Racine indo-européenne
Une racine indo-européenne est un morphème qui, seul ou combiné à d'autres, constitue un mot lexical d'une des langues indo-européennes. Chacune de ces racines est une construction théorique faite par des linguistes après étude et comparaison de plusieurs de ces langues. L'étude des racines indo-européennes, dites parfois « proto-indo-européennes » (PIE), relève de la linguistique, et plus particulièrement de la linguistique comparée et de la morphologie. La relation entre mots et racines n'est biunivoque : chaque racine peut entrer dans la composotion de plusieurs mots, et chaque mot — qu'on qualifie alors de mot complexe (es) — peut être composé de plusieurs racines — et d'autres éléments comme un suffixe ou une désinence [α].
Dans sa forme de base, une racine PIE consiste en une voyelle unique, précédée et suivie par des consonnes. Quelques cas mis à part, la racine ne se caractérise que par ses consonnes, tandis que la voyelle peut changer, processus appelé alternance vocalique. Ainsi, la racine sus-mentionnée *bʰer- peut aussi apparaître sous la forme *bʰor-, avec une voyelle longue dans *bʰēr- ou *bʰōr-, ou même sous la forme non-syllabique *bʰr-, selon différents contextes grammaticaux.
Les étymons indo-européens doivent être précédés d'un astérisque, qui indique le caractère supposé et non attesté de la forme. Il existe plusieurs manières de noter les étymons, selon le degré de précision ; par exemple, le mot signifiant « mère » est noté *mātēr ou, plus précisément (et si l'on suit les thèses laryngalistes), *méħ2tēr (ou bien, avec d'autres conventions typographiques, *méH2tēr, *méh2tēr). Cela se constate d'autant mieux avec l'étymon pour « soleil », *séh2-ul, *séħ2-ul, *sāul-, etc.
Phonotactique
[modifier | modifier le code]Structure de base de la racine
[modifier | modifier le code]Le centre d'une racine PIE est la voyelle d'ablaut (d'ordinaire *e, peut-être parfois *a, dans sa forme de base, le degré plein). Cette voyelle constitue un pic de sonorité qui est précédé et suivi par une séquence de consonnes de sonorité décroissante. En d'autres termes, la sonorité doit diminuer à mesure que l'on s'éloigne de la voyelle d'ablaut.
Phonèmes additionnels
[modifier | modifier le code]Exemples
[modifier | modifier le code]Voici quelques exemples d'étymons indo-européens reconstitués et de mots dont ils sont l'origine :
« père »
[modifier | modifier le code]- Indo-européen : *ph₂tér
- sanskrit : « पितृ » (pitr̩)
- breton : « tad »
- grec ancien : « πάτηρ » (pátêr)
- arménien : « հայր » (hayr)
- latin : « pater », d'où, par exemple, pour les langues romanes :
- lituanien : « tėvas »
- persan : « پدر » (pedar/padar)
- proto-germanique : « fader », d'où, par exemple, pour les langues germaniques :
- proto-slave : « otьcь », d'où, par exemple, pour les langues slaves :
- biélorusse : « бацька » (bats'ka)
- bulgare : « баща » (bachta)
- macédonien : « татко » (tatko)
- polonais : « ojciec » (oïtchets)
- russe : « отец » (otets)
- serbe : отaц (otats)
- croate : otac (otats)
« mère »
[modifier | modifier le code]- Indo-européen : *méh₂tēr
- sanskrit : « मातृ » (mātr̩)
- breton : « mamm »
- grec ancien : « μήτηρ » (mếtêr) (ou μάτηρ (mátêr) en dorien)
- arménien : « մայր » (mayr)
- latin : « mater », d'où, par exemple, pour les langues romanes :
- letton : « māte »
- persan : « مادر » (mādar)
- proto-germanique : « mothær », d'où, par exemple, pour les langues germaniques :
- proto-slave : « mati », d'où, par exemple, pour les langues slaves :
- biélorusse : « матка » (matka)
- bulgare : « майка » (maïka)
- russe : « мать » (mat')
- slovène : « mati »
« fils »
[modifier | modifier le code]- Indo-européen : *suhnús
- grec ancien : « υἱός » (huiós)
- lituanien : « sūnus »
- proto-germanique : « sunuz », d'où, par exemple, pour les langues germaniques :
