Abd el-Kader

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Abd el-Kader
عبد القادر

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Portrait d'Abd el-Kader par Jean-Baptiste-Ange Tissier, 1852, musée de Versailles.

Nom de naissance Abd el-Kader ben Muhieddine
Alias
Émir Abd el-Kader, commandeur des croyants (Emir el-Moumenin)
Naissance 6 septembre 1808
El Guettana, Algérie
Décès 26 mai 1883 (à 74 ans)
Damas, Syrie
Pays de résidence Algérie (État d'Abd el Kader)
France
Syrie
Profession
Homme politique, chef militaire, chef spirituel
Activité principale
Chef militaire[1], chef d'État
Autres activités
Conjoint
Lalla Kheira[2]

Abd el-Kader ben Muhieddine (arabe : عبد القادر بن محي الدين), plus connu comme l'émir Abdelkader, né en 1808 à El Guettana (actuelle wilaya de Mascara) et mort le 26 mai 1883 à Damas (Syrie), est un homme politique et chef militaire algérien, ainsi qu'un écrivain, philosophe et théologien soufi.

Surtout connu pour avoir résisté de 1832 à 1847 à la conquête de l'Algérie par la France, il est considéré en Algérie comme un symbole du combat contre le colonialisme et contre la domination française[3] et comme étant à l'origine de l’État algérien moderne [Note 1],[4].

En France, il fut considéré comme un adversaire honorable, un « Jugurtha moderne[5] », et même, après son retrait en Syrie, comme un « ami », en raison de la protection qu'il donna en 1860 aux Chrétiens de Syrie[Note 2], qui lui valut d'être fait grand-croix de la Légion d’honneur et titulaire de l’ordre de Pie IX[4].

Contexte historique[modifier | modifier le code]

La vie d'Abd el-Kader se déroule principalement dans le cadre de la Régence d'Alger, État apparu au début du XVIe siècle, dépendant formellement de l'Empire ottoman, mais jouissant au début du XIXe siècle d'une grande autonomie. La Régence est sous l'autorité du Dey d'Alger, qui dirige directement la région d'Alger, tandis que trois beys dirigent les beyliks de Constantine, Médéa et Oran.

À partir de 1827, la Régence est en conflit diplomatique avec la France de Charles X, qui en 1830, décide d'envoyer un corps expéditionnaire à Alger. La prise de la ville marque le début de la colonisation française. Dans les vingt années qui suivent, l'opposition aux premières phases de la colonisation s'incarne dans deux personnalités agissant séparément : Abd el-Kader dans l'Ouest et le Centre, et Ahmed, bey de Constantine, dans l'Est.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines familiales[modifier | modifier le code]

La date de naissance d'Abd el-Kader n'est pas certaine : il naît probablement le 6 septembre 1808, dans le beylik d'Oran, à El Guettana (ou El Guetena, El Guetna), village proche de Mascara, au sein d'une famille originaire de la paysannerie algérienne[6],[7].

Il est le troisième fils d'un lettré musulman, Sidi Muhieddine (ou Mahieddine) Ibn Mostafa, cheikh de l'ordre soufi de la Qadiriyya et auteur d'un « Kitab irshad al-muridin » à destination des novices dans la gnose[8]. Sa mère, Zohra (seconde épouse[9] de Muhieddine), est une femme cultivée, fille du cheikh Sidi Boudouma, chef d'une zaouïa assez influente de Hammam Bou Hadjar (actuelle Wilaya d'Aïn Témouchent).

Monument de l'Émir-Abd-el-Kader (Oran)

Selon les historiens, l'émir Abd el-Kader fait remonter ses origines d'une part à la tribu berbère des Banou Ifren[10],[11] (Zénètes). Pour d'autre, l'émir serait un des descendants du prophète (« rassul ») Mahomet[12], à travers la généalogie suivante : Abd el-Kader ibn Muhieddine, ibn Mostafa (qui s’est installé définitivement dans la plaine d’Ighriss), ibn Muhammad, qadi, ibn Ahmed, ibn Muhammad, ibn Abdel-Kaoui, ibn Ali, ibn Ahmed, ibn Khaled, ibn Yussef, ibn Ahmed, ibn Bachar, ibn Muhammed, ibn Massoud, ibn Taous, ibn Yacoub, ibn Abdelkaoui, ibn Ahmed, ibn Muhammad, ibn Idriss II[13], ibn Idriss I, ibn Abdallah El Kamel, ibn Hassan El Muthana, ibn Hassan Essabt, ibn Fatima Zahra bint Rassul Allah.

Cette ascendance est mentionnée par Abd el-Kader lui-même, par exemple dans sa lettre à Napoléon III en décembre 1852[14].

Enfance et jeunesse[modifier | modifier le code]

L'éducation d'Abd el-Kader

Enfant précoce, il sait lire et écrire dès l'âge de cinq ans ; à huit ans (1816), il fait avec son père le pèlerinage à la Mecque (le Hajj). Il est autorisé à commenter le Coran et les traditions prophétiques à douze ans ; deux ans plus tard, il reçoit le titre de hafîz, destiné à ceux qui savent le Coran par cœur, en entier[15].

Son éducation se poursuit chez son oncle paternel, Ahmed Bilhar, par l'étude du Coran et les principes des sciences physiques et morales, de la géométrie et de l'astronomie, la gymnastique, l'équitation et le maniement des armes. Muhieddine envoie ensuite son fils à Oran, où il passe dix-huit mois auprès d'un autre lettré, Sidi Ahmed ben-Kodja, qui lui enseigne la politique.

Il s'avère doué d'un esprit curieux et d'une mémoire phénoménale grâce à laquelle, en captivité, il pourra citer les philosophes grecs et de nombreux autres écrits (dont la Muqaddima d'Ibn Khaldun) sans les avoir à sa disposition[16]. Sa culture lui permettra de parler de Platon, de Pythagore ou d'Aristote, ou de se plonger dans l'étude d'ouvrages évoquant « de l'ère des Califes, l'histoire ancienne et moderne, la philosophie, la philologie, l'astronomie, la géographie, et même des ouvrages de médecine. »[17].

Place de l'Émir-Abd-el-Kader (Alger)
Mémorial de l'Émir-Abd-el-Kader (Mascara)

Vers le milieu des années 1820, il épouse sa cousine Kheïra (et une sœur d'Abd el-Kader épousera le frère de Kheïra), fille d'un oncle maternel Abu Taleb[18].

Le second pèlerinage à La Mecque (1826)

En 1826[19], il fait un second voyage à la Mecque et à Médine, avec son père et d'autres pèlerins ; embarqué à Tunis sur Le Castor, brick de commerce du capitaine français Jovas, il passe par Alexandrie. Pendant son séjour en Égypte, Abd el-Kader et son père sont frappés par les changements que le vice-roi Méhémet Ali vient d'apporter à son armée et par les améliorations dans l'administration de ses États, lui assurant une quasi indépendance vis-à-vis des Ottomans comme des Anglais et des Français.

De La Mecque, ils vont à Bagdad, au tombeau du marabout Sidi Abd el-Kader el-Djilani (aussi nommé « el-Djilali » en Algérie), fondateur de la Qadiriyya, qui a des chapelles (koubbah) à Alger et à travers toute l'Algérie. C'est près du tombeau que, selon la tradition, Muhieddine aurait reçu l'annonce d'un destin exceptionnel pour son fils[19].

Les prophéties sur le destin d'Abd el-Kader

À leur retour, ils racontent que d'anciennes prophéties annonçaient qu'Abd el-Kader deviendrait un jour le « sultan des Arabes ». Les populations arrivent en foule au douar des Hachem, où ils passent leurs journées en prières, dans leurs tentes. Les offrandes étaient du grain, du bétail, mais aussi des chevaux, de l'or, de l'argent et des armes.

Cette mobilisation autour de la vénération qu'ils s'étaient acquise, inquiète le gouverneur d'Oran, Hassan-Bey : pour mettre un terme à l'influence et à ces menées révolutionnaires, il prononce la peine de mort contre le père d'Abd el-Kader.

