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Pays celtiques

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6 pays celtiques

Blason de 6 pays celtiques
Panceltisme
Drapeau de 6 pays celtiques
Drapeau des 6 pays celtiques
Image illustrative de l’article Pays celtiques
6 pays celtiques
Administration
Pays
  • Irlande
  • Écosse
  • Bretagne
  • Pays de Galles
  • Cornouailles
  • Ile de Man
  • Démographie
    Gentilé Celte
    Langue(s) gaélique irlandais, gaélique écossais, breton, gallois, cornique, mannois.

    Les pays celtiques ou nations celtiques (en anglais : Celtic nations ; en breton : broioù keltiek ; en cornique : kenedhlow keltek ; en gaélique écossais : dùthchannan Ceilteach ; en gallois : gwledydd Celtaidd ; en irlandais : náisiún Cheilteacha ; en mannois : ashoonyn Celtiagh) sont des régions d'Europe dans laquelle des « mouvements celtiques » cherchent à faire reconnaître la « celtitude » de leur territoire.

    Ces mouvements s'identifient à la culture celtique — expression désignant une civilisation de la protohistoire définie par sa langue, son art et sa culture matérielle — ainsi que, de manière plus spécifique, avec les locuteurs des langues celtiques. Les anglophones désignent ces régions, à l'exception des Basses-Terres d'Écosse (Lowlands), et de la Bretagne, par le terme de Celtic Fringe[1],[2],[3] (« Frange celtique »), car elles sont situées aux extrémités nord et ouest de la Grande-Bretagne.

    Contexte historiographique

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    Au cours de l'Antiquité et de la protohistoire européenne, la plupart des pays d'Europe occidentale et septentrionale ont été influencés par les Celtes ; mais définir l'importance de l'héritage celtique est délicat et sujet à évaluation. La notion de « celtitude » apparaît chez des érudits comme l'humaniste écossais George Buchanan (1506–1582) et le savant gallois Edward Lhwyd (1660–1709) qui, sur bases de considérations linguistiques et historiques — et bien qu’aucune source antique n'en fasse état — qualifient de « Celtes » les habitants de l'Île britannique et de l’Irlande[4].

    Ces affirmations sont abondamment reprises par des savants des XVIIIe et XIXe siècles, sans vraiment d'esprit critique, alors que se forgent de nouveaux mythes historiques à propos des origines nationales, pour répondre aux enjeux politiques et religieux du temps[5]. Les débats qui s'en suivent émaillent tout le XXe siècle, régulièrement médiatisés à partir des années 1980[6].

    Au XXIe siècle, la notion d'une ethnie « celte », toujours largement problématique dans ses contours, est réévaluée et débattue au sein de la recherche, quand la réalité de son existence n'est pas remise en question[7]. En effet, on ne dispose que d’une compréhension assez floue des populations désignées par l’ethnonyme « Celtes »[8] par les Grecs (κελτοί / keltoï) et les Romains (Celtae) dans l’Antiquité, ouvrant souvent la voie à des reconstructions[9]. La recherche s'accorde néanmoins généralement sur le fait qu'il puisse désigner de manière générale des confédérations[10] ou populations de langue celtique « de l'Asie Mineure à l'Irlande »[11].

    Néanmoins, au sein de la recherche, l’idée des Celtes comme d’un peuple antique monolithique, présent sur des territoires bien circonscrits et aux descendants nationaux clairement identifiables n'a plus vraiment cours, cédant la place à un examen plus minutieux des composantes d'une « image celtique »[12].

    Pour autant, les « Celtes » et tout ce qui est « celtique » continuent de susciter un intérêt soutenu, tant dans le monde de la recherche que dans la culture populaire, où se déploie selon un large éventail de positions[13] : ainsi, les représentations des Celtes continuent de changer au fil du temps[14].

    Six pays de la Ligue celtique

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    La langue celtique s’est progressivement éteinte et pour se cantonner aux seules îles britanniques et irlandaise, d'où elle aurait résurgé au Ve siècle sur le continent européen, en Bretagne[15]. Seuls six pays, chacun d'entre eux possédant une langue celtique propre, sont considérés comme « celtes » par les mouvements panceltiques du Congrès celtique[16] et de la Ligue celtique.

    Il existe cependant des désaccords considérables quant à savoir si les nations celtiques modernes — l’Irlande, l’Écosse, le Pays de Galles, la Bretagne, l’île de Man et la Cornouailles — et leurs cultures entretiennent un lien direct quelconque avec leurs supposés ancêtres antiques[8].

