Sabotier

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La plane, appelée aussi paroir est utilisée par le planeur

Le sabotier est une personne qui est spécialisée dans la fabrication des sabots.

Historique[modifier | modifier le code]

Hutte de sabotiers dans une forêt bretonne vers 1900 (carte postale, Émile Hamonic)

Cette description des sabotiers bretons est probablement valable pour de nombreuses autres régions :

« Longtemps, les sabotiers s'étaient bornés à édifier des cabanons temporaires sur les cantons en cours de vidange[1], se déplaçant tous les deux ou trois ans, au rythme des ventes. Au XVIIIe siècle (...) on observe chez ces artisans une tendance à la stabilisation, sans qu'ils se départissent de leur esprit sauvage et volontiers particulariste. Le comte d'Essuiles[2] note (...) [en] 1785 que beaucoup d'entre eux ont édifié des huttes au "plus épais des bois et à demeure", certaines de grandes dimensions. (...) Les hommes s'adonnaient à l'étronçage[3], au rabotage et au finissage des pieds de hêtres dont ils s'étaient portés séparément adjudicataires ; les femmes œuvraient à l'apprêt final des sabots (ciselures), nourrissant elles-mêmes quelques volailles, voire quelques têtes de bétail (vaches, cochons) qu'elles laissaient vagabonder dans les landes environnantes. Très individualistes, les sabotiers ne travaillaient guère en commun (...), frayant peu avec les paysans riverains, leurs principaux clients, qui les accusaient volontiers, à tort, de pratiques maléfiques. »

— Michel Duval, Forêts bretonnes en Révolution. Mythes et réalités[4]

À la fin du XVIIIe siècle une nouvelle technique de fabrication des sabots, façon dite d'Auvergne, permit de fabriquer des sabots d'une plus grande légèreté, se démarquant des sabots rustiques traditionnels. On y apposait un vernis jaune et on incisait de fines entailles noires. « Moins résistants que leurs lourds sabots dont usaient habituellement les populations rurales, ces galoches[5] devaient à leur aspect séduisant de recevoir un meilleur accueil auprès de la clientèle urbaine »[4].

Les sabotiers se répartissaient en deux catégories :

  • les planeurs qui façonnaient l'extérieur du sabot
  • les creuseurs qui réalisaient l'intérieur[6].

En France, leur saint patron est Saint René. En Belgique, c'est Saint Joseph qui est honoré à ce titre.

Il existe encore une dizaine d'artisans qui pratiquent ce métier en France, et seulement deux au Québec[7].

Le sabotier choisit le bois en fonction de l'utilisation future du sabot et des habitudes régionales (Voir sabot). Chaque essence a ses défauts et ses qualités.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. C'est-à-dire d'abattage des arbres de la parcelle forestière concernée
  2. Jean-François de Barandier, comte d'Essuiles (dit aussi de Barandiéry-Montmayeur d'Essuile), né en 1718, mort après 1790, fut capitaine dans l'armée royale ; chargé de faire une étude sur les forêts domaniales, il obtint une concession pour en exploiter une pour le roi, mais la Révolution l'en priva
  3. Coupe et découpe des troncs des arbres
  4. a et b Michel Duval, Forêts bretonnes en Révolution. Mythes et réalités., Spézet, Nature et Bretagne, (ISBN 2-852570-80-7)
  5. Une galoche était un sabot à semelle de bois avec dessus en cuir
  6. R. Huysecom, En passant par l'Ardenne avec mes sabots, Porcheresse (Belgique), Musée du sabot
  7. Modèle {{Lien web}} : paramètre « titre » manquant. http://www.lhebdodustmaurice.com/Economie/Tourisme/2010-07-15/article-1570141/Des-metiers-d%26rsquoautrefois-aux-Forges/1, sur L'Hebdo du Saint-Maurice,

Articles connexes[modifier | modifier le code]