Les débuts de la colonisation française (1830-1832)[modifier | modifier le code]

Cette condamnation survient au moment de la prise d'Alger par les Français en 1830.

Mahieddine, le vieux marabout, se met à prêcher la « guerre sainte », dont l'objectif est la prise d'Oran. Des milliers de musulmans accourent et se rangent sous ses ordres ; le gouverneur d'Oran, Hassan-Bey, en fuite, demande asile à celui dont il avait mis la tête à prix. Le marabout étant sur le point d'accepter de lui offrir l'hospitalité, Abd el-Kader s'y oppose énergiquement et Hassan doit se rendre quelques jours plus tard aux troupes françaises. Mahieddine, devenu chef de l'insurrection, marche avec ses troupes d'abord contre la garnison turque de Mascara, qu'il massacre sans pitié ; puis il combat courageusement les Français sous les murs d'Oran ; Abd el-Kader y acquiert la réputation de baraka - il aurait été à l'abri des balles et des boulets et aurait eu deux chevaux tués sous lui. Son burnous blanc « rougi du sang des siens », est ensuite conservé comme une relique.

L’Emir Abdelkader en Kabylie (1838-1839)

Néanmoins, la prise d'Alger et d'Oran par les Français signifie la fin de l'administration de l'empire ottoman et le début de la colonisation de l'Algérie par la France. Les tribus nomades locales semblent avoir recouvré leur liberté, mais s'inquiètent devant l'extension de la conquête française. La soumission du bey de Mostaganem, Ibrahim, accélère le processus d'unification des tribus : une assemblée générale des chefs se réunit pour procéder à l'élection d'un sultan le 21 novembre 1832 dans la plaine de Ghris, à Ersebia.

Il est d'abord question d'attribuer cette fonction à Mahieddine, mais il refuse en disant que le marabout Sidi El-Atrrach est plus digne que lui d'un si grand honneur. Le conseil se retire pour se réunir le lendemain. D'après la légende, Sidi El-Atrach, tout juste arrivé, aurait déclaré en élevant les mains vers le Ciel : « Frères, cette nuit, le célèbre marabout Mahi Abd el-Kader m'est apparu au milieu de sa gloire, et m'a dit : "Sidi El-Atrrach, retiens bien ces paroles d'où dépend le salut de notre race. Je ne connais qu'un seul homme qui, par ses vertus, son courage et son intelligence -, soit digne de commander aux Arabes : c'est Abd el-Kader, troisième fils de Mahieddine. Je t'ordonne donc de répéter demain au conseil ce que tu viens d'entendre. Allah et son prophète s'intéressent à la cause de ses enfants et veulent qu'elle triomphe." ». Et Mahieddine d'ajouter : « J'ai entendu les mêmes paroles que Sidi El-Atrrach, et j'ai reçu les mêmes ordres, mais je mourrai dans l'année qui suivra l'avènement de mon fils. Telle est la prophétie de mon aïeul. »

Abd el-Kader décline ce titre de sultan, lui préfèrant celui plus modeste, d'« émir » : les chefs s'inclinent et lui présentent le burnous violet.

L'émir Abd el-Kader (1832-1838)[modifier | modifier le code]

Abd el-Kader

Premières opérations[modifier | modifier le code]

Le nouvel émir se met à son tour à prêcher la guerre sainte. Il s'efforce de créer une force militaire permanente. Voyant l'armée française composée en grande partie d'infanterie, il forme un corps de cavalerie capable d'attaquer et de poursuivre ou d'éviter un combat inégal. Ce premier corps ne compte d'abord que 400 hommes. Pour entretenir des bataillons réguliers, il lève des taxes sur les marchandises et des impôts et fait bâtir des magasins de vivres, d'armes et de munitions.

Les premiers coups de main contre les Français ont lieu dans l'Ouest de l'Algérie et l'opposent au général Louis Alexis Desmichels, gouverneur de la province d'Oran. En mai 1833, les Français remportent plusieurs victoires et Desmichels s'empare de Mostaganem. L'émir, indigné de voir les Musulmans venir approvisionner les marchés français, fait enlever le chef d'Arzew qui vient de se soumettre, et le conduit à Mascara où il est condamné à mort. Au mois d'octobre de la même année, ses troupes attaquent l'escorte de la commission d'Afrique, forte de 1 800 hommes, près d'Aïn-el-Bidha, mais sont battues .

À la mort de son père (1833), Abd el-Kader se retire quelque temps à Mascara, puis revient à la tête de ses troupes. Il fait bloquer la ville d'Oran par la tribu des Rharaba et couper toute communication avec Mostaganem par la tribu des Hachem. La tactique réussit, les arrivages cessent sur les marchés français.

Les tribus soumises cherchèrent à se détacher des Français. Abd el-Kader, profitant de l'état des esprits, tendit un piège aux Français : quatre furent faits prisonniers et un cinquième tué. Le général Desmichels lui écrivit pour réclamer les soldats. Abd el-Kader refusa, terminant sa réponse par un défi. Le général Desmichels, après le combat, fit renvoyer les femmes et les enfants des douars tombés aux mains des Français.

Le traité du 24 février 1834[modifier | modifier le code]

Lorsqu'après cette sortie les marchés d'Oran se furent un peu approvisionnés, le général Desmichels écrivit de nouveau à Abd el-Kader pour lui demander une entrevue que l'émir refusa pour marquer son rang souverain, au-dessus des généraux français (il ne daigna accorder la faveur d'une entrevue qu'au maréchal Bugeaud, au général de Lamoricière et au duc d'Aumale). Abd el-Kader répondit à la lettre du général Desmichels que l'Islam lui interdisait de se soumettre aux envahisseurs, mais qu'il lui permettait d'accepter une paix si elle lui était proposée. Il sentait alors le besoin de cesser les hostilités contre les Français, et malgré les revers que ces derniers éprouvèrent près d'Oran, dans un lieu nommé Dar-el-Bidah (« Maison blanche »), il continua les négociations entamées, en engageant son agha, Mouloud ben Atrrach et le caïd Ouled Mahmoud, pour s'entendre en dehors d'Oran, avec le séfarade Mandoukaï Amar, sur les bases d'un traité de paix qui allait être passé entre la France et lui. Abd el-Kader insistait pour avoir Mostaganem, mais se voyant refuser sur ce point, il demanda Arzew, où il parvint à établir de fait son autorité sans l'accord des Français.

Ils arrivèrent à un accord sur les trois dispositions suivantes du traité[20] :

  1. cessation des hostilités entre les Arabes et la France ;
  2. liberté du commerce pleine et entière ;
  3. remise immédiate des prisonniers.

Les négociateurs d'Abd el-Kader (civils et militaires de la province), amendèrent avec habileté une partie des conditions posées par les Français et le traité fut signé le 24 février 1834.

Drapeau de statut incertain, attribué parfois à l'Émirat d'Abdelkader[21]

Révoltes contre Abd el-Kader[modifier | modifier le code]

La paix étant rétablie, l'autorité d'Abd el-Kader fut alors remise en cause par des tribus liées au pillage : les aghas Benaouda Mazari, chef des Zmalas, et Mustapha ben Ismael, chef des Douars qui avait été agha avant la conquête, ne voulaient pas se soumettre à quelqu'un qu'ils considéraient comme un usurpateur. Ils se joignirent à un autre chef, l'agha Kadour Ben El-Morsly, placé à la tête des Bordja et chef des Beni Aâmer (Nomade), une des plus populeuses tribus de la province, qui refusaient de continuer à payer zakât (l’achour), alléguant que la cessation de la guerre rendait cet impôt inutile et qu'ils ne reconnaissaient pas pour leurs maîtres les infidèles et leurs alliés.

Abd el-Kader rassembla au plus vite ses cavaliers dans les environs de Mascara et surprit plusieurs villes laissées sans défense. Mais il eut l'imprudence d'établir son camp sur la lisière de la forêt de Zétoul, dans le pays des rebelles. Au milieu de la nuit, les Douars mirent en fuite une partie de ses troupes, enlevèrent son camp au galop, et le forcèrent à rentrer presque seul à Mascara. À cette nouvelle, Sidi el-Aribi leva l'étendard de la révolte, les autres chefs des mécontents imitèrent son exemple, et Abd el-Kader se vit entouré d'ennemis.

