Saint-Julien-d'Ance

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Saint-Julien-d'Ance
Saint-Julien-d'Ance en 2017.
Saint-Julien-d'Ance en 2017.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Haute-Loire
Arrondissement Puy-en-Velay
Canton Plateau du Haut-Velay granitique
Intercommunalité Communauté d'agglomération du Puy-en-Velay
Maire
Mandat
René Berthon
2014-2020
Code postal 43500
Code commune 43201
Démographie
Population
municipale
246 hab. (2014)
Densité 14 hab./km2
Géographie
Coordonnées 45° 18′ 17″ nord, 3° 54′ 48″ est
Altitude Min. 653 m – Max. 954 m
Superficie 17,82 km2
Localisation

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Saint-Julien-d'Ance est une commune française située dans le département de la Haute-Loire en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Géographie[modifier | modifier le code]

Située dans le département de la Haute-Loire, la commune est traversée par l'Ance d'ouest en est. C'est une région de moyenne montagne, au climat continental avec des étés qui peuvent être très chauds, et des hivers extrêmement rigoureux.

Le territoire de la commune est très boisé, essentiellement par des essences de pins, hêtres et sapins. Une faune nombreuse les peuple : écureuils, renards, sangliers, chevreuils se rencontrent souvent au détour d'un sentier. C'est aussi un bon territoire pour l'observation ornithologique. Le héron cendré a été récemment réintroduit avec succès.

Le sol, d'origine essentiellement volcanique (le plateau d'Echaffois correspond à l'ancien cratère du volcan), est riche et productif. Si les parcelles de terre sont plutôt petites eu égard aux nombreuses déclivités, leur rendement est bon. Elles produisent de l'excellent froment et la culture de la lentille, au XIXe siècle, pouvait rivaliser en qualité avec celle pratiquée à Saint-Paulien ou Polignac.

Sur la rive gauche de l'Ance, le terrain est plus granitique. Mais les dépôts sédimentaires lui apportent une grande fécondité. On y récolte le seigle, l'orge, l'avoine, le colza, la rave et la pomme de terre. Jusqu'au XIXe siècle, le chanvre était également abondamment cultivé mais a été abandonné au profit d'autre textiles.

(sources : mélanges historiques, abbé J. B. PAYRARD et histoire de la ville et du canton de Craponne, abbé Régis PONTVIANNE[1])

Histoire[modifier | modifier le code]

Saint-Julien-d'Ance est d'origine très ancienne. Son territoire fut sans doute habité dès les temps préhistoriques, comme l'attestent un polissoir en pierre et différents objets donnés au musée Crozatier du Puy-en-Velay découverts au Fieu. L'abbé PAYRARD mentionne également les restes d'un monument gaulois sur le plateau d'Echaffois. La commune est traversée par une ancienne voie romaine importante dont on trouve des vestiges sur le même plateau. Un trésor de 32 médailles romaines, découvert dans un champ près du village du Best en 1867, se trouve aussi au Musée du Puy. Les spécialistes datent la frappe de ces médailles entre 253 et 272.

Le lieu est cité dans des écrits dès 958. La paroisse était desservie par un prieur de l'ordre des Prémontrés nommé par l'abbé de Doue, près du Puy-en-Velay. Les curés-prieurs dépendirent directement de l'abbaye de Doue jusqu'à la Révolution.

Saint-Julien-d'Ance était rattaché à la province du Forez jusqu'en 1789 pour la partie située sur la rive gauche de l'Ance, et au Velay pour la rive droite. C'est au XIVe siècle que la rivière l'Ance formera la frontière entre le Forez (Lyonnais) et le Velay (Languedoc).

Le des paroissiens assassinèrent leur curé-prieur, Théofrède PLANTIN, dans l'église à l'issue de la messe parce que celui-ci, plutôt âpre au gain, voulait aligner la contribution de ses ouailles côté Forez, jusqu'alors plus favorable dans cette juridiction, avec la dîme plus importante versée par la partie vellave. L'église resta fermée ("interdite") de longues années et les paroissiens répartis dans les paroisses voisines en fonction de leur lieu d'habitation. Elle ne fut "réconciliée" que le 27 février 1678 par Mgr de BETHUNE, évêque du Puy après une "dépollution" d'une douzaine d'années environ

Pour le généalogiste, il n'est pas sans intérêt de savoir où trouver les actes d'état-civil relatifs à la paroisse de Saint-Julien durant cette période 1666-1678. Il devra chercher dans les registres de SAINT-PAL pour les "villages" du Bouchet-Pilhac, Peret, Voirac, le Roure, Tauriac, Laprat. Dans ceux de SAINT-ANDRE pour Giroux, le Fieu, Triouleyre, Moulis, Pilhac et Vacherolles. A SAINT-GEORGES pour le bourg de SAINT-JULIEN, le Rodier, Ancette, Burianne, Uffarges, le Bès, Longefont, Louspis, Vacheresse.

