Forces armées roumaines

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Organigramme de l’armée de terre roumaine

L'armée roumaine (en roumain : Armata Română) est composée de trois branches (armée de terre, marine militaire et forces de l'air).

Comme ailleurs, la gendarmerie est rattachée aux forces terrestres. Les garde-frontières, également militaires, ont eux aussi des brigades terrestres, navales et aériennes.

Historique[modifier | modifier le code]

Avant 1914[modifier | modifier le code]

L´histoire des forces armées roumaines est celle des États qu’elles ont eu à défendre (voir histoire de la Roumanie) : Valachie, Dobrogée, Moldavie, Royaume de Roumanie, Roumanie communiste, Roumanie actuelle et Moldavie actuelle.

Ces forces ont eu à combattre, pendant toute la période ancienne, contre les Ottomans et les Tatars : leurs actions ont permis de sauvegarder l´autonomie des Principautés roumaines, qui, contrairement à ce que montrent par erreur beaucoup d’atlas historiques occidentaux, n’ont jamais été des provinces turques, mais des États pourvus de leurs propres institutions, lois, princes et forces armées, seulement vassaux de l’Empire ottoman. Ces anciennes forces militaires étaient traditionnellement organisées en Arcaşi (archers), Călăraşi (cavalerie), Dorobanţi (infanterie), Puşcaşi (mousquetaires), Panduri (pandoures), Răzeși (engagés volontaires) et Tunari (artillerie) ; les Panduri et les Răzeși étaient des auxiliaires irréguliers. À partir du XVIIIe siècle, ces forces ont été engagées dans les guerres russo-turques, tantôt d’un côté, tantôt de l’autre, mais c’est lors de la dixième, celle de 1877-1878, que leur action terrestre et maritime à abouti à la reconnaissance, par la communauté internationale, de l’indépendance de la Roumanie.

Première guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Pendant la Première Guerre mondiale, les forces armées roumaines, engagées aux côtés de l´Entente, sont vaincues l’été 1916 par les Empires centraux et le pays est en grande partie occupé par les armées allemandes et austro-hongroises commandées par Erich von Falkenhayn, mais les Roumains se ressaisissent et résistent à Focsani (le « Verdun roumain ») puis, sur la demande de celle-ci, ils interviennent en République démocratique moldave avec le soutien de la mission française Berthelot. Enfin, en octobre 1918, ils reprennent l’offensive contre les Empires centraux. Puis, en avril-août 1919 et toujours avec le soutien de la mission Berthelot, ils repoussent la tentative hongroise de reprendre la Transylvanie. Tout cela permet à la Roumanie de réaliser son unité en décembre 1918. Les pertes militaires roumaines durant la Première guerre mondiale s’élèvent à 160 000 hommes soit 2,8 % de sa population de l'époque, un taux comparable à celui de la France[1].

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Pendant la Seconde Guerre mondiale, la Roumanie est d´abord neutre, mais, gouvernée par le roi pro-allié, Carol II, aide la Pologne à faire passer ses troupes en Égypte, territoire britannique, et ce sont justement les forces armées, le réseau ferré et la flotte qui sont mis à contribution pour ce transit (la flotte transporte les forces polonaises jusqu´à Alexandrie). Considérée en conséquence comme hostile à l’Axe, la Roumanie est dépecée par l’Allemagne nazie et ses alliés : l’URSS (qui annexe la Bessarabie, Bucovine du nord et le territoire de Hertza en juin 1940, aussitôt après l’effondrement de la France, garante des frontières roumaines), la Hongrie et la Bulgarie (qui annexent respectivement la Transylvanie du nord et la Dobroudja du sud en août 1940). Les forces armées sont alors désorganisées : elles doivent évacuer en urgence ces territoires et y abandonner une grande partie de leur matériel. Le moral des officiers et des troupes s’en ressent, on note même des suicides parmi les officiers.

Lorsque l’Allemagne nazie attaque l’URSS, le maréchal Antonescu, qui a fait abdiquer et chasser du pays Carol II, fait le choix de l’alliance avec Hitler pour récupérer la Bessarabie, mais cela fait, il envoie l’armée en Union soviétique jusqu’à Stalingrad et l’engage dans des crimes de guerre qui la déshonorent. Cependant, deux divisions roumaines combattent du côté Allié. Le 23 août 1944, le roi Michel Ier de Roumanie renverse la dictature du maréchal Antonescu, nomme le général pro-Allié Sanatescu aux commandes, déclare la guerre à l’Axe et dirige ses 550 000 soldats contre l’Allemagne[2]. Le front se déplace de 700 km vers l'ouest et le sud en moins d´une semaine[3]. Toutefois, l´URSS attendra jusqu'au 12 septembre 1944 pour signer l´armistice demandé par la Roumanie. Durant ces trois semaines, l´armée roumaine, qui subit la contre-attaque allemande, continue à être attaquée par l´Armée rouge, bien qu’elle ait reçu l’ordre de ne pas se défendre. Les Soviétiques s’emparent de nombreux armements et continuent à faire des prisonniers, tout comme les Allemands. Les raffineries et Bucarest sont bombardés, selon les jours, aussi bien par les bombardiers lourds américains venus de Foggia, que par les Stukas allemands basés à Băneasa, au nord de Bucarest et par les Yak soviétiques venus de Moldavie[4].