Au lieu de profiter de ces divisions, les Français intervinrent contre les révoltés de sorte qu'ils rendirent Abd el-Kader plus puissant après cet échec qu'il ne l'était auparavant. Mustapha ben Ismael, Benaouda Mazari et Kadour Ben El-Morsly, instigateurs de l'insurrection, avaient pourtant écrit aux généraux Théophile Voirol et Louis Alexis Desmichels qu'ils s'engageaient au nom des tribus insurgées à se reconnaître sujets de la France, à renverser Abd el-Kader et à amener la soumission des troupes de l'émir. Mais le général Louis Alexis Desmichels, les jugeant peu sûrs préféra protéger Abd el-Kader.

Soutenu par les Français et maître de la vaste province d'Oran, depuis le Chlef jusqu'à l'empire du Maroc (non inclus), il suivit l'exemple du pacha d'Égypte, dont il avait étudié la politique, et, s'appuyant sur la défense faite aux musulmans de traiter directement avec les chrétiens, il se constitua le négociant de ses États puis s'opposa à ce que les Français puissent visiter Tlemcen, sous prétexte que les Arabes et les Juifs n'aimaient pas voir des étrangers chez eux.

Bientôt, il forma le projet de s'emparer de deux provinces de l'est et du centre et de constituer un État maure sur les hauts plateaux, laissant la côte algérienne aux Français. Il prit un moyen détourné pour arriver à son but : il écrivit que, grâce à lui, toute la province d'Oran était maintenant pacifiée, que l'Est commençait à s'agiter, mais qu'il engageait les généraux Français à ne point s'y rendre, qu'il se chargeait de faire rentrer lui-même les tribus insurgées dans la soumission. Mais le général Théophile Voirol refusa ces propositions.

L'attitude d'Abd el-Kader inquiéta une secte de fanatiques, qui fit éclater une révolte contre lui, en prêchant la guerre sainte, avec à leur tête d'importants personnages, entre autres, le frère d'Abd el-Kader, Sidi Mustapha, ancien caïd des Flittas. Les Français prirent encore parti pour Adb el-Kader et l'armée de l'émir parvint à mater cette révolte.

Relations avec les Français[modifier | modifier le code]

Un incident donna à Abd el-Kader l'occasion de sortir de sa province. Un chéliff nommé Hadji Mouça, qui prétendait avoir trouvé le moyen d'empêcher les canons et les fusils des infidèles de partir, s'empara de Médéa et de Miliana à la tête d'importantes troupes, mais Abd el-Kader l'attaqua et le défit entièrement.

De ce fait, en passant le Chéliff, L'émir avait violé les conventions avec la France, mais, vu le service qu'il venait de rendre, les Français le laissèrent établir Hadj-el-S'ahit comme khalifet de Medeah, et réclamer le zakât (« dîme »). Le gouverneur général d'Erlon envoya cependant auprès de lui un officier d'état-major chargé de le tenir au courant des entreprises de l'émir. Mais cet officier, ne comprenant pas l'arabe, ne faisait guère de tort à Abd el-Kader, qui lui donnait facilement le change.

Le remplacement à Oran du général Desmichels par le général Trézel entraîna le retour des hostilités. Le nouveau gouverneur entreprit très rapidement de détacher les tribus les plus puissantes de la cause de l'émir. Les Douairs et les Zmala se déclarèrent sujets de la France, sous la condition d'une protection efficace.

Le comte d'Erlon refusa de sanctionner cette mesure ; Abd el-Kader, instruit des dissensions qui existaient entre les généraux, persécuta les tribus soumises : celles-ci s'adressèrent au général Trézel, qui leur aurait alors répondu : « la parole d'un général français est sacrée ; dans une heure, je serai au milieu de vous ». Et sans hésiter, il sortit d'Oran à la tête de deux mille hommes bien armés, le 26 juin 1835. Il livra dans la forêt de Mousa-Ismaël un brillant combat, où le colonel Oudinot, frère de Nicolas Oudinot, trouva la mort. Mais les Français furent battus à la bataille de la Macta (26 juin 1835) et perdirent près de 800 hommes dont 15 officiers.

À la fin de 1835, le maréchal Bertrand Clauzel marcha sur Mascara à la tête de onze mille hommes. Le duc d'Orléans se distingua par sa bravoure dans cette expédition. Les troupes de l'émir, battues au Sig, à Abra, à Tafna, à Idbar, se dispersèrent et le laissèrent presque seul.

Le traité de la Tafna (1837)[modifier | modifier le code]

Articles connexes : Traité de Tafna et Massacre des Ben Zetoun.

Abd el-Kader ne tarda pas à se faire de nouveaux partisans et à rappeler à lui les tribus qui l'avaient abandonné. Ayant appris l'échec de la première expédition contre Constantine menée par les Français, il crut le moment propice pour reprendre les hostilités dans la province d'Oran. Il sut bientôt que le général Bugeaud devait marcher contre lui ; mais ce général, éprouvant quelques difficultés dans les moyens de transport, et voulant restreindre les hostilités à la province de Constantine qui allait être le théâtre d'une seconde expédition, conclut en 1837 avec l'émir le traité de Tafna, qui sera par la suite source de malentendus.

Les critiques experts dirent que cette convention rendait l'émir maître de l'ancienne régence d'Alger, sauf la province de Constantine, que dans chacun des articles on le traite d'égal à égal, et on reconnaît sa souveraineté indépendante, que la convention n'a aucune garantie, puisqu'elle repose uniquement sur le caractère moral et religieux d'Abd el-Kader, etc.

Entrevue entre Abd el-Kader et Bugeaud

Après l'échange du traité, le général Bugeaud fit proposer une entrevue à l'émir pour le lendemain. Le rendez-vous était à neuf heures du matin, près de Tafna. Le général y fut à neuf heures, accompagné de six bataillons d'infanterie, de dix escadrons de cavalerie et de quelques pièces de campagne. L'émir n'y vint pas à l'heure convenue. Vers deux heures, des cavaliers arabes annoncèrent qu'il avait été malade et marchait lentement. Les Français marchèrent sans défiance plus d'une heure dans le détour d'une gorge étroite, entrecoupée de collines. Enfin le général aperçut l'escorte de l'émir, rangée en bon ordre sur des mamelons épars. La maladie de l'émir était feinte, et le général français avait l'air d'être venu pour lui rendre hommage. Les officiers de l'escorte eurent quelques moments d'hésitation, se croyant dans un guet-apens ; Bou-Amedy, chef de la tribu des Oulanahs, qui marchait au milieu d'eux, s'en aperçut et dit au général Bugeaud : « Sois tranquille, n'aie pas peur. — Je n'ai peur de rien, répondit le général, je suis accoutumé à vous voir en face. Seulement je trouve indécent que ton chef m'ait fait venir de si loin et m'ait fait attendre si longtemps. ». L'émir était entouré de 150 à 200 chefs, qu'il précédait de quelques pas, guidant un cheval noir. Dès qu'il fut à portée de voix, le général Bugeaud lance son cheval au galop, et arrive sur l'émir en lui tendant cavalièrement la main ; celui-ci la pressa fortement et lui demanda des nouvelles de sa santé. « Très-bonne, et la tienne ? » répondit le général, qui met pied à terre, engageant Abd el-Kader à en faire autant. Après quelques minutes d'un entretien insignifiant : « As-tu ordonné, dit-il, de rétablir les relations commerciales à Alger et autour de toutes nos villes ?