La paroisse n'échappa pas à la tourmente révolutionnaire, même si un grand fond de piété lui évita les excès qui en caractérisèrent d'autres. Il se trouva néanmoins des exaltés pour appliquer sans discernement les idées nouvelles. L'église fut profanée, une de ses cloches envoyée à la fonte des canons et la flèche de son clocher abattue. Elle n'a jamais été relevée. Un de ses enfants, l'abbé Jean-Baptiste MOSNIER, fut guillotiné au Puy le 19 juin 1794 pour des motifs qui paraissent bien minces au regard d'une telle sentence. Sa plus grande faute, au regard du tribunal révolutionnaire, avait été de rétracter publiquement et solennellement son serment à la constitution civile du clergé, puis de poursuivre clandestinement son apostolat. Le curé de Saint-Julien, Antoine REYNIER avait fait de même le 1er juillet 1791 mais, plus prudent, se fit oublier jusqu'en 1797 où il retrouva sa paroisse. À noter que durant toute cette période troublée la majeure partie de la population de Saint-Julien, mais aussi de toute la région de Craponne, resta fidèle aux prêtres non jureurs et leur apporta une aide constante au mépris des risques encourus.

Essentiellement agricole, la population se composait aussi de forgerons, aubergistes, boulangers, tailleurs d'habit, sabotiers. La culture du chanvre (on n'ose penser aux déboires qui en résulteraient de nos jours pour le cultivateur...) occupait une place de choix. Il était essentiellement utilisé pour la confection des vêtements et du linge de maison. Peu confortable, rêche mais quasi inusable il fut remplacé peu à peu par des textiles plus doux et agréables à porter. C'est un fait connu que la culture de la pomme de terre (appelée dans la région "truffe" ou "trifola") était pratiquée sur le plateau craponnais avant Parmentier. Dès 1750 il en est fait mention à Saint-Julien dans des actes de partage ou des testaments.

L'industrie de la dentelle occupa les femmes de l'ancien régime jusqu'au milieu du XXe siècle. Bien que peu rémunératrice, elle apportait un salaire d'appoint non négligeable dans les ménages. Elle disparut progressivement, passée de mode et remplacée par le tissage mécanique.

À côté de grands propriétaires aristocrates (de Drossanges du Fieu, de Pradier d'Agrain, Torrilhon de Vacherolles) résidant souvent en dehors de la commune, les familles "notables" étaient essentiellement représentées par les meuniers nombreux au bord de l'Ance, du Lembron ou de l'Andrable. Certains jouissaient d'une véritable aisance (Salanon à Ancette depuis des temps immémoriaux, Jouve puis Cathaud au Rodier dont le moulin était entouré d'un domaine foncier considérable, Monier à Giroux depuis la fin du Moyen Âge).

Au cours de la période révolutionnaire de la Convention nationale (1792-1795), la commune a porté le nom de Mont-d'Ance[2].

La commune a compté jusqu'à 1 260 habitants au XIXe siècle. La saignée de la Grande guerre et l'exode rural ont divisé ce chiffre par six ! Depuis l'an 2000, la courbe remonte légèrement.

De nombreux documents ont été conservés par la famille Lagnier qui habita le village de la fin du Moyen Âge jusqu'au XXe siècle dont la postérité se poursuit dans la famille Salanon.

(sources : Abbé Régis PONTVIANNE - La ville et le canton de CRAPONNE - tome 2 - qui comprend la monographie la plus complète écrite à ce jour sur St-Julien d'Ance - Le Puy - Imprimerie de l'Avenir - 1908 - réédité par la société d'histoire de la région de Craponne en 1981)

Politique et administration[modifier | modifier le code]

