Catherine de Bourbon (1559-1604)

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Catherine de Bourbon

Catherine de Bourbon, Infante de Navarre, née à Paris le 7 février 1559, morte à Nancy le 13 février 1604, fut duchesse d'Albret, comtesse d'Armagnac et comtesse de Périgord. Sœur d'Henri IV, elle était fille d'Antoine de Bourbon et de Jeanne d'Albret, reine de Navarre. Elle fut mariée tardivement au duc Henri II de Lorraine mais n'eut pas d'enfant.

Biographie[modifier | modifier le code]

Elle eut pour gouvernante Marguerite de Selve (fille de Jean de Selve (1465-1529), premier président du Parlement de Paris), mère de Jeanne de Tignonville, maîtresse de son frère le roi de Navarre et futur roi de France (Henri IV).

Quand la maladie ne la contraint pas à s’aliter, Catherine, de santé fragile, suit sa mère dans ses nombreux voyages à travers le pays. Durablement marquée par la personnalité et la ferveur religieuse de sa mère, Catherine fut durant toute sa vie une protestante très endurcie. Elle fut d'autant plus marquée par la mémoire de sa mère qu'elle n'avait que treize ans, quand celle-ci mourut à Paris au mois de juin 1572.

Le massacre de la Saint-Barthélemy qui survient quelques semaines après la mort de la reine de Navarre, contraint Catherine et son entourage à se convertir à la religion catholique.

Retenue en otage à la cour, elle revient dans le Béarn, en 1576, après la fuite de son frère Henri, devenu roi de Navarre. Sitôt après avoir quitté la cour de France, elle ne se fait pas prier pour revenir au protestantisme.

En 1589, son frère devient roi de France sous le nom d'Henri IV. Durant les guerres qui obligent Henri IV à conquérir son royaume, Catherine gouverne le Béarn et ses possessions dans le sud-est en son nom.

C'est son frère Henri IV qui s'oppose à son mariage avec son cousin Charles de Bourbon-Soissons, dont elle partage la vive passion. La princesse compte alors deux fidèles amies, la duchesse de Rohan, l'humaniste Catherine de Parthenay et madame de Mornay. Aux dires de la première, Henri IV se réservait le droit de marier sa sœur pour mieux servir sa politique[1] :

«  C'est le prince du monde qui sait autant faire beaucoup de peu. En voulez-vous une preuve? Il n'a qu'une sœur ; il en a déjà fait une douzaine de maris et en fera mille, s'il trouve autant de princes dociles qui veulent suivre ses enseignements. Mais avec quel jugement pensez-vous qu'il ait conduit tous ces mariages ? Quelle proportion y a-t-il tenue pour garder que pas un de tous ces princes n'eût avantage l'un sur l'autre et les rendre à la fin également contents ? Ne l'a-t-il pas offerte à cinq ou six en même temps ; à peine que je ne dis en même jour, en mandant à l'un : venez-moi trouver, je vous donnerai ma sœur ; à l'autre : faites faire la paix par ceux de votre parti, je vous donnerai ma sœur; à l'autre : gardez-moi votre province favorable, je vous donnerai ma sœur. Et n'étoit-il pas dès lors pourvu de difficultés qui lui devaient faire trouver à l'un la diversité de la langue du pays, à l'autre la différence de religion, à l'autre le parentage, à l'autre la volonté de sa sœur, afin que par cet égal contentement il leur ôtât tout sujet de querelle ou dispute à l'avenir. Prince vraiment politique ! Et puis direz-vous... que ce soient-là des efforts d'une âme qui ne sache autre chose, sinon cette vieille routine de promettre et puis tenir, d'observer ime parole quand elle est donnée, artifice d'État beaucoup plus délié, leçons du docte Machiavel dextrement pratiquées, digne observation des maximes de la reine mère du feu roi, qui ne faisait jamais la paix avec les huguenots qu'elle n'eût déjà résolu le moyen delà rompre !  »

Le traité de Saint-Germain-en-Laye signé entre Henri IV, roi de France, frère de Catherine, et Charles III, duc de Lorraine, la destina à épouser le fils aîné de Charles III, Henri, marquis de Pont à Mousson (1563 † 1624). Les accords de mariage furent signés le 13 juillet 1598. Elle a alors 40 ans.

Calviniste convaincue, elle refusa de se convertir (après son mariage, elle alla même jusqu'à faire venir des pasteurs calvinistes auprès d'elle), alors que son mari, ancien membre de la Sainte-Ligue, était un catholique convaincu. Il fallut donc une dispense du pape pour que le mariage soit possible entre des personnes de religions différentes mais le 29 décembre 1598, Clément VIII se déclara opposé au mariage.

Mécontent, Henri IV décida de brusquer les choses et intimida l'archevêque de Reims afin qu'il accorde une autorisation de mariage. Celui-ci se déroula à Saint-Germain-en-Laye le 31 janvier 1599.

Si Henri multiplia les démarches pour obtenir l'accord papal, il multiplia les pressions pour obliger sa sœur à se convertir au catholicisme. Catherine tint tête au cardinal du Perron, envoyé par son frère pour l'instruire dans la religion catholique et se disputa même avec son frère sur ce sujet. Catherine mourut peu de temps après le moment où le pape accorda la dispense. Elle n'avait pas eu d'enfants. Son mari, veuf, se remaria avec une princesse très catholique mais aussi très jeune, Marguerite de Mantoue, une nièce de Marie de Médicis.

Ascendance[modifier | modifier le code]

Oeuvres[modifier | modifier le code]

Lettres et poésies de Catherine de Bourbon (1570-1605), publiées par R. Ritter, Paris, Champion, 1927.

Notes et références[modifier | modifier le code]

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  1. Apologie pour le roy Henri par M"* la duchesse de Rohan dans le Journal de Henri III, par M. Pierre de l'Esloile, t. IV, La Haye, chez Pierre Gosse, dans Catherine de Bourbon, sœur de Henri IV

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Raymond Ritter, La sœur d'Henri IV, Catherine de Bourbon (1559-1604), Paris, Jean Touzot, 1985. 2 vol. in-8°, XXV-640 et 603 pages, 27 et 23 planches.
  • Pierre Tucoo-Chala, « Catherine de Bourbon, régente des domaines d'Henri de Navarre (1577-1589) », Quatrième Centenaire de la bataille de Coutras (Coutras, 16-18 octobre 1987), colloque L'Avènement d'Henri IV, s.d. Jacques Perot et Pierre Tucoo-Chala, Association « Henri IV 1989 », 1988, pp. 203-216.
  • Pierre Tucoo-Chala, Catherine de Bourbon. Une calviniste exemplaire, Atlantica, 2003, 328 pages.
  • Marie-Hélène Grintchenko, Catherine de Bourbon (1559-1604). Influence politique, religieuse et culturelle d'une princesse calviniste, Paris, Honoré Champion, collection « Vie des huguenots », 2009, 1072 pages.
  • Bulletin historique et littéraire / Société de l'histoire du protestantisme français, Auteur : Société de l'histoire du protestantisme français, Éditeur : Agence centrale de la Société (Paris), Date d'édition : 1866-1902. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k657579.hl.r=SELVES.f590.langFR
  • Notice par Jeannine Moulin

Sources[modifier | modifier le code]