Non, je le ferai dès que tu m'auras rendu Tlemcen.
Je ne puis le faire qu'avec l'approbation de mon roi.
Combien faut-il de temps pour avoir cette approbation ?
Il faut trois semaines.
C'est trop long, interrompit Ben-Atrrach, lieutenant de l'émir, qui s'était approché : dix à quinze jours suffisent.
Est-ce que tu commandes à la mer ? répliqua Bugeaud.
Nous attendrons jusqu'à ce jour, dit l'émir.
Tu ne fais tort qu'aux tiens, répliqua Bugeaud, en les privant du commerce dont ils ont besoin. Quant à nous, nous pouvons nous en passer, puisque nous recevons par la mer tout ce qui nous est nécessaire. »

Au lendemain de cette rencontre, Bugeaud écrivit au comte Molé, président du Conseil : « Cet homme de génie que l'histoire doit placer à côté de Jugurtha est pâle et ressemble assez au portrait qu'on a souvent donné de Jésus-Christ »[22],[23]

Le traité

Par cette convention, la France reconnaissait son autorité sur l'ensemble du beylik de l'ouest, à l'exception des villes d'Oran, Arzew, Mostaganem et Mazagran), sur le beylik du Titteri et sur la province d'Alger, à l'exception d'Alger et de Blida ainsi que de la plaine de la Mitidja et du Sahel algérois). Dans ces territoires qui représentaient les deux tiers de l'Algérie, Abd el-Kader s'efforce d'organiser un État indépendant et souverain, sur une base religieuse. Il nomme des khalifa pour administrer en son nom des provinces, en particulier Mohammed Ben Allel dans l'Algérois.

L’œuvre politique d'Abd el-Kader[modifier | modifier le code]

L’œuvre de l’émir Abd el-Kader commence en 1834 avec le traité signé avec le général Desmichels, mais se poursuit plus activement après mai 1837, lorsque le traité de Tafna reconnaît son titre d’Émir et son autorité sur la majeure partie des provinces d’Alger et d’Oran.

Abd el-Kader ne se borne pas à rassembler des terres, à grouper des territoires pour asseoir sa puissance politique, il va les unifier administrativement dans un sens égalitaire et populaire pour unir les populations contre les Français, à l’automne 1839, l’œuvre de regroupement territorial est achevée, les Français sont regroupés dans Oran, Alger et une partie du beylik de Constantine. L’Émir a assis son autorité sur les 2/3 de l’Algérie du Nord, de Bougie à Tlemcen, d’Ain El-Mahdi à Ténès. L’émir Abd el-Kader s’appuie sur des villes forteresses, édifiées comme centre de gouvernement. Les tribus en bordure de la côte, sortes d’avant-postes, s’appuient sur une première ligne de villes de l’intérieur, Tlemcen, Mascara, Meliana, Médéa.

Une deuxième ligne de citadelles, créée de toutes pièces, et d’anciens bastions fortifiés à la limite du Tell et des hautes plaines, permettent de contrôler le Sud : Sebdou, Saïda, Tagdempt près de Tiaret, centre économique et stratégique (fabrique et dépôts d’armes), Taza, Boghari, Belkheroub et Biskra. La chute des villes en 1841-1842 rompra toute cette forte organisation étatique pour réduire l’émir Abd el-Kader à la condition d’un empereur nomade.

L'émir Abd el-Kader (1839-1847)[modifier | modifier le code]

Reprise de la guerre contre la France[modifier | modifier le code]

L'expédition des « Portes de fer », en Kabylie

Le 5 mai 1839, il demanda et obtint l'appui du sultan du Maroc, ainsi que la concession du territoire situé entre Oujda et Tafna.

Il voulut annexer le Constantinois en y nommant un « khalifa ». En réaction, la France organisa l'expédition des « Portes de Fer » en octobre 1839, expédition qui fut considérée comme une violation du traité de Tafna. À partir de ce moment, la guerre reprit avec violence. Au mois d'octobre, dans l'ouest de la Mitidja, l'émir prend en embuscade le commandant Raffet et une centaine de soldats français ; ces derniers marchent contre lui et reprennent Cherchell, Mildah, Miliana, etc.

Le tournant de la guerre fut la nomination du maréchal Bugeaud comme gouverneur général de l'Algérie en 1842. Celui-ci changea complètement la tactique de l'armée française, aidée de nombreuses troupes composées d'Algériens : troupes régulières (zouaves et spahis) et corps irréguliers. Il harcela les troupes d'Abd el-Kader, en cherchant à les couper de leur base. L'émir fut refoulé sur les hauts plateaux steppiques avec sa smala, capitale ambulante estimée à 30 000 personnes.

Les échecs face à Bugeaud[modifier | modifier le code]

la Zmala

Abd el-Kader essuya un grave revers le 16 mai 1843, avec la prise de la smala par le duc d'Aumale dans la région de Boghar. Le 11 novembre, la mort au combat de son khalifa Mohammed Ben Allel fut un nouveau coup terrible, qui l'affaiblit considérablement[24]. Il rassembla le reste de ses troupes, sous le nom de déïra, et se tourna vers le sultan du Maroc. Celui-ci intervint mais fut défait à la bataille de l'Isly, près d'Oujda, le 14 août 1844.

Dans le traité de Tanger du 10 septembre 1844, il fut convenu qu'Abd el-Kader serait mis hors la loi aussi bien en Algérie qu'au Maroc. Le traité délimita en outre précisément la frontière entre les deux pays.

En 1845, beaucoup de tribus des hauts-plateaux s'étaient soumises aux Français. L'émir tenta de les réprimer ; le Goum des Ouled Nail, sous le commandement de Si Chérif Bel Lahrech qu'Abd El-kader avait nommé khalifa, prit part à ces opérations.

Cherchant des alliances, il alla ensuite en Kabylie, nouveau bastion de la résistance à l'armée française, mais échouant finalement à rallier les tribus kabyles pour faire cause commune. L'émir sillonna ensuite la région de Djelfa, plus au sud, poursuivi par les Français, mais aidé par la population. Des combats eurent lieu à Ain Kahla, à Zenina et à l'oued Boukahil. Le général de Lamoricière (commandant de la division d'Oran depuis 1840) apprit qu'Abd el-Kader, refusant de se rendre au sultan du Maroc, s'était entendu avec ses principaux officiers, les fonctionnaires de la cour de Fès, pour tenter une dernière fois la fortune. Le 13 septembre, un ex-brigadier du 2echasseurs d'Afrique qui s'était échappé de la Deïra, accourut annoncer au général que l'émir voulait livrer encore un combat avant de se retirer vers le Sud avec ceux qui voudront l'y suivre.

Le 26 septembre 1845, eut lieu la bataille de Sidi-Brahim, où les soldats français, commandés par le colonel Montagnac, tombés dans une embuscade, furent égorgés sans pitié par les troupes de l'émir.

La défaite[modifier | modifier le code]

Les années 1846 et 1847 sont marquées par la défection de plusieurs tribus et par la mort ou la reddition de plusieurs officiers d'Abd el-Kader. Le sultan du Maroc adopte une attitude hostile à Abd el-Kader. L'insurgé Bou Maza se réfugie lui aussi au Maroc, puis fait sa reddition en 1847.

Abd el-Kader se résout finalement à se rendre lui-même, afin de mettre fin à une guerre sans issue.

La reddition (décembre 1847)[modifier | modifier le code]

Le 21 décembre 1847, les troupes de l'émir Abd el-Kader quittent le Maroc, en passant la rivière Kiss, sous la direction de l'émir seul à cheval, et entrent sur le territoire de l'ex-régence. Le général Lamoricière envoie à sa rencontre deux détachements de vingt spahis, en burnous blancs, commandés par les lieutenants Bou-Krauïa et Brahim et se porte sur la frontière ; il y reçut avec Bou-Krauïa des envoyés d'Abd el-Kader, chargés de sa demande d'aman («assurance/protection/sauf conduit») pour lui et ceux qui l'accompagnent (une feuille de papier avec son cachet, car le vent, la pluie et la nuit l'avaient empêché d'y rien écrire). Le général remit aux envoyés son sabre et le cachet du commandant Bazaine, en leur donnant verbalement la promesse de l'aman le plus solennel. Abd el-Kader renvoie ses deux officiers et le lieutenant Bou-Krauïa avec une lettre selon laquelle il accepte de quitter l'Algérie, à condition d'être conduit à Alexandrie ou à Saint-Jean-d'Acre, ce à quoi le général Lamoricière consent.

Le rendez-vous fut fixé le 23 décembre 1847 sous un arbre qui existe toujours (les Français y ont mis une plaque). L’émir fit la prière d’e-Asr à Sidi-Brahim, à 5 km de l’endroit où a été signé l’armistice (Sidi Tahar), puis passe la nuit à Ghazaouet, un port proche de la frontière marocaine.

