Robert Broom

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Robert Broom
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Robert Broom
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Université de Stellenbosch, Iziko south african museum (en), Musée du Transvaal (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
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Robert Broom, né le à Paisley (Écosse) et mort le à Pretoria (Afrique du Sud), est un médecin, paléontologue et paléoanthropologue sud-africain d'origine écossais[1],[2].

De 1903 à 1910, il est professeur de zoologie et de géologie a l'université de Stellenbosch, dans la ville du même nom, en Afrique du Sud, puis devient conservateur de la paléontologie des vertébrés au South African Museum, dans Le Cap.

Biographie[modifier | modifier le code]

Robert Broom né à Paisley, dans le Renfrewshire, en Écosse de l'union de John Broom et d'Agnes Hunter Shearer[3]. En 1893, il épouse Mary Baird Baillie, son amie d'enfance[4].

Dans ses études de médecine à l'université de Glasgow, Broom se spécialise en obstétrique[5]. Après avoir obtenu son diplôme en 1895, il a voyage en Australie, subvenant à ses besoins en pratiquant la médecine. Il s'installe en Afrique du Sud en 1897, juste avant la guerre qui le marque[5]. De 1903 à 1910, il est professeur de zoologie et de géologie a l'université de Stellenbosch, dans la ville du même nom, en Afrique du Sud, puis devient conservateur de la paléontologie des vertébrés (en) au South African Museum (en), dans Le Cap, mais est contraint de quitter ce poste pour avoir promu la croyance en l'évolution[6],[7],[8],[9]. Il établit une pratique médicale dans la région de Karoo, toujours en l'Afrique du Sud, une région riche en fossiles de thérapsides. Sur la base de ses études continues de ces fossiles et de l'anatomie des mammifères, il est nommé membre du Royal Society en 1920. À la suite de la découverte de l'enfant de Taung, il s'intéresse à la recherche d'autres pré-humains et commence à travailler sur des fossiles beaucoup plus récents des grottes de dolomite au nord-ouest de Johannesburg, en particulier la grotte de Sterkfontein (qui fait maintenant partie du patrimoine mondial et du berceau de l'humanité). En plus de décrire de nombreux fossiles de mammifères de ces grottes, il identifié plusieurs fossiles d'hominidés, dont le plus complet est un crâne d'australopithèque, surnommé Mrs. Ples, et un squelette partiel qui indique que les australopithèques marchaient debout[5].

Broom est mort à Pretoria, Afrique du Sud en 1951.

Carrière[modifier | modifier le code]

Buste de Robert Broom tenant le crâne de Mrs. Ples.

Broom est d'abord connu pour son étude concernant les « reptiles mammaliens » et les sauropsides. En effet, ce dernier mène des recherches paléontologiques dans le Karoo, où il découvre de nombreux fossiles de synapsides et de diapsides datant du Permien et Trias. En 1905, Il crée le taxon Therapsida, clade qui englobe les mammifères, leurs ancêtres et leurs parents éteints.

Après la découverte par Raymond Dart de l'enfant de Taung, un australopithèque juvénile, l'intérêt de Broom pour la paléoanthropologie s'est accru. La carrière de Broom semblait terminée et sombra dans la pauvreté, lorsque Dart écrivit à Jan Smuts à propos de la situation. Smuts, exerçant des pressions sur le gouvernement sud-africain, réussit à obtenir un poste pour Broom en 1934 avec le personnel du musée du Transvaal de Pretoria en tant qu'assistant en paléontologie.

Au cours des années suivantes, Broom et John T. Robinson ont fait une série de découvertes spectaculaires, y compris des fragments de six hominines à Sterkfontein, qu'ils nomment Plesianthropus transvaalensis, populairement appelée Mrs. Ples, mais qui a ensuite été classée comme un adulte Australopithecus africanus, comme ainsi que d'autres découvertes sur les sites de Kromdraai et Swartkrans. En 1937, Broom fait sa découverte la plus célèbre, en définissant le genre Paranthropus avec sa découverte de Paranthropus robustus[10]. Ces découvertes ont aidé à soutenir les revendications de Dart pour l'espèce provenant de Taung.

Pour son volume The South Africa Fossil Ape-Men, The Australopithecinae, dans lequel il propose la sous-famille Australopithecinae, Broom reçoit la médaille Daniel-Giraud-Elliot de l'Académie nationale des sciences en 1946[11].

Le reste de la carrière de Broom est consacré à l'exploration de ces sites et à l'interprétation des nombreux restes d'hominidés anciens qui ont été découverts. Il continue à écrire jusqu'à la fin de sa vie. Peu de temps avant sa mort, il termina une monographie sur les australopithèques et fit remarquer à son neveu :

« Maintenant c'est fini... et moi aussi. »

— Robert Broom[12]

Critique du darwinisme[modifier | modifier le code]

Broom est un non-conformiste et s'intéresse profondément au paranormal ainsi qu'au spiritualisme et est un virulent critique du darwinisme et du matérialisme : il croit en « l'évolution spirituelle (en) ». Dans son livre publié en 1933, The Coming of Man: Was it Accident or Design?, il affirme que des agents spirituels auraient « guidé » l'évolution car les animaux et les plantes seraient trop complexes pour être apparus par pur hasard. Selon Broom, il y a moins deux types différents de forces spirituelles, et seuls les médiums sont capables de les voir[13]. Broom affirme qu'il y a un « plan » et un « but » dans l'évolution et que l'origine d'Homo sapiens en est le « but ultime » :

« Une grande partie de l'évolution semble avoir été planifiée pour aboutir à l'homme, et à d'autres animaux et plantes pour faire du monde un endroit convenable pour lui »

— Robert Broom[14]

Après avoir découvert le crâne de Mrs. Ples, les journalistes demande à Broom s'il avait fouillé au hasard, ce à quoi ce dernier répond que « des esprits lui avaient dit où trouver ses découvertes »[15].

