Site archéologique de Tintignac

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Site archéologique de Tintignac
Le sanctuaire en cours de fouilles durant l'été 2013
Le sanctuaire en cours de fouilles durant l'été 2013
Localisation
Pays Drapeau de la France France
Région Limousin
Département Corrèze
Commune Naves
Protection Logo monument historique Classé MH (1840)
Coordonnées 45° 20′ 00″ N 1° 45′ 28″ E / 45.3333, 1.757945° 20′ 00″ Nord 1° 45′ 28″ Est / 45.3333, 1.7579  
Altitude 490 m

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Site archéologique de Tintignac
Site archéologique de Tintignac

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Site archéologique de Tintignac
Site archéologique de Tintignac

Le site archéologique de Tintignac situé à Naves en Corrèze est caractérisé par la superposition d'un sanctuaire gaulois et d'un temple gallo-romain et par la qualité des découvertes, en particulier un dépôt gaulois contenant des objets méconnus et exceptionnels tels que des trompettes de guerre et des casques fabuleux [1]. Le site a fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques sur la liste de 1840[2].

Situation[modifier | modifier le code]

Le site archéologique se trouve au nord du plateau de Naves, entre les deux sommets les plus élevés de la zone (le Puy de l’Aiguille (509 m) dont il occupe le versant oriental, et le Peuch Redon (501 m)) et à proximité de la source du ruisseau de la Vigne.

La commune de Naves, est située à 8 km au nord de Tulle (Corrèze). Le site est accessible depuis la sortie « Tulle Nord » sur l'A89, distante de seulement 250 m.

Le lieu domine les environs et borde une ancienne voie importante (itinéraire présumé reliant la Méditerranée à l'Armorique). Autour du sanctuaire, les recherches récentes menées depuis 2003 ont montré l'existence d'une occupation ponctuellement assez dense mais dispersée, aussi bien à l'époque gauloise que durant la période gallo-romaine. Le sanctuaire fait donc plutôt partie de ce qu'on appelle une "agglomération secondaire", que d'une véritable ville.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Attesté avec la graphie occitane Tintinhac au XIIe ou XIIIe siècle (Arnaud de Tintignac)

Il est tentant de rapprocher ce nom de Tintigny (Belgique, Tintiniacum 1090) et de Tinténiac (Bretagne) qui contient le nom de personne d'origine latine Tintinius d'après Albert Dauzat et Charles Rostaing[3].

Le second élément est le suffixe -acum « lieu de », « propriété de ».

Bâtiments[modifier | modifier le code]

La fonction du site est d'abord religieuse puisqu'y a été découvert un sanctuaire gaulois, remplacé par un ensemble monumental religieux gallo-romain (constitué d'un fanum, d'un théâtre, d'un bâtiment en hémicycle et d'un autre édifice appelé au XIXe siècle « tribunal à deux basiliques ».

Le sanctuaire gaulois se compose d'une aire sacrée délimitée par une imposante palissade. Au centre ont été découvertes les empreintes d'un bâtiment de bois plusieurs fois reconstruit. À la période gallo-romaine, deux fana s'implantent sur les vestiges du sanctuaire gaulois. Ils évolueront en un grand et luxueux temple doté de deux cellae. Plus tard, à partir de la première moitié du IIe siècle de notre ère, deux autres bâtiments, dont la fonction exacte n'a pu être clairement définie, sont ajoutés : le fameux "Tribunal" et l'édifice semi-circulaire, unique de par sa morphologie et ses dimensions. Le théâtre de type gallo-romain a été accolé à ce dernier plus tard à l'est.

Histoire du site[modifier | modifier le code]

Redécouverte[modifier | modifier le code]

Après son abandon, le site est redécouvert au xixe siècle et est classé sur la Liste des monuments historiques protégés en 1840. Prosper Mérimée, inspecteur général des monuments historiques et Abel Hugo visitent le site.

Découvertes au xxie siècle[modifier | modifier le code]

En septembre 2004, une fosse gauloise renfermant près de 500 fragments d'objets en fer et en bronze a été mise au jour. Parmi ces objets, une dizaine d'épées et de fourreaux en fer, des fers de lance, un umbo de bouclier, une dizaine de casques en bronze et en fer dont un prend la forme d'un oiseau (une grue ou un cygne, oiseau que l’on retrouve sur certaines statères lémovices), 2 têtes d'animaux dont une de cheval, 1 corps d'animal en connexion avec les deux pattes arrière, 1 patte avant, un chaudron, et sept carnyx (dont un presque entier, trompettes de guerre). C'est la première fois que des objets de ce type sont découverts en contexte sur un sanctuaire gaulois. Ces objets uniques appartenant au monde militaire et religieux gaulois sont en cours d'étude par l'équipe dirigée par Christophe Maniquet, responsable scientifique du site de Tintignac. Lors de la campagne de fouilles en 2009, en descendant dans un puits d'une profondeur de 13 mètres, a été découvert un aqueduc de 2 m de hauteur praticable sur 10 m vers l'est.

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Conservation[modifier | modifier le code]

Les pièces gauloises de ce site archéologique après avoir été restaurées par le laboratoire Materia Viva de Toulouse et exposées à Tulle, entament une tournée mondiale qui a débuté à Berne (Suisse).

Futur du site[modifier | modifier le code]

Il est toujours question d'un musée à proximité du site. Une aire de repos et un circuit de visite du site seront ouverts fin 2014 en partenariat avec ASF

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Christophe Maniquet, Le sanctuaire antique des Arènes de Tintignac, Culture et Patrimoine en Limousin,‎ 2004, 123 p. (ISBN 2-911167-38-4)
  • Christophe Maniquet, Comment les Gaules devinrent romaines : Le dépôt d'armes, d'instruments de musique et d'objets gaulois du sanctuaire de Tintignac à Naves, Paris, La découverte,‎ 2010, 21 à 34 p.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dossier pour la science, no 61, octobre 2008.
  2. « Notice no PA00099815 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  3. Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France, Librairie Guénégaud 1979. p. 678.