Le 24 décembre, a lieu l'entrevue entre Abd el-Kader et les généraux Lamoricière et Cavaignac et le colonel Cousin-Montauban, au marabout de Sidi-Brahim, théâtre de ses victoires. On l'amène ensuite devant le duc d'Aumale, gouverneur général depuis septembre 1847 suite au départ de Bugeaud. Le prince ratifie la parole donnée par le général Lamoricière, en exprimant l'espoir que le roi donnerait lui aussi son accord. Le gouverneur général annonça à l'émir qu'il le ferait embarquer le lendemain pour Oran, avec sa famille ; l'émir s'y soumit sans émotion et sans répugnance. Avant de quitter le prince, Abd el-Kader lui envoie un « cheval de soumission », pour consacrer sa vassalité et sa reddition.

Prisonnier en France (1847-1852)[modifier | modifier le code]

Tombe au château d'Amboise de vingt-cinq membres de la suite d'Abd el-Kader morts durant son séjour en ce lieu, dont une de ses femmes, un de ses frères et deux de ses enfants

Toulon[modifier | modifier le code]

Dès le 25 décembre, l'Asmodée quitte l'Algérie en emmenant l'émir et sa suite, composée de 61 hommes, de 21 femmes et de 15 enfants des deux sexes, en tout 97 personnes dont sa famille (sa mère, âgée, deux de ses beaux-frères, ses trois femmes et ses deux fils, dont le plus jeune avait huit ans). Arrivés en rade de Toulon le 29 décembre 1847, les prisonniers sont placés au Lazaret de Saint-Mandrier.

Le 10 janvier 1848, l'émir et ses proches sont transférés au fort Lamalgue, le reste de sa suite au fort Malbousquet. Un problème politique se pose : dans l'ensemble, les députés sont opposés au transfert d'Abd el-Kader au Proche-Orient, surtout à Alexandrie, où selon eux, il constituerait un pôle de ralliement pour les adversaires de la colonisation de l'Algérie. Sur ce intervient un événement imprévu : la chute de Louis-Philippe en février 1848. Le sort des prisonniers algériens passe au second plan.

Article détaillé : Fort Lamalgue.

Le gouvernement provisoire envoie le député Émile Ollivier pour discuter avec Abd el-Kader. En fin de compte, il est décidé de le maintenir en France, mais dans des conditions meilleures, au château de Pau.

Pau[modifier | modifier le code]

Le voyage a lieu fin avril, par mer jusqu'à Sète, puis en péniche jusqu'à Toulouse, enfin en diligence.

C'est au cours de ce trajet que l’émir voit pour la première fois une campagne française, « ces plaines verdoyantes, ces vergers, ces forêts, ces fleuves et ces rivières ; tant d'abondance ! Quel besoin ont les Français d’occuper mon Pays, de sable et de rochers[25] ? ».

Il séjourna au château de Pau, sans sortir de ses appartements d'un château fraîchement rénové, refusant la promenade et ne quittant sa smala que le soir pour aller dormir dans le donjon Fébus. « Je suis en deuil et un Arabe en deuil ne quitte pas sa tente ; je suis en deuil de ma Liberté, je ne quitterai donc pas ma chambre ». L'image romanesque du grand chef vaincu, du patriote inflexible, attirait les curieux en quête d'un frisson romanesque. Abd el-Kader ne refusait pas les visites, bien au contraire. Au cours de ces entretiens, il ne cesse de rappeler à la France son manque de parole et d'en souligner la gravité. Très vite, l'image du chef de guerre exotique cède le pas à celle d'un hôte aimé, révéré.

Amboise[modifier | modifier le code]

Au moment de partir pour Amboise, le 3 novembre 1848, l'émir se retourne et déclare : « En quittant Pau, je laisse un morceau de mon cœur ».

La parole de la France n'est pas tenue par les régimes et les gouvernements successifs. L'émir est retenu en captivité pendant cinq années. Dès son accession à la présidence de la République, Louis-Napoléon Bonaparte songe à le libérer. En janvier 1849 il organise une réunion au palais de Saint-Cloud, le maréchal Bugeaud est présent, mais les difficultés du nouveau président avec la Chambre et son ministre de la Guerre lui font remettre à plus tard ce qu'il considère comme une affaire d'honneur. L'évêque démissionnaire d'Alger, Antoine-Adolphe Dupuch écrit dans une lettre ouverte au président de la République : « Mais pourquoi le gouvernement français a-t-il attaché tant de prix jusqu'ici à cette même longue et douloureuse captivité d'Abd-el-Kader ? Pourquoi hésite-t-il encore malgré la foi promise en son nom au mois de décembre 1847, à lui rendre une rigoureuse et trop tardive justice ? »

Selon l'historien Michel Levallois, l’interprète militaire Ismaÿl Urbain fut « l'inspirateur de la politique du Royaume arabe de Napoléon III, [sa route] a croisé et accompagné celle de l'émir Abd el-Kader. Il fut de la prise de la smala d'Abd el-Kader par le duc d'Aumale (16 mai 1843), il eut la responsabilité de la détention de l'émir en France, il lui rendit visite à Amboise, il l'accompagna à Paris lors de ses visites de 1853 et 1865 »[26].

L'exil[modifier | modifier le code]

Abd-El-Kader à Damas, portant le grand cordon de la Légion d’honneur, 1860.

Le 16 octobre 1852, au retour d’une tournée en France, Louis-Napoléon Bonaparte vient annoncer à l’émir[25] qu'il va être libéré et pourra se rendre en Turquie, bénéficiant de la part de la France d'une pension de 150 000 francs, montant considérable pour l’époque.

Abd el-Kader est présent à Paris le 2 décembre 1852, jour de la proclamation du Second Empire ; dans une lettre à l'empereur, il fait le serment de ne plus perturber les opérations françaises en Algérie[27]. Le 21 décembre, Abd El-Kader et sa suite embarquent à Marseille à destination d'Istanbul ; en janvier 1853, ils s'installent à Brousse, non loin de la capitale de l'Empire ottoman.

À la suite d'un tremblement de terre qui détruit la ville en 1855, il se réfugie à Istanbul puis, avec l'autorisation des gouvernements français et turc, s'installe à Damas en Syrie, alors province ottomane.

Damas[modifier | modifier le code]

Située dans le quartier de Salhieh, qui à l'époque est encore un réseau de ruelles, et non le quartier à l'architecture coloniale d'aujourd'hui, la résidence de l'émir (près de la porte Bab al-Faradi[28] attire d'autres Algériens en exil. Aujourd'hui encore à Damas, des Syriens descendants de membres de la suite d'Abdel Kader ou d'autres exilés, sont appelés « Algériens ».

Il installe dans sa résidence une vaste bibliothèque, faisant acheter par des émissaires de nombreux livres et manuscrits en provenance de tous pays dont les Futûhât al-Makkiyya (Illuminations de la Mecque) d'Ibn Arabî qu'il fait publier en 1857 à partir d'un manuscrit qu'il a fait recopier à Konya[29]. Il enseigne la théologie à la mosquée des Omeyyades.

Il reçoit aussi de nombreux visiteurs de tous pays : par exemple, Ferdinand de Lesseps (qui lui avait déjà rendu visite à Pau).

Les troubles religieux de 1860[modifier | modifier le code]

Les troubles confessionnels du Mont-Liban atteignent Damas entre le 9 et le 17 juillet 1860 (Massacre de Damas). Sans que le gouverneur de la ville, Ahmed Pacha, ne s'interpose, des fanatiques sunnites attaquent les quartiers chrétiens, grecs et maronites, tuant plus de cinq mille habitants selon le général d'Hautpoul[30].

L'émir intervient pour arrêter le massacre et protège au péril de sa vie[30] la communauté des chrétiens de Damas. Grâce à son influence auprès des dignitaires de la ville et aux membres de sa suite qui l'ont suivi dans son exil, quelque 12 000 survivront, mais 10 000 trouveront tout de même la mort[31].

