Abbaye de Cadouin

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Abbaye de Cadouin
Image illustrative de l'article Abbaye de Cadouin
Vue de l'ancien palais abbatial, actuel château de la Ferté

Diocèse Sarlat
Numéro d'ordre (selon Janauschek) XI (11)[1]
Fondation 1115
Début construction 1115
Dissolution 1791
Abbaye-mère Abbaye de Pontigny
Lignée de Abbaye de Pontigny
Abbayes-filles 021 - Gondon
026 - Bonnevaux
274 - Ardorel
275 - La Faise
440 - Saint-Marcel
Période ou style Roman
Protection Logo monument historique Classée MH (1840)
 Patrimoine mondial (1998)

Coordonnées 44° 48′ 40″ N 0° 52′ 25″ E / 44.811111, 0.87361144° 48′ 40″ Nord 0° 52′ 25″ Est / 44.811111, 0.873611  [2]
Pays Drapeau de la France France
Province Duché d'Aquitaine
Département Dordogne
Commune Le Buisson-de-Cadouin
Site http://www.amisdecadouin.com/

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Abbaye de Cadouin

Géolocalisation sur la carte : Dordogne

(Voir situation sur carte : Dordogne)
Abbaye de Cadouin

L'abbaye Notre-Dame de la Nativité de Cadouin[3] est un ancien monastère créé en 1115 en Dordogne, sur le territoire de l'ancien village de Cadouin. Cet établissement rejoint l'Ordre cistercien en 1119. L'abbatiale fut consacrée en 1154.

L'ancienne abbaye de Cadouin est classée monument historique en 1840[4].

Elle est inscrite en 1998 sur la liste du patrimoine mondial par l'UNESCO au titre des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France[5].

Fondation de l'Abbaye[modifier | modifier le code]

L'ermite Géraud de Salles fonde, au nom de Robert d'Arbrissel, un établissement de moines dans un vallon à l'écart de la vallée de la Dordogne en 1115.

Sentant la fin de sa vie proche, Robert d'Arbrissel cède à son ami les deux lieux situés dans la forêt de Cadouin, le Val Seguin et la Sauvetat. Il l'abandonne à leur pouvoir et à leur volonté ainsi qu'il le manifeste devant des personnalités importantes telles que le duc Foulque V d'Anjou et l'abbesse de l'abbaye de Fontevraud, Pétronille de Chemillé[6].

L'église[modifier | modifier le code]

Plan des bâtiments monastiques.

L'église abbatiale de Cadouin est une église romane de trois nefs avec quatre travées voûtées en berceau brisé. Elle est consacrée en 1154.

La façade occidentale, à la saintongeaise, se présente comme un grand mur austère et massif, avec un porche à quatre rouleaux en son centre, trois grandes baies, en plein centre et plusieurs arcatures aveugles. L'intérieur est marqué par la sobriété de la décoration. La croisée du transept est dominée par une superbe coupole à pendentifs. Le chœur est décoré de chapiteaux aux motifs végétaux traditionnels dans l'architecture cistercienne primitive. Les chapiteaux de la nef sont en revanche plus frustes.

L'église possède la particularité d'être percée de trois oculi (petite fenêtre ronde) alignées, une sur la façade et deux sur la coupole. À chaque équinoxe ces oculi sont traversées par un rayon de soleil, matérialisant l'orientation symbolique de l'église vers l'Orient.

Le cloître[modifier | modifier le code]

Le cloître, de fonds roman, est décoré du XVe au XVIe siècle. Des colonnes richement sculptées supportent des voûtes compliquées. Dans la galerie nord, on trouve un magnifique siège abbatial en pierre. Aux angles se trouvent des portes flamboyantes du XVe siècle et des portes Renaissance du XVIe siècle. Autour du cloître se trouvent des bâtiments abbatiaux restaurés aux XVIIe siècle et qui abritent aujourd'hui une auberge de jeunesse[7].

Le suaire de Cadouin[modifier | modifier le code]

Saint-Suaire de Cadouin, en réalité voile de la période fatimide, tissé en Égypte sous le règne du calife Al-Mustalî (1094 -1101)

Probablement entre 1201 et 1214 (date de la première mention du Suaire dans un acte de Simon IV de Montfort), l'abbaye entre en possession du « Suaire du Christ » et le conserve, durant plusieurs siècles. Cette relique insigne vaut à l'abbaye de Cadouin de devenir un lieu de pèlerinage important, sur le chemin de Compostelle.

Le pèlerinage de Cadouin décline pendant les guerres de religion, mais est relancé en 1644, par la publication d'un procès-verbal d'authenticité de Mgr de Lingendes. Les abbés Louis d'Arodes (1660-1666) et Pierre Mary (1666-1696) profitent de cette embellie, avant un déclin qui dure jusqu'à la Révolution et la dispersion des moines.

Le Saint-Suaire est sauvé de l'incendie par le maire de Cadouin, qui le cache sous son plancher, jusqu'à ce qu'il puisse être rendu au culte le 8 septembre 1797. Cependant, il ne fait l'objet que d'un pèlerinage paroissial jusqu'à ce que Mgr Dabert, évêque de Périgueux, le relance en 1866, regain de ferveur qui dure jusqu'en 1934.