La campagne de l'armée roumaine contre l'Axe.

Une fois l´armistice signé, l’armée roumaine, mise sous commandement soviétique, lance ses offensives contre la Hongrie et progresse jusqu'en Bohême, tandis que l’Armée rouge laisse deux divisions en Roumanie et s’y comporte comme en pays ennemi, vivant de réquisitions. La contribution de la Roumanie aux côtés des Alliés est généralement méconnue, tandis que celle aux côté de l’Axe est très bien étudiée et décrite. Toutefois, un effet important de sa contribution côté Alliés est qu’à la conférence de la paix de Paris, la Roumanie, bien que participant à cette conférence du côté des pays vaincus, put récupérer la Transylvanie du Nord qu’elle avait, en 1940, dû céder à la Hongrie.

Les pertes militaires roumaines durant le Seconde Guerre mondiale s'élèvent à 460 000 hommes soit 4,9 % de la population de 1939, un taux bien supérieur à celui de la France ; 250 000 sont tombés dans la guerre contre l'URSS aux côtés du troisième Reich, et 210 000 dans la guerre contre le troisième Reich aux côtés de l'URSS[5].

Période communiste[modifier | modifier le code]

Au sortir de la guerre, une sévère épuration menée conjointement par le NKVD et la nouvelle Securitate décime les officiers des trois armes. Sont éliminés, et souvent déportés en camp de travail forcé avec leurs familles, non seulement tous ceux qui avaient été favorables au régime Antonescu, mais aussi tous ceux qui, ayant fait leur carrière sous la monarchie, n´étaient pas jugés fiables par le nouveau régime[6]. Les autorités restructurent intégralement les écoles militaires et forment en quelques années de dizaines de milliers de nouveaux officiers parmi lesquels Nicolae Ceaușescu, futur président et commissaire politique militaire à ses débuts. Le pays intègre le Pacte de Varsovie en 1955 et y reste jusqu’en décembre 1989. L´Armée rouge l´occupe jusqu’en 1958.

Depuis 1990[modifier | modifier le code]

La libération de 1989 permet à la Roumanie de se tourner vers la démocratie. Plus tard, le gouvernement adhère à l’OTAN en 2004 et à l’Union européenne en 2007. Les forces armées roumaines sont désormais intégrées à ces deux entités. À ce titre, elles ont été engagées en Irak et en Afghanistan, veillant cependant à se cantonner à des tâches logistiques et médicales, car l´État-major, qui a gardé certaines relations privilégiées du régime communiste avec les états du tiers-monde, cherche à éviter un engagement trop marqué au service de la politique occidentale, afin de conserver le statut traditionnel de “Dar el Ahd“ de la Roumanie aux yeux du monde musulman (arabe : دار العهد ou "maison de la trêve", terme décrivant historiquement la relation de l’Empire ottoman avec les principautés roumaines tributaires)[7].

Sources[modifier | modifier le code]

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  1. Hans-Erich Stier (dir.): Grosser Atlas zur Weltgeschichte, éd. Westermann 1985, ISBN 3-14-100919-8, p. 152.
  2. Le Figaro du vendredi 25 août 1944, article La Roumanie se range aux côtés des Alliés, pp. 1 et 2 ; cet article contient une info erronée : il affirme qu’Antonescu se serait enfui en Allemagne, alors qu’en réalité il fut détenu en URSS durant un an, puis jugé et exécuté en Roumanie pour crimes de guerre.
  3. Winston Churchill, The Second World War, Bantam Books, N.Y. 1977 ; Documents on German foreign policy 1938-1945, Her Majesty’s stationary office, Londres 1956; Nicolette Frank, La Roumanie dans l’engrenage, Elsevier-Sequoia, Paris 1977
  4. Un jour pour se retourner, Le Monde du 25 août 1984 ; Nicolette Frank, La Roumanie dans l’engrenage
  5. Stefan Pascu (dir.) : Atlas pour l'histoire de la Roumanie, éd. Didactică și pedagogică, Bucarest 1983, pp. 76-79.
  6. Victor Frunză : Histoire du communisme en Roumanie, éd. Evf, Bucarest 1999, ISBN 973 9120 05 9
  7. Adevărul, page Foreign policy sur [1] consulté le 8 sept. 2011.