Jean-Paul Demoule

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Jean-Paul Demoule
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Naissance (70 ans)
Nationalité Français
Domaines Archéologie
Histoire
Institutions CNRS
INRAP
Institut universitaire de France
Université de Paris I
Diplôme Université de Paris I
Université de la Sarre
Directeur de thèse Marion Lichardus-Itten (de)
Renommé pour Archéologie préventive
Distinctions Prix européen de l'héritage archéologique (2008)
Prix Roger-Caillois de l'essai (2015)

Jean-Paul Demoule, né le , est un archéologue et historien français.

Professeur de protohistoire européenne à l’université Paris-1 Panthéon-Sorbonne, il est membre honoraire de l'Institut universitaire de France.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines et formation[modifier | modifier le code]

Jean-Paul Demoule découvre sa vocation d'archéologue à l'âge de sept ans, en lisant des ouvrages sur l'Égypte ancienne[1].

Il est ancien élève de l'École normale supérieure (promotion L1967)[2], docteur en histoire de l'art et archéologie (1975)[3], docteur en préhistoire (1979)[4] et docteur d'État ès lettres (1992)[5].

Carrière[modifier | modifier le code]

Il a mené des fouilles dans le cadre du programme de sauvetage régional de la vallée de l’Aisne, ainsi qu’en Grèce et en Bulgarie. Il s’est particulièrement intéressé aux problèmes de l’archéologie de sauvetage[6] et a participé à l’élaboration de la loi française sur l’archéologie préventive et à la création de l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap), qu’il a présidé de 2001 à 2008.

En octobre 2011, il devient membre senior de l'Institut universitaire de France[7].

Ses travaux portent sur la néolithisation de l’Europe ainsi que sur les sociétés de l’âge du fer, sur l’histoire de l’archéologie et son rôle social, ou encore sur ses constructions idéologiques et, à ce titre, sur le « problème indo-européen ». Il reçoit en 2008 le prix de l'European Association of Archaeologists (en)[8].

Travaux[modifier | modifier le code]

Mais où sont passés les Indo-Européens ?[modifier | modifier le code]

Arbre de Schleicher (1861).

Mais où sont passés les Indo-Européens ? est un essai publié en 2014 au Seuil par Jean-Paul Demoule. Sous-titré « Le mythe d'origine de l'Occident », l'ouvrage a pour objet la présentation des théories relatives à l'existence d'un peuple proto indo-européen dont la langue serait l'origine unique des différentes langues indo-européennes. Après un exposé de l'histoire de cette théorie depuis le XVIIIe siècle, Jean-Paul Demoule présente les deux principales thèses contemporaines, l'hypothèse anatolienne et l'hypothèse kourgane, en souligne ce qu'il estime être les faiblesses, notamment au plan archéologique, pour conclure que les hypothèses relatives à l'existence d'un tel foyer unique reposent sur des postulats non démontrés. L'ouvrage a été généralement bien accueilli dans le milieu universitaire et par la presse grand public, mais a fait l'objet de vives critiques dans des périodiques proches de la Nouvelle Droite, un courant de pensée dont, au demeurant, le livre de Jean-Paul Demoule critique l'attachement à l'hypothèse baltique, qu'il rapproche de l'idéologie nazie.

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Prix[modifier | modifier le code]

Il est lauréat du Prix européen de l'héritage archéologique en 2008[9] et du prix Roger-Caillois de l'essai en 2015[10],[11].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Fabrice Nodé-Langlois, « Jean-Paul Demoule : pourquoi Hibernatus nous fait-il fantasmer ? », Libération,‎ (lire en ligne)
  2. Recherche sur archicubes.ens.fr.
  3. Sous la dir. de ?, Culture archéologique et ornement céramique : un exemple grec (thèse de 3e cycle en histoire de l'art et archéologie), Paris, université Paris-I, , X + 239 p. (SUDOC 006325068).
  4. Sous la dir de ?, Les Nécropoles de l'âge du fer dans le nord de la France : étude chronologique (thèse de doctorat en préhistoire), Sarrebruck, université de Sarrebruck, , 350 p..
  5. Sous la dir. Marion Lichardus-Itten (de), Chronologies, cultures et styles dans l'Europe protohistorique (thèse d'État ès lettres), Paris, université Paris-I, (SUDOC 041468686) — composée de 60 documents.
  6. Sylvestre Huet, « Sous les chantiers, les temps retrouvés », Libération,‎ (lire en ligne)
  7. http://www.iufrance.fr/les-membres-de-liuf/membre/802-jean-paul-demoule.html
  8. (en) « The European Archeological Heritage Prize 2008 », European Association of Archaeologists, (consulté le 1er mars 2016)
  9. (en) « European Archeological Heritage Prize 2008 », sur European Association of Archeologists
  10. « Prix Roger Caillois 2015 », sur Maison de l'Amérique latine,
  11. François Gorin, « Le Prix Roger Caillois à Jean-Paul Iommi-Amunatégui », Télérama,‎ (lire en ligne)

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • W. Haak, I. Lazaridis, N. Patterson, N. Rohland, S. Mallick, B. Llamas, G. Brandt, S. Nordenfelt, E. Harney, K. Stewardson, Q. Fu, A. Mittnik, E. Bánffy, C. Economou, M. Francken, S. Friederich, R. G. Pena, F. Hallgren, V. Khartanovich, A. Khokhlov, M. Kunst, P. Kuznetsov, H. Meller, O. Mochalov, V. Moiseyev, N. Nicklisch, S. L. Pichler, R. Risch, M. A. Rojo Guerra et C. Roth, « Massive migration from the steppe was a source for Indo-European languages in Europe », Nature,‎ (DOI 10.1038/nature14317, lire en ligne)
  • Eppie R. Jones, « Upper Palaeolithic genomes reveal deep roots of modern Eurasians », Nature (journal),‎ (DOI 10.1038/ncomms9912, lire en ligne)
  • Iosif Lazaridis, « Ancient human genomes suggest three ancestral populations for present-day Europeans », Nature (journal), vol. 513,‎ , p. 409–413 (DOI 10.1038/nature13673, lire en ligne)
  • Karl Zimmer, « DNA Deciphers Roots of Modern Europeans », New York Times,‎ (lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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