Roche-en-Régnier

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Roche-en-Régnier
Roche-en-Régnier
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Haute-Loire
Arrondissement Le Puy-en-Velay
Intercommunalité Communauté d'agglomération du Puy-en-Velay
Maire
Mandat
Éric Dunis
2020-2026
Code postal 43810
Code commune 43164
Démographie
Population
municipale
500 hab. (2017 en augmentation de 3,95 % par rapport à 2012)
Densité 19 hab./km2
Géographie
Coordonnées 45° 13′ 20″ nord, 3° 56′ 32″ est
Altitude Min. 504 m
Max. 1 076 m
Superficie 26,92 km2
Élections
Départementales Canton du Plateau du Haut-Velay granitique
Législatives Première circonscription
Localisation
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Roche-en-Régnier

Roche-en-Régnier est une commune française située dans le département de la Haute-Loire en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Roche-en-Régnier fut l'une des dix-huit baronnies du Velay qui donnaient droit à leur possesseur de participer au gouvernement de la contrée, privilège qui fut maintenu jusqu'au XVIIIe siècle. Roche-en-Régnier fut le siège de l'une des plus anciennes seigneuries (mentionnée au Xe) et une place forte qui appartint un temps à la Couronne.

Géographie[modifier | modifier le code]

Altitude : de 850 à 900 mètres.
Superficie : 2690 ha.
Roche-en-Régnier est une commune de moyenne montagne avec son point culminant : le mont Miaune (1 066 m).

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de la commune est Ròcha de Renier en occitan. La paroisse s'appelait autrefois Saint-Maurice-de-Roche[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Des origines à la Révolution de 1789[modifier | modifier le code]

C’est vers 950 que Rainerius (Régnier), premier seigneur du lieu, donna son nom au bourg, Saint-Maurice-de-Roche, qui eut un passé prestigieux, et fut des 18 baronnies du Velay l'une des plus importantes. Elle s'étendait sur les communes actuelles de Beaune-sur-Arzon, Saint-Pierre-du-Champ, Solignac-sous-Roche, Retournac, avec des parties de celles de Vorey-sur-Arzon, Saint-Georges-Lagricol et Saint-Julien-d'Ance. De nombreux fiefs en Velay, en Vivarais (tel celui d'Issamoulenc au XVe siècle, partagé avec les seigneurs de La Voulte[2]) et même en Languedoc en dépendaient[3].

En 1087, Durand de Roche fait don de l’église de Saint-Maurice (bâtie aux XIe et XIIe siècles), et de la chapelle de son château de Roche, à l’évêque du Puy et au prieuré de Chamalières. Le "château" était très certainement en bois, et fut remplacé par des bâtiments en pierres au XIIIe siècle. Dès le XVIIIe il se trouvait à l'état de ruine, mais il fut interdit par les seigneurs du lieu d'en prélever les pierres. Il en reste aujourd'hui le donjon circulaire et quelques vestiges de murailles. Le village fut, à une époque indéterminée, entouré d'une enceinte.

Au XIIIe siècle, les Roche s’étant alliés aux plus grandes familles vivaroises, la seigneurie s’étendit vers les monts du Vivarais. En 1265, Guigue III de Roche accordait aux habitants du village une charte de franchises et de libertés[4][réf. nécessaire].

Avec la mort du dernier héritier masculin, la seigneurie passe en 1344 aux mains de la famille vivaroise de Lévis, laquelle vint alors à se trouver à la tête d’un vaste domaine s’étendant du Velay jusqu’à la vallée du Rhône. Un siècle plus tard, lors de la Guerre de Cent ans, Philippe IV de Lévis participe à la délivrance du Velay des troupes anglaises et de leurs alliés[3].

En 1464, la baronnie est vendue au duc Jean II de Bourbon. En 1486, elle est donnée en apanage à son fils naturel, Mathieu.