- proto-slave : « synъ », d’où, par exemple, pour les langues slaves :
- biélorusse : « сын » (syn)
- macédonien : « син » (sin)
- slovaque : « syn »
« fille » (descendante)
[modifier | modifier le code]- Indo-européen : *dʰugh₂tēr
- sanskrit : « दुहितृ » (duhitr̩)
- arménien : « դուստր» (dustr)
- persan : « دختر » (dokhtar)
- grec ancien : « θυγάτηρ » (thugátêr)
- lituanien : « duktė »
- proto-germanique : « duhtēr », d'où, par exemple, pour les langues germaniques :
- allemand : « Tochter »
- anglais : « daughter »
- islandais : « dóttir »
- danois : « datter »
- néerlandais : « dochter »
- proto-slave : « dъkti », d'où, par exemple, pour les langues slaves :
- biélorusse : « дачка » (datchka)
- macédonien : « ќерка » (kjerka)
- polonais : « córka »
- serbie : « ћерка » (ćerka)
- slovaque : « dcéra »
- croate : « kćerka »
« frère »
[modifier | modifier le code]- Indo-européen : *bʰréh₂ter
- sanskrit : « भ्रातृ » (bhrātr̩)
- breton : « breur »
- arménien : « եղբայր » (eghbair̩)
- grec ancien : « φράτηρ » (frátêr)
- latin : « frater », d'où, par exemple, pour les langues romanes :
- lituanien : « brolis »
- persan : « برادر » (brādar)
- proto-germanique : « brōþēr », par exemple, d'où, par exemple, pour les langues germaniques :
- proto-slave : « bratъ », d'où, par exemple, pour les langues slaves :
- biélorusse : « брат » (brat)
- polonais : « brat »
- tchèque : « bratr »
« sœur »
[modifier | modifier le code]- Indo-européen : *swésōr
- sanskrit : « स्वसर » (svasar)
- breton : « c'hoar »
- latin : « soror », d'où, par exemple, pour les langues romanes :
- lituanien : « sesuo »
- persan : « خواهر » (khwāhar/khāhar)
- proto-germanique : « swistr », d'où, par exemple, pour les langues germaniques :
- allemand : « Schwester »
- anglais : « sister »
- islandais : « systir »
- néerlandais : « zuster »
- norvégien : « søster »
- proto-slave : « sestra », d'où, par exemple, pour les langues slaves :
- biélorusse : « сястра » (siastra)
- bulgare : « сестра » (sestra)
- polonais : « siostra » (chostra)
- slovaque : « sestra »
« soleil »
[modifier | modifier le code]- Indo-européen : *sóh₂wl̥
- avestique gāthique : « huuarǝ »
- persan : « خاور » (khāvar/khāwar) et « خورشید » (khurshid - anciennement « khwarshid ») - racine khwar
- sanskrit : « सूर » (sūra)
- tokharien B « swāñco » (« rayon de soleil »)
- gotique : « 𐍃𐌰𐌿𐌹𐌻 » (sauil), « 𐍃𐌿𐌽𐌽𐌰 » (sunna)
- vieil anglais : « sunne » ; anglais : « sun »
- vieux haut allemand : « sunna », allemand : « Sonne »
- néerlandais : « zon »
- danois, norvégien, suédois : « sol »
- islandais : « sól »
- grec ancien :
- attique : « ἥλιος » (hḗlios)
- dorien littéraire : « ἀέλιος » (haélios) et « ἅλιος » (hálios)
- arcadien : « ἀέλιος » (aélios)
- lesbien : « ἀϜέλιος » (awélios)
- letton : « saule »
- vieux slave : « слъньце » (slǔnǐce)
- biélorusse : « сонца » (sonca)
- russe : « солнце » (solnce)
- polonais : słońce » (souonse)
- slovène : « sonce »
- vieil irlandais : « súil » (« œil »)
- gallois : « haul »
- breton : « heol »
- latin classique : « sōl », d'où, par exemple, pour certaines langues romanes :
- bas latin : « *soliculus » pour d'autres :
- louvite : « seḫuu̯al(a) »
« cheval »
[modifier | modifier le code]- Indo-européen : *h₁éḱwos
- sanskrit : « अश्व » (aśva)
- gaulois : « epos »
- breton : « ebeul » (désigne le poulain)
- grec ancien : « ἵππος » (híppos)
- éolien : « ἵκκος » (híkkos)
- latin : « equus »
- persan : « اَسب » (asb)
- proto-germanique : ehwaz
- vieil anglais : eoh
- islandais : hestur
« taureau, vache »
[modifier | modifier le code]- Indo-européen : *gʷōws
- sanskrit : « गो » (go)
- persan : « گاو » (gāv/gāw)
- breton : « buoc'h »
- grec ancien : « βόυς » (bóus)
- arménien : « կով » (kov)
- latin : « bos »
- proto-germanique : « kouz », d'où pour les langues germaniques
« loup »
[modifier | modifier le code]- Indo-européen *wĺ̥kʷos