Abdel Kader doit même s'interposer par la force avec les membres de sa suite, pour protéger les familles chrétiennes venues se réfugier en nombre dans le quartier des Algériens. Il fait tuer certains pillards. À la suite de ces événements et le calme revenu, il se retire plusieurs jours sur la tombe de Ibn 'arabi (quartier de sheikh Mouhidin) pour prier, méditer et jeûner[32].

Abdel Kader reçut la grand-croix de la Légion d'honneur et d'autres marques de reconnaissance venant du monde entier (notamment du pape, du tsar de Russie, etc.), en particulier une paire de pistolets de la part du roi de Prusse en remerciement de cet acte de protection des chrétiens de Damas.

Les années 1860[modifier | modifier le code]

Abd el-Kader effectue un nouveau pèlerinage à La Mecque, qui dure de janvier 1863 à juillet 1864[33].

Il fait deux voyages en France, en 1865 et en 1867 (pour l'Exposition universelle). Il s'intéresse aux innovations techniques et en ce qui concerne le Proche-Orient, aux travaux du canal de Suez qui ont lieu durant cette décennie. En 1869, il participe aux festivités de l'inauguration du canal de Suez aux côtés de l'impératrice Eugénie.

Les années 1860 sont aussi marquées par ses relations avec la franc-maçonnerie, signalées dès 1867 dans le livre de Charles Henry Churchill[34], et confirmées par des archives assez conséquentes[35]. Une correspondance s'établit à partir de 1860 entre lui et des francs-maçons parisiens, notamment ceux de la loge « Henri IV ». Selon Bruno Étienne et François Pouillon[36], Abd el-Kader a été initié en 1864 par la loge « Les Pyramides » d'Alexandrie et a rendu visite en 1865 à la loge parisienne « Henri IV ».

La fin de sa vie[modifier | modifier le code]

La chute de Napoléon III en 1870 est une déception pour Abd el-Kader (étant donné l'orientation de la politique algérienne de l'empereur).

Abd el-Kader (au centre) lors du conflit entre chrétiens et musulmans au Liban en 1860

Il consacre le reste de sa vie à des œuvres de bienfaisances, à l'étude des textes scientifiques et sacrés et à la méditation jusqu'à sa mort à Damas.

Son incinération, rapportée par les Français, lui valut d'être considéré comme un traître par ses compagnons et le monde musulman pendant un moment, le Coran interdisant l'incinération[réf. nécessaire]. Mais, selon des textes qui datent de sa mort, Abd el-Kader avait souhaité être enterré selon la tradition musulmane[réf. nécessaire].

Les cendres d'Abd El-Kader, déposées à la mosquée de Damas, ont été ramenées en Algérie en 1965 et se trouvent aujourd'hui à Alger au cimetière d'El-Alia. Ce transfert des cendres à Alger a du reste été discuté, car Abd el-Kader avait clairement souhaité être inhumé à Damas auprès de son maître Ibn Arabi[37].

Une mémoire controversée[modifier | modifier le code]

Vu de France, un chef indigène modèle et tolérant[modifier | modifier le code]

Pour la France coloniale de Louis-Philippe et surtout Napoléon III, l'« ami des Français », comme aimaient à le qualifier les Européens, fut le modèle de « l'indigène » éclairé et cultivé. Pour avoir combattu avec honneur, il fut respecté même par ses propres ennemis. Il a échangé une très prolifique correspondance avec des Français, dont sa contribution au livre du général Daumas sur le cheval. Ultérieurement, on souligna son intervention en faveur des chrétiens du Proche-Orient. En outre, son dévouement envers Napoléon III est incontesté[38].

Ces rapports empreints d'estime réciproque sont sensibles dans la relation entre l'émir et monseigneur Dupuch, évêque d'Alger : elle dénote de part et d'autre un esprit ouvert et tolérant, dans une époque pourtant difficile. Le prélat lui rendit visite lors de son emprisonnement à Pau et à Amboise et fit de nombreuses démarches pour qu'il soit libéré conformément aux engagements de la France[réf. nécessaire]. Le roman Le Livre de l'Émir de l'écrivain algérien Waciny Laredj évoque cet aspect.

Autre élément porté au crédit de la largeur de vue d'Abd el-Kader : il possédait aux abords de Mascara, près du faubourg de Bab Ali, un grand vignoble de cépage chaouch, donnant un vin corsé, de robe rubis. Le fait a été rapproché de son appartenance au soufisme, qui permet de mettre un usage maîtrisé du fruit de la vigne au service de la recherche de l'extase mystique. Sous cet angle, l'émir peut aussi être vu comme l'héritier d'une culture islamo-arabe porteuse, dans sa poésie, de l'une des plus riches traditions de célébration du vin. Il n'en a pas moins interdit sa consommation aux populations de ses États[39].

La franc-maçonnerie s’est jointe au concert de félicitations et de remerciements envers l’émir à la suite de son action à Damas. Le Grand Orient De France (GODF) a demandé aux loges parisiennes « Henri IV » et « La Sincère Amitié » de correspondre avec Abdelkader[40].

La question des relations avec la franc-maçonnerie[modifier | modifier le code]

À la suite des échanges épistolaires entre l’émir et la loge Henri IV, celle-ci effectue en l’absence de l’intéressé la cérémonie d’initiation d’Abdelkader, et l’orateur Dubroc de la loge déclare le 1er septembre 1864 : « ce que nous avons en vue, dans l’initiation que nous consacrons aujourd’hui après avoir poursuivi si longtemps l’accomplissement, c’est la Maçonnerie implantée en Orient dans le berceau de l’ignorance et du fanatisme ; c’est le drapeau de la tolérance remis entre des mains vénérées, confié à un bras qui a fait ses preuves est arboré par lui… sur les plus hautes mosquées face à l’étendard du Prophète. L’émir Franc-Maçon, c’est pour nous le coin entré dans le roc de la barbarie »[40].

Il faut dire que la perspective doctrinale de l’émir issue de la spiritualité islamique s’oppose radicalement à la vision profane et laïque de la Maçonnerie que l’émir rangeait dans la catégorie des naturalistes (tabi’iyyun) et existentialistes (dahriyun)[réf. nécessaire][41], bien connue des théologiens musulmans. Le but de l’émir depuis le début était de les ramener sur la voie de Dieu ; mais quand il a perdu espoir de les sauver d’eux-mêmes, il a cessé tout contact. Il a signifié sa rupture définitive au GODF en 1865[réf. nécessaire][42] après avoir étudié de plus près les fondements intellectuels de la Maçonnerie, beaucoup plus propices à la déviation qu’au ressourcement[40].

Vu d’Algérie : un mystique et un combattant inflexible et trahi[modifier | modifier le code]

L'émir est considéré en Algérie comme le père de la nation, héros trahi qui ne s'est rendu que pour préserver les Algériens d'un combat inégal et perdu d'avance.

Depuis quelques années, la figure du héros national s'est enrichie et les Algériens, grâce à toute une littérature mystique découvrent la dimension soufie du résistant à la conquête française. Chef militaire et communautaire, Abd el-Kader est décrit comme le concepteur de la capitale mobile : la smala et surtout comme l'un des plus grands mystiques du XIXe siècle, qui a laissé un ouvrage d'une profondeur rare sur son propre cheminement intérieur : le livre des Haltes, Kitab al-Mawaqif. René Guénon reconnaît en lui bien plus qu'un simple chef de guerre, mû par des principes d'un tout autre ordre, et un personnage d'une éminente stature akbharienne dans l'ordre du Tassawuf.

