Château de Châteaudun

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Château de Châteaudun
Image illustrative de l'article Château de Châteaudun
Période ou style Médiéval
Type Château fort
Début construction 1171
Fin construction XVIe siècle
Propriétaire initial Jean de Dunois
Propriétaire actuel Centre des monuments nationaux
Protection Logo monument historique Classé MH (1918, 1947)
 Inscrit MH (1946, 1947)
Site web chateaudun.monuments-nationaux.fr
Coordonnées 48° 04′ 15″ N 1° 19′ 25″ E / 48.0707, 1.323648° 04′ 15″ Nord 1° 19′ 25″ Est / 48.0707, 1.3236  [1]
Pays Drapeau de la France France
Anciennes provinces de France Drapeau de l'Orléanais Orléanais
Région Centre
Département Eure-et-Loir
Commune Châteaudun

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Château de Châteaudun

Le Château de Châteaudun est un château édifié entre le XIIe siècle et le XVe et XVIe siècles et qui est situé sur un éperon rocheux dominant la ville de Châteaudun et le Loir, dans le département d’Eure-et-Loir en France. Le donjon, bâtiment le plus ancien, a été construit vers 1180 par Thibaut V, comte de Blois. Jean de Dunois (1402-1468), bâtard de Louis Ier d'Orléans et compagnon de Jeanne d'Arc qui avait reçu le château en récompense de la libération de son demi-frère Charles d’Orléans, prisonnier des Anglais, le transforme en résidence en ajoutant un corps de logis de style gothique et la chapelle. Une deuxième aile de style Renaissance est ajoutée au XVIIe siècle.

Le château, qui est parfaitement conservé, est géré par le centre des monuments nationaux et est protégé au titre des monuments historiques.

Situation[modifier | modifier le code]

Le donjon se dresse à l'extrémité nord-ouest d'un éperon rocheux autour duquel se développa la vieille ville. Le reste du château fut construit à l'aplomb de la falaise et se dresse à une soixantaine de mètres au-dessus du lit du Loir.

Histoire[modifier | modifier le code]

Thibaud le Tricheur, au début du Xe siècle, y établit l'une de ses puissantes forteresses à l'époque des invasions des vikings. Le comte de Blois Thibaut V fait construire le donjon vers 1180. Le 13 octobre 1391, Guy II de Châtillon, dernier comte de Blois, vend les comtés de Blois et de Dunois à Louis d'Orléans, frère du roi Charles VI. En 1407, après l'assassinat de Louis d'Orléans, Châteaudun et ses autres bien passe à son fils Charles d'Orléans. Charles VI fait don du château en 1439 à son demi-frère Jean de Dunois dit "le bâtard d'Orléans" ou "Dunois", compagnon d'armes de Jeanne d'Arc. En 1452 celui-ci entreprend l'édification de la chapelle et du corps de logis de style gothique. Son œuvre est poursuivie par ses descendants les ducs de Longueville qui édifient l'aile de style Renaissance à compter de 1510. Lorsque la famille Longueville s'éteint sans descendance en 1694, le château revient aux ducs de Luynes. Le château à moitié abandonné par ses propriétaires sert de refuge aux habitants de Chateaudun après l'incendie qui ravage la ville en 1723. Durant la Révolution française, la chapelle est saccagée et les bâtiments servent de caserne. Le château est de nouveau endommagé par les Prussiens durant la Bataille de Châteaudun en 1870. En 1938 le château est acquis par l’État qui entame sa restauration.

Description[modifier | modifier le code]

Le château superpose de manière harmonieuse l'architecture militaire du Moyen Âge et les styles gothique et Renaissance.

Le donjon[modifier | modifier le code]

Le donjon cylindrique, haut de 31 m sous toiture et de 42 m au total [2] et ayant 17 m de diamètre a été édifié en 1180. Doté de murs épais de 4 mètres, il comporte trois niveaux : le rez-de-chaussée accessible uniquement de l'étage supérieur par un puits était utilisé pour le stockage des vitres. Le toit en ardoise reposant sur une charpente fortement dimensionnée a été ajoutée par Dunois. L'accès au donjon se faisait initialement par une porte située initialement à 10 mètres de hauteur qui communique aujourd'hui avec les combles de la chapelle.