1789 - 1792 André FOUCHERAND (de Laprat) 1792 - 1795 Jean-Baptiste SALANON (Ancette) 1795 - 1797 André MOSNIER (Laprat) 1797 - 1802 Jean-Baptiste SALANON (Ancette) 1802 - 1816 André LAGNIER (Le bourg) 1815 - 1821 Jean-Pierre JOUVE (Le Rodier) 1821 - 1830 Jean CHOULAS (Le bourg) 1830 - 1832 Jacques BERNARD (Le bourg) 1832 - 1837 Pierre TRIOULEYRE (Uffarges) 1837 - 1840 Jean CHOULAS (Le bourg) 1840 - 1858 Claude MONIER (Uffarges) 1858 - 1870 Jean-Pierre CATHAUD (Le Rodier) 1870 - 1871 Claude-Paul MONIER (Giroux) 1871 - 1876 Jean-Baptiste MONIER (Le bourg) 1876 - 1883 Claude-Paul MONIER (Giroux) 1883 - 1892 Jean MOSNIER (Voirac) 1892 - 1896 Jean-Marie SALANON (Ancette) 1896 - 1904 Jean-Baptiste OLLIER (Longefont) 1904 - 1908 Claude MOSNIER (Voirac) 1908 - 1909 Charles LAGNIER (Le bourg) 1909 - 1925 Jean-Paul MONIER (Giroux) 1925 - 1928 Antoine BRUAIRE (Peret) 1928 - 1935 Jean-Claude GARRIER (Triolaire) 1935 - 1938 Vital PETIT (Laprat) 1938 - 1947 André BOST (Le bourg) 1947 - 1952 Louis BUFFERNE (Triolaire) 1952 - 1953 Jean-Marie OLLIER (Longefont) 1953 - 1989 Jean-Claude BUFFERNE (Triolaire)
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
mars 1989 mars 2008 Paul Ramousse    
mars 2008 en cours
(au 28 août 2014)
René Berthon[3]    

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[4]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[5],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 246 habitants, en augmentation de 4,68 % par rapport à 2009 (Haute-Loire : 1,52 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 283 960 1 065 1 140 1 264 1 236 1 217 1 221 1 184
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 166 1 159 1 175 1 065 978 1 034 1 004 967 879
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
808 860 817 706 663 602 618 545 486
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2014
408 348 263 251 224 213 234 240 246
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[6] puis Insee à partir de 2006[7].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

La coulée de lave de Bourianne
  • Le barrage de Passouira.
  • L'église Saint-Julien, du XVIe siècle avec des réemplois romans du XIIe siècle et sa crypte classée.
  • Croix, dont une monumentale à Uffarges, fin XVIe siècle, inscrite (1701 est une date de ré-érection).
  • La coulée de lave de la Bourianne [8]
Une éruption volcanique a laissé des gros blocs de pierre.
Un sentier balisé conduit au sommet où une table d'orientation qui permet d'admirer un panorama exceptionnel.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

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L'abbé Jean-Baptiste PAYRARD, né en 1839 à TIRANGES, décédé curé-doyen de CAYRES le 13 mai 1892 fut curé de Saint-Julien-d'Ance de 1881 à 1888. Érudit et historien vellave reconnu, il consacra ses loisirs aux études de paléographie et d'archéologie locale. Chercheur infatigable, il fouillera dans chaque paroisse où il sera nommé registres paroissiaux, minutes de notaires, terriers, chartes, papiers de famille. Ses nombreuses publications dans les Tablettes du Velay ou l'Écho du Velay sous le nom de "Mélanges historiques" lui vaudront une grande notoriété jusqu'au-delà les frontières du Velay. On lui doit, entre autres, la publication des "cartulaires de Pébrac, de Saint-Julien ( BRIOUDE), de Saint-Chaffre (Le Monastier), le cérémonial de l'église angélique (N.-D. du Puy), et de nombreux articles d'histoire locale plus passionnants et documentés les uns que les autres.

Antoine VAUZELLE (1824-1891) : premier instituteur de la commune issu de l'Ecole Normale du Puy. Il fut nommé à St-Julien en 1844. Franc-maçon affilié à une loge de Craponne et fervent républicain, ses prises de position se heurtèrent à une farouche opposition dans une commune toute acquise aux idées de la religion. En 1851, il manifesta publiquement son hostilité au coup d'état de Louis-Napoléon BONAPARTE à travers tout le canton. Arrêté comme agitateur, il fut déporté en Algérie où il demeura près de dix ans avant d'être autorisé à revenir en métropole. Radié de l'Education nationale, il s'installa au Puy où il exerça plusieurs métiers modestes, avant de mourir en 1891 à l'Hôtel-Dieu dans une quasi indigence.

(d'après une conférence de Madame PETIT-BELONDRADE qui poursuit des recherches sur ce personnage).[réf. insuffisante]

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Abbé Régis Pontavianne, Cartulaire n°218 Tome 2, Retournac, , page 535
  2. Saint-Julien-d'Ance sur le site Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui de l'EHESS, consulté le 20 juillet 2012.
  3. Liste des maires de la Haute-Loire sur le site de la préfecture (consulté le 28 août 2014).
  4. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  5. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  6. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  7. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .
  8. http://www.stjuliendance.com/p_coulee.htm