Suite à une "trahison" du connétable Charles III de Bourbon-Montpensier, qui avait reçu la baronnie de Roche par mariage, François Ier confisqua l'ensemble des domaines du félon en 1527. Il laissa la baronnie à sa mère Louise de Savoie, puis la recupéra à la mort de celle-ci. François Ier fut alors baron de Roche jusqu'en 1538.

Suite à un très long procès, les Lévis, comtes puis ducs Ventadour, récupèrent la baronnie en 1582[5]. Le 30 août 1591, "mandatement au sire de Hautvillar de détruire les murailles de Roche"[6].

La baronnie est vendue aux enchères en 1673, achetée 137 000 livres par la Famille de Nerestang. En 1730, elle est vendue à la famille Jourda de Vaux.

Aux XVIe et XVIIe siècles est construite une prévôté.

de 1789 à Aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Avant la Révolution la paroisse s'appelait Saint-Maurice-de-Roche, puis Maurice-de-Roche-Marat et Roche-Marat lors des troubles[7], puis Roche Saint Maurice en 1793, Roche-en-Reigner en 1801, puis finalement Roche-en-Régnier[3].

Soixante enfants de la municipalité sont tombés aux Champs-d'Honneurs lors de la Première Guerre mondiale.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Roche-en-Régnier Blason
Parti d’argent et de sable, au chevron brochant de l’un en l’autre, à la montagne de trois coupeaux de sinople brochant sur le tout.
Détails
Le statut officiel du blason reste à déterminer.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Le mont Miaune (à l'horizon à droite).
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
mars 2001 En cours
(au 28 août 2014)
Éric Dunis[8] SE  

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[9]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[10].

En 2017, la commune comptait 500 habitants[Note 1], en augmentation de 3,95 % par rapport à 2012 (Haute-Loire : +0,71 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 4301 3581 3021 5581 6851 6191 6571 7301 687
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 6511 6571 7261 7091 7761 7841 9021 8101 710
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
4181 6841 6081 3001 1381 045966860794
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2010 2015
670542447409409387469491502
2017 - - - - - - - -
500--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[11] puis Insee à partir de 2006[12].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Château[modifier | modifier le code]

Donjon.

Du château, édifié au XIIIe siècle sur un piton rocheux dominant le bourg, sans doute en lieu et place d’une ancienne fortification en bois, subsiste surtout, outre quelques murailles, le donjon circulaire, devenu l’emblème de cette commune. Alors que cette tour avait tôt cessé d’être la résidence ordinaire des barons de Roche, surtout après que la seigneurie fut passée aux mains de la puissante famille vivaroise de Lévis en 1340, elle garda néanmoins, étant visible de fort loin, la fonction d’affirmer la présence du seigneur en ces lieux, et de conférer en même temps de l’autorité à ses représentants permanents sur place. Conçu comme un ouvrage défensif, le donjon a sa porte d’entrée aménagée au premier étage, accessible uniquement au moyen d’une échelle, afin de le rendre plus difficile à prendre. Le rez-de-chaussée de la tour abrite les réserves de céréales, de vin et d’huile, tandis que l’étage est occupé par le logis seigneurial. Dès le XVIIIe siècle, le château est en ruines ; cependant, Noël Jourda de Vaux, dernier seigneur de Roche, fit interdiction aux habitants d’en emporter les pierres.

Rempart et hôtels particuliers[modifier | modifier le code]

La façade sud de la Grande Bâtisse est une portion de l'ancienne muraille d'enceinte, percée de fenêtres.

Ville close durant le Moyen Âge, Roche-en-Régnier était défendu au nord par son piton rocheux et au sud par une muraille d’enceinte doublée d’un fossé (dit aussi vallat). L’entretien comme la garde des murs est à la charge des habitants de Roche et de son mandement. Jusqu’au XVIe siècle, les seules ouvertures permises dans la muraille d’enceinte étaient les deux portes de ville et les meurtrières, dont certaines sont encore visibles, mais autorisation fut donnée ensuite de pratiquer des fenêtres dans la muraille afin de donner de la lumières aux maisons qui lui étaient adossées. En 1592, le duc de Nemours ordonna la démolition des remparts, ordre qui ne fut respecté que partiellement. La maison adossée dite la Grande Bâtisse, laquelle servit tour à tour de maison commune, de prison, puis de mairie, avant de devenir habitation privée, comporte un vestige de cette muraille : en effet, si elle dispose, face à l’ouest, d’une belle façade sur cour, dotée d’une fenêtre avec linteau en accolade armorié du trigramme du Christ (JHS), ses façades sud et est sont des pans de l’ancienne enceinte, percés de fenêtres.

