Aufseherin

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Aufseherin est le terme allemand pour désigner une gardienne auxiliaire [1] des SS dans les camps de concentration nazis.

Recrutement[modifier | modifier le code]

Ces femmes provenaient généralement des classes sociales basse à moyenne et avaient souvent peu d'expérience professionnelle. Les premières étaient des gardiennes de prison débutantes, des coiffeuses, des contractuelles, des chanteuses d'opéra, mais aussi des enseignantes à la retraite, etc. Ces volontaires sincères avaient remarqué des petites annonces dans les journaux allemands qui demandaient des femmes voulant démontrer leur amour pour le Reich et rejoindre l'organisation Gefolge (auxiliaire) des SS pour les femmes, mais qui était différente de celle des SS dont la conscription était obligatoire.

Carrières[modifier | modifier le code]

Au début, en 1938, ces femmes furent entraînées à Lichtenburg. Après 1939, elles s'entraînaient au camp de Ravensbrück, près de Berlin. Le camp de Stutthof (Pologne) a également servi de centre de formation.

D'après l'article de Philippe Aziz, historien, « Selon les témoignages de rescapé, ces femmes SS - en fait "auxiliaires féminines" - ont eu quelquefois des comportements d'une brutalité inouïe et leur apparition semaient la terreur parmi les détenues. »[2][réf. insuffisante]. Sur la transformation des nouvelles gardiennes en femmes sadiques, nous citons le témoignage, rapporté par Philippe Aziz, de la sociologue Germaine Tillon[3] qui est accablant « ... certaines gardiennes prenaient un plaisir évident à frapper les déportées et tout particulièrement les plus faibles, malades ou visiblement effrayées. Les autres frappaient les prisonnières "avec rudesse et simplicité, comme un paysan sur son âne". Elles semblaient redoubler de zèle devant leurs collègues masculins comme si elles voulaient mériter une considération spéciale en se montrant particulièrement agressives. ».

En quelques jours, des jeunes femmes dont certaines étaient issues de la bonne société, se transformaient, pour leur majorité, « en brutale geôlière d'un troupeau de prisonnières[4][réf. insuffisante] »

Affectations[modifier | modifier le code]

En 1942, les premières gardiennes provenant de Ravensbrück arrivèrent à Auschwitz et Majdanek. L'année suivante, les Nazis commencèrent la conscription de femmes en raison de la pénurie de gardiens. Plus tard, durant la guerre, des femmes s'entraînèrent aussi à une échelle moindre dans les camps de Neuengamme, Auschwitz (I, II et III), Plaszow, Flossenbürg, Gross-Rosen, Vught et Stutthof.

Le nombre d'Aufseherinnen était généralement bas. Des 55 000 gardiens qui servirent dans les camps, seules 3 600 furent des femmes. Et aucune gardienne n'a jamais servi dans les camps d'extermination de Belzec, Sobibór, Treblinka ou Chelmno.

Sept Aufseherinnen servirent à Vught, vingt-quatre servirent à Buchenwald, trente-quatre à Bergen-Belsen, dix-neuf à Dachau, vingt à Mauthausen, trois à Dora-Mittelbau, sept à Natzweiler-Struthof, vingt à Majdanek, 200 à Auschwitz et ses camps annexes, 140 à Sachsenhausen, 158 à Neuengamme, quarante-sept à Stutthof, à comparer aux 958 qui servirent à Ravensbrück, 561 à Flossenbürg et 541 à Gross-Rosen. Beaucoup de surveillantes travaillaient dans les camps annexes en Allemagne, quelques-unes en France, Autriche, Tchécoslovaquie et Pologne.

Promotions et avancements[modifier | modifier le code]

La lecture des témoignages, tant dans la presse que dans les compte-rendus de procès, a largement prouvé que l'univers concentrationnaire nazi était un milieu brutal et sadique, dirigé par des hommes SS dont la mission est vite devenue l'extermination des déportés, dans un univers d'où la pitié était vite balayée. Les commandants des camps jugeaient vite leurs auxiliaires féminines sur leurs capacités à brutaliser et même à tuer. Si une Aufseherin se montrait brutale, sadique et sans pitié, elle devenait une collaboratrice utile à leur mission [5]. Elles remplissaient les conditions pour être promue aux grades supérieurs de Rapportaufseherin (gardienne-chef), Erstaufseherin (première gardienne), Lagerführerin (chef de camp, une haute position sociale) ou Oberaufseherin (inspectrice senior, une très haute position sociale). Le plus haut rang jamais atteint le fut par deux femmes, Anna Klein et Luise Brunner, et c'était le rang de Chef Oberaufseherin (inspectrice senior en chef). Mais aucune gardienne ne pouvait donner des ordres à un homme, quelles que soient les circonstances. Et aucune gardienne n'a jamais atteint le grade de commandant dans le système concentrationnaire. Elles étaient soit de rang équivalent aux hommes, soit sous leur autorité. Ravensbrück fut le seul camp strictement féminin ; il était dirigé par beaucoup de SS qui étaient assistés par quelques surveillantes.

Camps, noms et grades[modifier | modifier le code]

Expiation[modifier | modifier le code]

De nombreuses auxiliaires féminines de la SS ont été capturées par les troupes alliées ou les polices de États libérés. D'anciens gardes SS et leurs auxiliaires (Kapos) ont aussi été capturés.

Deux blocs se sont constitués en Europe (l'est et l'ouest) correspondant à des zones d'occupation de l'Allemagne vaincue. Des procès ont été tenus à l'encontre des gardiens et gardiennes de camps de tous grades. Des verdicts ont été prononcés à l'encontre de ceux reconnus coupables de crimes contre l'humanité ou de crimes de guerre.

À l'est[modifier | modifier le code]

Le premier Procès du Stutthof (en Pologne) eut à juger 13 accusés. Il se termina par la condamnation à mort et la pendaison publique de cinq accusées et de la condamnation d'une sixième à un peine de prison de 15 ans. Une demande de grâce reçut un avis favorable de la cour mais fut rejetée par le Président polonais. Six hommes dont le commandant du camp et des kapos furent aussi condamnés et exécutés. Il y eu deux autres procès du Stutrhoff avec d'autres condamnations à mort, des peines d'emprisonnement et des relaxes.

À l'ouest[modifier | modifier le code]

Les tribunaux anglo-américains furent moins sévères mais il y eut aussi des condamnations à mort et des exécutions non publiques.

Références de l'article[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Sie gehören zum Gefolge der Waffen-SS. Quelle: Institut für Zeitgeschichte, München.
  2. Philippe Aziz 1982, page 49
  3. Philippe Aziz 1982, page 54
  4. p. 48, introduction
  5. selon l'article de Philippe Aziz (Historia N° 425, page 49) elles « ont eu quelquefois des comportement d'une cruauté inouïe et leur apparition semait la terreur parmi les détenues »

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]