Héritage[modifier | modifier le code]

Robert Broom est commémoré sous le nom scientifique d'une espèce de serpent aveugle australien, Anilios broomi[16],[17].

Publications[modifier | modifier le code]

Parmi les centaines d'articles qu'il a rédigés dans des revues scientifiques, les plus importants étant :

Plaque commémorative à Sterkfontein.

Articles scientifiques[modifier | modifier le code]

  • Fossil Reptiles of South Africa dans Science in South Africa (1905)
  • Reptiles of Karroo Formation dans Geology of Cape Colony (1909)
  • Development and Morphology of the Marsupial Shoulder Girdle dans Transactions of the Royal Society of Edinburgh (1899)
  • Comparison of Permian Reptiles of North America with Those of South Africa dans Bulletin of the American Museum of Natural History (1910)
  • Structure of Skull in Cynodont Reptiles dans Proceedings of the Zoölogical Society (1911).
  • The South Africa Fossil Ape-Men, The Australopithecinae (1946).

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • The origin of the human skeleton: an introduction to human osteology (1930)
  • The mammal-like reptiles of South Africa and the origin of mammals (1932)
  • The coming of man: was it accident or design? (1933)
  • The South African fossil ape-man: the Australopithecinae (1946)
  • Sterkfontein ape-man Plesianthropus (1949)
  • Finding the missing link (1950)

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. D. M. S. Watson, « Robert Broom. 1866–1951 », Obituary Notices of Fellows of the Royal Society, vol. 8, no 21,‎ , p. 36–70 (DOI 10.1098/rsbm.1952.0004 Accès libre, JSTOR 768799)
  2. (en) « Robert Broom | South African paleontologist », sur Encyclopedia Britannica (consulté le )
  3. (en) Former Fellows of The Royal Society of Edinburgh 1783 – 2002, (ISBN 0-902-198-84-X, lire en ligne)
  4. (en) George Findlay, Dr. Robert Broom, F.R.S.; palaeontologist and physician, 1866-1951: a biography, appreciation and bibliography, A. A. Balkema, (lire en ligne Inscription nécessaire)
  5. a b et c (en) « Robert Broom », sur South African History Online, (consulté le )
  6. (en) J. Richmond, « Design and dissent: Religion, authority, and the scientific spirit of Robert Broom », Isis; an International Review Devoted to the History of Science and Its Cultural Influences, vol. 100, no 3,‎ , p. 485–504 (PMID 19960839, DOI 10.1086/644626, S2CID 21204241)
  7. (en) W. E. Clark, « Dr. Robert Broom, F.R.S », Nature, vol. 167, no 4254,‎ , p. 752 (PMID 14833380, DOI 10.1038/167752a0 Accès libre)
  8. (en) « ROBERT Broom », Lancet, vol. 1, no 6660,‎ , p. 915–916 (PMID 14825857, DOI 10.1016/s0140-6736(51)91306-2)
  9. (en) « ROBERT Broom, M.D., F.R.S », British Medical Journal, vol. 1, no 4711,‎ , p. 889 (PMID 14821559, PMCID 2069052)
  10. (en) Donald Johanson et Maitland Edey, Lucy: The Beginnings of Humankind, Simon and Schuster, (ISBN 978-0-671-72499-3, lire en ligne Inscription nécessaire), 57
  11. (en) « Daniel Giraud Elliot Medal » [archive du ], National Academy of Sciences (consulté le )
  12. (en) Virginia Morell, Ancestral Passions: The Leakey Family and the Quest for Humankind's Beginnings, Simon and Schuster, (ISBN 978-1-4391-4387-2, lire en ligne), p. 188
  13. (en) Peter J. Bowler, Reconciling science and religion: the debate in the early-twentieth-century Britain, , 133–134 p.
  14. (en) Roger Lewin, Bones of contention: controversies in the search for human origins, (ISBN 0226476510), p. 311
  15. (en) Nadine Dreyer, A century of Sundays: 100 years of breaking news in the Sunday times, 1906–2006, , p. 119
  16. Beolens, Bo; Watkins, Michael; Grayson, Michael (2011). The Eponym Dictionary of Reptiles. Baltimore: Johns Hopkins University Press. xiii + 296 pp. (ISBN 978-1-4214-0135-5). ("Broom", p. 40).
  17. (en) Boulenger, 1898 : Description of two new snakes from Queensland. Annals and Magazine of Natural History, sér. 7, vol. 2, p. 414 (texte intégral).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

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