La chapelle[modifier | modifier le code]

La Sainte-Chapelle de Châteaudun a été construite entre 1451 et 1493. Elle fait partie des 10 Saintes chapelles construite par les princes royaux et les rois de France au Moyen Âge. Elle est édifiée à l'époque de Dunois en plusieurs étapes : le chœur et la chapelle haute sont érigés entre 1451 et 1454, la nef et l'oratoire sud sont bâtis de 1460 à 1464. Le clocher est érigé en 1493. La chapelle basse comprend une quinzaine de statues des saints révérés par Dunois et sa famille réalisées par les ateliers de la Loire au XVe siècle siècle. Une fresque représentant le Jugement dernier datant probablement de 1493 est peinte sur le mur de l'oratoire sud.

L'aile Dunois[modifier | modifier le code]

L'aile ouest ou aile Dunois, construite par Dunois entre 1459 et 1468 est un corps de logis de style gothique comportant cinq niveaux. On y trouve une des rares salles de justice de l'Ancien Régime conservée en l'état. Le bâtiment comprend un grand escalier de style gothique qui rappelle le grand vis construit sous Charles V au Louvre.

L'aile Longueville[modifier | modifier le code]

L'aile nord ou aile Longueville, dont les étages de soubassement sont construits par François Ier d'Orléans-Longueville de 1469 à 1491, quant aux étages, ils seront achevés par François II d'Orléans-Longueville et ses descendants durant le premier quart du XVIe siècle. ELle comprend une grande salle basse de 300 m2 et un escalier de style Renaissance orné de motifs italianisants.

Tapisseries[modifier | modifier le code]

Le château conserve dans les appartements de Catherine d'Alençon située dans l'aile Longueville une collection de soixante-dix tapisseries dont une série de sept pièces tissée d'après « L’Histoire de Clorinde et Tancrède » d’après « La Jérusalem délivrée » du Tasse[3].

Anecdote[modifier | modifier le code]

Une visite de la nièce de Talleyrand.

« Je me suis arrêtée à Chateaudun pour y visiter, en détail, tout le vieux château, jusqu'aux cuisines et aux cachots ; à travers une dégradation presque complète, on trouve encore de belles parties, et la vue est jolie. Le prince (Adrien) de Laval est venu à ma rencontre et m'a amenée ici dans sa calèche; il fait de ceci un lieu charmant, arrangé avec goût, recherche et magnificence. Le site est beau, et la partie gothique du château, bien conservée et habilement restaurée (...) il a un excellent architecte, puis, c'est le baron de Montmorency qui a arrangé la cour, et il y a eu quelques conseils de ma façon dans la réunion des salons (...) une des plus grandes ridiculités que je connaisse : Adrien a l'ordre du Saint-Esprit et on ne le porte plus ; il en avait plusieurs : qu'a-t-il imaginé d'en faire ? Il les a fait coudre au beau milieu des courtepointes en velours qui couvrent les principaux lits de son château ! »

— duchesse de Dino, 1er et 2 août 1836, Chronique de 1831 à 1862[4]

Protections[modifier | modifier le code]

Plusieurs protections sont en vigueur concernant le château de Châteaudun :

Photographies[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Coordonnées vérifiées sur Géoportail et Google Maps.
  2. Guide du touriste, Châteaudun, par A. Robert, Edition Louis Pouillier, 1903, deuxième édition, p 28
  3. Voir sur le site La Tribune de l'art l'article de Didier Rykner : « Une tapisserie d’après Michel Ier Corneille acquise pour le château de Châteaudun[1]. »
  4. Chronique de 1831 à 1862, Plon, 1909, p. 77 et 78
  5. « Notice no PA00097021 », base Mérimée, ministère français de la Culture

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Sous la direction de Jean-Marie Pérouse de Montclos, Le guide du patrimoine entre Val de Loire, p. 290-296, Hachette, Paris, 1992 (ISBN 2-01-018538-2)
  • Jean Mesqui, 5. L'appartement des bains du château de Châteaudun (Eure-et-Loir), p. 34-37, Bulletin Monumental, année 2001, no 159-1 Persée texte

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]