Samain (mythologie)

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Samain.
Ce modèle est-il pertinent ? Cliquez pour en voir d'autres.
Cet article ou une de ses sections doit être recyclé (indiquez la date de pose grâce au paramètre date).

Une réorganisation et une clarification du contenu paraissent nécessaires. Discutez des points à améliorer en page de discussion ou précisez les sections à recycler en utilisant {{section à recycler}}.

Ce modèle est-il pertinent ? Cliquez pour en voir d'autres.
Cet article ne cite pas suffisamment ses sources (indiquez la date de pose grâce au paramètre date).

Si vous disposez d'ouvrages ou d'articles de référence ou si vous connaissez des sites web de qualité traitant du thème abordé ici, merci de compléter l'article en donnant les références utiles à sa vérifiabilité et en les liant à la section « Notes et références » (modifier l'article, comment ajouter mes sources ?).

Ce modèle est-il pertinent ? Cliquez pour en voir d'autres.
Cet article ou cette section peut contenir un travail inédit ou des déclarations non vérifiées (indiquez la date de pose grâce au paramètre date).

Vous pouvez aider en ajoutant des références. Voir la page de discussion pour plus de détails.

Dans la mythologie celtique, Samain, prononcé /ˈsɑːwɪn/, /ˈsaʊ.ɪn/, ou /ˈsaʊn/ (le mot s'écrit Samhain en Irlande, Samhuinn en Écosse et Sauin sur l'île de Man), est la fête religieuse qui célèbre le début de la saison « sombre » de l’année celtique (pour les Gaels, l’année était composée de deux saisons : une saison sombre et une saison claire). C’est une fête de transition — le passage d’une année à l'autre — et d’ouverture vers l’Autre Monde, celui des dieux. Elle est mentionnée dans de nombreux récits épiques irlandais car, par définition, elle est propice aux événements magiques et mythiques. Son importance chez les Celtes est incontestable, puisqu’on la retrouve en Gaule sous la mention Tri nox Samoni (les trois nuits de Samain), durant le mois de Samonios (approximativement le mois de novembre), sur le calendrier de Coligny.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le mot Samain est gaélique. Il est issu du vieil irlandais samuin (variations: samain ou samfhuin).

Beaucoup le considèrent comme composé des racines *sam (été) et *fuin (fin)[1].

Bien que séduisante, plusieurs raisons font que cette étymologie reste controversée. D'abord, le génitif des langues gaéliques fonctionne plus ou moins comme celui des langues latines : le complément du nom se place après le nom. Samain voudrait donc dire "été de la fin" et non "fin de l'été". D'autre part, pour les Gaels, l'été se terminait au mois d'août, avec les fêtes de Lug, qui donne d'ailleurs son nom au mois (irlandais: Lùnasa, gaélique écossais: an Lùnasdal).

Alexander MacBain cite une autre racine possible: *som (même), qui donne aussi samhuil (ressemblance)[1],[2]. Il mentionne aussi la thèse de Whitley Stokes, qui en 1907, suggèrait l’étymologie proto-celtique *samani (« assemblée »), apparentée au sanskrit sâmana et au germanique samana. Cette thèse est elle-aussi séduisante à cause de l'assemblée de Tara, qui se tenait chaque année pendant plusieurs jours aux environs du 1er novembre[3]. La confusion serait donc née de la ressemblance entre le mot celtique insulaire pour « assemblée », samani ou samoni (qui est présent sur le calendrier de Coligny sous la forme "Mid Sam"), et le mot gaélique pour « été »

En 1959, J. Vendryes reconsidère l'étymologie suggérée par Stoke et conclut que samain n'est pas apparenté à la racine *sem- (« été »)[4].

Quoi qu'il en soit, il ne fait aucun doute que le cognat [samain] donne son nom au mois de novembre en irlandais (Mí na Samhna), en gaélique écossais (An t-Samhain) et en mannois (Sauin or Sounaghyn).

Il est aussi intéressant de considérer l'étymologie du nom du mois de mai en gaélique écossais. Contrairement, à l'irlandais Bealtaine et au mannois Boaldyn, qui font référence à Beltaine, le mois de mai se dit An Cèitean en gaélique écossais, soit mot-à-mot le « premier de l'été », ou la « première assemblée »(de cét + sam-) [5].