- sanskrit : « वृक » (vr̩ka)
- breton : « bleiz »
- grec ancien : « λύκος » (lúkos)
- latin : « lupus », d'où, par exemple, pour les langues romanes :
- lituanien : « vilkas »
- letton : « vilks »
- persan : « گرگ » (gorg)
- proto-germanique : « wulfaz », d'où, par exemple, pour les langues germaniques :
- proto-slave : « vьlkъ », d'où, par exemple, pour les langues slaves :
- biélorusse : « воўк » (vowk)
- russe : « волк » (volk)
- bulgare : « вълк » (vălk)
- macédonien : « волк » (volk)
- polonais : « wilk »
- serbe : « вук » (vuk)
« voir »
[modifier | modifier le code]- Indo-européen : *weyd-
- weid-
- germanique witan « s'occuper de, garder »
- persan دیدن didan « voir » - racine did
- weid-to-
- germanique wissaz → germanique wisson- « apparence, forme, manière »
- francique wisa
- GUISE
- francique wisa
- latin visus, visa, visum « vu » → visere
- VUE, VISA, VISAGE, VISER
- germanique wissaz → germanique wisson- « apparence, forme, manière »
- weid-es-
- grec eidos « forme » → eidôlon « image », eidullion « petit poème lyrique »
- KALÉIDOSCOPE, IDOLE, IDYLLE
- grec eidos « forme » → eidôlon « image », eidullion « petit poème lyrique »
- wid-e-
- latin videre « voir »
- VOIR
- latin videre « voir »
- wid-es-ya-
- grec idea « apparence, forme »
- IDÉE
- grec idea « apparence, forme »
- wid-tor-
- grec histôr, historos « sage, instruit » → historia
- HISTOIRE
- grec histôr, historos « sage, instruit » → historia
- woid-
- grec oida « je sais »
- wi-n-d-o-
- wid-
« pousser »
[modifier | modifier le code]- Indo-européen : *h2eǵ-
- h2eg-
- h2eg-t-
- latin actus « fait avancer »
- ACTION, ACTEUR
- latin actus « fait avancer »
- h2eg-er-
- latin ager « champ »
- AGRICOLE, AGRICULTURE, AGRICULTEUR
- germanique akraz « champ »
- islandais akur « champ »
- ACRE
- latin ager « champ »
- h2eg-et-
- latin agitare « agiter »
- AGITER, AGITATION, AGITATEUR
- latin agitare « agiter »
- kʷo-h2eg-et-
- latin cogitare « penser »
- COGITER
- latin cogitare « penser »
- ex-h2eg-
- latin exigere « chasser, exiger, mesurer »
- EXIGER, EXAMEN, EXACT, EXACTION
- latin exigere « chasser, exiger, mesurer »
- ex-h2eg-w-
- latin exiguus « étroit »
- EXIGU
- latin exiguus « étroit »
« navire »
[modifier | modifier le code]- Indo-européen : *nau-
- nāw-
- sanskrit : नौ (nau) « bateau, navire, barque »
- arménien : նավ (nav) « bateau, navire, barque »
- latin navis « navire »
- NAVIRE, NEF
- grec ancien ναῦς « navire »
- NAUSÉE, NOISE, NOISETTE (petit bateau)
- nāw-h2eg-
- latin navigare « naviguer »
- NAVIGUER, NAVIGATION, NAVIGATEUR, NAGER, NATATION
- latin navigare « naviguer »
- nāw-t-
- latin nauta « matelot »
- NAUTIQUE
- latin nauta « matelot »
- nāw-bhr-g-
- latin naufragium « naufrage »
- NAUFRAGE
- latin naufragium « naufrage »
« mouvement »
[modifier | modifier le code]- Indo-européen : *ki-
- latin ciere « faire bouger, faire venir à soi » et incitare « faire bouger, inciter »
- INCITER, EXCITER, CITER, RÉCITER, RESSUSCITER, SOLLICITER
- grec kinêsis et kinêma « mouvement »
- KINÉSITHÉRAPIE, CINÉMA
« parole »
[modifier | modifier le code]- Indo-européen : *bhh2-[1]
- sanskrit : भाष् (bhāṣ) « parler, raconter, dire »
- latin fari « parler »
- FABLE, FABULEUX, PRÉFACE
- latin infans « celui qui ne parle pas » (avant sept ans),
- INFANTILE, ENFANT
- latin fama « réputation »
- FAMEUX, INFÂME
- anglais fame « réputation »
- FAMEUX, INFÂME
- latin fatum « ce qui a été dit, le destin »
- anglais fate « destin »
- latin fatalis « mort »
- FATAL, FATALITÉ
- grec phasis « parole »
- APHASIE
- grec pharugx « gorge »
- PHARYNX, PHARYNGITE
- grec prophêtês « porte-parole, prophète »
- PROPHÈTE
- grec phonê « voix »
- PHONÉTIQUE, TÉLÉPHONE, APHONE, ALLOPHONE
- grec phagein « dévorer »
- AÉROPHAGE, ANTHROPOPHAGE, COPROPHAGE, MALLOPHAGE, MICROPHAGE, NÉCROPHAGE, ŒSOPHAGE, POLYPHAGE, SAPROPHAGE, SARCOPHAGE.