Outre la Grande Bâtisse, le bourg médiéval de Roche compte plusieurs autres belles maisons bourgeoises et patriciennes représentatives de l’architecture civile des XVIe et XVIIe siècles. La maison Burianne notamment en constitue un bel exemple : quoique transformée en ferme, elle présente une belle porte avec linteau en accolade surmonté d’une croix de protection et d’un cadran solaire, tandis que les armoiries de la famille ornent la façade.

Mérite mention également le porche de l'hôtel de Vacherel, dit la Dauphine.

Prévôté[modifier | modifier le code]

Porche de la Prévôté.

Au milieu du bourg se dresse le porche[13] qui servit de prévôté à la baronnie de Roche-en-Régnier. L’édifice, qui porte dans un écusson la date de 1649, se compose d’une sorte de loggia supportée par deux arcs très surbaissés et une voûte à nervures ; les arcs s’appuient à un des angles sur un pilier circulaire orné d’une fausse gargouille représentant un buste de femme le visage tourné vers le sol.

Chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours[modifier | modifier le code]

Il est supposé qu’au XVIIe siècle, un curé de Saint-Maurice-de-Roche fit construire à ses frais, hors les murs du bourg, une chapelle qui fut placée sous le vocable de Notre-Dame-de-Bon-Secours, et destinée à remplacer l’ancienne chapelle dédiée à saint Michel, jadis érigée au sommet du piton rocheux portant le donjon. En 1692, l’évêque du Puy édicta pour cette chapelle un règlement particulier. En 1748, les habitants de Roche surent obtenir de l’évêque du Puy qu’il déclarât la chapelle indépendante de la paroisse de Saint-Maurice-de-Roche, ce qui conduisit cette dernière à engager un procès, auquel la Révolution cependant coupa court, avant que l’affaire n’eût pu être jugée (la chapelle fait encore partie aujourd’hui de la paroisse de Saint-Maurice-de-Roche). À la Révolution, le tribunal du Puy ordonna que les possessions de la chapelle fussent vendues au titre de biens nationaux.

Chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours, vue intérieure depuis la tribune.

L’édifice se compose d’une nef voûtée en berceau garnie de lambris, et d’un chevet en cul-de-four encadré de part et d’autre de deux petites sacristies. Au-dessus de l’entrée s’élève une tribune. Un campanile édifié en 1843 et pourvu d’une cloche fondue à Lyon en 1842 se dresse sur la façade occidentale. La chapelle fit à plusieurs reprises l’objet de campagnes de restauration et d’aménagements intérieurs, notamment durant la Seconde Guerre mondiale par les soins de réfugiés venus de l’Est de la France. Le mobilier comprend, parmi ses objets les plus remarquables, une Vierge à l’enfant (Notre-Dame-de-Bon-Secours) ; deux statues en bois, l’une de saint Jean l'Évangéliste, en bois doré du XVIIIe siècle, et l’autre de saint Jean-François-Régis, patron des dentellières, en bois peint du XIXe siècle ; un Christ en bois sculpté de 1885 ; un grand lustre en verre soufflé du XIXe ; un vêtement liturgique en soie du XVIIIe.