La fête calendaire[modifier | modifier le code]

Chez les Gaels, Samain était associé à l'assemblée de Tara, qui se tenait pendant une semaine aux alentours de notre 1er novembre moderne. La dernière fois que cette très vieille assemblée se serait tenue aurait été en 560[3]. Toutefois, les motifs de Samain, comme ceux de l'assemblée de Tara, restent difficiles à évaluer. Selon les sources écrites, il peut s'agir de voter des nouvelles lois, de rendre la justice, de célébrer la fin des moissons, de célébrer des mariages officiels...[6]

Les moines irlandais qui ont mis par écrit les coutumes celtiques, à partir du VIIIe siècle, ont fixé le jour de Samain au 1er novembre du calendrier chrétien[réf. nécessaire]. La fête elle-même dure en fait une semaine pleine  : trois jours avant la pleine lune de novembre, le jour de la pleine lune lui-même, puis trois jours après.[7] Pour les Celtes, cette période est entre parenthèses dans l’année : elle n’appartient ni à celle qui s’achève ni à celle qui va commencer ; c’est une durée autonome, hors du temps, « un intervalle de non-temps »[8]. C’est le passage de la saison claire à la saison sombre, qui marque une rupture dans la vie quotidienne : la fin des combats pour les guerriers et la fin des travaux agraires pour les agriculteurs-éleveurs, par exemple.

La fête païenne[modifier | modifier le code]

C'est une fête où la société celtique donne lieu à des assemblées et des banquets rituels ; son caractère sacré la place sous l’autorité de la classe sacerdotale des druides et la présidence du roi. Selon l’idéologie tripartite des indo-européens définie par Georges Dumézil, les trois classes de la société (sacerdotale, guerrière et artisanale) sont associées aux cérémonies[9]. Cette assemblée religieuse et sociale a progressivement disparue avec la christianisation, mais reste attestée jusqu'au XIIe siècle dans la littérature médiévale irlandaise.

La notion de passage se retrouve aussi à ce moment, entre le monde des humains et l’Autre Monde résidence des dieux (le Sidh). On a relaté l’aventure de héros, ou d’hommes exceptionnels, qui se rendent dans le Sidh (généralement à l’invitation d’une Bansidh), et y passent quelques agréables heures. Le temps des dieux n’étant pas le même, leur séjour est, en fait, de plusieurs siècles et, quand ils reviennent chez eux, ils ne peuvent vivre puisqu’ils sont morts depuis longtemps.

La fête de Samain connaîtra plusieurs métamorphoses au cours des siècles, jusqu'à la fête d'Halloween qui en reprend plusieurs caractéristiques[10].

Continuité en Bretagne et en Lorraine[modifier | modifier le code]

Nadine Cretin relate une croyance bretonne qui aurait duré jusqu'au début du XXe siècle, où les âmes des morts revenaient la nuit à la veille de la Toussaint et lors des nuits de solstice. Avant d'aller se coucher, on leur laissait de la nourriture sur la table et une bûche allumée dans la cheminée pour qu'ils puissent se chauffer[11]. Cette croyance, qui n'est pas chrétienne, serait une survivance de la fête de Samain.

La samain était encore fêtée en Lorraine avant la Seconde Guerre mondiale ; la citrouille creusée dans laquelle était posée une bougie allumée pour faire peur aux enfants était un des ornements de la fête.[réf. nécessaire]

Anecdotes[modifier | modifier le code]

La bière évènementielle des brasseries Lancelot, la XI.I (novembre, 1er), est brassée durant cette seule nuit de l'année en hommage à cette fête.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) Alexander MacBain, An etymological dictionary of the Gaelic language, Stirling, Eneas Mackay, , p. 301
  2. Whitley Stokes, Goidelica: Old and Early-middle-Irish Glosses, Prose and Verse, Londres, Trübner, (lire en ligne), p. 14
  3. a et b (en) Ginnell, Laurence, The Brehon laws; a legal handbook, Londres, T. Fisher Unwin, (lire en ligne), p. 43-50
  4. Vendryes, Joseph, Édouard Bachallery et Pierre-Yves Lambert,, Lexique etymologique de l'irlandais ancien, 7 vols, : , ., Dublin, Dublin Institute for Advanced Studies, 1959-96 (oeuvre inachevée)
  5. (en) MacBain, Alexander, An Etymological Dictionary of the Gaelic Language, p. 79
  6. (en) Lisa L. Spangenberg, What is Samain or Samhain? in Celtic Studies Resources (lire en ligne)
  7. Françoise Leroux et Christian Guyonvarc'h, Les Fêtes Celtiques, Ouest France, (ISBN 2737311985)
  8. (en) Claude Sterckx, Mythologie du monde celte, Paris, Marabout, (ISBN 9782501054102), p. 142.
  9. Christian-J. Guyonvarc'h et Françoise Le Roux, Les Fêtes celtiques, p. 35 à 82, Ouest-France Université, coll. « De mémoire d’homme : l’histoire », Rennes, avril 1995, (ISBN 978-2-7373-1198-7).
  10. http://blogs.mediapart.fr/edition/comment-faire-societe/article/311010/samain-toussaint-halloween-les-metamorphoses-de-la
  11. Inventaire des Fêtes de France, Nadine Cretin, 2003

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]