« se mettre debout »
[modifier | modifier le code]- Indo-européen : *steh₂-
- sanskrit : स्था (sthā) « se tenir debout »
- persan : ایستادن (verbe : istādan) « se tenir debout » - radical « ایست » (ist)
- latin stāre « être debout »
- latin statio « position, être de garde »
- STATION, STATUE
- proto-slave *stati « se tenir debout »
- proto-germanique *stó- « se tenir debout »
- vieux haut-allemand stan « se tenir debout »
- vieux Norrois standa « se tenir debout »
- anglais : stand « se tenir debout », stay « rester »
- germanique : stehen « se tenir debout »
- islandais : standa « se tenir debout »
- norvégien : stå « se tenir debout »
- grec ἵστημι (histêmi) « je place, j'établis »
« césure »
[modifier | modifier le code]- Indo-européen : *tm-[réf. nécessaire]
- latin templum « espace sacré découpé dans le ciel (à l'aide des auspices), temple »
- TEMPLE
- latin tempus « temps, coupure des jours en plusieurs parties »
- grec tmêsis « couper »
- TMÈSE, TOME, LOBOTOMIE (et toute opération chirurgicale ayant la même terminaison)
Notes
[modifier | modifier le code]- ↑
Par exemple, *bʰéreti, « il porte » peut être divisé en trois éléments:
- une racine *bʰer- signifiant « porter » ;
- le suffixe *-e- qui marque le temps présent ; et
- la terminaison *-ti qui marque la troisième personne du singulier.
Sources et références
[modifier | modifier le code]- ↑ « CAPES Lettres : Saviez vous que les mots "enfant", "professeur", "banlieue" et "symphonie" partageaient la même étymologie? »(Archive.org • Wikiwix • Google • Que faire ?), sur Le web pédagogique, (date inconnue).
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- (de) Julius Pokorny, Indogermanisches etymologisches Wörterbuch (2 tomes), Tübingen–Berne–Munich, A. Francke 1957/1969, , 5e éd. (présentation en ligne).
- (la) I.C.Zeuss, GRAMMATICA CELTICA e monumentis vetustis tam Hibernicae linguae quam Britannicarum dialectorum Cambriacae Cornicae Aremoricae comparatis Gallicae priscae reliquis construxit I.C.Zeuss, Phil.Dr.Hist.Prof., editio altera curavit. H.Ebel, .Ph.Dr., Acad.Reg.Hib.Soc.Hon., Acad.Reg.Boruss.Adi.Comm.Epist. Berolini, Apud Weidmannos MDCCCLXXI (1871).
- Franz Bopp, Grammaire comparée des langues indo-européennes, traduction de Michel Bréal de l'École pratique des hautes études et du Collège de France (de 1866 à 1905), membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, quatre tomes in-quarto, Paris, Imprimerie impériale et Imprimerie nationale, 1866-1874.
- Robert Grandsaignes d'Hauterive, Dictionnaire des racines des langues européennes (grec, latin, ancien français, français, espagnol, italien, anglais, allemand), Librairie Larousse, Paris, 1940, 1948, 1994
- Xavier Delamarre, Le vocabulaire indo-européen, lexique étymologique thématique, Librairie d'Amérique et d'Orient, Paris, 1984, (ISBN 2-7200-1028-6).
- Émilia Ndiaye, De l’indo-européen au latin et au grec. Initiation à la grammaire comparée du latin et du grec, avec exercices corrigés, tableaux synthétiques et lexiques, Collection Langues et cultures anciennes, 14, éditions Safran, Bruxelles, 2009, (ISBN 978-2-87457-025-4). Voir [1].
Articles connexes
[modifier | modifier le code]- indo-européen commun
- langues indo-européennes
- copule indo-européenne
- vocabulaire indo-européen
- Indo-European Etymological Dictionary (en) (IEED, 1991, Peter Schrijver)
- Proto-Indo-European nominals (en)
- Nomina im Indogermanischen Lexikon (en) (NIL, Dagmar-Wodtko & Britta-Irslinger & Carolin-Schneider, 2008)
- Verbes proto-indo-européens (en)
- Théorie de la conjugaison h₂e- (en)
- Narten present (en) (proposition Narten, 1968)
- Lexikon der indogermanischen Verben (en) (LIV, Helmut Rix, 1998)
- Système Caland (en)
- Particules proto-indo-européennes (en)
- Pronoms proto-indo-européens (en)
- Lexikon der indogermanischen Partikeln und Pronominalstämme (en) (LIPP, George E. Dunkel, 2014)
- Encyclopédie de la culture indo-européenne (en) (EIEC, Mallory-Adams, 1997)