Le professeur Boutaleb Chamyl[43] conteste l'image d'un accord et dénonce « la trahison par l'occupant français ». La négociation antérieure à l'armistice[44] avec le général Lamoricière montre que les quatre conditions posées par l'Émir pour l’arrêt des hostilités étaient acceptées (départ à Alexandrie ou à Saint-Jean-d’Acre, sort réservé à son lieutenant et bras droit Bouhmidi, possibilité pour ses partisans de le suivre, enfin possibilité pour les expatriés d'emporter leurs biens). La disproportion des forces faisait convenir aux hommes de l'émir qu'ils ne pouvaient pas battre la France, première puissance militaire du moment : Abd El-Kader n'avait que 1 200 hommes pour continuer une lutte qui visait à provoquer dans la mémoire collective un esprit de résistance. Le général de Neveu informa ses chefs que la tactique de l'émir était d’aller vers l’usure, et écrivit au duc d'Aumale, gouverneur d'Algérie, fils du roi des Français, qu'il avait accepté les conditions posées par l'émir et donc qu'il lui avait promis qu'il pouvait partir à Saint-Jean-d'Acre. La réaction de Louis-Philippe Ier, heureux de la fin de la guerre, contrasta avec celle de son ministre de la Guerre qui lui aurait répondu : « Sire, vous ne l’avez pas tué, vous ne l’avez pas capturé et il vient de remporter un armistice. C’est une défaite pour la France. Il faut le détourner pour le faire venir en France et qu'on annonce qu’il s’est rendu »[réf. nécessaire]. La lettre aurait alors été falsifiée : on aurait laissé l'expression « s’est rendu » et effacé « au rendez-vous » alors que « par » y aurait été remplacé par « à ». Son bateau (le Solon, un caboteur pour Alexandrie), détourné à Mers el-Kebir, sous le fallacieux prétexte d'un problème technique, aurait été remplacé par l’Asmodée, un transatlantique qui pouvait donc débarquer l'émir en France, à Toulon. L'émir aurait compris qu’il venait d’être trahi : la France, "pays des droits de l’Homme", aurait commis un parjure en l'emprisonnant et pour l’histoire, l’émir Abd el-Kader aurait fait l’objet d’une falsification[45]..

Distinctions[modifier | modifier le code]

Œuvre écrite[modifier | modifier le code]

Éditions en arabe
  • Dhikrâ al-âqiI, Alger, Rahma.
  • AI-miqràdh aI-hâdd, Alger, Rahma[47].
  • AI-Sayra aI-dhàtiyya (autobiographie), Alger, Dar-al-Umma.
  • AI-mawâqif (médiations mystiques), Damas et Alger, ENAG, 1996, 3 volumes
  • Shiʻr al-Shaykh al-Ḥājj ʻAbd al-Qādir wa-al-ḥukm al-sharʻī li-al-ʻAskar al-Muḥammadī, textes publiés par le capitaine Boissonnet, Paris/Alger, Hashit, 1848 (poèmes et textes d'Abd el-Kader, en arabe ; introduction en français[48])

La correspondance d'Abd el-Kader n'a pas été éditée, selon El Mouradia.

Traductions en français

Descendance[modifier | modifier le code]

Les descendants d'Abd el-Kader ont continué de percevoir une pension du gouvernement français. En 1979, la Cour des comptes relevait que ses descendants percevaient encore cette rente (1,3 million de francs par an), qui a été supprimée depuis[49].

Son fils et surtout son petit-fils, l'émir Khaled, sont revenus en Algérie.

L'émir Khaled commence par une carrière de soldat français, puis entame une carrière politique et milite activement pour l'indépendance de son pays. L'Émir Khaled est considéré comme le premier fondateur de l'identité et du nationalisme algérien[50].

Certains des descendants d'Abd el-Kader ont choisi de « devenir fils de France »[réf. à confirmer] comme le rapporte l'un deux, Nasser Abd-el-Kader : « Avec mes frères, […] nous avons choisi de devenir fils de France à un moment difficile. Six descendants d'Abd-el-Kader, après avoir été élèves du Prytanée militaire sont passés : quatre par Saint-Cyr, un par l'école de l'Air, un par Centrale de Lyon. L'un de nous, Ali, est tombé au combat en Indochine le 15 mars 1949, pour la France et pour maintenir l'honneur chevaleresque des Abd-el-Kader »[51][réf. à confirmer].

Hommages et mémoire[modifier | modifier le code]

Noms de lieux ou d'institutions[modifier | modifier le code]

Le nom de l'émir Abd el-Kader a été donné à :

Voies de communication

Iconographie[modifier | modifier le code]

Une médaille à l'effigie d'Abd El-Kader « Jugurtha moderne » fut gravée par Antoine Bovy en 1862. L'effigie du droit est inspirée du portrait peint par Ange Tissier en 1852. Le revers porte l'inscription suivante au pourtour : « Emir de l'Afrique du Nord. Défenseur de la nationalité Arabe. Protecteur des chrétiens opprimés * 1862" et dans le champ : "Jugurtha moderne / Il a tenu en échec / L'une des plus puissantes nations / De la Terre / Pendant 14 ans son histoire / Est celle de nos revers et de nos succès / En Afrique / Il fait sa soumission le 23 décembre 1847 / Un décret magnanime de Napoléon III / Lui rend la liberté le 2 décembre 1852 / En 1860 il s'acquitte envers l'Empereur / En devenant la providence / Des chrétiens de Syrie / La France / Qu'il a combattu / L'aime et l'admire ». Un exemplaire de cette médaille est conservé au musée Carnavalet (ND 0144).

Un timbre célébrant le bicentenaire de la naissance de l’émir Abdelkader, émis par la poste française, a provoqué une crise diplomatique entre l'Algérie et la France à cause de l'origine de l'émir[55].

Les billets des dinars algériens sont gravés de l'image de l'émir.

Le film l'Émir Abdelkader est réalisé par Mohamed Latreche[56].

Mémoire[modifier | modifier le code]

L'émir est considéré par le FLN depuis 1962, comme le fondateur de l’État algérien moderne[57]. Il a désigné un Sub-Saharien pour diriger les finances de l'État.

Une « Maison de l’émir » sera construite à Alger[58].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Jacques Simon, Algérie: Le passé, L’Algérie française, La révolution (1954-1958), L’Harmattan,‎ 2007, 520 p. (ISBN 978-2-296-02858-6, lire en ligne), p. 47.. Toutefois, l’auteur note qu’il est « abusif » de parler de nationalité algérienne à cette date et de considérer Abd el-Kader « comme le père du nationalisme algérien. »
  2. « [Les nationalistes] refusent de reconnaitre le rôle d'ami de la France joué par l'émir à Damas sous le Second Empire. En 1860, en effet, Abd-el-Kader intervint pour protéger les chrétiens lors des massacres de Syrie, ce qui lui valut d’être fait grand-croix de la Légion d’honneur par Napoléon III »

    — Jean-Charles Jauffret, La Guerre d'Algérie par les documents, volume 2, Service historique de l'Armée de terre, 1998, p.174.

    *

    « Notre ancien adversaire en Algérie était devenu un loyal ami de la France, et personne n'ignore que son concours nous a été précieux dans les circonstances difficiles" »