    Pays Nom celtique Langue Peuple
    Drapeau de l'Écosse Écosse Alba Écossais (Gàidhlig) Écossais
    Drapeau de l'Irlande Irlande Éire Irlandais (Gaeilge) Irlandais
    Drapeau de l'île de Man Île de Man Ellan Vannin Mannois (Gaelg) Mannois
    Drapeau du pays de Galles Pays de Galles Cymru Gallois (Cymraeg) Gallois
    Drapeau de Cornouailles Cornouailles Kernow Cornique (Kernewek) Corniques
    XXe – XXIe siècle - Le Gwenn ha Du, drapeau moderne de la Bretagne Bretagne Breizh Breton (Brezhoneg) Bretons

    Dans quatre de ces régions (Bretagne, Irlande, pays de Galles, Écosse), des langues celtiques sont parlées dans certaines zones, généralement situées dans l'ouest, dans des îles ou dans les hautes-terres. Dans les deux autres (Cornouailles britanniques et Île de Man), la langue celtique locale est en situation critique selon l'Atlas des langues en danger dans le monde[17] ; elle est cependant enseignée et conserve une importante documentation et une littérature.

    Autres éléments celtiques

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    Les Celtes en Europe, dans le passé et aujourd'hui :
    • Noyau territorial Hallstatt, au VIe siècle av. J.-C.
    • Domaine hypothétique d'une expansion celtique maximale, en 275 av. J.-C.
    • Domaine lusitanien de l'Ibérie où la présence celtique est incertaine
    • Les six nations celtiques officielles aujourd'hui, où la pratique d'une langue celtique est attestée au Moyen Âge (Bretagne, pays de Galles, Cornouailles, île de Man, Irlande, Écosse)
    • Zones où les langues celtiques restent largement parlées aujourd'hui (pays de Galles, Bretagne et les gaeltachts)

    Le gaélique canadien est un dialecte du gaélique écossais, parlé au Canada dans les provinces maritimes (Nouvelle-Écosse, Île-du-Prince-Édouard) par environ un millier de personnes, au point d'être à présent menacée d'extinction.

    Une minorité de Celtes habite dans la province de Chubut en Argentine.

    Galice, Asturies et Cantabrie

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    La ville de Ortigueira en Galice est connue pour son Festival international du monde celte (Festival Internacional do Mundo Celta) créé en 1978. C’est un des plus grands festivals de la péninsule ibérique, dépassant certaines années les 100 000 spectateurs[18].

    Vallée d'Aoste

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    La région autonome Vallée d'Aoste organise chaque année un festival appelé Festival Celtica.

    En France, on a mis au jour plus de 250 inscriptions en langue gauloise[19]. La langue française actuelle est aussi la langue romane qui comprend le plus grand nombre de mots gaulois, de même que quelques influences phonétiques, inconnus dans les autres langues romanes[20].

    Bibliographie

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    Notes et références

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    1. « Celtic fringe: définition de Celtic fringe dans le dictionnaire Oxford (anglais américain) », sur www.oxforddictionaries.com (consulté le ).
    2. « Dictionary and Thesaurus | Merriam-Webster », sur www.merriam-webster.com (consulté le ).
    3. « the Celtic fringe definition and synonyms | Macmillan Dictionary », sur www.macmillandictionary.com (consulté le ).
    4. Stewart 2025, p. 7,8.
    5. Stewart 2025, p. 7-8, 17-18.
    6. Stewart 2025, p. 8-10.
    7. Voir par exemple Brunaux 2014
    8. a et b Stewart 2025, p. 1.
    9. Kruta 2019, p. 6.
    10. Jean-Louis Brunaux, « Les Celtes : Un mythe qui traverse les siècles », Dossiers d'Archéologie, Faton, no 372 « Les mythes fondateurs »,‎ , p. 67
    11. Kruta 2019.
    12. Stewart 2025, p. 10.
    13. Stewart 2025, p. 5.
    14. Stewart 2025, p. 24.
    15. Kruta 2019, p. 5.
    16. (en-GB) ccm-cara, « About Us », sur Celtic Congress Mannin (consulté le )
    17. Moseley, Christopher. Atlas des langues en danger dans le monde. UNESCO, 2010.
    18. « Festival de Ortigueira », sur terresceltes.net, Terres Celtes, (consulté le ).
    19. Laurent Dubois « compte-rendu du Recueil des inscriptions gauloises (RIG), I, Textes gallo-grecs de Michel Lejeune » in L'Antiquité Classique, Persée Année 1987, 56, pp. 428-429. [1].
    20. Pierre-Yves Lambert, La langue gauloise, éditions Errance, 2018, p. 46-47.