La Tène (site archéologique)

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Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne le site archéologique. Pour la commune du canton de Neuchâtel, voir La Tène (Neuchâtel). Pour la période préhistorique, voir La Tène.

La Tène
La Tène (site archéologique)
Élément décoratif de carnyx mis au jour sur le site archéologique de La Tène (objet conservé au Laténium)
Localisation
Pays Drapeau de la Suisse Suisse
Canton Neuchâtel
Commune La Tène
Protection Bien culturel d'importance nationale
Coordonnées 47° 00′ 25″ nord, 7° 01′ 25″ est

Géolocalisation sur la carte : canton de Neuchâtel

(Voir situation sur carte : canton de Neuchâtel)
La Tène
La Tène

Géolocalisation sur la carte : Suisse

(Voir situation sur carte : Suisse)
La Tène
La Tène
Histoire
Époque La Tène

La Tène est un site archéologique situé sur le territoire de la commune neuchâteloise homonyme, en Suisse. Il a donné son nom à une période préhistorique.

Histoire[modifier | modifier le code]

Avant la première correction des eaux du Jura (1868-1891), le niveau du lac de Neuchâtel était d'environ 2,7 mètres supérieur à celui d'aujourd'hui. Le site de La Tène était alors 60 à 70 centimètres sous l'eau. Les premières découvertes, une quarantaine d'armes de fer, sont faites par Hans Kopp, un pêcheur, en novembre 1857 pour le compte de Friedrich Schwab ; elles sont exposées dès 1860 dans deux collections au musée Schwab à Bienne et au musée cantonal d'archéologie de Neuchâtel, (aujourd'hui Laténium). C'est ensuite Alexis Dardel–Thorens qui explore la zone entre 1858 et 1866 ; ses découvertes seront ensuite achetées après sa mort par le musée d'Histoire populaire de Berlin.

En 1863, une première étude classifie La Tène comme un habitat celtique, attribuant les objets en fer à des tribus helvètes qui auraient quitté leur habitat originel du sud-ouest de la Germanie. En 1864, Édouard Desor publie une étude comparant l'ensemble des sites palafittiques découverts autour du lac de Neuchâtel ; ne trouvant aucune mention d'un village celtique lacustre, il conclut que La Tène était une simple cache d'armes helvète dans une zone marécageeuse. Par la suite cependant, en comparant les objets découverts avec ceux des sites de Tiefenau (près de Berne) et d'Alesia, les chercheurs les datent de la période celtique tardive et fixent leur lieu de fabrication en Belgique ; cette thèse sera cependant contredite par Paul Vouga au début du XXe siècle qui montrera que les armes avaient été fabriquées dans le massif du Jura.

À la suite de la première correction des eaux du Jura et de l'abaissement du niveau du lac, plusieurs villages encore inconnus furent mis au jour. C'est de cette époque que datent les études géologiques montrant que le niveau des eaux était bien plus bas pendant la période de la Tène et que les maisons d'alors furent construites sur le sol dur sans liaison directe avec l'eau. Quelques années auparavant, en 1876, l'archéologue suédois Hans Hildebrand avait proposé au congrès international de Préhistoire de Stockholm d'attribuer le nom de « La Tène » à la deuxième période de l'âge du fer.

Émile Vouga dirige dès 1885 les fouilles les plus importantes de la région. En 1886, il publie une étude établissant les points suivants lui permettant de classer le site non comme village, mais plutôt comme oppidum :

  • les structures architecturales sont constituées de deux ponts, une palissade et cinq maisons dressées sur une petite île entre l'ancien et le lit principal de la Thielle ;
  • si certaines armes trouvées sont intactes, la plupart sont cassées ;
  • aucune trace de présence féminine n'a été découverte ;
  • le site, naturellement fortifié, présentait sans doute une valeur stratégique par sa position entre les lacs de Bienne, Morat et Neuchâtel, à l'intersection des axes nord-sud et est-ouest.

Les études modernes tendent cependant à classer le site de La Tène comme lieu de culte, d'offrande et de sacrifice. Cette théorie s'appuie sur l'abondance des armes, dont beaucoup ont été volontairement détruites ou tordues, et des squelettes humains et animaux trouvés sur place.

Le site est inscrit comme bien culturel d'importance nationale[1].

Fonds et objets découverts[modifier | modifier le code]

Au total, les fouilles sur le site de La Tène ont permis de mettre au jour plus de 2 500 pièces, parmi lesquelles des armes offensives et défensives en fer ou en bois (des épées et leurs fourreaux, des lances et des pointes de flèche, un arc et des boucliers), des outils utilisés pour l'industrie et l'agriculture (des faux, des haches, des couteaux, des ciseaux et une charrue en bois), des harnais de cheval, des bagues et des broches en fer et en bronze, des morceaux de tissu, divers objets en bronze, plusieurs pots ainsi que différentes monnaies gauloises et romaines.

Les différents objets découverts à La Tène sont maintenant dispersés sur les cinq continents. Divers artefacts et des squelettes ont été vendus illégalement ; il est donc très difficile d'en dresser un inventaire complet. Cependant, la majorité des objets sont conservés au Musée national suisse à Zurich, ou au Laténium, le musée archéologique du canton de Neuchâtel à Hauterive.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Victor Gross, La Tène. Un oppidum helvète, Paris, Fetscherin & Chuit,
  • Émile A. Vouga, Les Helvètes à La Tène. Notice historique, Neuchâtel, Altinger,
  • Paul Vouga, La Tène. Monographie de la station., Leipzig, Hiersemann,
  • Hanni Schwab, « Les Celtes sur la Broye et la Thielle », Archéologie de la 2e correction des eaux du Jura, Éditions Universitaires, Fribourg, vol. 1,‎ (ISBN 2-8271-0485-7)
  • Felix Müller, Gilbert Kaenel, Geneviève Lüscher, « Age du Fer », La Suisse du Paléolithique à l'aube du Moyen-Age, Bâle, Schweizerische Gesellschaft für Ur- und Frühgeschichte, vol. 4,‎ (ISBN 3-908006-53-8)
  • (de) Felix Müller, Götter, Gaben, Rituale. Religion in der Frühgeschichte Europas, (ISBN 3-8053-2801-X)
  • (de) Felix Müller, Der Massenfund von der Tiefenau bei Bern. Zur Deutung latènezeitlicher Sammelfunde mit Waffen, Bâle, Schweizerische Gesellschaft für Ur- und Frühgeschichte, (ISBN 3-908006-12-0)
  • (en) José M. de Navarro, The finds from the site of La Tène, Londres, Oxford University Press, (ISBN 0-19-725909-X)

Références[modifier | modifier le code]

Source[modifier | modifier le code]