    — Archives diplomatiques : recueil mensuel de diplomatie, d'histoire et de droit international, Numéros 3 à 4, Amyot, 1877, p.384.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Abd el-Kader » sur le Larousse encyclopédique
  2. Biographie d'Abd el-Kader par la Fondation Émir-Abdelkader
  3. Abdelkader Djeghloul, Éléments d'histoire culturelle algérienne, p. 43[réf. incomplète]
  4. a et b « Abd el-Kader (1808-1883), par Charles-Robert Ageron », sur l’Encyclopædia Universalis (consulté le 26 juin 2013).
  5. Ernest Mercier, L'Algérie en 1880, éd. Challamel, Paris, 1880, p. 36 et 40
  6. Henri Cambon, Histoire du Maroc, Hachette, 1952, p. 69
  7. http://www.larousse.fr/encyclopedie/personnage/Abd_el-Kader/103760
  8. Abd el-Kader, Écrits spirituels, Le Seuil, 2000, p. 23
  9. Abd el-Kader le magnanime, p. 14.
  10. Rozet et Carette, L'Univers ou histoire et description de tous les peuples, Firmin Didot, 1850, p. 193
  11. Complément de l'Encyclopédie moderne, Firmin Didot, 1857, t.5, p. 722
  12. Société languedocienne de géographie, université de Montpellier. Institut de géographie, Centre national de la recherche scientifique (France), publié par le secrétariat de la Société languedocienne de géographie, 1881. Notes sur l'article : v. 4, page 517
  13. Cette généalogie induit une moyenne de 50 ans et 8 mois par génération, de la naissance d'Idriss II à celle d'Abd el Kader
  14. Lettre citée dans Abd el-Kader le magnanime, p. 65.
  15. Extraits de La Vie d'Abd el-Kader de Charles-Henry Churchill (1re édition 1867), introduction, traduction et notes de Michel Habart, seconde édition, Alger, SNED, 1974. Chapitre I, 1807-1828
  16. Présentation
  17. Œuvre de l'émir
  18. Abd el-Kader le magnanime, p. 18.
  19. a et b Abd el-Kader le magnanime, p. 19.
  20. Alex Bellemare, Abd-El-Kader, sa vie politique et militaire, Histoire de l'Algérie : Essais.
  21. D'après Jaume Ollé, rapporté par flagspot.net, ce drapeau flottait en 1846 sur la tente de la mère et des femmes de l'émir ; l'émir utilisait fréquemment un pennon noir.
  22. L'Histoire, Numéros 41 à 46, Société d'éditions scientifiques, 1982, p. 94
  23. François Maspero, L'honneur de Saint-Arnaud, Seuil, 1995, p. 92
  24. Smaïl Aouli, Ramdane Redjala, Philippe Zoummmeroff, Abd el-Kader, Fayard, 1994 ISBN 978-2-213-03192-7
  25. a et b Benjamin Stora : « L’Emir Abd el-Kader. Guerrier lucide, savant mélancolique. Conférence au Musée du quay Branly avril 2011 », sur Paris XIII (consulté le 26 juin 2013).
  26. Michel Levallois, Ismaÿl Urbain (1812-1884) : une autre conquête de l'Algérie, éd. Maisonneuve & Larose, 2001 ISBN 978-2-7068-1533-1
  27. Lettre citée dans Abd el-Kader le magnanime, 2003, p. 64-65.
  28. Abd el-Kader le magnanime, p. 76.
  29. Abd el-Kader le magnanime, p. 70.
  30. a et b Pierre Dufour, La France au Levant des croisades à nos jours, Pygmalion, 2001, p. 303-304
  31. Napoléon III visionnaire de l'Europe des Nations, p. 402, Gaël Nofri, Éditions François-Xavier de Guibert.
  32. Cet épisode est relaté dans Damas, jardin de l'Islam de Myriam Harry.
  33. Abd el-Kader le magnanime, p. 78.
  34. Abd el-Kader le magnanime, p. 80.
  35. Abd el-Kader le magnanime, p. 80. Les auteurs indiquent que les lettres conservées vont de 1860 à 1867 et se trouvent soit aux Archives d'Outre-Mer à Aix-en-Provence, soit dans les archives du Grand Orient de France.
  36. Abd el-Kader le magnanime, p. 80-81.
  37. Lire à ce titre Le Blanc de l'Algérie d'Assia Djebar, éd. Albin Michel, 1995.
  38. http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/caran_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_1=REF&VALUE_1=03054
  39. Gilbert Meynier, L'Algérie des origines : De la Préhistoire à l'avènement de l'islam, Paris, La Découverte, coll. « La Découverte/Poche »,‎ 2010 (1re éd. 2007), 236 p. (ISBN 978-2-7071-5937-3), p. 96-97
  40. a, b et c http://oumma.com/L-emir-Abdelkader-une-l-influence
  41. Une citation d'Abd el-Kader lui-même serait nécessaire pour confirmer cet énoncé.
  42. Bruno Étienne et François Pouillon indiquent que des lettres datent de 1867 (Abd el-Kader le magnanime, p.80).
  43. président de la Fondation Émir-Abd-el-Kader et arrière-petit-fils de l'émir, lors d'une conférence à Hammam Bou Hadjar (Algérie),
  44. 23 décembre 1847 du côté de Ghazaouet à Sidi Tahar à 5 km du lieu de la bataille de Sidi Brahim (23 au 26 septembre 1845)
  45. Journal Liberté Algérie, 12 mars 2009
  46. « Notice no LH/2/26 »)
  47. El Mouradia
  48. Ouvrage disponible en France à la bibliothèque de l'université de Paris-BULAC ; à la BNU de Strasbourg.
  49. Cyril Guinet, Le Temps de la conquête in GéoHistoire, no 2, avril-mai 2012, p. 31
  50. Jacques Simon, Algérie, p. 256
  51. Nasser Abd-el-Kader, « Abd-el-Kader, ami de la France », revue Pieds noirs d'hier et d'aujourd'hui., no 85, décembre 1997. La revue Pieds noirs d'hier et d'aujourd'hui : le magazine culturel et de loisirs des pieds-noirs, des harkis et de leurs amis (directeur de la publication : Jean-Marc Lopez) est édité à Six-Fours (Var).
  52. El Waten, Par A. Souag
  53. Winrak, source El Moudjahid, 11-09-2008
  54. Actualité Annabi, source Quotidien d’Oran
  55. « La poste française émet un timbre à son effigie », El Watan du 27 janvier 2008.
  56. Les films d'ici
  57. Marcel Amondji, Félix Houphouët et la Côte d’Ivoire : l’envers d'une légende, Éditions Karthala,‎ 1984 (ISBN 978-2-86537-104-4, lire en ligne), p. 252
  58. L'expression, R.C

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Travaux universitaires
Biographies
  • Ahmed Bouyerdene, Abd el-Kader par ses contemporains. Fragments d'un portrait, Paris, Ibis press, 2008 et à télécharger sur artelittera.com* Ahmed Bouyerdene, Abd el-Kader, l'harmonie des contraires, Seuil, 2008 (ISBN 978-2-02-096591-0)
  • Collectif, L'Émir Abd el-Kader : l'épopée de la sagesse, Éditions Zaki Bouzid, 2007 (ISBN 978-9961-77-107-5)
  • Bruno Étienne et François Pouillon, Abd el-Kader le magnanime, Paris, Gallimard/Institut du monde arabe, coll. « Découvertes », 2003 (ISBN 2-07-076749-3)
  • Bruno Étienne, Abd el-Kader : isthme des isthmes (Barzakh al-barazikh), Paris, Hachette Littératures, 2004 (ISBN 978-2-01-279117-6)
  • Smaïl Aouli, Ramdane Redjala et Philippe Zoummmeroff, Abd el-Kader, Fayard, 1994 (ISBN 978-2-213-03192-7)
  • Bruno Étienne, Abd el-Kader, Paris, Hachette, 1994 (ISBN 978-2-01-015833-9)
  • Alexandre Bellemare, Abd el-Kader : sa vie politique et militaire, Paris, Hachette, 1863 (réédition : Paris, Éditions Bouchène, « Bibliothèque d’histoire du Maghreb », 2003 (ISBN 978-2-912946-51-5))
  • Charles Henry Churchill, Life of Abd el-Kader, Londres, Chapman and Hall, 1867 [traduction en français : La Vie d'Abd el-Kader, Alger, SNED, 1971 (rééditions : 1974, 1981, 1991)]
Notices biographiques
Articles
  • Jacques Frémeaux, « Abd el-Kader, chef de guerre (1832-1847) », in Revue historique des armées, no 250, 2008, p. 100-107, [lire en ligne]
  • « Abd el-Kader », numéro spécial de la revue Le Cheval de Troie, septembre 1994, 128 pp. [contributions de Houriyah Abdelouahed, Michel Chodkiewicz, Jean-François Clément, Claudette Dupraz, Bruno Étienne, Fathi Ghlamallah, Karima Hirt ; textes de l'émir]
Film documentaire
  • L'Emir Abd el-Kader à Amboise le prisonnier tant aimé, documentaire historique présenté par Adyl Abdelhafidi (2013)
Romans
  • Abdelkader Djemaï, La Dernière Nuit de l'émir (roman), Paris, Le Seuil, coll. « Cadre rouge », 2012, 154 p.(ISBN 9782021039276)
  • Claude Diaz, L'espoir des vaincus Soldats perdus d'Abd el-Kader à Sète, L'Harmattan, Collection « Romans historiques XIX°siècle », 2013 (ISBN 978-2-343-02273-4)
  • Waciny Laredj, Le Livre de l'émir, Actes Sud, 2006

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]