À cette date, un historien jésuite détermine la date de l'objet grâce à la présence de bandes décoratives ornées d'un texte. Il y relève une inscription en coufique, style d'écriture de l'alphabet arabe. Ouvert par la « fatiha », la profession de foi islamique, le texte indique ensuite que le voile fut tissé à l'époque de Al-Musta'li, calife de l'Égypte fatimide, et de son vizir El Afdal, à l'extrême fin du XIe siècle. Dès le lendemain de la publication de cette information, l'évêque de Périgueux annule le pèlerinage à Cadouin, qui perdit là une grande partie de ses revenus.

Habituellement visible dans le cloître de l'abbaye, le suaire, exceptionnel tissu fatimide intact (un seul autre est connu), est parti en restauration à Périgueux en juillet 2005. Un fac-similé sera bientôt présenté au public.

Article détaillé : Voile de Sainte-Anne.

Depuis près de 20 ans, sous l'égide des « Amis de Cadouin », un colloque historique et archéologique réunit les passionnés de Cadouin chaque année fin août.

Protection royale[modifier | modifier le code]

Au Moyen Âge, cette abbaye était soutenue par les rois de France. Ainsi, en 1482, Louis XI octroya 4 000 livres tournois de rente aux religieux, abbé et couvent de l'abbaye de Cadouin[8].

Galerie[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (la) Leopold Janauschek, Originum Cisterciensium : in quo, praemissis congregationum domiciliis adjectisque tabulis chronologico-genealogicis, veterum abbatiarum a monachis habitatarum fundationes ad fidem antiquissimorum fontium primus descripsit, t. I, Vienne, Puthod,‎ 1877, 491 p. (lire en ligne), p. 96
  2. Relevée sur Google Maps
  3. Jacques Gardelles, Aquitaine gothique, Picard, Paris, 1992,, p. 121-126, (ISBN 978-2-7084-0421-2)
  4. « Classement de l'ancienne abbaye de Cadouin », base Mérimée, ministère français de la Culture. Consulté le 27 août 2009
  5. « Site officiel de l'Unesco. »
  6. Revue 303, no 67, L'Abbaye de Fontevraud, Réédition 2008
  7. Auberge de jeunesse de Cadouin
  8. « De par le roy. Noz amez et feaulx, en l'onneur et reverence du Saint Suaire qui est en l'église et abbaye de Cadouyn, nous avons donne aux religieux, abbe et couvent de ladicte abbaye la somme de IIII m livres tournois de rente, ainsi que pourrez veoir par les lettres dudit don. Et pour ce singulierement desirons icellui don avoir et sortir son effect, a ce que soyons deschargez des veu et promesse que avons faiz touchant ceste matiere, nous voulons et vous mandons que, lesdictes lettres de don et admortissement d'icelluy vous seront presentees, que les vérifiez et expediez, selon leur forme et teneur, sans y faire aucun reffuz ou difficulte ; car c'est l'une des choses du monde que avons plus a cueur. Et pour ce, gardez comment que ce soit, qu'il n'y ait point de faulte. Donne a Mascon, le XIIIe jour d'avril. LOYS. G.BRICONNET. A noz amez et feaulx les gens de nostre court de parlement a Paris. Recepte viij maii M° CCCC° octogesimo secundo. » (Archives nationales, X1A 9318, fol.69 ; publiée par Joseph Vaesen et Étienne Charavay, Lettres de Louis XI, tome IX, p. 205-206, Librairie Renouard, Paris 1905). Le parlement, dans sa séance du Conseil, du 21 mai 1482, donna satisfaction à la volonté du roi par la décision suivante : « Mardi, XXIe jour de may, au Conseil, en la Grant Chambre… La court a ordonne que, sur les lettres octroiees par le roy aux religieux, abbe et couvent de Cadoyn, par lesquelles ledit sgr leur a donne quatre mil livres de rente, sera mis et escript Lecta publicata et registrata… ». (Archives nationales, Parlement, Conseil, X1A 1490, fol.107)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Amis de Cadouin, depuis 1994 : Actes des colloques annuels, renseignements au cloître de Cadouin.
  • B. et G. Delluc, « Le suaire de Cadouin : une toile brodée », dans Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, 110, 1983, p. 162-179, 10 fig.
  • B. et G. Delluc, Cadouin. Une aventure cistercienne en Périgord, PLB Éditeur, Le Bugue, 1990, 167 p., nombreuses ill. in et h.t., cartes, plans et coupes (nouvelle édition revue et augmentée.
  • B. et G. Delluc, « L'archéologie cistercienne de Cadouin », dans Bull. de la Soc. hist. et arch. du Périgord, 125, 1998, p. 383-405, ill. et plan.
  • B. et G. Delluc, Le Suaire de Cadouin et son frère le voile de sainte Anne d’Apt (Vaucluse). Deux pièces exceptionnelles d’archéologie textile, Bull. de la Soc. hist. et arch. du Périgord, 128, 2001, p. 607-626, ill.
  • B. et G. Delluc, Louis Delluc (1890-1924), l’éveilleur du cinéma français au temps des années folles, Pilote 24 et Les Indépendants du premier siècle, Périgueux, Paris, 2002, 500 p., ill.(L. Delluc est natif de Cadouin).
  • B. et G. Delluc, Visiter l'abbaye de Cadouin, Sud Ouest, 2008, 32 p., nombreuses ill. (nouvelle édition revue)
  • Jacques Gardelles, L'abbaye de Cadouin, p. 146-178, dans Congrès archéologique de France. 137e session. Périgord Noir. 1979, Société Française d'Archéologie, Paris, 1982

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]