Église de Saint-Maurice-de-Roche[modifier | modifier le code]

L’église de ce village situé à moins d’un kilomètre et demi du bourg de Roche, et faisant partie de la même commune, date du XIIe siècle et se compose d'une nef de deux travées voûtées en berceau plein cintre s’appuyant sur des piliers carrés ; d'un transept surmonté d'une coupole sur trompe ; d'une abside voûtée en cul-de-four, apparaissant à l’extérieur comme un chevet à cinq pans, et sur laquelle viennent s’ouvrir trois absidioles pratiquées dans l'épaisseur du mur et également voûtées en cul-de-four ; et de bas-côtés voûtés en arc de cloître. La coupole du transept est surmontée d’un clocher carré, percé à chaque face d’une grande ouverture, auquel donne accès un escalier extérieur.

Hameau de Leyret[modifier | modifier le code]

Les limites de la commune de Roche-en-Régnier s'étendent au Sud jusqu'à la rive gauche de la Loire, au bord de laquelle on trouve le petit hameau de Leyret, réputé pour ses deux anciens moulins à eau.

Autres[modifier | modifier le code]

Maison Burianne, porte d'entrée.

Les différents lavoirs et fours banaux (situés dans les différents hameaux dépendant de Roche-en-Regnier : Orcignac, le Bois, Saint-Maurice-de-Roche, etc.).

Panorama sur les sucs Yssingelais et le Mont Mézenc.
Table d'orientation.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Émile Verdier, L’étonnant destin d’un baron de Roche-en-Régnier : Philippe IV de Lévis, partisan du Dauphin contre les Bourguignons : in Cahiers de la Haute-Loire 1966, Le Puy-en-Velay, Cahiers de la Haute-Loire, (lire en ligne)
  • Éric Desgrugillers et Didier Perre, Des chansons tissées aux fuseaux : l’art de Virginie Granouillet, dentelière de Mans, commune de Roche-en-Régnier, Le Puy-en-Velay, Cahiers de la Haute-Loire,
  • Pascal Bois, « Les premiers seigneurs de Roche (Xe siècle-XIIe siècle) », Cahiers de la Haute-Loire, Le Puy-en-Velay,‎
  • Pascal Bois, « Les seigneurs de Roche (XIIIe siècle-début XVIe siècle) », Cahiers de la Haute-Loire, Le Puy-en-Velay,‎
  • Pascal Bois et Martin de Framond, « Les premières générations des Lévis, seigneurs de Roche-en-Régnier (XIVe siècle-XVe siècle) », Cahiers de la Haute-Loire, Le Puy-en-Velay,‎
  • Pascal Bois et Martin de Framond, « La chute des Lévis, seigneurs de Roche-en-Régnier (1440-1474) », Cahiers de la Haute-Loire, Le Puy-en-Velay,‎

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2020, millésimée 2017, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2019, date de référence statistique : 1er janvier 2017.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Histoire de Roche en Régnier », sur le site de la Ville
  2. Site internet www.issamoulenc.fr
  3. a b et c « Site de la commune », sur rocheenregnier.fr.
  4. Cependant, dans le petit livret intitulé "Les grandes compagnies en Velay", de Jacques Monicat, édité en 1928, page 4, il est écrit : "Notons en passant que les seigneurs vellaves furent toujours hostiles aux franchises des villes. En décembre 1265, le sire de Roche-en-Régnier interdit à ses sujets de former une communauté et d'avoir un consulat. Au XVIe siècle il n'y avait en Velay que neuf consulats, presque tous de création récente".
  5. Certaines sources[réf. nécessaire] disent qu'elle fut rendue aux Bourbon... Ce qui serait logique, la famille ayant été mise à l'écart, c'est elle qui sûrement voulut récupérer ses biens par le recours à une cour de justice.
  6. Site internet zogotounga.free.fr __"Chronologies des événements historiques dans le Velay.
  7. « Roche-en-Régnier », sur le site Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui de l'EHESS (consulté le 17 juillet 2012).
  8. « Liste des maires de la Haute-Loire » [PDF], sur le site de la préfecture (consulté le 28 août 2014).
  9. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  10. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  11. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  12. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016 et 2017.
  13. « archi rubrique », sur la Base Mérimée


Liens externes[modifier | modifier le code]

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