Étoile de David

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Étoile de David

Unicode
Code U+2721
Nom Étoile de David
Bloc Dingbats
L’étoile de David
L’étoile de David : plus ancienne copie complète du texte massorétique, le Codex de Léningrad, datant de 1008.

L’étoile de David ✡ (en hébreu : מגן דוד : maguen David ou maghen Dawid, littéralement « bouclier de David ») est le symbole du judaïsme. Elle se compose de deux triangles équilatéraux superposés : l’un dirigé vers le haut, l’autre vers le bas. Aujourd’hui, on le trouve notamment sur le drapeau de l’État d’Israël et aussi dans les façades des synagogues du monde entier.

Elle représente, selon la tradition juive, l’emblème du roi David et serait aussi bien symbole du Messie (de lignée davidique).

Symbolique dans le judaïsme[modifier | modifier le code]

Pour les Pharisiens et les docteurs de la Torah, l’étoile à six branches symbolisait les six jours de la semaine, le septième jour, celui du repos divin (le shabbat), était symbolisé par le centre de l’étoile. C’est en quelque sorte une représentation de la plénitude du chiffre sept, chiffre sacré. Aujourd’hui, cela pourrait aussi bien représenter l’antagonisme entre l’eau et le feu que celui entre le Haut et le Bas, etc.

La signification de symbole du Prophète proviendrait de la prophétie de Balaam : « Un astre issu de Jacob devient chef, un sceptre se lève, issu d’Israël » (Nombres 24, 1-25). Ce texte annonce la venue d’une étoile messianique, qui devait sortir de la maison de David, d’où son nom.

La signification du bouclier de David veut que lorsque David était recherché par Saül, il s’est caché dans une grotte où, lorsque les soldats entrèrent, une araignée aurait tissé une toile prenant la forme d’une étoile à six branches cachant David. Cette étoile était également présente sur le bouclier des soldats lors de toutes les batailles remportées par Israël sur ses ennemis. Les six points aux extrémités de l’étoile et les 6 points d’intersection des triangles pourraient aussi représenter la disposition par Josué des douze tribus d’Israël, unifiées sous la royauté de David, sur la Terre d’Israël autour de Jérusalem.

Après l'usage "antique" et sur des restes archéologiques, on trouve son utilisation par les Juifs en Europe en Hongrie, à Prague, sur une synagogue XIVe siècle, dans une synagogue à Hamelin en Allemagne XVe siècle et sur l'enseigne de l'Imprimeur Tobias FOA en Italie (à Sabbioneta en Lombardie, près de Parme) au XVIe siècle (Source Encyclopédia Judaïca et sites sur l'histoire de la Ville de Sabbioneta).

Son enseigne et sa "marque de fabrique" en forme de blason représente deux lions de profil (souvent utilisé comme symbole de la tribu royale de Yehouda) autour d'un palmier contenant une étoile de David (les rois Salomon et David sont également issus de la tribu de Yehouda dont descendent tous les rois légitimes). Ce "blason" se retrouve dans ses ouvrages et sur sa tombe. La circulation de ses ouvrages a, selon ces sources, diffusée l'étoile de David qui a commencé à être utilisée comme symbole du judaïsme compte tenu des très rares autres utilisations répertoriées (Encyclopédie Kountrass). L'auteur Guershom Sholem rapporte cette explication.

Sceau de la théosophie constitué de plusieurs signes (Om̐, svastika, Ouroboros, masculin, féminin, L’ânkh)

Symbolique dans l’hindouisme[modifier | modifier le code]

L’étoile à six branches, dans la tradition hindoue, symbolise, soit Brahma, le dieu créateur, soit la trinité hindoue, la trimurti (source : myth=mithya a Handbook of Hindu Mythology, Dr Devdutt Pattanaik), ou encore est un symbole shivaïte. C'est donc un symbole assez commun en Inde, à forte consonance religieuse et sacrée, à l’instar du svastika.

Le drapeau du Maroc[modifier | modifier le code]

Initialement et jusqu'en 1915, le drapeau du Maroc était orné de l'étoile à six branches du sceau de Salomon. L'étoile à cinq branches fut imposée par le maréchal Hubert Lyautey, alors résident général du protectorat. Ce pentacle remplaça le sceau de Salomon par décret royal en 1915. Le drapeau rifain comprend une étoile à six branches[1]. Le Mérite militaire chérifien, décoration créée en 1910 porte ce même hexagramme sur fond vert.

Plusieurs insignes de régiments de l'armée française comprenait une étoile à six branche tels celui du régiment d’infanterie coloniale du Maroc (RICM), régiment composé d'Européens, et celui du 4e régiment de tirailleurs tunisiens (4e RTT), unité qui s'illustra au cours des deux guerres mondiales.

L'étoile des brasseurs[modifier | modifier le code]

Enseigne de brasserie

Son usage est attesté dès 1397 dans la communauté des brasseurs. Représentation symbolique de l'alchimie brassicole mettant en œuvre les quatre éléments (terre, feu, eau, air), elle servait au départ à éloigner les esprits malins et les incendies. Bien qu'ayant eu un développement conjoint à l'étoile de David, son destin fut ensuite bien séparé. Bien vite elle devint une enseigne signalant une brasserie, notamment dans le monde rhénan et bavarois. Elle était aussi sur les récipients contenant de la bière. Son usage déclina à partir du XVIIIe.

Le drapeau du Burundi[modifier | modifier le code]

Le drapeau du Burundi a en son centre trois étoiles de David symbolisant les trois ethnies du pays (Tutsis, Hutus et Pygmées).[réf. nécessaire] Les Tutsis descendent de la royauté d'Éthiopie et de la descendance de David II devenu Ménélik Ier, fils de Salomon et de la reine de Saba, empereur négus du royaume du Koush, troisième royaume juif après la mort de Salomon, aux côtés des royaumes d'Israël et de Juda… D'où les trois étoiles de David (ref Jean Leclant, secrétaire perpétuel de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, ouvrage : Méroé)

Anecdote[modifier | modifier le code]

Jusqu’au XVe siècle, l’étoile de David ou sceau de Salomon était un symbole magique protecteur, représenté sur les amulettes. Elle n’est devenue la représentation du judaïsme, comme l’est la croix latine pour le christianisme, qu’après l’expulsion des Juifs d’Espagne au XVe siècle, et grâce au développement de l’imprimerie.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Galerie[modifier | modifier le code]

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Notes[modifier | modifier le code]

  1. David Bensoussan, Il était une Fois le Maroc: TéMoignages du Passé Judéo-Marocain, Universe, 2012, p. 325