen (2009). A Rose by Any Name. Chapel Hill, North Carolina: Algonquin Books.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Gérard Hubert, Réunion des musées nationaux Musée national des châteaux de Malmaison et de Bois Préau : guide, Éditions de la Réunion des musées nationaux, 1986
  • Jean-Claude Fauveau Joséphine l'impératrice créole. l'esclavage aux Antilles et la traite pendant la Révolution française Éditions L'Harmattan 2010.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Liens externes[modifier | modifier le code]